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EAN : 9782072886164
432 pages
Gallimard (08/04/2021)
4.04/5   79 notes
Résumé :
Paris, 1962. Luc Blanchard enquête sur un groupuscule soupçonné d’être un faux nez des services secrets, impliqué dans l’assassinat à Genève, deux ans plus tôt, d’un leader de l’Union des populations du Cameroun. Une piste conduit le jeune journaliste à Yaoundé, mais il met son nez où il ne devrait pas et devient la cible du gouvernement local et de ses conseillers de l’ombre français.

Avec l’aide de son ami Antoine et d’un ancien barbouze, il va tent... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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Fandol
  26 août 2021
Nous avons trop vite oublié le rôle de la France en Afrique, même si, de temps à autre, l'actualité rafraîchit quelques souvenirs pas toujours glorieux.
Alors, en lisant Frakas, ce polar signé par l'excellent Thomas Cantaloube, j'ai été plongé au début des années 1960, au moment où notre pays perd peu à peu toutes ses colonies sans renoncer à les exploiter.
Franchement, en lisant Frakas, à de nombreuses reprises, je n'ai pas été fier d'être Français. L'action des services secrets, le SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage), les coups de main du SAC (Service d'action civique), le rôle de ces hommes politiques de premier plan comme Pierre Messmer, François Mitterrand, Gaston Deferre et surtout de celui qui tirait toutes les ficelles, dans l'ombre, Jacques Foccart, secrétaire général de l'Élysée aux affaires africaines et malgaches sous De Gaulle et Pompidou, ont de quoi nous faire rougir de honte.
Au travers de l'histoire qu'il conte avec moult rebondissements, Thomas Cantaloube ne mâche pas ses mots. La plupart de ses personnages sont inventés, leurs aventures aussi mais l'histoire du Cameroun et de ses relations avec la France, bien réelles.
Tout débute le 15 octobre 1960, à Genève, où Félix Moumié, Président de l'UPC (Union des populations du Cameroun), est assassiné. Près de deux ans plus tard, le 17 mai 1962, voici un des principaux personnages de l'histoire : Luc Blanchard, journaliste à France Observateur.
Cet ancien flic, pour ne plus obéir aux ordres de Maurice Papon, a démissionné de la police criminelle. Son domaine concerne les anciennes colonies, Algérie, Maroc, Afrique noire. Son rédac' chef lui demande alors d'enquêter sur une organisation assez obscure : La Main rouge.
Autre personnage important, Antoine Lucchesi, navigue en Méditerranée avec Alphonse Mukenga qui est aussi commis de cuisine dans le restaurant de Maria, la compagne de Lucchesi. Ce dernier gagne bien sa vie en convoyant de la morphine-base pour les labos marseillais qui transforment cela en héroïne à destination du marché étasunien. Marseille, la pègre, Mémé Guérini et Gaston Deferre, ce n'est pas beau du tout ! Antoine que l'auteur appelle souvent « le truand », tient un cahier de comptes pour la mafia locale, cahier qu'il cache dans une valise.
Subitement, Alphonse Mukenga, sympathisant de l'UPC, part pour le Cameroun, son pays d'origine, pour s'occuper d'un oncle bien malade. Alors qu'Antoine est absent, Maria croit bien faire en prêtant une valise à son commis, sans savoir qu'elle contient le fameux cahier.
En quelques semaines, au cours de cet été 1962, l'action s'emballe, m'emmène à Yaoundé sur les traces d'Antoine qui veut récupérer son fameux cahier pour sauver sa petite famille menacée par un caïd de la drogue.
En même temps, pour étoffer son enquête, Luc Blanchard, en bute aux intimidations et agressions d'un membre du SDECE, part là-bas aussi. Alors que le Cameroun est soi-disant indépendant, l'appétit de quelques industriels français pour les richesses du pays ne s'est pas éteint. Ils sont soutenus par des politiciens véreux qui savent bien camoufler leur trafic d'influences sous les dorures de notre ambassade.
