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EAN : 9782711611324
198 pages
Vrin (03/05/2000)
3.91/5   17 notes
Résumé :
Qu'est-ce que l'expérimentation en biologie ? Quelle différence y a-t-il entre un organisme et une machine ? Que faut-il entendre par "normal" et par "pathologique" ? Dans ce recueil d'articles consacrés à la médecine et aux sciences biologiques, Georges Canguilhem passe en revue un certain nombre de questions soulevées par la vie et les diverses manières de la représenter. Il montre comment, dans les théor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
C'est une apologie et une explication vivifiante du vitalisme.

La difficulté de comprendre le vivant est que la constitution de connaissances s'obtient par l'analyse - et que l'analyse dissèque le vivant : le réduit et le tue. Pour comprendre le vivant il faut alors considérer que la connaissance est plus que de l'analyse - une manière d'organiser la vie pour lever par avance les obstacles qu'elle a rencontrés précédemment. La connaissance de la vie ne serait rien si elle s'opposait à la vie ; c'est une connaissance qui suppose la vie avant tout dont la connaissance est un produit. Il faut se sentir vivre d'abord, y compris comme un animal pour qui la connaissance est peut-être bien toute autre que pour l'homme - il faut sentir par avance le sens de la vie.

Les biologistes, surtout depuis Claude Bernard, reconnaissent que décomposer le corps pour le comprendre n'apporte rien : c'est l'analyse d'une fonction ou d'un paramètre qui découvre le rôle d'un organe. Et encore ne peut-on généraliser. Un corps étant un tout organisé, ce qui vaut pour l'un ne vaut pas nécessairement pour un autre. La méthode d'approche du vivant doit donc se faire après les précautions méthodologiques de spécificité (chaque être est différent : entre variétés (d'individus au sein d'une même espèce), espèces (entre elles), de l'animal à l'homme) ; d'individualisation (l'étude de l'effet d'une substance entre deux lots d'individus n'a de sens que si l'on s'assure que leurs organismes sont identiques - ce qui est impossible dans la nature et conduit à produire des êtres artificiels par sélection-production humaine ) ; de totalité (un dommage corporel, une ablation, produisent des effets de compensation sur les autres organes et n'affectent pas qu'une seule fonction) ; d'irréversibilité (ce qu'a enduré l'organisme l'a doté de potentialités que n'a pas un autre organisme : ex. le vaccin).

Si l'histoire des sciences n'était qu'une histoire des réfutations des théories anciennes, elle mènerait nécessairement à l'établissement de la vérité contemporaine - et donc à la réfutation de la science comme recherche en cours : elle serait surtout l'affirmation d'un dogmatisme parfaitement antiscientifique. Si l'histoire des sciences est au contraire scientifique, c'est qu'elle convoie à ma conscience contemporaine toutes les théories anciennes qui sont susceptibles d'orienter encore le savant contemporain - et donc les conclusions de ses observations. Cette richesse théorique ouvre les interprétations possibles de ce qu'il observe et le mène à cadrer son discours. Car c'est bien la théorie qui précède chaque fois le fait. Cela, la formation de la théorie cellulaire le démontre. Linné déduisait de la décomposition des végétaux et de leur assimilation sous cette forme commune d'humus qu'ils avaient tous la même nature profonde. Buffon voulait la trouver comme Newton avait nommé la force universelle de la gravitation et évoque une forme commune où se déploie l'être en formation dans plus de précision. Oken, le premier, affirme l'universalité de ce qu'il nomme « cellule » par le rappel des alvéoles de la ruche auquel le mène ses observation de la structure du liège. La théorie cellulaire, qui repose sur deux principes, que tout être vivant soit composés de cellules d'une part et que toute cellule soit produite par une cellule précédente d'autre part, était née. Au même moment, la politique envisage la volonté générale et l'assimilation du corps politique à une individualité irréductible à ses parties : aussi dit-on au même moment que l'individu, tout en étant composé de cellules, ne leur est pas réductibles - ou que les cellules assemblées forment une individualité propre. Ainsi, les même théories fécondes des domaines différents de la connaissance comme la volonté d'identifier un principe unique en physique inspire une recherche similaire à repérer des traces, des preuves, d'un élément fondamental au vivant en biologie.

