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Walter Weideli (Traducteur)
ISBN : 2226075755
Éditeur : Albin Michel (28/09/1995)

Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
"Des syllabes qui étaient d’usage il y a cent mille ans."

"Le chef d’oeuvre le plus accompli et le plus terrifiant de l’humanité, c’est sa division du temps."

"Le misanthrope : il se laisse mourir de faim pendant huit jours, puis mange seul."

"Ne serait-ce que pour l’amour des couleurs, on vivrait bien éternellement."

"A force de faire ce qu’il ne veut pas, il finit par le vouloir : autodestruction."
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
SZRAMOWO
25 mai 2015
Livre facile, disent certains, mais troublant, répond le choeur des chroniqueurs avisés, le collier de mouches d'Elias Canetti a le mérite de pouvoir être lu sans prêter attention à l'ordre des pages.
Un des rares livres, peut être, à pouvoir être ouvert au hasard pour y puiser une de ces maximes dont seul Elias Canetti a le secret et repartir dans la vie avec un tombereau de questions et de pensées enfouies que ce diable d'hommes a pu vous révéler alors que vous en ignoriez l'existence.
Les exemples ne manquent pas :
«216 000 mots par jour.»
«Comme tout parait convaincant à qui ne connait pas grand chose.»
«Une photo, une photo quelconque peut amplifier jusqu'à la folie l'amour pour un être qu'on a constamment autour de soi.»
«Le poète vit d'exagérations et se fait connaitre par des malentendus.»
«Beaucoup de philosophes sont la mort du poète.»
«Il est si avisé qu'il ne voit de toute façon que ce qui se passe derrière son dos.»
Maximes intrigantes, imbriquées, intriquées, à tel point que l'on se surprend à les lire à l'endroit et à l'envers, à vouloir en saisir un sens qu'elles n'ont pas, en un mot à réfléchir à ce que l'auteur a voulu nous dire, peut-être rien après tout.
On se surprend à répondre à voix haute à l'auteur, et à regretter qu'il soit mort pour éviter de nous répondre, si je lis page 35 :
«Les êtres qu'on connait depuis trop longtemps étranglent les personnages que l'on voudrait inventer.»
Je lui demande aussitôt :
«Les personnages que l'on voudrait inventer étranglent-ils les êtres que l'on connait depuis trop longtemps ?»
De même à la page 37 :
«On se cramponne à soi même jusqu'à en perdre tous points cardinaux.», résonne étrangement avec :
«On se cramponne aux points cardinaux jusqu'à se perdre soi-même.»
Page 49 :
«Laisse tomber ces fastidieux ennemis réels : invente-t'en plutôt d'imaginaires.»
et «Laisse tomber ces ennemis imaginaires et invente-t'en plutôt de réels.»
L'exercice est infini et nous conduit à suivre le chemin de la réflexion d'Elias Canetti sur la réalité et la perception de la réalité, sur nos rêves et notre réalité, sur la réalité de nos rêves.
«Il y a quelque chose d'attristant dans la vérité nue, mais je ne suis pas tailleur et plutôt que de chercher à la revêtir, je préfère rester triste.»
Au milieu de cette mer de petites phrases, des coraux acérées, surgissent de façon inattendue des masses de mots qui forment une histoire, comme si s'étaient agglomérés, au fur et à mesure de leur écriture, les aphorismes et les axiomes, les dictons et les devises pour passer à un stade composite impliquant une autre personne que le je ou le il.
Le rêve, page 54 :
Le narrateur et une femme, M., qui lui a raconté un rêve, autrefois, en 1942 ou 1943.
Nietzsche, Page 59 :
Les attaques de Nietzsche sont comme une vapeur toxique.
Wheen, bibliothécaire au Victoria and Albert Museum, page 68 :
La première humiliation qu'il a subie dans son enfance.
L'Electre de Sophocle, page 79 :
L'intrépidité d'Electre face à la mort et cette fascination qu'elle exerce sur les autres.
A un rythme tantôt lent, tantôt rapide, se succèdent, maximes, aphorismes, dictons, mots, pensées, paroles, préceptes, proverbes, sentences, et récits courts et référencés ; sans que jamais l'ennui ne nous prenne.
