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Arnaud Mousnier-Lompré (Traducteur)
ISBN : 275780328X
Éditeur : Points (01/03/2007)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 162 notes)
Résumé :
Au cœur de la forêt ukrainienne, le petit Ivan découvre une jeune fille endormie sur un autel. Une présence inquiétante le pousse à s'enfuir. Des années plus tard, Ivan revient sur les lieux. Cette fois, il ose embrasser la belle... et se retrouve précipité mille ans auparavant, dans un monde parallèle où la sorcière Baba Yaga fait peser une terrible menace. Une réinterprétation libre et magistrale de La Belle au bois dormant, par l'un des auteurs de fantasy le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
florencem
  11 octobre 2019
Toujours un peu d'hésitation lorsque je commence un pavé de ce genre, encore plus quand on me l'a offert et que je ne sais pas trop à quoi m'attendre. Mais les critiques étaient tellement élogieuses pour la plupart, que j'étais plutôt confiante. J'aime en général beaucoup l'idée de réécriture de conte, et quand l'auteur arrive à tirer son épingle du jeu, c'est encore mieux.
Orson Scott Card a donc décidé de s'attaquer à la Belle au bois dormant. Pas l'un de mes contes préférés, certes, mais il y avait un gros potentiel, surtout en le mêlant à la mythologie slave. J'ai tout de suite adhéré. Il y a un côté sauvage et inconnu qui nous prend dès le départ et aussi ce style piquant et vif, avec sa dose d'ironie. Suivre Ivan est tout de suite une aventure, que ce soit enfant, adolescent ou adulte. de plus, l'auteur n'hésite pas à mêler les religions et les croyances sans tabou mais toujours avec respect. Avec le mélange des cultures, on arrive à avoir un récit qui est passionnant par rapport à son histoire mais aussi à la richesse culturelle qui en découle.
Bien entendu, Enchantement est une romance. Mais j'ai surtout trouvé que le roman était un parcours initiatique pour nos deux héros. Ivan et Katerina apprennent énormément l'un de l'autre. Sur leurs mondes respectifs, mais aussi sur eux. Ivan avait probablement plus de « bagages » et il est, à mes yeux, celui qui évolue le moins mais c'est parce qu'il est déjà presque « parfait ». le chevalier en armure de notre époque. Katerina, elle, m'a un peu agacée par son manque de considération et son étroitesse d'esprit. Il y a l'époque qui veut cela et son éducation, mais elle parvient tout de même à comprendre, au fur et à mesure, qu'elle n'était pas capable de se mettre à la place de quelqu'un et de tout simplement apprendre d'un autre sans le juger. Ce qui est paradoxal, avec ce personnage, c'est que pourtant, elle était, elle aussi, presque parfaite pour son époque.
Et c'est là aussi que j'ai trouvé l'idée de l'auteur intelligente. le choc des cultures mais aussi des époques, fait que l'on suit le récit de façon « moderne » et que l'on voit combien les choses ont évolué, en bien comme en mal, et en même temps, combien elles sont semblables. le tout avec une bienveillance toujours ancrée. Si bien qu'on a l'impression, surtout à la fin, d'être dans un vrai conte avec ses codes littéraires et plus dans un roman. Ce n'est pas ce que j'ai préféré, mais le glissement est progressif, immersif et bien amené. le côté bon enfant et « moralisateur » fait sourire mais ne gâche rien.
Un univers riche, des personnages intéressants et attachants, une histoire bien menée de A à Z, je comprends parfaitement pourquoi Enchantement a eu un tel succès. C'est une très jolie découverte pleine de magie et de douce romance.
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Tatooa
  18 février 2018
Il y a du bon dans ce bouquin. Toute la partie revisitée du conte de fée au moyen-âge, la description de ce temps-là, les études d'Ivan, son enfance, j'ai bien aimé. Encore que Connie Willis ait fait beaucoup mieux avec son "Grand Livre".
Mais je suis assez déçue sur le reste, c'est à dire la trame de l'histoire.