A titre d'argument illustrant la même thèse par l'exposition des thèses contraires, Bichat, peu familier du microscope pourtant nécessaire à l'observation statique de la cellule, et maniant mieux que quiconque le scalpel, développe de son côté la théorie des « tissus » : les individus sont composés d'un nombre limités de tissus différents, cette matière continue puisque tissée qui se découpe à l'envi. En 1838, Schwann énonce « les lois générales de la formation cellulaire » ; en 1874, Haeckel expose que l'individu se développe depuis une seule cellule qui se divise ; et pour Claude Bernard, cela ne fait aucun doute : « dans l'analyse intime d'un phénomène physiologique on aboutit toujours au même point, on arrive au même agent élémentaire, irréductible, l'élément organisé, la cellule. » L'analogie politique est nette chez Heackel en 1899 : « Les cellules sont les vrais citoyens autonomes qui, assemblés par milliards, constituent notre corps, l'état cellulaire ». Aux débuts du XXe siècle on se demande comment un individu peut fonctionner comme un tout si les cellules sont fermées les unes aux autres et si aucun principe unificateur n'est à l'oeuvre : on cherche parmi les flux, les milieux, les substances... et les tissus.

L'opposition entre Mécanisme et Vitalisme exprime depuis Hippocrate cette confrontation entre Discontinuité et Continuité que des faits nouveaux ne sont jamais parvenus à résoudre en faveur de l'un ou l'autre mais n'ont jamais eu pour effet que de faire osciller la pensée de l'un à l'autre. On en déduirait presque que c'est finalement cela, la pensée de la vie, celle d'un mouvement incessant de l'un à l'autre. Car il faut bien, quoiqu'on en dise une théorie à la biologie, se prétendît-elle de la plus haute scientificité, comme il en est une à toute pensée - et la science, si elle ne veut s'aveugler elle-même devant le dogme de la factualité, qui est encore une théorie, est bien obligée de faire l'effort chaque fois de se rendre consciente à elle-même le paradigme théorique qui éclaire ses conclusions présentes. En ce sens une philosophie biologique reste scientifique en permettant à la science de se comprendre elle-même. C'est pourquoi, avant la science, avant la biologie, il y a la théorie vitaliste et la théorie mécaniste, derrière lesquelles se rangent et sont rangés les biologistes selon leur orientation à expliquer les mouvements de la nature par une impulsion de vie toujours en train et dans laquelle ils s'intègrent eux-mêmes ; ou par analogie avec les rouages d'une machine observée de l'extérieur et prétendûment animée par la nécessité causale. le mécanisme méthodique tue la vie qui inspire le vitalisme ; et les mouvements intuitifs et ambitieux du vitalisme anéantissent les causes et les effets qui animent le mécanisme. C'est la vitalité du vitalisme que de se maintenir dans sa spontanéité intuitive malgré les coups saccadés que lui assène le matérialisme.

Le vitalisme, accusé de fantaisie ou de supercherie, est aussi caractérisé par sa fécondité. Comment nommer cette énergie qu'on ne voit pas, qu'on ne mesure pas, et pour cause, puisque c'est elle qui fournit l'observation elle-même ; puisque c'est la vie-même ? Les expressions s'amoncèlent : principe, force vitales, entéléchie, hormè : qu'a-t-on dit en disant cela ? Les mécanistes ont le rôle facile de se moquer de ces imprécisions qui ne se réfèrent à rien de bien défini : le vitalisme mène pourtant aussi bien aux réflexes qu'à l'influx nerveux et n'influence pas moins les concepts scientifiques que la rigidité logique du mécanisme. La tendance à la paresse, au laisser-aller de tout expliquer par des flux, des intuitions et des mouvements, est, il est vrai, un travers regrettable des biologistes vitalistes en fin de carrière qui pensent, avec des propos verbeux exempts de toute exigence réflexive, et avec la caution d'ancien savants, se recycler en philosophes.