Pour paraphraser Canetti à la page 115 :
«Jules Renard dans son journal m'a rendu une chose que j'avais longtemps perdu : l'ingénuité des Français.»
Je conclurai en disant :
«Elias Canetti dans son collier de mouches m'a rendu une chose que j'avais longtemps perdu : l'art de penser par soi-même.»
Lien : http://desecrits.blog.lemond..
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Citations & extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
hupomnematahupomnemata06 janvier 2013
Aux époques de forte méfiance, on transforme en de mystérieuses et menaçantes apparitions les êtres qu'on connaît bien ou avec lesquels on a parlé en dernier : elles nous disent en y mettant les pires intentions un tas de choses perfides et malfaisantes. On leur répond sèchement. Elles ripostent d'un ton encore plus sec. Leur seul but est de nous irriter de plus en plus jusqu'à ce que la colère et la peur nous fassent perdre toute retenue et nous obligent à leur jeter à la face, en les diabolisant, leurs défauts les plus graves. Elles blêmissent, il se peut même qu'elles fassent le mort un certain temps. Puis soudain, elles repassent à l'attaque, et de préférence par-derrière. On s'acharne à vouloir dialoguer interminablement avec elles. Toujours elles nous comprennent, toujours nous les comprenons, tout est uniment clair dans une hostilité réciproque. Sans doute veulent-elles nous dévorer, et plus une partie de nous-même se trouve à leur portée, plus elle se sent menacée. On retire vite sa main, on cache son foie, on enroule sa langue tout en continuant de parler d'abondance. Ce n'est que dans la haine qu'elle nous montre et qu'on lui retourne que les contours de l'apparition hostile se précisent. Mais elle ne peut pas mordre partout, elle se trouve curieusement limitée par le fait qu'elle dépend de nous-même. Elle s'est formée comme une fumée et, comme une fumée, on la soufle en tous sens. Elle tremble, elle s'enfle, rien d'un vertébré, et parfois je me dis que ce pourrait être un souvenir de l'époque où nous vivions au fond des mers et où des créatures sans forme nous effleuraient.
Mais aussitôt que l'être réel, auquel l'apparition emprunte son nom, s'avance vers nous, elle se dissout dans le néant, et l'on est momentanément content et rassuré.
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hupomnematahupomnemata06 janvier 2013
Être plus simple: tu parles comme si tu étais chargé d'une mission. Quitte les éperons de la supériorité, descends du prétentieux coursier des trois prochains millénaires, vis tant que tu vis, cesse de t'immiscer dans une époque où, de toute façon, tu n'es pas, laisse dormir les desseins, oublie ton nom, oublie-toi, oublie ta mort!
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hupomnematahupomnemata11 janvier 2013
Il est deux sortes d'angoisse, la lumineuse et l'amère. La première ne cesse de grandir et s'étend jusqu'à ce qu'elle éclate. La seconde se ratatine et se déssèche. C'est cette angoisse amère qui transforme les êtres en momies, la lumière en fait des poètes.
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hupomnematahupomnemata06 janvier 2013
Le sentiment le plus vil que je connaisse est l'aversion pour les opprimés, comme si l'on devait justifier leur écrasement par leurs défauts. Des philosophes très nobles et intègres ne sont pas exempts de ce sentiment.
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hupomnematahupomnemata06 janvier 2013
Il a gardé un profond respect pour les personnes âgées : il admire en eux chaque année qu'il n'a pas vécue lui-même. Il adore les enfants : ils lui promettent toutes ces années qu'il ne vivra plus.
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Elias CANETTI : écrits autobiographiques
Depuis le théâtre municipal de Fontainebleau Olivier BARROT présente avce beaucoup de ferveur le livre d'Elias CANETTI "Ecrits autobiographiques".
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