Si les dirigeants camerounais collaborent, les maquisards de l'UPC ne désarment pas et luttent pour une véritable indépendance de leur pays. Au cours des aventures de Luc, Antoine, Alphonse mais aussi Lucille, délicieuse métisse qui tient un hôtel-restaurant à Yaoundé, je découvre les arrestations arbitraires, la torture, les massacres de paysans et même un village rasé au napalm !
À tout cela, s'ajoute un racisme puant, un sentiment de supériorité révoltant de tous ces Blancs qui tentent de profiter au maximum du pays et de ses habitants. Heureusement, Thomas Cantaloube fait évoluer Célestin, attachant chauffeur de taxi en 2 CV, efficace et très dévoué.
Luc enquête, découvre une réalité scandaleuse mais court de grands risques. Arrive enfin un certain Sirius Volkstrom, sorte de militaire d'occasion, dont l'efficacité est salutaire. Mais, attention, je n'en dis pas plus… J'ai essayé de survoler l'action de ce thriller mais pas en hélicoptère ; seuls les lecteurs de Frakas comprendront…
Après m'être régalé avec le second polar de Thomas Cantaloube, il me reste à lire Requiem pour une République, paru déjà dans la Série noire de Gallimard et plusieurs fois primé.

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Cancie
  14 septembre 2021
À l'instar de Requiem pour une République, son premier roman, que j'avais fort apprécié, Frakas se révèle également un excellent thriller historique et politique.
Si nous ne sommes plus dans les années les plus sombres de la Vème République (années 1959 à 1961), dans les coulisses de la guerre d'Algérie, nous n'en sommes pas si loin. le roman se déroule peu après, sur une période plus courte, du 17 mai 1962 au 8 août 1962.
Sans qu'il soit fait référence au premier livre, donc sans aucune obligation de l'avoir lu, on retrouve avec plaisir les trois personnages centraux, aux opinions et aux caractères différents que sont Luc Blanchard, Antoine Carrega, devenu Antoine Lucchesi et Sirius Volkstrom.
Luc Blanchard a démissionné de le Police criminelle et vient d'être embauché au journal France Observateur, à la rédaction. « On lui avait assigné un domaine dont personne ne voulait : les anciennes colonies françaises qui volaient désormais de leurs propres ailes, Algérie, Maroc, Afrique noire. L'ancien empire n'était plus, mais que devenait-il ? » Il va ainsi s'intéresser à la situation au Cameroun, intrigué par l'assassinat, deux ans plus tôt, d'un chef de l'opposition.
Antoine Lucchesi, ancien résistant corse est devenu convoyeur de drogue à bord de son chalutier, accompagné dans ses sorties par Alphonse Mukenga, par ailleurs commis de cuisine dans le restaurant de Maria, la compagne d'Antoine, dans le Panier, à Marseille.
Quant à Sirius Volkstrom, cet ancien barbouze manchot, grillé en métropole, n'a eu d'autres choix que de se planquer en Afrique.
Une piste va conduire notre journaliste à Yaoundé, mais il met son nez où il ne devrait pas et devient la cible du gouvernement local et de ses conseillers de l'ombre français. Pour tenter de s'extraire de ce bourbier et pour faire éclater la vérité, il aura grandement besoin des deux autres acolytes.
Frakas est un polar politique qui nous plonge au coeur de la guerre du Cameroun qui a fait des dizaines de milliers de morts dans la quasi-indifférence générale. Il nous fait revivre la naissance de la « Françafrique », cette relation spéciale, de type néocolonial, établie entre la France et ses anciennes colonies en Afrique subsaharienne, caractérisée par le rôle des services de renseignement, des entreprises, des barbouzes, des militaires …, l'ingérence directe des autorités françaises dans les affaires intérieures des anciennes colonies et la complicité des élites africaines locales.
L'intérêt de ce bouquin est de nous faire vivre au travers d'une fiction absolument passionnante et haletante la Françafrique et ses hommes politiques aux mains sales.