De fait, un troisième aspect du vitalisme est sa réputation d'être rétrograde : un recul de la pensée vers l'explication de forces et d'impulsions vitales que reprennent les démagogies et les dictateurs pour mobiliser les foules. Qu'on ne reproche pas plus au vitalisme ces reprises aberrantes qu'à l'arithmétique l'économie ultra-libérale ou à la génétique l'eugénisme. le vitalisme est bien plus difficile à retirer des théories des biologistes qu'on ne croit - y compris chez ceux que l'on perçoit ordinairement comme matérialistes ou mécanistes.

C'est que l'organisme n'est pas une machine et que, pour expliquer que la machine se meut, il faut bien une impulsion qui lui vienne d'en dehors d'elle-même : « mécanisme n'est pas moteur » - et c'est ainsi que l'on parle de « ressort », terme certes mécanique qui ne cache pas la nécessité du recours au vitalisme. Par ailleurs, la machine ne se reproduit pas non plus et, mieux encore, elle ne s'adapte ni à son milieu ni à un dysfonctionnement d'une de ses parties : elle poursuit toujours le même but, si elle le peut, ou se casse. L'organisme, lui, prend en charge autant que possible la fonction de l'organe empêché : la difformité, le handicap, n'enlèvent rien aux potentialités de l'organisme - et la machine, au contraire de l'organisme, ne connaît pas la monstruosité. de là, la conclusion que le mécanique n'est pas concurrent du vitalisme, mais s'y inscrit. Et si la notion de « milieu » s'est généralisée dans tous les domaines pour désigner un environnement réduit d'évolution d'individus depuis son introduction mécanique par Newton, on ne saurait parler de « milieu » de l'homme comme d'un volume restreint au sein de l'univers : le milieu de l'homme est à l'échelle de sa perception et de sa volonté de comprendre - c'est donc l'univers lui-même. Il n'y a pas meilleur moyen de démontrer que sa séparation nécessaire d'un extérieur que l'on peut bien appeler « nature » à la thèse mécaniste est artificiel et survient après l'évidence de son intrication dans le milieu universel ; ou dit autrement que le vitalisme précelle le mécanisme.

De même, les termes habituels de la médecine : normal, anormal, pathologique et sain ne se réfèrent à rien d'absolu mais implique l'établissement d'un jugement normatif a priori : une morale. L'organisme réagissant dans son milieu, la folie est, selon les cas, une réaction « normale » - et si tel comportement est anormal, c'est qu'il est inconvenant plus qu'il ne dément les statistiques. Être sain n'est pas un état exempt de maladies, c'est être plus forte que la maladie, d'une manière que l'organisme répond aux agressions sans se fragiliser ; la pathologie est un affaiblissement qui diminue cette capacité de réaction - la pathologie n'est pas le contraire du normal, elle établit d'autres normes - et le monstrueux, qui n'est qu'une manière de qualifier une certaine forme de vie, ne vient pas moins à l'esprit qu'en rapport à d'autres normes, qui ne sont rien moins qu'inspirées par la biologie et bien plutôt par la philosophie.
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La porte du laboratoire d'expérimentations biologiques s'ouvre - moment d'appréhension à l'idée de voir des êtres vivants en cages, ou à moitié dépecés, sans parler des monstres enfermés dans les bocaux.
Mais si on veut bien suivre Georges Canguilhem dans ce livre, on pourra tenter de comprendre ce qui s'y passe d'un point de vue philosophique.
La première traversée du labo n'a pour but que de questionner la pertinence des expérimentations quant à la connaissance de la vie (avant même toute question éthique). Certaines expériences permettraient au mieux de connaître le vivant dominé par le milieu, donc dans une situation catastrophique (d'après Kurt Goldstein), mais ce type de considérations n'arrête pas d'autres scientifiques animés par une philosophie mécaniste de la vie.
Il faut s'arrêter sur l'histoire de la théorie cellulaire pour se rendre compte à quel point « les théories ne procèdent jamais des faits ». C'est une page d'histoire passionnante et inquiétante qui montre les affinités d'idées qui sont en jeu, jusqu'à la théologie, la métaphysique ou la philosophie politique. le nazisme et le stalinisme ne sont pas loin, qu'on pense au vitalisme de Driesch (mystique du führerprinzip) ou aux thèses de Lyssenko.