Qu'est-ce que je me suis ennuyée, avec cette histoire d'amour aux tergiversations sans fin, avec les ressentis de madame, les ressentis de monsieur, sur les mêmes événements, donc répétés deux fois, quand c'était pas plus quand il y avait d'autres protagonistes dans la scène ! En plus des ressentis ultra-répétitifs pendant 400 pages, avec incompréhensions mutuelles sans fin, pas de dialogues pour résoudre les problèmes, tin ça m'a gavée féroce. 200 pages ça aurait déjà été trop... 400 pages, c'était abusé !
J'ai vraiment beaucoup galéré pour avancer, et ça n'aurait pas été un livre-quête du challenge SFFF de RosenDero, je n'aurais jamais fini... Je suis assez déçue par Scott Card, que je ne connaissais pas. J'espère que son cycle d'Ender est différent de cette guimauve qui traîne en longueur. Les seuls passages intéressants sont ceux avec Baba Yaga et son Ours, sans blague ! Manque de bol ils sont beaucoup moins nombreux que ceux avec Katerina et Ivan... En plus on pourrait croire qu'avec tous ces ressentis, les personnages auraient une psychologie intéressante, mais en fait, non. Je n'ai pas du tout réussi à m'attacher à aucun d'entre eux, sauf, sauf Sergeï, le clerc infirme, oui, c'est vrai.
En fait, je préfère le conte original, voilà, c'est dit. Au moins c'est dit en 30 pages et on n'en parle plus. Bref, j'ai pas aimé. Après il faut savoir que je déteste lire de la romance qui ne soit que cela, et en fait, ce livre, ce n'est quasiment que cela. Et presque 600 pages de ragoûgnasse romantique, bon sang, quelle purge !!!
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Soleney
  04 février 2014
Ayant adoré La Stratégie Ender – et tombant sous la coupe d'une basse stratégie commerciale – j'ai succombé et acheté ce livre lorsque mes yeux se sont posés dessus à la librairie. Sans même regarder le résumé, juste en lisant l'étiquette « Par l'auteur de la Stratégie Ender ». Oui, je suis faible. Mais cette faiblesse m'a permis de découvrir une oeuvre riche et forte.
J'ai quand même eu le bon sens de lire des deux premières pages avant de l'acheter, et ce sont ces quelques lignes qui m'ont définitivement conquise. Y a pas à dire, Orson Scott Card sait y faire en matière d'incipit. On rentre directement dans l'action, sans préambule et on s'attache au petit Vanya. J'ai su que je ne partirai pas sans ce livre à ce moment-là.
On pourrait résumer l'histoire avec la question suivante : « Que s'est-il passé après La Belle au bois dormant ? » On pourrait, oui. Sauf que l'intrigue est bien plus complexe que ça. Scott Card a beaucoup développé la psychologie de ses personnages. Ils ont un point de vue critique et ironique sur leur situation (c'est d'ailleurs eux-mêmes qui ont fait le parallèle avec ce conte, je reprends juste leurs réflexions^^), ils se remettent en question et affrontent des difficultés que nous n'envisagions même pas. Eh oui. Personnellement, je ne pensais pas que revenir mille ans en arrière impliquait autant de soucis techniques. Vanya est obligé de se plier aux règles moyenâgeuses, et bien qu'il s'y connaisse à fond dans le sujet (il a étudié le proto-slave et les vieux manuscrits du 9e siècle, tout de même), il commet pas mal de bourdes. Par exemple, il affirme sa judaïté alors que la culture est massivement chrétienne (avec « l'ouverture » d'esprit de l'époque, je le souligne) ; la nudité d'un homme n'était pas choquante pour l'époque, c'était même banal (à l'inverse des femmes), ce qui entraine quelques quiproquos ; Vanya, qui est pourtant un athlète chez nous, est un risible petit maigrelet en comparaison des puissants guerriers de Taïna ; en voulant sauver une femme de l'étouffement, il se fait agresser par le frère de celle-ci qui croyait qu'il avait des intentions malhonnêtes
Mais Orson Scott Card ne s'est pas arrêté là. Son héros effectue un voyage dans le temps pour vivre la suite du conte de Perrault. Mais qui dit « voyage dans le temps » dit « complications spatio-temporelles ». En effet, chaque chose que fait Ivan peut radicalement transformer le présent. Ses connaissances de l'écriture dite « évoluée », sa conscience de l'importance de l'écrit pour que le futur se souvienne de Taïna, son histoire, tout simplement : un paysan venu d'un pays lointain qui sauve une princesse de la sorcière Baba Yaga et l'épouse… Malgré lui, Ivan change le passé… Jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il a déjà changé et qu'il en fait déjà partie. La légende de la maison à pattes de poule de Baba Yaga existait déjà avant qu'il n'intervienne.
