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Critiques sur Dans la ville des veuves intrépides (54)
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viou1108
  10 avril 2015
1992, Mariquita, quelque part au fin fond d'une Colombie ravagée par une interminable guerre civile. Un beau matin, un groupe de guérilleros déboule dans le village et en réquisitionne tous les hommes, laissant femmes, enfants et curé sans autre choix que de se prendre en mains pour réorganiser la vie du village. Qui d'autre que Rosalba, veuve du brigadier, semble la plus apte à prendre le commandement des opérations ? Elle est peut-être la seule à le croire, la seule à y croire, toujours est-il que la voilà qui occupe la mairie et passe le temps à établir des listes de choses prioritaires, des listes de choses importantes, des listes de listes… Pleine de bonnes intentions et d'imagination mais dépourvue de sens pratique, Rosalba n'en finit plus d'imposer ses décrets absurdes et inefficaces, voire carrément désastreux. Peu à peu cependant, et au prix de quelques drames, le village remontera la pente…
L'histoire est racontée dans la veine du réalisme magique cher aux auteurs latino-américains (bien que James Cañon ait écrit son roman en anglais), le ton est donc à l'humour baroque, avec une galerie de personnages plus extravagants les uns que les autres.
Et pourtant les événements et le contexte général sont loin d'être roses : après le départ des hommes, le village vit des heures noires de faim, de misère et d'isolement du reste du monde. Reste du monde d'ailleurs particulièrement hostile, comme le montrent les courts chapitres intercalés dans le récit principal. Ce sont des témoignages d'hommes, qui côtoient de près la guerre civile : reporter américain, enfant-soldat, guérillero, paysan, paramilitaire ou officier régulier. Leur témoignage est chaque fois purement descriptif, clinique, dépourvu d'émotions, d'autant plus terrible et glaçant.
Le sort des veuves est narré avec beaucoup plus de comique, n'empêche, parfois on rit pour ne pas pleurer…
Avec cette fable politico-écologique, l'auteur tourne en ridicule les dictatures fantoches (de droite et de gauche). Voici Rosalba qui parle : « Je me fiche de savoir ce qui est éthique ou pas ! Je n'ai pas accompli une seule chose dans ma vie sans avoir à mentir ou tricher un peu. (…) Chaque fois que j'ai essayé de faire quelque chose d'une façon correcte, j'ai échoué lamentablement. J'essaie d'être honnête avec tout le monde et de mener une vie fondée sur d'authentiques principes moraux, mais je ne peux pas ».
Les hommes aussi (ou un certain type d'hommes…) en prennent pour leur grade. Sans pour autant que le livre puisse être qualifié de féministe, puisqu'il faut bien admettre à la fin qu'on ne peut se passer d'eux, pourvu que ce soit sur pied d'égalité.
Mais surtout, le roman veut rendre hommage aux femmes (le livre est dédié « à toutes les femmes de la terre »). Encore Rosalba : « Les femmes étaient idéalistes et romantiques par nature, et même si les hommes avaient toujours vu ces caractéristiques comme des défauts, peut-être était-il temps pour les femmes de les honorer comme des qualités féminines uniques et d'en faire usage dans leur vie quotidienne ».
Conclusion : belle histoire, facile à lire, captivante, finalement plus optimiste que triste.
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kuroineko
  03 novembre 2019
Le 15 novembre 1992, un dimanche comme tous les autres, une troupe de guérilleros pénétra dans Mariquita, village de la cordillère colombienne, et emmenèrent ou tuèrent tous les hommes de plus de douze ans, excepté le padre Raphaël.

Ainsi commencent Dans la ville des veuves intrépides et les multiples péripéties des femmes de Mariquita. Veuves, célibataires et vieilles filles ont vu, impuissantes, disparaître au nom d'une énième guerre civile, qui un frère, un mari, un fils, un fiancé, une possibilité d'avenir... Un temps, le village sombre dans le chaos et les ruines laissés par les guérilleros.
Rosalba, veuve du brigadier assassiné, autoproclamée maire, décide de se relever, et Mariquita avec elle.

Les choses ne vont pas sans mal ni sans erreur et frictions. James Cañon présente dans son roman une savoureuse galerie de portraits féminins - plus quelques hommes. On assiste à l'évolution des habitudes et des mentalités, une prise de conscience que "du temps des hommes", leur personnalité et leur féminité étaient rabaissées à des corvées domestiques et à une soumission au modèle patriarcal.

