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EAN : 9782253080831
448 pages
Préludes (06/04/2022)
4.14/5   105 notes
Résumé :
Dans la Pologne de 1891, une jeune femme, Marya Sklodowska, s'apprête à épouser le mathématicien Kazimierz Zorawski. Mais les parents de son fiancé s'opposent à leur union. L'engagement est rompu.

Déçue et humiliée, Marya quitte son pays natal pour la capitale française afin d'étudier la physique et la chimie à la Sorbonne. Elle change d'identité pour mieux s'intégrer et devient...Marie Curie. Si elle s'était mariée, que serait devenue la jeune Marya... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (77) Voir plus Ajouter une critique
4,14

sur 105 notes
Une femme , deux vies...
La première, on la connaît, c'est Marie Curie.
La deuxième, c'est la même , Marya Sklodowska, restée en Pologne, mariée à son premier amour, un professeur de mathématiques. L'auteure imagine la vie de Marie Curie si celle-ci était restée en Pologne et s'était mariée à son premier amour, un professeur de mathématiques.
Elle a la même curiosité et crée avec d'autres une université clandestine car en Pologne, une femme qui fréquente l'université, c'est interdit.
Les chapitres donnent la parole alternativement à Marie et à Marya.
Jillian Cantor part de faits réels pour Marie, en donnant des détails scientifiques sur ses recherches , en racontant sa vie personnelle faite d'amour avec Pierre, de bonheur avec ses enfants, de souffrances, de deuils, de gloire, de dévouement. Elle y ajoute des éléments romancés sinon ce ne serait pas si passionnant.
Marie exprime ses sentiments à partir d'éléments scientifiques et cela ajoute réellement une touche d'humour. Elle affirme que le bonheur a le même poids atomique que l'hélium. Elle se moque de son mari quand il parle de chance ou de hasard.
L'auteure aurait pu séparer complètement le destin de ces deux "Marie" en un. Mais non, Marya vient à Paris de temps à autre pour rencontrer sa jeune soeur mariée à Jacques Curie, le frère de Pierre dont elle fait la connaissance à un moment malheureux de son mariage polonais. Pierre est célibataire et timide. On peut dire que les vies sont différentes mais les destins s'entremêlent. Dans la partie réservée à Marya, l'auteure laisse libre cours à son imagination même si de nombreux personnages ont réellement existé.
On pourrait parler d'uchronie, ces récits qui relatent une histoire qui aurait pu se produire mais je pense qu'on n'en est pas là étant donné que la véritable Marie Curie est présente dans le roman.
Une histoire originale, un récit bien construit , bien écrit. Un très bon roman.
Les éditions Préludes le présentent avec une couverture qui vaut la peine d'être observée où la première moitié nous montre la photo d'une dame ( Marya) en Pologne au bord d'un fleuve et dans le reflet une autre dame avec un chapeau ( Marie) non loin de la Tour Eiffel. La couverture m'a fait penser à L'Empire des Lumières de Magritte où il joue avec l'alternance jour, nuit.
Je remercie Babelio et les éditions Préludes pour l'envoi de cette précieuse lecture.
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Marie, c'est Marie Curie, cette femme exceptionnelle, la première à avoir reçu deux prix Nobel en physique puis en chimie. Un destin extraordinaire pour la jeune polonaise qui doit attendre d'avoir économisé pour réaliser son rêve de venir étudier en France où sa soeur poursuit une carrière de médecin. le mariage avec Pierre Curie, la fin tragique du savant, les enfants du couple, tout cela est évoqué avec un peu de liberté sur les détails, mais sans trahir l'histoire assez extraordinaire de l'héroïne.

L'originalité du roman tient à l'idée de l'autrice, qui, en parallèle, imagine la vie de Marya Slodowska si celle-ci n'avait pas pris le train pour Paris, n'était ainsi jamais devenue Madame Curie, et n'avait donc pas eu la carrière scientifique que l'on connait.

Ainsi en alternance, on suit les deux trajectoires, l'authentique et l'imaginaire, de la même femme.

Le procédé est audacieux et risqué. En effet au fil des chapitres alternés, on perd parfois le fil, et il faut se raccrocher à la tête de chapitre pour se souvenir de qui l'on parle. Pas lorsqu'il s'agit des travaux sur les substances radio-actives, mais lorsque sont évoqués les deuils qui ne sont pas les même dans les deux versions, ou les relations entre les personnages, chacun ayant au sein de chaque histoire des rôles différents.

Il semble aussi y avoir des confusions sur les lieux, au cours d'une visite au Mont saint Michel, et du château et des ruines qui semblent s'y trouver !