Se pose donc la question du destin : Vanya avait-il le choix ? Tous ses actes étaient-ils prédéterminés ? Est-il l'instrument d'une puissance supérieure dont il accompli la volonté malgré lui ? Cette puissance est-elle bonne ou mauvaise ? Et enfin, s'il était destiné à vivre au 9e siècle, pourquoi est-il né au 20e ? Est-il un homme du 20e ou du 9e siècle ?
Dans sa narration, l'auteur a beaucoup développé le point de vue des personnages. C'est à la fois une bonne et une mauvaise chose. Une bonne dans le sens où on s'identifie très bien à eux et on se met facilement à leur place. Mais aussi une mauvaise car on revient plusieurs fois sur des scènes pour les voir à travers les yeux de chacun. Par moments, l'histoire avance donc relativement lentement et c'est un peu agaçant.
Personnellement, je pense qu'il aurait fallu laisser une plus grande part de mystère aux personnages secondaires. Qui d'entre nous peut prétendre comprendre intégralement les pensées d'un de nos proches ? Scott Card aurait peut-être dû se concentrer sur la perception du héros et laisser les intentions des autres dans le flou – ou les expliquer à postériori. Ce ralentissement de l'histoire en est le principal défaut – c'est la cause du fait que j'ai eu du mal à poursuivre ma lecture en approchant des cent dernières pages (qui sont pourtant habituellement les plus intéressantes dans un livre). Et comme l'écriture donne beaucoup de place à l'analyse psychologique, l'action est peu présente (le grand combat de fin entre les deux armées était particulièrement décevant).
Mais les personnages secondaires les moins détaillés ont beaucoup d'épaisseur, car leurs réflexions ne sont pas toutes retranscrites – du moins dans les débuts. Je pense notamment aux parents de Vanya. Son père est un professeur d'université, un homme plein d'humour, mais aussi doté d'un esprit de logique implacable. Et sa mère – ah, sa mère ! – est une femme mystérieuse et pleine d'ironie. Rien ne la touche, elle semble se moquer de tout. Mais petit à petit, on met à jour ses secrets et on se rend compte que ce n'est pas vrai – évidemment. C'est la même chose pour Baba Yaga : elle nous apparaît comme une femme qui a un sens de l'humour très… gore – et tellement divertissant... Sa relation avec Ours est très amusante car très ambiguë, entre amour et haine. La seule chose qui les maintient ensemble est le pouvoir. Et comme c'est un très vieux couple, on a droit à des piques très colorées (quoi que plus fines que celles de Scènes de ménage ;)). Au début, j'ai adoré la sorcière, car elle sortait du cliché du grand méchant grâce à son sens de l'humour. Mais progressivement, elle perd cette particularité qui m'avait tant plu. Plus on avance, plus elle est mauvaise simplement parce que c'est la méchante de l'histoire. Dommage…
La relation que Vanya entretient avec la princesse est aussi très intéressante. Les deux ne savent pas trop quoi penser de l'autre, ayant vécu dans des mondes radicalement différents et n'ayant pas les mêmes acquis culturels. Ils essayent de se comprendre pour tenir leur engagement (le mariage relevant de la parole d'honneur au 9e siècle), mais c'est très difficile. Ils se blessent et s'insultent sans le vouloir, se tournent autour, cherchent à se cerner… On est loin des bêtes histoires à l'eau de rose.
En revanche, ce que j'ai trouvé étrange, c'est que Vanya a 25 ans et qu'il a une fiancée, mais qu'il est puceau. What ? Mais comment est-ce possible ? Il a jamais (jamais ?) eu de copine avant Ruth ? Et même, c'est un homme, jeune et vigoureux, et pourtant il refuse de coucher avec elle. Enfin, on est au 20e siècle, quand même ! C'est pas courant, ce genre de choses. Évidemment, on se doute que l'auteur a voulu faire ça pour que Katerina et lui s'échangent leur pucelage (parce que, bien sûr, c'est l'amour idyllique, son âme soeur, la femme de sa vie). Mais définitivement, je pense que c'est une mauvaise idée. Certes, ça nous rapproche du conte originel (Belle au bois dormant, Disney et amour éternel), mais la relation d'Ivan et Katerina perd de la crédibilité.
