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ISBN : 2226391959
Éditeur : Albin Michel (01/02/2018)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 36 notes)
Résumé :
1972, Silverton, petite ville du nord-ouest des Etats-Unis. La mine d'argent fournit du travail aux hommes, régit la vie des familles et domine les existences. Certains se résignent à une vie de rude labeur, d'autres ne rêvent que d'échapper à ce destin. Mais lorsqu'une catastrophe survient à la mine, coûtant la vie à des dizaines d'hommes, c'est toute une communauté qui est frappée par une onde de choc et de chagrin.

A la manière de Russell Banks dan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
cardabelle
  18 février 2018
Retour en 1972.
Kevin Canty a choisi d' évoquer par cette fiction l'incendie de la Shunshine Mine , un drame bien réel survenu dans une ville minière de l'Idaho.
Ici on est à Silverton , tout près de la frontière du Montana , mais l'autoroute est encore en construction : c'est dire l'isolement du lieu .
C'est là que vit une communauté ouvrière au destin lié à la mine d'argent.
Le début du récit promène le lecteur au coeur des vies bien ordinaires .Celles de gens souvent désabusés et nombreux à noyer dans l'alcool l'ennui de la routine ou le désespoir .
La nature environnante serait pour certains un réconfort mais il s'agit surtout de vivre dans un paysage dévasté par l'exploitation minière où les arbres ne poussent plus et , pour s'en évader , il faut des moyens .
Sinon, restent les bars , omniprésents dans le récit.
Et la musique : de vieux morceaux de country ou des tubes commerciaux de l'époque pour égayer les sorties . *♫

Certains subissent leur sort, ou se font une raison : la mine, ça paye bien .
Pourtant, le jeune David , lui , a choisi de fuir cette existence en faisant des études .
Il sera le lien entre tous les personnages et , de portraits en portraits ,d'histoires en histoires, on s'achemine lentement vers la catastrophe , " l'accident ", avec son lot de morts qui va souder la communauté au coeur du drame .
Dès le début donc, pas de suspense ; on sait que l'on va vers le pire. C'est sans doute cette évidence qui va donner toute son intensité au roman .
Une immersion dans un monde ouvrier sacrifié ,esclave du profit , fait d'insécurité et qui acceptait son sort comme une fatalité.
Malgré quelques scènes répétitives liées à l'alcool et qui finissent par lasser, dans l'ensemble ,j'ai trouvé ce récit émouvant : il oscille entre tendresse et humanité , violence et désespoir.
Servi par un style particulier mêlant une narration contemplative à des phrases nerveuses qui claquent , brèves, dures, directes , des uppercuts !
Je crois que j'ai lu ce livre comme j'écoute un blues .
Un auteur , une personnalité que j'ai eu plaisir à découvrir grâce à Masse Critique et je remercie donc les éditions Albin Michel et l'équipe de Babelio .

* Réf. ♫ " Country Roads ", "Rose Garden "