L'auteur ponctue les chapitres relatifs à Mariquita de témoignages de guérilleros, miliciens paramilitaires de droite et soldats de l'armée nationale colombienne. Tout n'y est que violence, mort et désolation, au nom du communisme, d'une dictature militaire ou d'un gouvernement bancal. Ces récits masculins offrent un véritable contrepoint à la révolution lente mais en marche dans l'esprit des femmes du village.

Dans la ville des veuves intrépides relève du réalisme magique propre à la littérature sud-américaine, même si l'auteur l'a rédigée en anglais. Je me suis attachée aux personnages hauts en couleur de Mariquita. James Cañon met bien en avant les forces, les failles et les défauts de ces femmes et des quelques éléments masculins qui restent. L'orgueilleuse et quasi dictatoriale Rosalba réserve des surprises, Santiago m'a beaucoup émue au retour de Pedro parti des années auparavant tenter sa chance à New-York, la folie qui s'empare de Francisca après sa surprenante découverte sous son propre plancher, ...

On assiste au fil du temps qui passe à une évolution captivante de la communauté. Les dignités se redressent et le rapport à la masculinité et même à la religion, les deux formes de soumission subies depuis des générations par les femmes du pays, se transforme radicalement. Dans les esprits comme dans la chair. Utopie féministe et humaniste mise en application vaille que vaille, avec force trébuchements.

Je garderai de cette lecture un souvenir très plaisant et qui donne à réfléchir. Ainsi que des moments et des caractères d'anthologie. La force que James Cañon insuffle à ses personnages se propagent via les pages jusqu'à la personne qui lit et ranime volonté et moral qui iraient chancelants. Pourquoi s'en priver?
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LiliGalipette
  26 décembre 2012
À Mariquita, petit village perdu de la Colombie, les hommes ont disparu un matin de 1992. Les guérilleros communistes sont venus et les ont emmenés. Désormais, le village ne compte que des veuves, des vraies et des veuves de fait, privées d'époux. « Son Mariquita chéri s'était mué en un village de veuves dans un pays d'hommes. » (p. 33) le gouvernement n'entend pas les demandes répétées des femmes et le village tombe lentement dans l'oubli, comme effacé des cartes et du temps. D'hommes, il ne reste que le prêtre et un adolescent que sa mère a déguisé en fille pour le soustraire aux guérillos.

Après des années de déréliction, la veuve Rosalba décide de reprendre en main le village. La voici maire de la collectivité et bien décidée à rendre sa prospérité à Mariquita, à la force de ses bras et de ceux de ses compagnes. « Il n'existait rien de tel que le sexe faible. Les femmes étaient faites de chair et de sang, exactement comme les hommes. Une femme qui avait ses deux pieds plantés là où ils devaient l'être pouvait travailler comme un homme, ou même mieux. » (p. 68) Même si le manque d'hommes – le manque de l'homme – se fait cruellement ressentir, Mariquita relève la tête et reprend vie. La préoccupation première de Rosalba est de pérenniser l'espèce. C'est alors que le padre Rafael propose le noble sacrifice de sa personne pour repeupler le village. Mais cette tentative, comme celles qui suivront pour repeupler le village, est vouée à l'échec. Il y a comme une malédiction sur Mariquita : les hommes n'y reviendront qu'à une certaine condition…

Peu à peu, la notion du temps s'efface et personne ne sait plus le mesurer. Pour contrer ce lent effacement dans le temps, Rosalba met en place un calendrier parfaitement féminin qui sera la base du futur de Mariquita et de ses habitants. « Bien sûr que nous avons un avenir. Qu'il soit bon ou mauvais, c'est une autre affaire. » (p. 315) Finalement, le destin du village est lié à un accomplissement suprême, à une transformation totale pour atteindre un état à la fois autarcique et pacifié.

Chaque fin de chapitre est consacrée au portrait d'un homme, guérillero ou paramilitaire colombien. En matière de femme, je ne vous ai parlé que de Rosalba, mais vous serez aussi séduits par Orquidea, Gardenia, Magnolia, Emilia et leurs concitoyennes. Chacune d'elles se révèle loin de l'homme et de ses diktats. Il n'est pas question d'amazones et de féminisme brutal, mais d'une féminité qui prend toute la place, d'abord parce qu'elle y est contrainte, puis parce qu'elle embrasse à pleines paumes un destin sans les hommes.