Thomas Cantaloube, comme dans le premier tome, n'hésite pas à mettre en scène des personnages réels et pas des moindres, tels Gaston Deferre, François Mitterrand, sans oublier Jacques Foccart, cet homme considéré comme un des hommes de l'ombre du gaullisme, et l'un des fondateurs du SAC.
Certains personnages sont inventés, d'autres encore sont inspirés de personnages réels.
Le livre s'appuie sur une solide documentation et Thomas Cantaloube, tient à souligner : « Ce roman est une fiction, mais il s'appuie hélas sur l'histoire bien réelle du Cameroun, de la France, et de la relation entre ces deux pays, qui compose une partie de ce que l'on appelle désormais la Françafrique. » C'est, à mon avis ce qui fait toute la force de ce bouquin, bouquin qui m'a permis de prendre connaissance de cette guerre inconnue pour moi.
Toute la valeur de ce polar réside dans le fait que le lecteur est embarqué dans cette terrible réalité au moyen d'une fiction débordante d'action et de suspense, complètement dépaysante.
La fin du récit, avec une course-poursuite à bord d'un hélico m'a laissée carrément bouche-bée !
Je ne peux que vous encourager à découvrir ce roman policier aussi instructif que divertissant !

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Jeanfrancoislemoine
  09 août 2021
Après un extraordinaire essai marqué avec " Requiem pour une République " , Thomas Cantaloube vient de superbement ajouter une trés belle transformation avec " Frakas " . Pas toujours facile , pourtant , de confirmer .

L'auteur a choisi de poursuivre sur une route dont il est désormais un des maîtres incontestables- le roman noir politique et sociétal.
Nous sommes en 1962 , nombre d'états africains se libèrent du joug des avides nations colonialistes .L'exercice n'est pas forcément aisé tant les yeux des politiques du vieux continent , notamment , ressemblent en tous points à ceux " de l'oncle Picsou " .Laisser s'échapper la " poule aux oeufs d'or " est pour eux un " créve- coeur " auquel , malgré les accords signés , il n'est pas facile de renoncer . La France dans tout cela ? Ben , tiens , vous allez voir ...Les politiques ( ...bien connus ...) dont les noms sont cités dans le roman connaissent la " musique " . Pas de pitié, il reste tant à faire....Corruption , compromission, malversations ......
Nous allons retrouver deux héros rencontrés dans " Requiem pour une République ": le jeune Luc Blanchard , ancien policier devenu reporter de presse ( ...sorte de Tintin ...au Cameroun ) et Antoine , ancien barbouze et bistrotier à Marseille . Les deux , pour des raisons bien différentes, vont prendre le chemin du Cameroun et finir par s'y retrouver .Le premier prépare un reportage sensible , le second s'est lancé à la recherche d'un ami ....
Leur séjour en Afrique ne sera pas de tout repos , croyez- moi , même s'il faut bien reconnaître qu'ils ont l'un et l'autre , l'art d'attirer les em......où qu'ils se trouvent . Sacrées aventures en perspective .
Thomas Cantaloube a le don de mêler Histoire et fiction et on peut affirmer qu'il a écrit un roman passionnant qui ne manquera pas de séduire un large lectorat .
Je tiens à dire que les scènes de violence sont parfaitement maîtrisées, , le sang ne " dégouline " pas à chaque page , loin de là. Pas d'excès donc , de nature à rebuter les âmes sensibles dont je fais partie en certaines circonstances .
le rythme du récit s'accélère au cours du roman , les dialogues et l'alternance des chapitres partagés par Luc et Antoine contribuent aussi largement à donner du " pep " .
Une grande place est accordée à L Histoire mal connue de cette époque trouble , aux images de la vie quotidienne au Cameroun et aux rapports pleins d'ambiguïté entre " noirs et blancs " et c'est très intéressant, vraiment .
J'ai eu la chance de rencontrer l'auteur lors d'une séance de dédicace en juin ...Intéressante mais , hélas, quelque peu perturbée par le port réciproque du masque ...J'ai toutefois bien noté qu'il lui avait fallu deux ans pour parvenir à ses fins .On peut donc mesurer le travail . Évidemment, le prix de " la qualité " .....dommage pour le lecteur qui devra " ronger son frein " avant le prochain opus . J'en aurais bien pris un autre , là , tout de suite , moi ....