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michemuche
  19 février 2018
Silverton, ville paisible d'Idaho où il fait bon vivre.....
Vision idyllique d'un bled paumé, une ville minière où la vie est aussi dangereuse au fond du puits qu'a l'air libre où les cheminées d'usine crachent les métaux lourds indispensable au bon fonctionnement des cancers et autres maladies dégénératives.
Heureusement à Silverton les bars ne manquent pas, la bière et autre boisson alcoolisée coulent à flots, il faut bien noyer son ennui.
Pour David, Ann, Jordan l'heure des choix est arrivé, David a perdu son frère Ray, pour Jordan la belle-soeur quel avenir pour elle et ses filles. Ann qui rêvait d'enfant se retrouver veuve d'un mari qu'elle n'aimait plus n'a qu'une envie, partir.
L'incendie du puits a fait beaucoup de victimes.
L'opération masse critique m'a permit de découvrir un auteur, Kevin Canty.
L'écrivain nous fait découvrir un univers pas très gai, une vie où rien ne se passe, où l'on subit plus que l'on ne vit. Portant dans ce cloaque industriel des personnages illuminent le récit.
Comme dit le proverbe " tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir".
" de l'autre côté des montagnes" se trouve un endroit calme, serein où l'envie de vivre reprendrait ses droits.
Merci à babelio et à la maison d'édition Albin Michel pou l'envoi de ce livre hors norme.
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Ziliz
  06 mars 2018
J'en connais une qui descend de la montagne en chantant une chanson paillarde sur un chariot chargé de paille & de foin. Quand elle rencontre HFT et 4 autres chômeurs, elle les prend par la taille, leur offre une tranche de tagada tsoin-tsoin, leur fait fumer de sa paille, et alors là, ils pédalent dans les nuages au milieu des petits lapins - sacré bon dieu qu'est-ce que c'est bien ! 😵
David a moins de bol qu'Hubert. Il ne croise pas la fille du coupeur de joints quand il traverse les montagnes pour passer de son campus à sa ville minière d'origine, dans le nord-ouest des Etats-Unis, où vit et travaille encore toute sa famille.
Deux mondes bien différents, entre lesquels le jeune homme a toujours du mal à se situer après trois années de fac d'Histoire. Il se heurte à l'incompréhension de ceux qui sont restés. En 1972, aux USA, il faut être 'pédé ou hippie' (sic) pour aller faire des études alors qu'on a une place toute trouvée et bien payée à la mine : « Un bon boulot, une petite amie, un bar au coin de la rue. Facile de s'en contenter. »
Tout est dit : boulot, bistrot, bobonne & marmots...
Lorsqu'une catastrophe survient à la mine, David remet ses choix en question...
Un roman plein de qualités qui mérite sa place dans le catalogue 'Terres d'Amérique' d'Albin Michel, dont la ligne éditoriale ressemble à celle de Gallmeister - en moins 'nature', mais tout aussi 'writing'.
La plume et la sensibilité de l'auteur m'ont d'emblée séduite, mais l'enthousiasme est retombé : lenteur de l'intrigue, tiédeur du personnage principal, atmosphère pesante, catastrophes en série, sensation de déjà vu ('Le jour d'avant' de Sorj Chalandon, les romans noirs de Pascal Dessaint...).
L'ambiance poisseuse de la mine - avec son lot d'alcool, de violence, de drames - va me poursuivre un petit moment, sans doute. Pour la chasser, je repenserai aux échanges touchants entre Lyle et Terry...
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gouelan
  12 mars 2018
En prenant pour cadre un incendie dans la mine, l'auteur évoque les mauvaises qualités de vie des mineurs de cette petite ville de l'Idaho, de l'autre côté des montagnes.
La mine qui salit le paysage et les hommes, la mine qui engrange des bénéfices peu importent les pertes humaines. Une bien triste réalité.
S'inspirant d'un fait réel ; un accident qui fit 91 morts dans la Sunshine Mine en 1972, l'histoire nous fait découvrir la vie des mineurs et de leur famille. Elle raconte avec force détails leurs beuveries, leurs désespoirs, leur descente en enfer après l'accident.
Esclaves de la mine, esclaves de l'alcool et de la fatalité, esclaves de l'immobilité. Tout est gris.
Et l'ennui pointe le bout de son nez, pour le lecteur aussi, à force de ces virées dans les bars, de ces bagarres, de ce dégoût de vivre que rien ne vient éclairer.
Il manque quelque chose dans l'écriture pour s'émouvoir de cette tragédie. On effleure sans aller au cœur des choses et c'est dommage.