James Canon se réclame de Gabriel Garcia Marquez et son roman n'est pas sans rappeler Cent ans de solitude et ses méandres familiaux et temporels. Mariquita est un village oublié qui arrache son autonomie et sa survie au néant et au désordre. Entre réalisme magique et féminisme loufoque, ce roman est drôle, grave et nourri d'intertextualité. Cette utopie de doux (douces ?) dingues n'est pas d'une originalité renversante, car elle rappelle trop de monuments littéraires sud-américains, mais elle offre un divertissement plaisant, où la cocasserie est férocement tendre et diablement féminine.
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joedi
  20 février 2013
Mariquita petit village en Colombie où la vie des habitants est tranquille et sans histoire jusqu'au 15 novembre 1992 où tout est chamboulé. Les guerilleros débarquent. Ils volent tout ce qu'ils peuvent et emmènent les hommes pour en faire des combattants dans leur armée qu'ils nomment armée du peuple.
Mariquita est, après cela, un village de femmes, le seul homme est le Padre Rafael, le seul garçon, Julio, que sa mère a réussi à habiller en fille avant que les guerilleros n'entrent dans les maisons – Julio devient donc Julia. Ensuite, viendront Santiago et Pablo qui travaillaient dans une exploitation de café extérieure au village.
Toute une nouvelle organisation va se mettre en place qui commencera par l'élection d'un maire féminin.
L'auteur nous raconte l'histoire de cette bourgade, histoire baroque, fantaisiste, tragico-burlesque, pleine de surprises et d'imbroglios.
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rulhe
  27 septembre 2017
a maraquita bourgade
perdu au fond de la Colombie, les guérilleros,
ont réquisitionné tout les
hommes. alors les femmes
vont s,organisée, les soeurs morales vont créer un bordel ambulant, Francisca la veuve d'un grippe sou va mène la grande vie après avoir
découvert le magot de son
mari et puis il y Rosalba
proclamée maire, pleine de bonne volonté mais
inexpérimentée et maladroite.
au rigole a maintes reprises, devant la situation de ses femmes
et leur chemin semé d,
embuches.pour leur indépendance..
le tout traverser par une
galerie de personnages
aussi savoureux qu' attachant.
👍
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MissG
  19 janvier 2013
Un jour, les guérilleros sont venus dans le village de Mariquita perdu au fin fond de la Colombie, ils ont pris tous les hommes et depuis : "Son Mariquita chéri s'était mué en un village de veuves dans un pays d'hommes.".
Il ne reste que les femmes, quelques enfants et le prêtre : "Un village habité par des femmes courageuses vivant en autarcie, qui travaillaient la terre du lever au coucher du soleil, et qui ne baisseraient jamais les bras, pas même dans les situations les plus épouvantables. Un village laissé à l'écart par les maladies et les tragédies, oublié par la mort.".
Il va leur falloir apprendre à vivre dans cette nouvelle communauté, à s'organiser, à apprivoiser leurs pulsions sexuelles car forcément, cette absence d'hommes va finir par peser sur toutes ces femmes.
Ainsi, les soeurs Morales vont mettre en place un bordel ambulant tandis que les filles du bordel de Mariquita vont finir par déserter ce village, le prêtre va se proposer comme géniteur pour repeupler Mariquita et permettre à une nouvelle génération de voir le jour, pour qu'au final toutes ces femmes finissent par se découvrir des affinités entre elles, et tant pis pour la génération future de Mariquita.
Les femmes vont réfléchir sur les hommes et sur leurs rapports avec ces derniers : "Finalement, les douze jeunes filles en arrivèrent à la conclusion que Dieu leur avait donné deux yeux pour mieux regarder les hommes, deux oreilles pour mieux entendre ce que les hommes auraient à dire, deux bras pour les embrasser et deux jambes pour les enlacer mais un seul coeur à offrir. Les hommes, quant à eux, aimaient avec leurs testicules, et Dieu leur en avait donné deux.", devoir apprendre à composer, créer une nouvelle communauté avec de nouvelles règles.

Dans son récit fantaisiste, James Cañón repousse les limites du possible en proposant le quotidien sur plusieurs années de cette bourgade de Colombie.
Il donne vie à une communauté de femmes peuplée de caractères aussi divers que variés avec comme personnage moteur celui de Rosalba, auto-proclamée maire de Mariquita.
Des erreurs, elle va en commettre énormément, elle ne va presque d'ailleurs faire que ça, prendre de mauvaises décisions, faire des listes et des listes de priorités pour ne jamais rien commencer, se laisser manipuler par le prêtre.
Au final, c'est le personnage qui évolue le plus et qui apprend sans doute le plus de ses erreurs, même si dans une certaine mesure elle continue à se montrer tyrannique sur certains aspects.
Dans une forme de communisme, elle proposera à la communauté de mettre tous leurs biens en commun, que chacun travaille à la production de quelque chose, et dans l'esprit de la Révolution Française elle va imposer une nouvelle mesure du temps, un nouveau calendrier.
C'est le personnage qui représente l'aspect politique du livre.
A contrario, Julia est celui qui condense l'essentiel de la féminité.
Chaque femme, chaque portrait peint par l'auteur touchent le lecteur.
Elles ont toutes un petit quelque chose qui plaît, qui intéresse, qui amuse, il n'y a pas une histoire identique, il y a une multitude d'histoires qui finissent par se télescoper pour faire un tout.

