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ISBN : 2914458290
Éditeur : Entre Temps (16/06/2015)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Introduction de l'édition de 1936 :
" Ce livre a vingt ans. Il parut en avril 1916. La moitié de ses pages étaient blanches. On y lisait, à la place du texte interdit, ces quatre mots :
" Coupé par la censure ". C’était la guerre ; et la guerre tue la liberté de penser, d’écrire, de juger, et même de pleurer, afin de pouvoir tuer les hommes [...] Quand le sang coule, la sagesse est proscrite, la compassion interdite et la justice reniée. [...] Marcelle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
IreneAdler
  06 février 2017
La guerre est une affaire d'hommes qui touchent les femmes.
Ces articles sont parus dans des journaux et des revues, avant d'être une première rassemblés en volume en 1916. Une partie disparut sous les ciseaux de la censure ; en 1936, le recueil reparaît, aux frais de l'auteur. En 2015, enfin, la version de 1936 revient dans les librairies, avec dans une typographie différente, les parties censurées. Certains articles avaient purement et simplement disparus. Principalement ce qui montre les soldats allemands avec un aspect humain et ce qui peut gêner politiquement. Parce qu'après tout une femme n'a pas à se mêler de politique, ce qui fut un des arguments de la censure.
A 100 ans de distance, ces articles permettent de prendre conscience de la difficulté de vivre à l'arrière pour beaucoup : travail féminin peu développé et peu payé, séparation d'avec les enfants, peu de solidarité familiale possible en ville, mais aussi les femmes de bonne famille qui jouent aux infirmières... Des demandes sociales, de la reconnaissance de mode de vie différents comme le concubinage et la critique des embusqués prompts à vendre la vie des milliers d'hommes, surtout s'ils sont pauvres mais en refusant de voir la misère et les blessés qu'ils vont créer. Quand à prendre en compte leurs souffrances... C'est une écriture directe, incisive, parfois ironique, qui gratte là où ça fait déjà mal ; j'étais étonnée qu'il n'y ai pas plus de censure, pour le coup.
Un grand merci à Babelio et aux éditions Entre-temps pour l'envoi de ce livre !
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Michelinaix
  28 janvier 2017
S'il y avait deux figures féminines du pacifisme à retenir pour la Première Guerre mondiale, ce serait l'institutrice pantinoise Hélène Brion et Marcelle Capy la journaliste née à Cherbourg d'une famille originaire du Quercy (région où elle passa la dernière partie de sa vie). Cette dernière est militante à la Ligue internationale contre l'antisémitisme dans l'Entre-deux-guerres. Notons que son pacifisme intégral la fit tomber, comme entre autres Robert Jospin et Claude Jamet, dans la Collaboration entre 1940 et 1944.
Dans cet ouvrage paru en 1916 sous le simple titre d'"Une voix de Femme dans la mêlée", avec l'autorisation exceptionnelle d'Aristide Briand (alors président du conseil), l'auteure décrit les dures conséquences de la guerre pour essentiellement la population civile. Toutefois le livre fut largement censuré (en partie pour tout ce qui touche aux malheurs des réfugiés des départements envahis), aussi l'éditeur nous propose-t-il deux calligraphies différentes afin de repérer ce qui fut lu en 1916 et ce qui fut vingt ans plus tard lorsque l'ouvrage put être publié dans son intégralité.
Marcelle Capy rassemble ses courts textes en plusieurs chapitres : "Ceux qui se battent", "Ceux qui pleurent", "Ceux qui sauvent", "Les morts", "Les grotesques", "Temps de guerre". Chaque chronique d'une unité est basée sur l'observation des activités d'un personnage principal sur qui pèsent les conséquences du conflit.
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Nio
  23 octobre 2016
Etonnante est L Histoire. Cruelle mais fascinante jusque dans ses contradictions.
Quand Marcelle Capy publie "Une voix de femme dans la mêlée" en 1916, le texte est immédiatement censuré de moitié : A chaque texte, des phrases manquent quand ce ne sont pas directement des paragraphes ou quelques chapitres entiers. C'est la guerre, on interdit toute pensée qui peut remettre alors en cause l'effort de guerre ou le gouvernement lui-même, quand bien même le texte se fait plus lyrique que politique. le livre ne paraît du coup que grâce aux soutiens conjugués de la journaliste Séverine et Aristide Briand. L'oeuvre est réédité en 1936 face à une montée des intégristes et de la guerre aussi prévisible qu'inquiétante. Capy, fidèle à elle-même ne change pratiquement rien, précise quelques point ça et là mais il faut attendre cette nouvelle édition 100 ans plus tard (bon sang, 100 ans déjà !) pour pouvoir savourer avec le recul toute la puissance de sa substantifique moëlle. L'éditeur précise d'ailleurs entre crochets et nouvelle typographie quand le texte a été censuré.
