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Robert Rovini (Autre)
ISBN : 2070705072
Éditeur : Gallimard (20/02/1986)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Fortement impressionné par la grande manifestation qui s'acheva par l'incendie du Palais de justice de Vienne en juillet 1927 et dont il fut témoin, Canetti s'interroge sur « l'instinct de masse » (l'homme, par peur de l'inconnu, se réfugie au sein de la masse, seule apte à le préserver de la phobie du contact) et les manifestations de puissance qui en résultent. Ce singulier essai anthropologique et philosophique, auquel son auteur travailla pendant près de vingt a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
ATOS
  11 juin 2013
Comment s'enclenchent les automatismes de masse? Ferveur, fureur quelles sont les lois qui régissent le groupe ? L'homme seul est il le même lorsqu'il devient pluriel? Les ressorts qui mettent en mouvement la masse sont ils commandés par un instinct de sociabilité ou justement par une incapacité primaire à se fondre dans le groupe?. Conflit, alliance, charge et décharge d'émotions collectives, quelle est l'architecture de ces mouvements perpétuels et donc éternels ? Une étude incontournable surtout lorsque les foules commencent à refuser de marcher dans le sens des aiguilles de la ronde.
Astrid Shriqui Garain
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Apoapo
  04 février 2016
Une oeuvre qui prit plus de vingt ans à son auteur. Elle parle des phénomènes de masse en sociologie, tellement importants dans ces premières décennies du XXe siècle. Et tellement étudiés aux quatre coins de l'Europe (et sans doute ailleurs aussi), par des philosophes et par les premiers psychanalystes.
Canetti, justement, fait partie des premiers, comme Ortega y Gasset, et, tout en vivant dans la même ville de Vienne que le Dr. Freud - qu'il semble détester - il peut produire un essai de quelques 600 p. en pur style XVIIIe siècle, sans se soucier le moins du monde de la nouvelle science de l'inconscient...
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vivianpb
  27 décembre 2017
La thèse de Canetti est simple. Elle part d'une phobie : "Il n'est rien que l'homme redoute davantage que le contact de l'inconnu." Et la résolution de cette phobie trouve son accomplissement dans la masse. "C'est dans la masse seulement que l'homme peut être libéré de cette phobie du contact".Ensuite, se déploie une pensée touffue qui classifie les masses, dissèque leurs comportements et analyses leurs rapports à la puissance en empruntant à l'histoire, la sociologie et l'éthnologie. Plus qu'une démonstration, qu'un argumentaire, Elias Canetti développe sa réflexion comme une obsession avec en filigrane l'anéantissement de l'individu. Ce livre est unes sorte d'ovni qui cadre mal avec nos canons car il pense la société sans l'individu. Il élabore une psychologie avec le collectif en son centre. Il conçoit la société et l'organisation humaine à partir du (re)groupement des hommes (dans la peur).Alors pourquoi la masse ? D'abord, pour sortir de la "foule" de Gusave le Bon. Ensuite parce qu'il s'agit de l'histoire d'une pensée aujourd'hui arrêtée. Sauf erreur de ma part, on ne réfléchit plus beaucoup sur cette chose unique, collective, invisible, omniprésente et incompréhensible que serait une foule, une masse, un groupe, une meute. Aujourd'hui, nous avons nos instituts de sondages qui sondent cette masse, la découpe et la divise, la structure et lui donne corps au-delà de ses manifestations physiques.Il y a quelque chose de pénible à lire ce livre car il brille surtout par son étrangeté, voire sa désuétude.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
hupomnematahupomnemata   05 août 2015
Mais quand le temps de paix est passé, la guerre sainte reprend ses droits. "Mahomet, dit un des meilleurs connaisseurs de l'Islam, est le prophète de la lutte et de la guerre... Ce qu'il a commencé par faire dans son milieu arabe, c'est le testament qu'il laisse ensuite à l'avenir de sa communauté : guerre aux infidèles, extension non pas tellement de la foi que de sa sphère d'influence, qui est la sphère même de la puissance d'Allah. Ce qui compte pour les guerriers de l'Islam n'est pas tellement la conversion que la soumission des incroyants."
Le Coran, le livre du prophète inspiré par Dieu, ne laisse aucun doute là-dessus. "Quand les mois saints sont passés, tuez les incroyants où que vous les trouviez ; saisissez-vous d'eux, refoulez-les et tendez-leur toutes les embuscades que vous pourrez."
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hupomnematahupomnemata   11 août 2015
La pluie

En tous lieux, et surtout là où elle est rare, c'est, avant qu'elle tombe, l'unité de la pluie que l'on perçoit. Elle s'approche sous forme de nuage et commence par couvrir le ciel, qui s'assombrit avant qu'il ne pleuve ; tout se voile de grisaille. On a peut-être une conscience plus globale de l'instant où la pluie semble assurée que du phénomène lui-même. Car on la désire souvent très intensément, ce peut-être une question de vie ou de mort que la pluie tombe. Il n'est pas toujours facile de l'obtenir, et l'on recourt alors aux incantations ; il existe des méthodes nombreuses et fort diverses de l'attirer.