L'autre aspect particulièrement développé par l'auteur, c'est le féminisme.
Il présente dans son histoire des femmes plus débrouillardes que les hommes, qui prennent des décisions, savent s'imposer et finissent par très bien se passer des hommes dans leur vie quotidienne, à commencer par le prêtre, véritable serpent tenté par la chair et qui finit par sombrer dans une folie meurtrière : "Mais votre Dieu n'habite pas dans ce village, padre [...] Il nous a lâchées, et vous êtes vraiment têtu pour continuer à croire en lui.".
Pourtant, il n'abandonne pas complètement les hommes puisque l'auteur ponctue chaque chapitre par le témoignage d'un homme, guérillero, militaire ou paramilitaire.
L'amour ne leur est pas non plus interdit, comme le démontre la très belle histoire entre Santiago et Pablo, sans doute celle qui m'a le plus émue.

Enfin, cette histoire s'illustre par un côté fantaisiste et c'est sans doute sur ce point que j'aurai quelques remarques à faire.
C'est un aspect que j'ai aimé mais je trouve que l'auteur aurait pu aller beaucoup plus loin dans cette fantaisie et qu'il s'est trop retenu, ce qui fait qu'au final je ne sais trop comment classer son roman.
Par exemple, lorsque les jeunes garçons atteignent l'âge du duel qui devra les départager entre celui qui choisira sa femme et ceux qui seront utilisés comme mâles reproducteurs ils se réveillent tous en croyant qu'ils sont en train de se transformer en femme : l'un a des seins, l'autre ses règles; au final, j'ai compris que ce n'était que le reflet de leurs peurs mais j'aurai préféré y voir une réelle audace de l'auteur, une vraie transformation en fille pour que ces garçons s'adaptent en quelque sorte à la nouvelle Mariquita, comme le personnage de Julia anciennement Julio.
Là, l'auteur se contente de le fantasmer et de passer assez vite à autre chose, comme s'il était peu sûr de lui sur un terrain inconnu.

Roman féministe, loufoque, avec des situations cocasses et des moments plus tristes, "Dans la ville des veuves intrépides" est un premier roman qui ne se démarque pas par une originalité hors du commun mais il y a tout de même quelque chose dans la plume de James Cañón qui interpelle le lecteur et ne le laisse pas insensible à cette histoire de femmes qui réinventent le temps et la vie du petit village de Mariquita en plein coeur de la Colombie.
Lien : http://lemondedemissg.blogsp..
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myriampele
  10 août 2013
C'est un roman dont on ne peut sortir qu'une fois la dernière page avalée. C'est truculent, plein de vie et d'un réalisme frôlant souvent l'impudeur! Ces femmes qui se retrouvent seules après l'enlèvement de leurs hommes s'organisent tant bien que mal pour survivre dans un village dont les seules ressources sont la culture et l'élevage. Mais les relations entre femmes ne sont pas toujours simples et la sensualité est à fleur des peaux bronzées...
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Missbouquin
  25 janvier 2013
Lu pour le Club des Lectrices. Nous voulions sortir un peu de nos lectures franco-anglo-américo-centrées, et nous avions donc pour consigne de proposer un roman africain ou latino-américain. Devant l'impossibilité de nous décider, ce roman a brusquement été proposé. Aucune de nous ne connaissait le titre ni l'auteur mais le sujet nous a intrigué. Rajoutez à cela qu'il était désigné comme le digne héritier de Gabriel Garcia Marquez et de Vargas Llosa, et hop c'était emballé !

Et j'avoue que je ne suis pas déçue … sans être un coup de coeur, ce texte est un beau moment de littérature …

Un beau jour de 1992, dans un petit village colombien, les guérilleros débarquent pour réclamer des armes et de la nourriture. Devant le manque de coopération des habitants, les soldats se radicalisent et embauchent tous les hommes de plus de 12 ans. Immédiatement, les femmes savent qu'elles ne les reverront pas et se mettent en deuil … Mais rapidement les problèmes se posent : comment assurer la marche du village, sa subsistance ? Et puis surtout comment combler le vide émotionnel et organisationnel créé par l'absence des hommes ?