J'ai aussi l'impression que certaines choses arrivent un peu trop facilement. La mère de Vanya avait tellement plus de charme lorsqu'on pensait qu'elle avait simplement un instinct plus développé que la normale. Katerina déclare être enceinte deux semaines seulement après ses premiers rapports avec son mari (qui culminent au nombre de deux, trois maximum. Un peu de modération, que diable ! On sait bien que cet enfant est crucial, mais, comment dire ? C'est un peu téléphoné).
Et pourtant c'est un livre que je recommande, car il traite d'un sujet parfaitement banal (l'homme qui vient délivrer la belle princesse et sauver son royaume de la méchante sorcière) de manière originale. Je suis persuadée que je relirai cette histoire avec plaisir.
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juten-doji
  02 mai 2019
Dans le milieu des années 70, alors que la famille d'Ivan fuit la Russie pour l'Amérique, une escale chez un oncle dans la campagne ukrainienne va changer sa vie. Parti pour s'entraîner à courir, Ivan va découvrir son destin au détour d'une clairière cachée dans une forêt dense, où une princesse endormie et gardée par un ours violent et possessif, une image qui ne le quittera plus.
Une réécriture des contes de fées où monde moderne et ancien royaume médiéval vont se mêler ou se côtoyer, on y retrouve les éléments du conte comme la princesse endormie, la vilaine sorcière et la magie, mais aussi une époque lointaine bien reconstituée ainsi que ses liens avec le monde moderne.
Je craignais beaucoup la mièvrerie que pouvait apporter ce genre d'histoire, j'ai beaucoup de mal avec les histoires romantiques à outrance et leur côté mielleux, mais cet aspect a été plutôt bien géré, et si parfois j'ai trouvé les personnages un peu lourds (surtout la princesse qui m'avait l'air parfois complètement idiote ou tête de mule sans raison autre que la mauvaise foi), heureusement c'était vite noyé dans le reste de l'aventure. La relation que j'ai beaucoup apprécié était celle entre Baba Yaga et l'ours, parsemé de dialogues bien sentis que j'ai trouvé assez drôles, et certaines scènes étaient franchement cracra contrairement à ce à quoi on peut s'attendre dans ce contexte.
Ça se lit vite et bien, c'est une histoire qui intrigue, et ses côtés négatifs ne plombent pas l'ensemble. Donc au final une bonne surprise et une lecture agréable malgré le nombre de pages, et qui m'avait été piochée par Witchblade il y a un bon moment, mes craintes injustifiées me faisant repousser sans cesse le moment d'ouvrir ce livre et de m'y mettre enfin.
Club de lecture pioche dans ma pal
Challenge multi-défis 2019
Challenge pavés 2019
Challenge Histoire 2019
Challenge 50 objets 2019
Challenge mauvais genre 2018-2019
Challenge déductions élémentaires
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Pois0n
  22 mars 2018
C'est en lisant une critique... négative ici même que j'ai découvert Enchantement. D'emblée, j'ai su que cette histoire allait me plaire, à moi, puisque la romance ayant lourdé Tatooa est tout sauf un frein en ce qui me concerne.
Et la lecture a plutôt bien démarré. Dès le début, Enchantement possède un charme fou, une ambiance onirique qui jamais ne s'estompe, et ce, de l'introduction durant l'enfance d'Ivan en pleine guerre froide, d'abord en ville, puis dans la cambrousse ukrainienne (dont les descriptions donnent juste envie de sauter dans l'avion) ; à la toute fin du récit. Et entretemps, il s'en passe, des trucs...
Presque six-cent pages, ça peut paraître impressionnant, surtout pour un conte de fées moderne, mais en fin de compte, il y a assez peu de longueurs.