« On peut remarquer que la théorie biologique se révèle à travers son histoire comme une pensée divisée et oscillante. Mécanisme et vitalisme s'affrontent sur le problème des structures et des fonctions ; Discontinuité et continuité, sur le problème de la succession des formes ; Préformation et Épigenèse, sur le problème du développement de l'être; Atomicité et Totalité, sur le problème de l'individualité. ».
L'auteur croit pourtant trouver un « sol ferme » pour asseoir les fondations de tout nouveau développement scientifique, en remontant assez loin dans l'histoire, et peut-être même jusqu'aux mythes antiques si on suit CG. Jung.
Depuis Aristote au moins, l'assimilation de l'organisme à une machine laisse entière la question de la genèse du vivant, mais il semble qu'aucune réfutation n'a raison de cette vision mécaniste. Or la question inverse se révèle toute aussi féconde. « L'antériorité chronologique et biologique de la construction des machines sur la connaissance de la physique » est observée selon des multiples points de vue, des ethnographes (études du milieu et des premiers outils) jusqu'aux philosophes comme Henri Bergson qui considère l'invention mécanique comme une fonction biologique, un aspect de l'organisation de la matière par la vie.
Mais le rapport entre le vivant et son milieu ouvre encore plus grand le fossé entre mécanistes et vitalistes. (Il faudrait sans doutes s'inspirer du principe de complémentarité qui a été adopté en physique des ondes/particules). D'un côté on a JB. Watson au bout d'un « cartésianisme exubérant » (Wikipédia : expérimentation controversée de conditionnement sur le petit Albert). de l'autre côté on a K. Goldstein qui observe : « entre le vivant et le milieu, le rapport s'établit comme un débat où le vivant apporte ses normes propres d'appréciation des situations, où il domine le milieu ». Et l'auteur prolonge : « la biologie doit tenir le vivant pour un être significatif. (...) Un sens, du point de vue biologique et psychologique, c'est une appréciation de valeurs en rapport avec un besoin. »
L'être vivant étudié dans le labo a donc un rapport pathologique avec son milieu, mais n'est-ce pas aussi le rapport que l'homme entretient avec son milieu lorsqu'il l'a profondément transformé par sa frénésie d'inventions ? (Bergson dirait que « le corps agrandi attend un supplément d'âme » mais l'auteur ne le suit pas sur ce terrain).
Retour au bocal enfermant le monstre, avant de refermer le livre. Par une affinité immédiate avec Michel Foucault, on note d'abord qu'au XIXème siècle « le fou est dans l'asile où il sert à enseigner la raison, et le monstre est dans le bocal de l'embryologiste où il sert à enseigner la norme ». Mais que penser lorsque Camille Dareste revendique pour la tératologie (sic) la gloire de créer son objet, la gloire de créer des monstres ? Sûrement que le monstrueux n'est pas toujours aperçu du premier coup.
A côté d'un monde où l'esprit scientifique n'accepte pas l'exception, l'imagination crée un « antimonde » monstrueux où tout est exceptionnellement possible...
Sur le point de se refermer, on lira sûrement "interdit au public" sur la porte, mais je crois que là il y a un problème, et j'ai plutôt envie d'y mettre mon pied pour la laisser ouverte !
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Une exposition documentée de l'histoire de la philosophie et de l'épistémologie du vivant et de la biologie qui participe à reconsidérer, sous une bonne forme conceptuelle, le vitalisme, trop souvent discrédité à tort. La réflexion est épistémologique et historique : certes, c'est une manière de faire de l'épistémologie qui trouvera de la contestation (confusion de l'histoire et du formel? Canguilhem n'est de toute manière pas un "formaliste"), mais c'est très bien mené et ce qui compte principalement est de clarifier des concepts impensés ou incompris.
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Le vivant tend à l'individualité. le vivant n'apparaît pas dans son milieu, il crée son milieu.
