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Éditeur : Paris N. Martinet Editeur (01/01/1888)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Pilote-Major / Jean de Nivelle (Charles Canivet)
Date de l'édition originale : 1888
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
gill
  21 février 2016
Qu'on ne s'y trompe point, le triptyque composé du présent volume, des "contes du vieux pilote" et des "contes de la mer et des grèves" n'est pas un recueil de contes et légendes normandes.
Il est tissé d'une galerie de portraits, de l'évocation de quelques souvenirs et de la peinture de nombreux paysages.
Charles Canivet, qui se nomme pour l'occasion Jean de Nivelle, est né à Valognes, en 1839, où il est mort en 1911.
C'est un poète qui aime le Val-de-Saire.
Comme tel, il regarde. Comme tel, il écrit.
De ce livre s'échappe une tendre humanité et un réalisme qui, parfois, sait se rendre effroyable.
Car, nous dit-il, la vie n'est rien sans la mort qui enlève sans crier gare, qui frappe sans cesse à tort et à travers.
"Pilote-Major" est un livre plaisant mais il est aussi une puissante réflexion sur la condition humaine.
La plume est élégante, d'une élégance "vieux-siècle", un peu ampoulée mais si charmante.
Les descriptions sont bluffantes.
L'oeil de l'écrivain est celui d'un peintre.
Le paysage de "la pêche à crevette" est tout juste celui que mes yeux d'enfant découvraient, sans pouvoir le décrire, après, qu'ayant traversé le courant du Run sur les épaules de mon grand-père, des roches pleines de varech apparaissaient derrière l'île de Tatihou.
"Pilote-Major" contient 14 textes, aussi variés que passionnants.
C'est dans le port de Saint-Vaast, sur le quai, que l'on retrouve le vieux pilote, Antoine Brasbis.
Et ces retrouvailles ont un goût de redite, de déjà lu.
Ce premier texte, "Pilote-Major", est la reprise de celui intitulé "le Rubis" dans "les contes du vieux pilote".
Toutes les autres nouvelles du présent recueil sont inédites.
- "Le fiancé de Désirée" -
Le novice Ribard, qui naviguait pour un des plus gros patrons de Barfleur, accueillait froidement les sourires que la belle Désirée lui envoyait, sur le quai, à l'heure de la vente du poisson et dans les chemins pierreux de Gatteville ...
- "Le vieux" -
Avisé comme le marin qui flaire la tempête, le vieux devine que ses jours sont comptés.
Son grand corps droit malgré le poids terrible de ses 80 ans, il est seul, aussi abandonné qu'un misérable.
Il contemple, le soir venu, les ombres qui s'allongent comme ses propres souvenirs ...
- "Pêche à la crevette" -
Quand on veut se donner le genre de faire la guerre à la crevette, il ne faut point penser à autre chose.
Et Charles Canivet, pour ne pas revenir bredouille, sait trop bien que la pêche n'est qu'un prétexte à tous ceux que les beaux spectacles sollicitent.
Peu importe, il trouvera du "bouquet" à la table de l'hôtel de Normandie ...
- "L'orgueil de Montferrand" -
Maître Philippe était prospère.
Sa ferme était la mieux tenue à cinq lieues à la ronde.
Il rêvait pour son fils Auguste d'une situation dans l'État : professeur, juge, douanier ou inscrit maritime.
Malheureusement, au collège de Cherbourg, le jeune passait pour un cancre ...
- "Délibération municipale" -
Le maire de Dindonville a de la terre en herbe et de la terre en labour. Son bétail est primé dans tous les concours.
Et son cidre, donc ! Parlez-moi de son cidre ... le plus pur, le plus corsé, le plus mousseux qu'on puisse boire à des lieues à la ronde !
Le maire de Dindonville, serviable, est un brave homme.
Mais il est peu lettré ...
- "Le lieutenant X" -
Le lieutenant X a reconquis, sur les champs de bataille, son honneur et son grade, après que les portes de la Maison Centrale se fussent refermées sur lui pour cinq ans.
Mais lorsqu'il a été reconnu, il est devenu le plus malheureux des hommes ...
- "Nuit d'angoisse" -
L'auteur se trouvait, dans une maison isolée près de Cherbourg, chez un ami, receveur des contributions indirectes, qui possédait fréquemment à demeure des sommes assez considérables.
Cette nuit-là, où une terrible tempête éclata, promettait d'être chargée d'angoisse ...
- "Au clair de la lune" -
Jacques Antoine Pesnel possédait un des plus beaux morceaux de terre du Val-de-Saire.
Mais il était bien seul.
Et il pensait, un peu plus que de raison, à cette belle fille de 20 ans qui savait si bien tenir sa maison propre comme un vaisseau de l'état ...
- "Les bohémiens" -
L'imagination joue un grand rôle lorsqu'elle porte son regard vers les bohémiens.
Elle provoque des précautions infinies.
On ferme ses portes, on ne dort que d'un oeil ...
- "Un meurtre au village" -
Un jour d'été, au lever du soleil, on a trouvé la vieille mercière assassinée dans sa boutique bouleversée.
Un homme, un étranger aux longs cheveux et aux grands yeux noirs, est désigné par quelques villageois ...
- "Mademoiselle Ursule" -
Mademoiselle Ursule était riche et faisait du bien.
Mais elle était une personne romanesque .
Elle ne se plaisait à vivre que dans la fiction et dans un monde de poésie.
Si bien qu'on causait d'elle comme d'une personne dont la raison était vacillante ...
- "Maison ruinée" -
L'auteur se souvient, qu'à quelques kilomètres de Valognes en prenant la route de Saint-Vaast, vivait, il y a bien des années, un ami de collège que la mort, qui frappe sans cesse à tort et à travers, a enlevé sans crier gare ...
- "La petite Ludivine" -
Nicaise le pêcheur, patron d'une "plate" inscrite au quartier de la Hougue, n'est plus bon qu'à vider sa bourse au cabaret.
Il s'est habitué à noyer, dans les demi-tasses et les petits verres, le souvenir de celle qu'il a aimé.
Au seuil de sa porte, il retrouve ses remords en regardant la petite Ludivine, une fillette de 12 ans qui est le portrait vivant de sa mère ...


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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
gillgill   16 février 2016
Nous passons sous le fort de la Hougue, naguère abandonné, aujourd'hui armé de pièces à longue portée.
La vieille tour du temps de Louis XIV, qui servait jadis de poudrière, semble un géant qui monte la garde, dans la demi-obscurité du matin naissant, qui met une lumière croissante sur son vieux chef de pierres grises.
On ne voit pas encore les îles dont le feu brûle toujours, et dont l'une est également hérissée de canons énormes.
On dit qu'autrefois les Anglais n'auraient pas mieux demandé que de s'y établir. C'est le contraire qu'il serait difficile de croire.
Enfin, ils n'y sont pas, et tout navire ennemi qui passerait entre la Hougue et Saint-Marcouf, ne serait pas précisément à son affaire ...
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gillgill   16 février 2016
Dans le nord du département de la Manche, à
quelques kilomètres de Valognes, en gagnant la
route de Saint-Vaast, j'ai connu, il y a bien des
années, mettons trente pour ne pas trop nous
vieillir, une maison hospitalière, celle d'un camarade
de collège, qui fut un ami des jours suivants,
et que la mort, qui frappe sans cesse à
tort et à travers, enleva traîtreusement, sans
crier gare ...
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