Le pavé peut être découpé en deux grosses parties et si les ressorts scénaristiques de celles-ci peuvent au premier abord faire craindre la redondance (), l'auteur a eu la malice de ne pas se focaliser sur les mêmes problèmes. On évite donc la redite. La narration alterne les points de vue entre les différents protagonistes, permettant ainsi d'avoir une appréciation globale de la situation. de comprendre pourquoi untel agit comme il le fait, ce qu'il se passe ailleurs, ou encore pourquoi Ivan et Katerina peuvent se montrer aussi idiots. Ici, contrairement à Tatooa, je n'ai pas eu l'impression de répétition, vu que l'alternance porte sur les ressentis et non sur les évènements en eux-mêmes, qui ne sont donc bien traités qu'une fois. le tout s'enchaîne de façon assez fluide tout en progressant dans le temps, ce qui fait que ces réflexions abondantes ne sont jamais du temps perdu.
… Ou presque. Parce qu'il faut avouer que par moments, on s'éloigne un peu de l'histoire en elle-même pour s'enfoncer dans d'interminables réflexions sur la religion. Et vas-y que je te parle de judaïsme, de christianisme, de féminisme juif, et patati et patata. Alors certes, la religion est totalement intégrée au récit, de sorte que ça ne paraisse pas complètement hors-sujet, et on ne tombe heureusement jamais dans le prosélytisme. D'ailleurs, que les personnages principaux soient de confessions différentes est plutôt une bonne idée. Reste que ces digressions partent parfois très très loin, là où l'on préférerait savoir où ça en est avec Baba Yaga au lieu d'avoir un cours de théologie accéléré. A côté de ça, ça parle aussi beaucoup de langues anciennes et le sujet est nettement mieux traité, moins lourd, parfaitement fondu dans l'histoire. On sent la barrière de la langue à tous les moments et ce, sans être noyés sous les termes obscurs. Bref, c'est vraiment bien fait.
L'autre point négatif, c'est... la romance. Mais là encore, pas pour les mêmes raisons que Tatooa. de mon côté, j'ai juste trouvé cette romance bâclée, mal foutue, pas crédible pour un rond en somme. Certes, Orson Scott Card a pris soin de montrer le développement des sentiments d'Ivan et Katerina... mais seulement au début. Après, c'est un peu le bordel, la politique s'en mêle, et puis ça va être la guerre, (), quelques révélations et la préparation de l'offensive, et pouf ! les voilà amoureux, hein que quoi quand comment, aurais-je loupé un épisode ? Bref, c'est dommage.
Heureusement, réduire Enchantement à son aspect romance serait une grave erreur, car ici, il n'est qu'un moyen de servir le récit et non une fin. On a bel et bien affaire à un conte, avec ce qu'il faut de magie et de dépaysement, les épreuves à surmonter, la princesse en détresse, la méchante sorcière et les personnages attachants (entre Ours et surtout Sergeï (). En tant que telle, cette histoire est une pure réussite, envoûtante du début à la fin et follement maîtrisée. Sans parler des petites pointes d'humour ici et là, la plupart du temps efficaces.
Quel dommage donc que la narration soit plombée par les considérations religieuses beaucoup trop terre-à-terre et ternie par la maladresse de l'histoire d'amour !
Au final, Enchantement est donc un moment de lecture très agréable bien qu'un poil lourdingue par moments, mais porteur d'une atmosphère propre ; l'un de ces livres qui transportent et font rêver. Exactement ce que je venais y chercher.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
JumaxJumax   26 août 2016
Dans les contes occidentaux, on se mariait, on avait beaucoup d'enfants et l'histoire s'achevait là ; dans les légendes russes, on allait bien au-delà - jusqu'à la trahison, à l'adultère, au meurtre, tout cela dans le cadre du mariage romantique où le héros de passage se trouvait pris par hasard. Le vieux conte de la Belle au bois dormant se terminait peut-être bien en France ou dans les pays anglo-saxons, mais Ivan se trouvait en Russie et il fallait être fou pour avoir envie de vivre la version russe d'un conte de fée.