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
Nous nous demanderons maintenant si, en considérant la vie comme un ordre de propriétés, nous ne serions pas plus près de comprendre certaines difficultés insolubles dans l'autre perspective. En parlant d'un ordre de propriétés, nous voulons désigner une organisation de puissances et une hiérarchie de fonctions dont la stabilité est nécessairement précaire, étant la solution d'un problème d'équilibre, de compensation, de compromis entre pouvoirs différents, donc concurrents. Dans une telle perspective, l'irrégularité, l'anomalie ne sont pas conçues comme des accidents affectant l'individu mais comme son existence même. Leibniz avait baptisé ce fait plus qu'il ne l'avait expliqué, en affirmant qu'il n'y a pas deux individus semblables et différant simplement solo numero. On peut comprendre à partir de là que si les individus d'une même espèce restent en fait distincts et non interchangeables c'est parce qu'ils le sont d'abord en droit. L’individu n'est un irrationnel provisoire et regrettable que dans l’hypothèse où les lois de la nature sont conçues comme des essence génériques éternelles. L'écart se présente comme une aberration que le calcul humain n'arrive pas à réduire à la stricte identité d'une formule simple, et son explication le donne comme erreur, échec, ou prodigalité d'une nature supposée à la fois assez intelligente pour procéder par voies simples et trop riche pour se résoudre à se conformer à sa propre économie. Un genre vivant ne nous parait pourtant un genre viable que dans la mesure où il se révèle fécond, c'est à dire producteur de nouveautés, si imperceptibles soient-elles à première vue. On sait assez que les espèces approchent de leur fin quand elles se sont engagées irréversiblement dans des directions inflexibles et se sont manifestées sous des formes rigides. Bref, on peut interpréter la singularité individuelle comme un échec ou comme un essai, comme une faute ou comme une aventure. Dans la deuxième hypothèse, aucun jugement de valeur négative n'est porté par l''esprit humain, précisément parce que les essais ou aventures que sont les formes vivantes sont considérés moins comme des êtres référables à un type réel préétabli que comme des organisations dont la validité, c est à dire la valeur, est référée à leur réussite de vie éventuelle. Finalement c'est parce que la valeur est dans le vivant qu'aucun jugement de valeur concernant sont existence n'est porté sur lui."
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Ce n'est pas dans un raté de l'organisation vivante qu'on eut cherché la loi de la nature. Et c'est logique dans le cas d'une conception de la nature qui la tient pour une hiérarchie de formes éternelles. Inversement si l'on tient le monde vivant pour une tentative de hiérarchisation des formes possibles, il n y a pas en soi et a priori de différences entre une forme réussie et une forme manquée. Il n'y a même pas proprement parler de formes manquées. il ne peut rien manquer à un vivant, si l'on veut bien admettre qu'il y a mille et une façons de vivre. Dans l'ordre de la vie, il n'y a pas de réussites qui dévalorisent radicalement d'autres essais en les faisant apparaitre manqués.
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La connaissance consiste concrètement dans la recherche de la sécurité par réduction des obstacles, dans la construction de théories d'assimilation. Elle est donc une méthode générale pour la résolution directe ou indirecte des tensions entre l'homme et son milieu.
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Le vitaliste, c'est un homme qui est induit à méditer sur les problèmes de la vie davantage par la contemplation d'un oeuf que par le maniement d'un treuil ou d'un soufflet de forge.
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L’homme n’est vraiment sain que lorsqu’il est capable de plusieurs normes, lorsqu’il est plus que normal. La mesure de la santé c’est une certaine capacité de surmonter les crises organiques pour instaurer un nouvel ordre physiologique, différent de l’ancien. Sans intention de plaisanterie, la santé c’est le luxe de pouvoir tomber malade et de s’en relever. Toute maladie est au contraire la réduction du pouvoir d’en surmonter d’autres. Le succès économique des assurances sur la vie repose au fond sur le fait que la santé est biologiquement assurance dans la vie, habituellement en-deçà de ses possibilités, éventuellement supérieure à ses capacités « normales».
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Vidéo de Georges Canguilhem
Amos Squverer Dans le normal et le pathologique (1943), ouvrage entre science et philosophie, devenu classique, Georges Canguilhem apportait des éclairages essentiels sur la différence entre ces deux notions, en examinant la façon dont ils s'étaient déployés dans la physiologie et la biologie du XIX-XXe siècle. Les distinctions alors établies sont-elles encore pertinentes, si l'on tient compte à fois de certaines problématiques nouvellement apparues en philosophie – par exemple celle du care – et du développement ou de l'orientations des sciences, notamment biologiques ou neurologiques?
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