Quel est le but d'un tel roman ? Mettre en lumière la vie trépidante de la célèbre scientifique ? Cela a déjà été écrit dans de nombreux ouvrages. Cette version est bien écrite mais n'apporte pas vraiment de nouveauté.
Il s'agit sans doute plutôt de faire le constat, s'il en était besoin, que nos destins sont dépendants de décisions et de choix parfois triviaux mais déterminants pour la suite des événements.

L'intérêt est aussi d'attirer l'attention sur le statut des femmes à la fin du 19è siècle et au début du 20è en Pologne et en France. Il faut une volonté farouche pour s'affirmer dans un monde gouverné par les hommes, interdisant tout accès à leur chasse gardée. Même si tout n'est pas résolu, les choses ont quand même évolué.

Lecture en demi-teinte, agréable mais peu instructive, quand on a déjà lu d'autres romans sur le sujet.

Merci à Netgalley et aux éditions Préludes.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Lu dans le cadre d'une opération Masse Critique/ Babelio, que je remercie, même si cette recommandation s'avérerait en fin de compte, en ce qui me concerne, une lamentable erreur de casting…Mais on ne pouvait pas le savoir d'avance! Merci donc tout de même!
En paraphrasant un grand poète portugais, je dirais que, comme lui, j'apprécie certains livres pour leurs qualités littéraires, d'autres parfois pour l'absence de ces mêmes qualités littéraires, d'autres encore tout simplement parce que je les aime pour une raison qui m'échappe, mais qui suffit largement à mon estime ! La lecture de ce roman très formaté, à l'écriture plate, ne m'a absolument rien apporté, à aucun niveau. Je ne peux d'ailleurs, moi non plus, rien lui apporter de bon, à part une note parfaitement dissonante par rapport au concert de louanges qui l'entoure jusqu'à présent, provenant d'autres babelionautes ayant participé à cette même opération Masse Critique.
La proposition de lire un roman, ou biographie romancée de Marie Curie m'avait pourtant séduit au départ. On connaît tous, au moins dans ses grandes lignes, le parcours emblématique de cette femme admirable, deux fois prix Nobel, au caractère bien trempé lui ayant permis d'accéder à une renommée unique dans l'histoire des sciences, dans un environnement scientifique et académique absolument hostiles aux femmes de son époque et alors même qu'elle cumulait un surhandicap lié par ailleurs à sa condition d'étrangère et d'expatriée en France, en ce début de XXe siècle européen traversé par toutes sortes d'excès nationalistes et de stupides exaltations patriotiques. Quand on l'approche de plus près, néanmoins, comme j'ai eu personnellement l'occasion de le faire par l'intermédiaire des livres que Françoise Giroud et Rosa Montero lui avaient consacrés, le mystère autour de cette personnalité de feu et de glace, toute en retenue, austère et entêtée, réservée, rétive aux grands épanchements du coeur et à l'adulation publique, s'épaissit considérablement. Il suffit, comme le souligne bien Rosa Montero, de regarder toutes ces photos sur lesquelles l'on ne décèle jamais le moindre sourire dans ce visage de femme où l'on identifie par ailleurs, à tout âge, les traits invariables d'un sérieux et d'une sorte de dureté, pour se demander ce que le gris de ce regard lisse et absent essayerait à tout prix de dissimuler. A son propos, et dans un autre registre, Einstein écrirait dans une lettre personnelle : « Mme Curie est très intelligente mais elle est aussi froide qu'un poisson, ce qui veut dire qu'elle est dénuée de tout sentiment de joie ou de peine. Pratiquement la seule façon qu'elle a d'exprimer ses sentiments, c'est en déblatérant après les choses qui ne lui plaisent pas ». Voilà pour l'image qu'elle aurait laissée à certains de ses contemporains et sur laquelle l'on continue d'ailleurs à s'interroger…
Chez Mme Cantor, il ne faudrait cependant pas s'attendre à pénétrer plus avant dans le «mystère Curie», grâce à cette immense liberté que la dimension littéraire et purement imaginaire pourrait en principe apporter à une biographie romancée. Aucune mise en perspective notable ici concernant sa personnalité et ses contradictions profondes, ses traits obsessionnels, sa froideur apparente, ses probables troubles alimentaires, sa féminité problématique, aucune mise en oeuvre, malgré le «je » narratif choisi, d'un flux de conscience ou de monologues intérieurs qui, en l'occurrence, ne dépassent guère, la plupart du temps, que trois ou quatre phrases convenues, souvent rabattues lors des différents épisodes de sa vie évoqués dans le roman, colligées à droite et à gauche dans des biographies déjà existantes, rien de nouveau en somme par rapport à une certaine hagiographie qui aura fini par escamoter quelque peu le mystère de la femme en chair et os, au profit du parcours exemplaire et souvent laborieux de