La pluie tombe en gouttes nombreuses. On les voit et l'on voit surtout leur direction. On dit dans toutes les langues qu'elle tombe. On voit la pluie en nombreuses raies parallèles, le grand nombre de gouttes qui tombent accentue leur unité de direction. Il n'est pas de direction qui impressionne l'homme davantage que celle de la chute ; toutes les autres ont en comparaison quelque chose de dérivé, de secondaire. La chute est ce que l'on redoute le plus dès l'enfance, et la première chose contre laquelle on soit armé dans la vie. On apprend à s'en garder ; à partir d'un certain âge, toute défaillance en ce domaine est ridicule ou dangereuse. La pluie, au contraire de l'homme, est ce qui doit tomber. Rien ne tombe aussi fréquemment et diversement que la pluie.
Il est possible que le nombre des gouttes enlève quelque chose de sa pesanteur et de sa dureté à la chute. On les entend frapper le sol, c'est un bruit agréable. On les sent sur sa peau, c'est un contacte agréable. Peut-être n'est-il pas sans importance que trois sens au mois participent à l'expérience de la pluie : la vue, l'ouï et le toucher. Tous ces sens la perçoivent comme multiplicité. Il est facile de s'en protéger. Il est rare qu'elle soit vraiment menaçante, et la plupart du temps elle enveloppe l'homme d'une bienfaisante épaisseur.
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arcade_darcade_d   03 mai 2018
Nous partirons d'un phénomène familier à tout le monde, la joie de trancher. "Mauvais livre", dit quelqu'un, ou "mauvais tableau", et il se donne l'apparence d'avoir à dire quelque chose d'objectif. Toujours est-il que sa mine trahit qu'il le dit avec plaisir. Car la forme du jugement trompe, et ne tarde pas à se faire personnelle. "Mauvais auteur" ou "mauvais peintre", entend-on tout de suite après, du ton dont on dirait "un méchant homme". On a constamment l'occasion de prendre des amis, des inconnus et soi-même en flagrant délit de trancher ainsi; impossible de méconnaitre cette joie du jugement négatif.
C'est une joie dure et cruelle que rien n'égare; le jugement n'est jugement que lorsqu'il est porté avec une sorte d'assurance inquiétante. Il ignore la clémence, comme la prudence. il est vite trouvé; le plus conforme à son essence est de se former sans reflexion. La passion qu'il trahit tient à sa rapidité. C'est le jugement inconditionné et le jugement rapide qui se peignent en plaisir sur les traits de celui qui juge.
En quoi consiste ce plaisir? On écarte quelque chose de soi pour le mettre dans un groupe médiocre, étant admis que l'on appartient soi-même à un groupe meilleur. On s'élève en abaissant autre chose. On suppose naturelle et nécessaire l'existence de ces deux groupes distincts, représentant des valeurs opposés. quel que soit le Bon, il est là pour contraster avec le Mauvais. On détermine soi-même ce qui appartient à l'un et à l'autre.
C'est la puissance du juge que l'on s'attribue ainsi...
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hupomnematahupomnemata   08 août 2015
Cet exemple de l'architecture moderne suffit à montrer combien il serait difficile d'y séparer le poli de l'ordre. Leur histoire commune est ancienne, aussi ancienne que les dents. La régularité d'une rangée de dents de devant, leur implantation à intervalles précis, ont servi de modèle à beaucoup d'arrangements. Il se peut qu'en proviennent directement certains groupes ordonnés de tous genres, qui nous semblent aujourd'hui aller de soi. La disposition des sections de troupes, dans l'ordonnance artificielle inventée par l'homme, est mise par la légende en relation avec les dents. Les soldats de Cadmus qui surgissaient du sol étaient les dents de dragon qui y avaient été semées.
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MarieElmoMarieElmo   22 juillet 2017
Certains peuples imaginent leurs morts, ou un certain nombre d'entre eux, comme des armées au combat. Chez les Celtes des hautes plateaux d'Ecosse, l'armée des morts est désignée d'un mot spécial, SLUAGH. Ce mot est rendu en anglais par SPIRITMULTITUDE, multitude d'esprits. L'armée des esprits va et vient en volant par grandes nuées, comme étourneaux sur le visage de la terre. Ils reviennent toujours sur les lieux de leurs péchés terrestres. De leurs infaillibles flèches empoisonnées, ils tuent chats, chiens, moutons et bestiaux des hommes. Ils livrent des batailles dans les airs comme les hommes sur la terre. On peut les entendre par les claires nuits de gel et voir leurs armées s'avancer l'une contre l'autre et se retirer, se retirer et s'avancer de nouveau. Après une bataille, rochers et pierres sont rougis par leur sang. Le mot GAIRM signifie cri, appel, et SLUAGH-GAIRM était le cri de bataille des morts. Le mot "slogan" vient de là : les cris de ralliement de nos masses modernes tirent leur nom des armées des morts de la haute Ecosse.
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Video de Elias Canetti (1) Voir plusAjouter une vidéo

Elias CANETTI : écrits autobiographiques
Depuis le théâtre municipal de Fontainebleau Olivier BARROT présente avce beaucoup de ferveur le livre d'Elias CANETTI "Ecrits autobiographiques".
>Sciences sociales : généralités>Interaction sociale>Interaction sociale dans les groupes (25)
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