Cette astuce génialissime permet de repérer donc précisément ce qui a pu gêner le pouvoir en place dans le livre de Capy. Il faut dire déjà qu'à la base, elle n'y va pas de main morte. On évoque la guerre de 14-18 mais pas que : toutes les répercussions de celle-ci sur les proches, à la campagne, les pauvres, les bourgeois, les orphelins, les hôpitaux... tout y est analysé et décrit avec une indignation et une colère froide qui marquent encore aujourd'hui sans mal. On peut même reprendre certains extraits de textes et les adapter à l'époque actuelle pour constater en frissonnant un peu que quelque part, certaines choses n'ont pas vraiment changé... La mainmise des puissants par exemple ou les mensonges des services de médias censés nous informer.
Tout se lit d'une traite car rien n'a pris de ride. C'est passionnant parce que l'orthographe et la langue française en 1916 puis 1936 est telle qu'on la connaît. C'est rapide car le style ne se permet que peu de descriptions. Des saynètes vives et incisives donc. C'est d'autant plus fort et marquant qu'écrit par une femme en avance sur son temps qui prônait déjà l'égalité hommes-femmes par les salaires. Enfin, c'est jouissif car pratiquement tout le monde en prend pour son grade. Si Capy sait être tendre pour les petits faits divers, les détails réhaussés qui n'en prennent que plus de valeurs, elle réserve la dérision et la bêtise aux autres : les moutons qui bêlent avec les loups, les officiers, les riches bien repus, les lâches qui sont prêts à se porter volontaire pour la guerre tout en faisant rédiger une lettre signalant qu'ils sont malades ou autre.
Capy regroupe l'ensemble de ses textes courts en plusieurs chapitres tels que "Ceux qui se battent", "Ceux qui pleurent", "Ceux qui sauvent", "Les morts", "Les grotesques", "Temps de guerre" pour finir dans les dernières pages sur un constat d'autant plus optimiste que constatable encore aujourd'hui : c'est par le livre (le livre ami écrit-elle) et donc la culture qu'on pourra sauver les gens, en forgeant les nouveaux comportements, en éduquant encore mieux face à l'horreur quelle qu'elle soit, mais aussi en y trouvant refuge. le livre, porte vers l'imaginaire, monde toujours plus vivant que la poussière du musée, oeuvre qui aide à supporter la réalité. Quoi de mieux comme conclusion en effet pour les lecteurs convaincus que nous sommes et adorateurs des livres ?
Lien : http://dvdtator.canalblog.co..
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Dromdeche
  27 août 2015
Ce livre est paru en 1916 mais a subi la censure, de nombreux passages ont été supprimés. Il parait à nouveau en 1936 de manière confidentielle... En 2015, le texte intégral est enfin à nouveau disponible.

Introduction de l'édition de 1936 : " Ce livre a vingt ans. Il parut en avril 1916. La moitié de ses pages étaient blanches. On y lisait, à la place du texte interdit, ces quatre mots : " Coupé par la censure ". C’était la guerre ; et la guerre tue la liberté de penser, d’écrire, de juger, et même de pleurer, afin de pouvoir tuer les hommes [...] Quand le sang coule, la sagesse est proscrite, la compassion interdite et la justice reniée. [...] Marcelle CAPY
Marcelle Capy, fille de militaire, a 23 ans lorsqu'éclate la guerre en 1914. Journaliste, elle ne sacrifie pas ses convictions au profit du patriotisme de "l'Union Sacrée". Suivant le chemin tracé par Romain Rolland ("Une voix dans la mêlée"), elle développe sa pensée dans des tableaux polémistes où "la femme est le refuge de la paix".
Si vous ne deviez lire qu'un livre, enfin deux (...) sur la Grande Guerre parmi la multitude qui paraît et qui va paraître en cette période de centenaire, ce serait celui-là !
Ces textes sont une compilation des chroniques publiées par Marcelle Capy dans des journaux de l'époque. Alors, on peut se demander pourquoi une fois parus dans un magazine, ils ont subi la censure quand elle a voulu les éditer en livre... la réponse est édifiante et vient de l'organisme de censure : " Si ce livre avait été écrit par un homme, je vous accorderais l'autorisation car cela prendrait une allure politique... Ce livre est écrit par une femme et c'est là le danger. Si nous laissons parler les femmes, où irons-nous ?"
Marcelle Capy est une femme en avance sur son temps. Elle aborde de nombreux sujets : la paix, le rôle des femmes, les soldats blessés, les planqués, l'Allemagne, la guerre et ses conséquences... la vie en temps de guerre. Si parfois la manière d'écrire semble un brin désuette en 2015, le message est le plus souvent très fort ! Que ce soit sur sa vision de la guerre, du patriotisme exacerbé qui transforme l'ennemi en monstre, sur la condition de la femme... sur la nécessité de la paix.