la brillante et courageuse scientifique. L'auteure se cantonne surtout à «raconter» des évènements suivant une chronologie on ne peut plus linéaire (pas d'analepses, quasiment pas d'évocations sous forme de rêveries). On est la plupart du temps sur du purement factuel, soumis à un même traitement narratif qui finit par situer tout sur un même plan, transformant Marie Curie en une sorte de surface de projection assez plate et dont la finalité principale serait de toucher le lecteur : voilà une scientifique brillante qui a voué sa vie à la science, une femme volontaire qui lutte contre l'adversité et les préjugés de son époque, une femme courageuse faisant face aux revers de la fortune, fidèle et attachée à son pays, à sa famille. Tout bien filtré donc sous le crible du romanesque et parcouru très majoritairement de «bons sentiments», transformant quasiment Marie Curie en une héroïne à la Barbara Cartland. (Que ce soit clair : je n'ai absolument aucun préjugé par rapport à un genre littéraire où Mme Cartland occupe une place tout à fait honorable, c'est tout simplement que cela ne me satisfait absolument pas en tant que lecteur). Secondairement, je n'ai pas du tout adhéré au fait que, pour des raisons que l'auteure justifie vaguement, dans sa postface, comme étant «romanesques» (mais sans expliquer lesquelles exactement, ce qui laisse supposer qu'elle l'aurait peut-être fait pour faciliter sa tâche..), elle ait exclut du récit le seul frère de Marie Curie, Josef ( ?) ainsi que l'amie très proche, soutien inestimable et confidente de la scientifique, Marguerite Borel, grâce à laquelle, entre autres, Marie Curie avait pu éviter de faire l'objet d'une campagne, au sein de l'Université, demandant son expulsion du pays, lors de l'affaire Langevin…Bref, sans rentrer dans les détails : deux personnages ici, loin de pouvoir être considérés comme accessoires ou superflus (!) qui n'existent même pas dans la vie de Marie Curie !!
Et enfin, pourquoi diable, me suis-je demandé, quel intérêt à imaginer une «uchronie biographique», dans laquelle Marie se voit dédoublée dans une Marya Sklodowska qui ne serait pas partie en France et, donc, pas devenue «Marie Curie», mais serait restée en Pologne, mariée à son amour de jeunesse frustré, le faible et charmant Casimir Zorawski ? Car le schéma est exactement le même dans ce récit parallèle (une femme volontaire, les conditions de vie difficile, l'amour de la science, etc..), la narration reste toujours à la première personne (l'auteure aurait pu au moins changer de voix narrative, et introduire ainsi, pourquoi pas, une autre perspective un peu différente, moins «hagiographique», plus impliquée et plus exploratrice par rapport à la subjectivité de la femme Marya derrière le « mythe » Marie) ; non, les « pions » ne font que bouger de place (ainsi, par exemple, c'est sa soeur Hela qui part en France et qui recevra un Nobel…). Un copier-coller, à mon sens, sans le moindre intérêt. Pour en venir à quoi au juste ? Que malgré les aléas de la vie, « on est ce que l'on est au fond, on reste fidèle à soi-même » (quel simplisme !), que Marie serait tout de même devenue quelqu'un de très proche de ce qu'elle était devenue réellement en France, certes, au rabais, sans la gloire, sans Nobel, mais une scientifique malgré tout et surtout le contexte encore plus défavorable aux femmes en Pologne ? Beaucoup de bruit pour rien…
Je m'arrête là, je ne vais pas m'étendre davantage, par exemple sur l'écriture elle-même, s'appuyant ici sur des effets souvent faciles, farcie d'expressions récurrentes du type "creux au ventre» ressenti par les femmes face aux mauvaises annonces, ou bien tous ces visages «rosis» par le bonheur qui reviennent toutes les dix pages, ou ces odeurs «de terre et de miel» que dégagent systématiquement les cheveux des enfants, «de pin et menthe poivrée» les moustaches des messieurs, ou «de coquelicot» la peau des soeurs bien-aimées…
Je vous avais dit que je n'avais rien de bon à rajouter à ce livre…
Je ne publie d'ailleurs ce billet que parce que je me suis engagé à le faire, autrement je n'y verrais aucun intérêt non plus. Cette critique est elle-même radioactive, heureusement pour vous elle ne possède pas, comme le radium, une demie-vie de plus de 1 600 ans, mais se désintégre au bout de 10 minutes, juste le temps qu'il faut pour la parcourir et passer à autre chose.
Moi aussi, je vais passer à autre chose. Je viens de réaliser que je ne connais pas de «boîte à livres» autour de chez moi : je vais essayer d'en géolocaliser une pas trop loin…
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On a le choix, on a toujours le choix, mais fait-on toujours le bon choix ? Tel est le thème de ce roman de Jilian Cantor. Que se serait-il passé si Marie était restée en Pologne, si elle n'avait pas pris ce train.