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oran
  17 février 2018
Le travail de mineurs est l'un des plus pénible, quelle que soit la matière extraite. C'est un métier particulièrement dangereux et des plus accidentogènes, le nombre de victimes conséquent, et, avec plus ou moins de bonheur, la littérature s'est abreuvée et s'est enrichie de ces catastrophes minières (Germinal, bien sûr et dernièrement le Jour d'avant) .
Nous sommes au début de la décennie 70, dans le Nord-Ouest des Etats Unis, une petite bourgade Silvertone, éponyme de la matière précieuse qui est extraite de la mine qui fait vivre ses habitants.
Une contrée rude où l'hiver reste éternel sur les hauteurs montagneuses qui dominent le paysage.
Tout au long du récit on se heurte à de nombreux cadavres : ceux des victimes du dernier séisme minier qui a fait 93 morts au total, et d'autres, ceux des bouteilles d'alcool que l'on boit sans aucune modération pour tenter de vivre, de survivre dans cette ambiance délétère, d'oublier le sordide, le manque de rêves glorieux, de résister au froid ambiant quand on avance sur le chemin d'une vie atone, de tenter de briser la glace qui enserre le coeur quand on perd un être cher, des breuvages raboteux qu'on absorbe pour se détacher de la vie qui maltraite, quand il faut continuer à avancer coûte que coûte mais avec si peu d'espoir d'apercevoir un coin de ciel bleu revigorant.
Quelques notes de musique émaillent le récit, celles qu'on entend dans les boites, à la radio, pas forcément d'une gaité folle , elles aussi.
Un roman réaliste, un style alerte , une ambiance bien décrite, trop, peut-être, lecture à éviter quand les idées noires gambergent, quand le ciel est de plomb, quand l'actualité verse ses crues de noirceur.
Merci à Babelio et aux Editions Albien Michel pour m'avoir fait découvrir cet auteur .
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   07 mars 2018
Ce soir, une odeur minérale flotte dans l'air, en provenance du haut-fourneau. Généralement, le vent chasse la fumée en aval dans la vallée, mais la nuit, par temps calme, elle s'accumule et on peut en sentir l'odeur. Dans cette fumée, il y a de l'arsenic, du chrome, du cadmium, du plomb. C'est le prix à payer pour vivre ici. [...] Les gens d'ici meurent au bout d'un certain temps, cancer du poumon, cancer du foie - l'an passé, pendant quelques mois, tout le monde semblait avoir une leucémie. En été, ils se noient dans le lac, ou ils naviguent bourrés sur la rivière et se jettent avec leur bateau dans un amas de branchages. Le courant vous retient prisonnier.
Ou en rentrant chez vous ivre à deux heures du matin, vous avez soudain envie de dormir et décidez de vous asseoir une minute, pour vous éclaircir les idées, de vous reposer en vous adossant au mur de brique d'un bâtiment par moins vingt-cinq degrés...
Et il y a aussi des bagarres qui dégénèrent. [...] Un nombre surprenant d'individus gardent une arme à feu dans leur boîte à gants, et tout le monde a un fusil dans le râtelier de son pick-up lorsque s'ouvre la saison de la chasse. Il en faut peu pour en arriver aux coups de feu.
(p. 230-231)
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ZilizZiliz   03 mars 2018
Le marié est ivre. Les garçons d'honneur aussi sont ivres, tout comme la mère de la mariée. La messe a pris une heure de retard et David a déjà envie de pisser, avant même que les choses sérieuses aient commencé. Il pourra toujours y aller si ça empire. Contrairement aux garçons d'honneur qui sont coincés devant l'autel, et la plupart d'entre eux ont bu plus que lui.
Debout, assis, à genoux, assis. Il faut vraiment qu'il aille pisser.
Un immense Christ décharné et sanglant le regarde depuis l'endroit où il est installé, au-dessus de l'autel. David l'a vu ici tous les dimanches de son existence, mais aujourd'hui, de retour en ville, il lui paraît vraiment imposant, et sanguinolent, en proie à d'atroces souffrances. [...] C'est ce que nous célébrons, se dit David : le tourment et la douleur. Partout dans cette église obscure, dans les peintures et les plâtres, les saints font étalage de leurs blessures.
(p. 20)
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cardabellecardabelle   17 février 2018
Ann aussi est habillée comme une adolescente [...]
C'est peut-être ce dont elle a besoin : retrouver le lieu de l'émerveillement, quand tout n'était pas encore écrit , quand elle ignorait de quoi le monde était fait et voyait simplement celui-ci comme une succession de surprises et de miracles.
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ZilizZiliz   04 mars 2018
Son père travaille au bureau, en tant que chef de la sécurité [de la mine], mais la moitié du temps il est au fond, dans les tunnels, à vérifier le matériel et repérer les conneries. Tout le monde peut faire une connerie à tout moment, mais au fond de la mine ça peut être mortel. [...] Il est interdit de fumer, mais ça représentait la moitié du boulot de son père, faire un rapport sur les mineurs qui fumaient dans les tunnels, allumaient une cigarette et fichaient le feu au bois traité à la créosote, ça pouvait arriver n'importe quand. Un wagonnet qui déraillait, un court-circuit, un accident de soudure et deux cents types coincés à neuf cents mètres sous terre.
(p. 67)
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ZilizZiliz   04 mars 2018
- Je connais deux types, dit Terry. Des contremaîtres. Y sont pas si mauvais.
- Les types avec des casques, dit Lyle. Certains sont corrects, d'autres de vrais trous du cul. Ceux-là je peux les accepter. Mais les patrons, ils tueraient un mineur pour pouvoir économiser dix cents.
(p. 84)
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