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ShaarillaShaarilla   13 février 2010
- Il y a deux bibles confondues, l'une cachée à l'intérieur de l'autre. La Bible du dénuement est celle où se trouvent les malédictions : Adam doit gagner son pain à la sueur de son front, Eve donne le jour à ses enfants dans la douleur et doit obéissance à son mari ; c'est un jeu où on a le droit de chasser les habitants de Canaan pour prendre leur terre, où l'on a le droit de tuer un homme incapable de prononcer le mot Shibboleth parce que c'est un étranger. C'est la bible du meurtre, de la haine et d'un dieu jaloux qui veut voir éliminer les idolâtres - foudroyés sur un signe d'Elie ou massacrés par les épées des Lévites sur l'ordre de Moïse.
- Quelle érudition ! observa Piotr.
- Je n'y suis pour rien : mon cours de judaïsme féministe de ce semestre m'a ouvert les yeux.
- Ah ! fit Piotr.
- La valeur d'une femme ne tient pas au fait qu'elle porte des enfants ni à sa docilité ; ele tient à sa capacité à prendre des décisions audacieuses, comme celle d'Eve de manger du fruit et d'obtenir la connaissance ; Adam n'a fait que l'imiter. C'était elle la rebelle, lui s'est contenté de suivre ; or, pourtant, on parle de la "chute d'Adam" !
- C'est du moins le terme qu'emploient les chrétiens, dit Piotr. Il était manifestement de plus en plus effaré.
- C'est la bible du dénuement qui porte les juifs à se croire le droit de déplacer les Palestiniens ; dans la Bible féminine, l'agneau dort avec le lion.
- Les lions apprécient toujours cette attitude chez les agneaux, observa Piotr : ça leur évite les fatigues de la chasse.
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laulauttelaulautte   10 octobre 2018
Lorsqu'ils devaient étudier la doctrine chrétienne, Ivan écoutait dix minutes puis commençait à demander à Sergeï de lui raconter des histoires, non des histoires sur Jésus et ses apôtres, non : il voulait des histoires de sorcières et de magiciens, à propos de Baba Yaga, de Mikola Mojaïski, de rois et de reines, d'enfants perdus et de loups dans les bois, des histoires que les grands-parents racontent pour effrayer les enfants les soirs d'hiver et les mères pour les obliger à rester à la maison la nuit ou pour les empêcher d'aller errer dans la forêt le jour. […]
" Il faut que vous les écriviez.
- Que j'écrive quoi ?
- Ces contes ; celui que vous venez de ma narrer, celui sur Ilya de Murom.
- Mais… ces histoires ne sont pas vraies - du moins pas dans le sens où les Evangiles sont vrais." […]
" Je peux vous assurer, Sergeï, que, si vous n'écrivez pas ces histoires, les prêtres feront ce qu'ils voudront des autres histoires, des chroniques : ils noteront uniquement celles qui les arrangeront, et toujours en les déformant pour faire croire que les rois étaient chrétiens et que les défaites étaient des victoires. Votre peuple sombrera dans l'oubli, nul ne se rappellera même plus qu'il aura existé un royaume du nom de Taïna. En revanche, si vous écrivez ces histoires, je peux vous promettre que votre terre restera dans les mémoires et que ces récits vivront pour toujours. […]"
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TatooaTatooa   18 février 2018
Perdu dans ses réflexions, Ivan laissa la conversation se dérouler autour de lui sans y prêter grande attention. Se méprenant sur sa distraction, Sergeï lui glissa à l'oreille :
- Ne craignez rien. Je crois que Dieu vous a choisi pour accomplir une grande oeuvre.
A quoi Ivan répondit sur le même ton : "Il avait aussi choisi son propre fils, et vous avez vu le résultat !"
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TatooaTatooa   15 février 2018
Courir, c'était sa façon de rêver.
Comme il n'avait jamais eu la moindre autorité sur sa propre existence, il voyait la liberté comme une évasion : il rêvait d'être à la merci du vent, de se voir emporté très haut dans le ciel et promené ça et là, soumis au véritable hasard plutôt qu'aux visées de quelqu'un d'autre, aux projets graves et inopportuns de papa, à la façon dont maman concevait la vie, une succession de farces au milieu desquelles on faisait son devoir.
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La Stratégie Ender (Ender's Game) est un film de guerre de science-fiction américain écrit et réalisé par Gavin Hood sorti en 2013. Il s'agit d'une adaptation de La Stratégie Ender d'Orson Scott Card. Bande Annonce VF.
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