L'auteur imagine donc que Marya épouse Kazimierz, trouve un emploi de gouvernante et abandonne son rêve d'aller à Paris faire des études à la Sorbonne. En parallèle, nous suivons la vraie vie de Marie devenue l'épouse de Pierre Curie. Les recherches, les longues heures de travail ingrates à chercher dans un laboratoire quelque chose que personne ne voit vraiment. La récompense suprême avec le prix Nobel de physique puis de chimie. Son amour infini pour Pierre, sa mort accidentelle, les scandales de sa vie privée, les recherches qu'elle continue seule. de son côté, Marya crée une université volante clandestine pour que les femmes polonaises puissent accéder aux études supérieures qui leur sont interdites.

De 1897 à 1934, de la Pologne à la France, nous allons suivre alternativement la vie de Marie et Marya. La Pologne sous occupation russe, la Première Guerre mondiale, la révolution polonaise, tous ces évènements historiques servent de toile de fond à ce roman. L'idée de ce récit est certes très originale, mais sa construction, où se recoupent en permanence la vie de Marie et celle qu'elle aurait pu avoir si elle était restée Marya, m'a un peu gêné. Je suis toujours assez réticent à lire des romans où fiction et biographie se mélangent.

L'auteure avec une écriture simple dresse le portrait de Marie Curie une femme exceptionnelle à la vie extraordinaire, de son amour fusionnel avec son mari Pierre, de sa passion pour la recherche son souci permanent de découvrir. Finalement ce roman donne envie d'en connaître davantage sur Marie Curie et c'est peut-être là l'essentiel.

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Les livres sur Marie Curie sont innombrables. Je suis fasciné par cette femme de sciences et d'engagements – découverte notamment dans le superbe Marie Curie prend un amant d'Irène Frain. J'étais d'autant plus curieux de lire cette jeune autrice américaine, de voir ce qu'elle allait faire, en 2022, de ce personnage féminin hors du commun ? Merci à Babelio et aux Éditions Préludes de m'avoir permis cette heureuse expérience.

Jillian Cantor a entrepris d'entrelacer deux histoires de nature bien différentes. D'une part, une autobiographie romancée de Marie Curie, de ses 24 ans en 1891 à sa mort en 1934, et d'autre part une fiction sur ce qu'aurait pu être sa vie si elle n'avait pas quitté la Pologne, se mariant et du même coup renonçant à son goût pour la science.

Au début, en Pologne, il n'y a que Marya Sklodowska – nom polonais de Marie Curie – puis celle-ci, en arrivant à Paris pour étudier, devient Marie. Ensuite ce sera l'une et l'autre, un chapitre sur deux. La perspective de 400 pages de ce régime m'a un peu intrigué au début. Les mêmes personnages dans des vies différentes... D'un côté leur vraie vie, de l'autre une vie imaginée par l'autrice... Mais n'y a-t-il pas toujours une part de fiction dans toute biographie ? Où se trouve la frontière à ne pas dépasser ?

« Les chapitres Marie » permettent une mise en valeur de la modernité de cette figure scientifique mondiale. Exilée débarquant en France en 1891, étudiante brillante, scientifique acharnée, première femme au monde obtenant un prix Nobel... Il y est surtout question de la femme scientifique en butte aux hommes de son époque, à une société masculine ayant peur de la femme puissante. A ce titre le scandale suscité par sa liaison avec Paul Langevin est éloquent. de même que l'image d'une scientifique froide, uniquement préoccupée par son travail ou débauchant un homme marié. Quelle farce ! Imaginons un instant les mêmes éléments dramatiques avec un alter ego masculin ayant une aventure avec une femme mariée... aucun journaliste n'aurait fait un article là-dessus...