Thomas Cantaloube va très vite faire partie de ces auteurs de qui obtenir une dédicace va demander de faire la queue un bon moment .( Bussi , Norek ....et bien d'autres ).Bon , ceci étant , il sera plus agréable de faire " cette queue - là " que celle " pour le test ou le vaccin Covid " , non ? Et puis , chers amies et amis , je l'ai , moi , là dédicace alors ....Mais non je ne vous nargue pas ....enfin....
J'avais adoré " Requiem pour une République " , j'ai dévoré " Frakas " .Le premier étant paru au " livre de poche " , je vous conseille sa lecture en premier . de toute façon, aussitôt après avoir tourné la dernière page , vous aurez envie de vous précipiter sur " Frakas " , alors ....Heureux veinards !!!
Un grand merci à tous ceux et celles qui m'ont signalé que ma critique avait été largement amputée, un mystère de l'informatique ou ......le manque de compétence du rédacteur.......
Merci les " Lecteurs vigilants" .

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Cigale17
  21 mai 2021
J'aurai la chance de participer au club de lecture vidéo du 25 mai avec Thomas Cantaloube et je suis impatiente d'y être. Merci à Babelio d'organiser de tels événements !
***
Comme dans Requiem pour une république, ce nouveau roman de Thomas Cantaloube s'attache à lever une partie du voile qui camoufle certaines des magouilles et des horreurs encore aujourd'hui cachées et déniées par le gouvernement français. La citation du Premier ministre François Fillion (21/05/2009) mise en exergue donne le ton : Circulez, y a rien à voir… le prologue de Frakas nous présente Félix Moumié, un leader de l'UPC (Union des populations du Cameroun), opposant actif au président Ahidjo soutenu par les Français. Moumié déjeune dans un restaurant de Genève avec un prétendu journaliste, William Bechtel, qui empoisonne son Ricard avec du thallium…
***
En tête du prologue, des 35 chapitres et de l'épilogue se trouvent indiqués le personnage en focalisation, le lieu et la date. Sauf ceux du prologue (Genève, 1960), les événements se déroulent entre le 17 mai et le 8 août 1962, essentiellement en France et au Cameroun, après l'indépendance (officielle) de la plupart des colonies françaises en Afrique. On retrouve Luc Blanchard qui a démissionné de la police à la fin du roman précédent. Il est maintenant journaliste à France Observateur. À la demande de son rédacteur en chef, il commence une enquête sur la Main rouge, un groupuscule ardent défenseur de la colonisation. Qui le compose ? Quelques illuminés qui agissent de leur propre chef ? N'est-ce pas plutôt un groupe organisé obéissant à des ordres venus d'en haut ? À suivre. On retrouve aussi Antoine Lucchesi, que l'on connaissait sous le nom de Carrega, le truand corse ancien résistant. Il s'est reconverti en convoyeur d'héroïne... Alphonse, son second sur le bateau, est un étudiant en droit camerounais, sympathisant des milieux anticolonialistes. Il ne manque plus que l'antipathique manchot, Sirius Volkstrom, toujours exécuteur des basses oeuvres, dont les intérêts vont brièvement converger avec ceux de Blanchard et de Lucchesi.