Marcelle Capy parle d'égalité homme / femme : "À travail égal, salaire égal.". Non, ce slogan ne date pas d'aujourd'hui ! Elle parle aussi de l'union libre. Étonnant de modernité ces propos de 1916 !
Cette voix de femme dans la Mêlée apporte un témoignage fort, dérangeant, décapant parfois sur la guerre. Marcelle Capy était une sacrée bonne femme. Il fallait du courage et du culot pour oser parler comme elle l'a fait. Elle mérite que ces écrits ne soient pas noyés parmi la multitude de livres commémoratifs qui inondent les librairies aujourd'hui.
Et le 2eme livre à lire ? Et bien il paraîtra en 2016... gardez en mémoire son titre : Louise, 16 ans, prisonnière civile en Allemagne en 1914. Une nouvelle vision inédite de ce conflit dont on célèbre le centenaire, celui d'une jeune femme au mauvais endroit au mauvais moment...

Lien : http://citajourdesyldia.cana..
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Derwijes
  04 février 2017
Ma quatrième de couverture ne dit pas vraiment ce qu'est ce livre. En la lisant, nous apprenons seulement qu'il a été écrit pendant la guerre par une femme, qu'il a été censuré très vite, et qu'il fallut attendre les années 30 pour qu'il soit republié, sans censure cette fois-ci.
Il s'agit en fait d'une compilation de petits articles écrits par Marcelle Capy durant la Première Guerre, qui, assemblés bout à bout, donnent un ensemble cohérent. Donc, on peut bien le commencer par où l'on veut, on ne sera pas perdu dans sa lecture.
Surtout, ces feuillets sont de véritables coups de gueule. Marcelle Capy, comme d'autres à l'époque, est une pacifique. Et tout ce qu'elle voit pendant la Guerre la répugne et lui donne le besoin de coucher par écrit ce qu'elle ressent. Ne vous attendez pas à de la subtilité: tout le livre est un brûlot lancé contre tous ceux qui profitent de la guerre, et même si de nombreux passages ont étés censurés à l'époque, on se demande comment le reste à fait pour réussir à être publié...
En tout cas, le tout se lit encore très bien. Certains passages, sur la responsabilité des puissants, sont plus que jamais actuels, et les autres éclairent certains aspects de la vie quotidienne à l'époque d'une femme.
Une lecture hautement recommandable, ne serait-ce que pour ses deux dernières pages, qui s'éloignent un peu du propos mais sont très belles.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   18 avril 2018
Si une rivalité se dessina entre la main d'oeuvre masculine et la main d'oeuvre féminine, c'est parce que cette dernière ne comprit pas assez la force de l'organisation et du nombre. C'est parce que les travailleuses ne surent pas se rallier autour de la seule revendication qui devait compter : à travail égal, salaire égal. C'est aussi parce que les hommes virent en elles des concurrentes au lieu de soeurs venues au labeur par nécessité et - avouons-le - qu'ils ne firent pas toujours ce qu'il eût été désirable qu'ils fissent pour les ranger à leur côté contre le seul ennemi : l'exploiteur. Les forces étaient éparpillées, il y eut du mal pour tous. Le progrès est lent, l'ignorance si grande et l'égoïsme si puissant...
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DerwijesDerwijes   04 février 2017
Pendant que la bestialité s'est réveillée hurlante dans la chair de tant d'Européens qui se croyaient civilisés, nous, les femmes, instruisons-nous. Que toute cette horreur qui nous fait souffrir nous donne le dégoût de la brutalité. Cultivons notre esprit. Apprenons. Lisons. Aimons le livre. Il nous rendra meilleures.
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DerwijesDerwijes   04 février 2017
Nous sommes des vivants et non des musées ambulants. Nous aimons la vie. Nous essayons de la comprendre, de la goûter sous ses milles aspects. Nous la regardons se jouer sur les choses, sur les âmes comme la lumière sur un prisme. Prenons les bons livres dans lesquels il y a de la vie, de la vie simple, naturelle, éternelle. Les bons livres écrits en français, sans bouffissure. Lisons aussi les bons livres des littératures étrangères. Ils nous apprendront à comprendre, à apprécier les hommes qui, bien que ne vivant pas sous notre latitude, dans notre cadre, sont des hommes tout comme nous.
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DerwijesDerwijes   04 février 2017
Une femme se présente au commissariat de police d'un des quartiers les plus populeux de Paris. Elle porte un marmot sur son bras. Elle vient abandonner son enfant. Réfugiée, elle a juste de quoi ne pas mourir tout à fait de faim.
-Que voulez-vous que j'en fasse, dit-elle, je n'ai même pas de lait !
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DerwijesDerwijes   04 février 2017
Beaucoup trop de gens s'imaginent que plus une oeuvre est compliquée, embrouillée, ardue, plus elle a de valeur. Moins on comprend, plus on admire.
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