« Les chapitres Marya » sont une mise en miroir de l'existence possible de Marie si elle était restée à l'ombre de Kazimierz, son fiancé d'alors, devenu ensuite un brillant scientifique dans les mathématiques. le procédé narratif autorise ainsi l'autrice à s'intéresser à la situation en Pologne, nous immergeant dans l'Europe du début du XXème siècle, avec un pays partagé entre l'empire russe, l'empire autrichien et l'Allemagne prussienne (que de guerres pour des frontières, et surtout que de destructions de vies, de biens, d'avenir !).

Cette construction littéraire double est d'une grande richesse, bien loin, comme je l'ai lu, d'une romance banale. J'ai aimé cette alternance, autobiographie pure de Marie Curie, fiction avec Marya mais avec des éléments réels touchant des personnages que Marie a laissés en Pologne dans sa jeunesse, ayant poursuivi leur vie là-bas dont Kazimierz... L'amour de jeunesse de Marie aurait passé les dernières années de sa vie à venir s'asseoir sur un banc devant l'Institut du radium à Varsovie, où il contemplait la statue de Marie érigée là après son décès, en 1934. Ce n'est pas donné comme une certitude mais littérairement cela a du poids. C'est à partir de cette anecdote que Jullian Cantor a eu l'idée d'écrire ce roman. Dans la très instructive postface, l'autrice raconte avoir écrit deux romans, et qu'elle a ensuite travaillé dur pour les mêler intimement.

Voilà bien un livre de « positive attitude », qui plaira à tous ceux souhaitant aux femmes une reconnaissance hors de l'ombre dominatrice masculine. Il ne plaira pas du tout aux hommes que l'égalité des sexes effraie – on a un début de réponse dans les avis déjà publiés, confirmant que le chemin de l'égalité est long... Sans en passer par le discours sociologique, politique ou philosophique, ce roman nous dit que l'avenir peut appartenir aux femmes, que celles-ci détiennent en grande partie leur avenir :

L'écriture coule toute seule, librement. Peu d'effets particuliers si ce n'est quelques métaphores autour de la radioactivité, rappelant la passion scientifique pour l'atome de Marie Curie. Il fallait peut-être cette écriture là pour passer ainsi d'une histoire à l'autre sans perdre le lecteur. J'ai notamment trouvé remarquable l'habileté tranquille de l'autrice pour citer des expressions polonaises en glissant la traduction dans les réponses des personnages, évitant ainsi les notes de bas de page :

Je découvre avec ce livre les éditions Préludes. Seulement cinq ans d'existence et cinquante titres publiés, mélangeant talents confirmés et nouvelles plumes, selon leur site. La couverture, d'après Sarah Brody, illustre magnifiquement le contenu, ce qui n'est pas si fréquent !

Jillian Cantor est née à Philadelphie et vit actuellement en Arizona. Elle a publié auparavant un premier roman « La vie secrète d'Elena Faber », mélangeant également histoire, amour et époques différentes. Plutôt tentant pour moi après cette expérience réussie.

Quels livres sur Marie Curie ou d'autres femmes scientifiques avez-vous lu, lesquels conseilleriez-vous ?
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec
08 août 2022
Sans tomber dans la bio, ce roman raconte Marie Curie de façon fort originale.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
" Le polonium devrait être autant révéré que le radium, dis-je avec insistance. Ou alors, je les ai mal nommés au départ. Je voudrais honorer ma patrie, lui donner ...quelque chose.
- On peut faire sortir une scientifique de Pologne, mais on ne peut pas faire sortir la Pologne de la scientifique ", plaisante Paul.
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 J’avais fini par décider que c’était la science que je voulais étudier à l’université. Or, pour cela, il me fallait gagner assez d’argent pour quitter la Pologne russe, où les femmes n’avaient pas le droit d’être ou de faire quoi que ce soit d’important, et certainement pas de s’inscrire à l’université.
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Si par delà nos choix, ce que nous avions, ce qui nous était donné et ce que nous prenions ou pas, il y avait certaines personnes dans nos vies vers qui nous trouvions notre chemin, quoiqu’il advienne.
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Le chagrin est pesant, impérieux; il me tire vers le bas. Il remplit mes poches de cailloux en m'entraînant au fond d'une mer noire glaciale, me maintient sous l'eau de sorte que j'ai l'impression de suffoquer. Les jours passent, les saisons vont et viennent. Le temps avance, mais je me sens de plus en plus lourde.
p 258
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L'amour et l'inquiétude que j'ai pour ma fille ne ressemblent à rien de ce que je pourrais expliquer par un raisonnement logique. Elle est comme une orchidée, délicate et fragile. Belle et cassable. Si quelque chose arrivait à Irène, c'en serait fini de moi.
p 100
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Videos de Jillian Cantor (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jillian Cantor
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