***
Thomas Canteloube nous plonge des nouveau dans les débuts de la Ve République pour nous présenter les origines de ce qui deviendra la Françafrique. Vous vous en doutez : ce n'est pas très propre… Il mêle les personnages réels (Defferre, Messmer, Pasqua, Mitterrand, Debré, Foccart et ses sbires, Moumié, Ahidjo, Bechtel, etc.) avec des personnages entièrement fictionnels ou parfois recomposés, comme il s'en explique dans la Note de l'auteur. Les intérêts des trois protagonistes principaux divergent au début, mais les péripéties les amèneront finalement à collaborer. Ce n'est pas étonnant pour Luc et Antoine, mais c'est très surprenant pour Volkstrom, mais on verra que… Bref, l'intrigue romanesque s'appuie sur des faits réels, et c'est passionnant. le roman ramène au jour des événements scandaleusement passés sous silence : une autre sale guerre. Il n'était pas question ici de défendre un territoire contre un envahisseur, mais plutôt de préserver des intérêts économiques français liés au pétrole et à diverses richesses des pays africains. Pour que les événements tournent à l'avantage de la France, les militaires et les barbouzes français ont commis des actes épouvantables : assassinats sur commande approuvés, ordonnés, mais officiellement ignorés par les plus hautes sphères de l'État, incendies de villages entiers au napalm, charniers laissés derrière eux… Nécessaire, terrible et terriblement instructif ! Je ne sais pas où il va nous emmener, mais je me précipiterai sur le prochain roman de Thomas Cantaloube !
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afriqueah
  19 juin 2021

A partir non pas d'un fait divers, mais d'une guerre dissimulée/désavouée par la France contre le Cameroun , Thomas Cantaloupe brode un thriller, avec vrais agents secrets, vrais faux passeports, magouilleurs arrivistes et vrais entourloupeurs , dont les noms sont donnés : Jacques Foccart, Pierre Messmer, Michel Debré.
Le Cameroun, nous dit Cantaloupe, n'était pas une colonie française, mais un dominion anglo-français, puis se trouvera sous tutelle des Nations Unies. Ce qui n'empêche pas la France de se dresser contre les intellectuels communistes de l'UPC, censés représenter un danger de basculement du monde vers le communisme, et l'exaspérant depuis longtemps par leurs revendications indépendantistes. Ils avaient eu (perdu) le Vietnam, puis l'Algérie, alors, basta ya .
Sur la couverture en sépia de Frakas, nous voyons Ruben Um Nyobé souriant en compagnie de Félix Moumié et d'Ernest Ouandié.
Le premier, un homme d'exception, qui a essayé de se faire entendre à l'ONU ( et dont je voyais le portrait /martyr affiché dans les chambres des étudiants africains mes amis, au même moment que Lumumba) sera assassiné par l'armée française en 1958, Moumié sera empoisonné à Genève en 1962, et toute la recherche du livre est de comprendre qui est derrière cet empoisonnement. le troisième sera fusillé en 1971.
Bien avant l'indépendance, les affrontements des « indigènes » avaient été réprimés par une occupation appelée « pacification », regroupement des paysans camerounais en zones spéciales, obligés d'abandonner leurs cultures , incendies de certains villages suspects, emprisonnements dans des camps de détention et tueries., l'armée française appuyée par l'armée camerounaise à sa botte. de plus, Thomas Cantaloupe parle de napalm dans les années 1960.
Il cite Messmer qui disait « on donnera l'indépendance à ceux qui la demandent le moins » , or le Cameroun la demande le plus.
Dans d'autres pays d'Afrique, la mise en place de dirigeants dirigés, comme Léon Mba, au Gabon, la marionnette de Paris, dont parle Cantaloupe, va de pair avec une ingérence militaire(le fameux 6· Bima), et l'assurance que des fonds financiers occultes parviendront depuis l' Afrique à l'ex- colonisateur. Par valises entières.
De valises, il est aussi question dans Frakas, mais dans l'autre sens et pas remplies de billets. Car c'est, sur le fonds de cette guerre sanglante et pas connue, en tous cas pas reconnue, que Thomas Cantaloupe nous emmène à Yaoundé , à Douala, et à Libreville. Il n'est pas né de la dernière pluie, ce Cantaloupe, il sait déceler le vrai du faux, sait quand ses personnages doivent comprendre qu'il vaut mieux se taire, ou partir, mensonges, mensonges et entrelacs politiques. Quant Foccart dit à notre journaliste « j'ai bien connu votre père » l ‘autre, qui ne l'a pas connu, ne peut rien répondre, et l'homme politique le sait.