« Son Mariquita chéri s'était mué en un village de veuves dans un pays d'hommes. »

Très vite, les situations deviennent cocasses, aussi diverses que toute la palette de sentiments qui compose la nature humaine. Les jeunes filles condamnés à rester vierge, les épouses heureuses d'être débarrassées de leur mari, un homosexuel qui sera « l'autre veuve »; le prêtre qui reste le seul homme et va proposer d'assurer la continuité du village : les portraits sont bien dressés et très intéressants.

Dans cet univers instable et violent – ce qui est rappelé par les chapitres intercalaires racontant la fin d'un certain nombre de guérilleros. Petit bémol : je n'ai pas réussi à faire le lien avec les maris enlevés, cela aurait peut-être rajouté un peu de force.

Du côté de l'écriture, j'ai retrouvé ce style si particulier aux auteurs latino-américains, fluide, original. Un style parfait pour le genre du réalisme magique auquel se plie James Canon, dans la droite lignée de Gabriel Garcia Marquez. Un style qui montre une grande maîtrise narrative, transformant le récit en une sorte de conte qui intègre une sorte de malédiction, l'effacement du temps lui-même et une vie en autarcie totale.

En même temps, il propose une analyse très poussée des avantages et contraintes du communisme, en parallèle de ceux d'une société matriarcale. Ou comment les habitantes, poussées par la nécessité, ont bien dû se reposer entièrement sur la communauté. Des habitantes qui s'épanouissent souvent pleinement loin de la société des hommes (considéré comme un procréateur).

Cette chronique tragico-burlesque (l'ironie est très présente) d'une bourgade perdue au fin fond de la Colombie a donc beaucoup de charme. Malheureusement, elle n'a pas réussi à tenir mon attention constante durant 500 pages. Certains passages m'ont parus trop longs, ou sans intérêt. Alors que la fin est très bonne, et clôture parfaitement la vingtaine d'années étranges qu'ont vécu ces femmes.

« le village dans lequel vous viviez autrefois n'existe plus, voyez-vous. Vous êtes maintenant à La Nouvelle-Mariquita, une communauté entièrement féminine, indépendante, qui a des caractéristiques sociales, culturelles et économiques particulières et des liens étroits avec la nature. »

Une belle découverte, un dépaysement assuré, grâce au Club des Lectrices !
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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zabeth55
  11 février 2012
Dans un pays troublé par la guerre civile, les femmes se retrouvent seules, tous les hommes ayant été tués ou enrôlés de force par les guérilleros. Pendant seize ans, elles vont s'organiser, constituer une société nouvelle.

Burlesque, cocasse, extravagant, absurde, délirant….. Quel livre ! Quel auteur !
Certes, c'est long, presque 500 pages, mais c'est écrit de telle manière qu'on ne trouve jamais le temps long.

Chaque chapitre est un long portrait d'une femme de Mariquita.avec en toile de fond l'évolution de la vie à Mariquita et la violence et la désolation amenées par la guerre civile.
Ces longs chapitres sur Maraquita sont séparés par des chapitres de 2 pages nous renseignant sur ce qui se passe dans le pays par de cours récits de guérilleros, de soldats d'Etat ou de paramilitaires.
Chaque chapitre peut constituer une histoire indépendante, et le tour de force de ce livre et de les lier toutes, avec cohérence, si bien qu'on n'est jamais perdu dans cette foule de personnages.
Jusqu'au bout, tout se tient, tout est soigné.

Chaque portrait est désopilant. Les filles Morales, Orquidea, Gardenia et Magnolia, la femme du brigadier, Rosalba, la tenancière du bordel, Dona Emilia, la femme du barbier, Francisac Viuda de Gomez, et aussi Virgelina Saavedera, Santiago et Pablo, amoureux depuis l'enfance, et Vietnam Calderon, Hochiminh, Che Lopez et Trostsky, les quatre garçons assassinés par le padre Rafael…..
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KATE92
  22 janvier 2012
Une histoire très originale qui célèbre la féminité et la vie communautaire. C'est un livre qui développe un idéal de société. Utopique sans doute mais qui fait vraiment du bien à lire.
Tolérance, amour, écoute, vie en harmonie avec la nature, voilà ce que proposent les veuves de MARIQUITA.
Guerre civile en COLOMBIE avec des chroniques de la terre des hommes : témoignages sur la guerre qui dure depuis plus de 40 ans.
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