Le plus curieux de ce livre est que ces massacres réels bien que niés , vu l'inculture européenne vis à vis de l'Afrique, ont pour moteur au départ la lutte contre le communisme, puis la recherche du pétrole…. Or il y a moins de pétrole au Cameroun qu'au Nigéria et au Gabon.
Renouant avec mon passé d'africaine de coeur, j'ai eu le bonheur de participer à l'entrevue donnée par l'auteur sur zoom, et celui , somptueux, de recevoir son livre Frakas.
Un grand MERCI ,à Babelio, à Nathan qui a été très patient devant mon incompétence à me brancher sur zoom, et à l'auteur de ce livre .
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critiques presse (3)
Culturebox   06 juillet 2021
Frakas, dans la série noire Gallimard, est l'un des meilleurs romans noirs sortis en 2021. Des intrigues passionnantes au service de la mémoire et d'une vision critique de notre histoire récente.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde   31 mai 2021
Cameroun, 1962. Deux ans après l’indépendance. Vraiment ? Un thriller au cœur des barbouzeries françaises.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   19 avril 2021
Cette fiction basée sur des faits terribles fait revivre la Françafrique et ses hommes politiques aux mains sales. Passionnant de bout en bout.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
CancieCancie   03 octobre 2021
Pays (le Cameroun) divisé depuis la Première Guerre mondiale entre les puissances française et britannique, quatre cinquièmes pour les premiers, le reste pour Sa Majesté, il avait été décidé au sortir de la Seconde Guerre que les populations autochtones n’étaient pas mûres pour l’indépendance. Un classique de la période. La piétaille coloniale, Algériens, Marocains, Sénégalais, Malgaches et compagnie… s’était avérée précieuse pour libérer l’Europe du joug nazi, mais elle n’allait tout de même pas diriger ses affaires chez elle ! Et ce en dépit de la Charte des Nations unies de 1945 qui reconnaissait « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. »
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FandolFandol   04 octobre 2021
Si on exploitait le pétrole présent sous leurs pieds, ces pauvres bougres pouvaient faire leur baluchon. Ils seraient bien chanceux si on leur versait une indemnité ou si on les relogeait ailleurs. Plus probablement, ils seraient chassés par des mitraillettes et des bulldozers, avec un doigt d’honneur en guise d’adieu, et quelques heures pour paqueter leur vie entière.
(page 269)
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FandolFandol   30 septembre 2021
La piétaille coloniale, Algériens, Marocains, Sénégalais, Malgaches et compagnie… s’était avérée précieuse pour libérer l’Europe du joug nazi, mais elle n’allait tout de même par diriger ses affaires chez elle ! Et ce en dépit de la Charte des Nations unies de 1945 qui reconnaissait « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. »
(page 100)
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CancieCancie   16 septembre 2021
Marcel lui faisait occasionnellement cadeau de livres insolites qu’il récupérait pour trois fois rien. Un jour qu’il avait quand même essayé de lui glisser de force une pièce de cinq francs, le bouquiniste lui avait asséné sa philosophie sur la question : «  Seule la bonne littérature vaut quelque chose, le reste ce sont des arbres morts qu’on aurait mieux fait de garder en terre. Je ne vais pas te faire payer pour la déforestation inutile ! »
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CancieCancie   13 décembre 2021
Comme cela lui arrivait régulièrement depuis son retour en France, il fut surpris de la quasi-absence de visages noirs dans la foule. C’était étrange pour un pays qui s’était approprié le sort de millions d’Africains pendant des décennies. Comme si les échanges n’avaient été qu’à sens unique. Le métissage, une anomalie.
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Entretien avec Thomas Cantaloube à l'occasion de la parution de “Frakas” dans la collection Série Noire. Découvrez les 5 mots choisis par l'auteur pour évoquer ce livre.
Découvrez le livre : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Serie-Noire/Frakas Feuilletez les premières pages : https://bit.ly/306X9hx Retrouvez toutes les critiques de “Frakas” sur Babelio.fr : https://www.babelio.com/livres/Cantaloube-Frakas/1305131
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