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ISBN : 2752906560
Éditeur : Libretto (05/04/2012)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 32 notes)
Résumé :

Dans un coin perdu de l'Angleterre, un manoir jadis imposant, aujourd'hui délabré, est divisé en appartements. Les anciens propriétaires des lieux, aristocrates excentriques et désargentés y vivent avec leur fils unique, grand gamin solitaire de trente-sept ans qui ne quitte jamais ses gants de coton achetés par dizaines et jetés à la moindre salissure.

Les autres locataires sont tout aussi étranges : Miss Higg, éternellement collée devan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
LePamplemousse
  21 juillet 2017
Vous aimez les romans inclassables ?
Vous voulez du bizarre, de l'étrange, de l'absurde avec une belle pointe de mystère et de poésie ?
L'Observatoire est fait pour vous !
C'est un roman au style original avec une intrigue prenante, qui oscille sans cesse entre l'univers de Tim Burton et celui de Wes Anderson.
Nous découvrons le quotidien des habitants d'un étrange manoir à l'abandon, quelque part en Angleterre.
Chaque habitant y a ses particularités, ses failles, sa douleur ou sa faute, et l'histoire est un mélange de mélancolie, d'espoir, de tristesse et de joie mélangées, de surprises, de découvertes aussi incroyables que poétiques, on passe par le désespoir le plus profond, le plus lourd, le plus sombre à la joie la plus pure, la plus lumineuse, on croit lire un roman léger et on tombe sur des révélations « coup de poing », on pense être au coeur d'un roman noir et soudain, une lueur irradie et donne au récit une douceur et une tendresse fantastique.
Un roman merveilleusement écrit qui vous emmène dans un univers à part, fait de folie, de compassion, de chagrin, mais aussi d'amour et d'humanité, qui vous fait rencontrer des personnages que vous ne pourrez pas oublier même après avoir refermé le livre, qui vous émeut et vous donne envie de sourire et de partager de bons moments avec la terre entière.
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Griffe
  21 décembre 2012
Ils sont sept locataires à vivre dans le manoir de l'Observatoire, dans les faubourgs d'une ville qui pourrait être Londres. Sept habitants bizarres et maniaques, qui se morfondent consciencieusement dans un ennui dûment structuré, et dont la règle première pourrait être : " La solitude n'a de prix que si elle est vécue au milieu des autres. " Dès les premières pages, l'éblouissant roman de Carey défile comme une sorte de chronique des jours moribonds : " Les années s'étaient succédé à notre insu. " le narrateur, Francis Dorme, est un garçon un peu laid, un peu bête, un peu méchant, qui vit dans l'appartement de ses parents : " Je n'étais pas un petit garçon. J'avais trente-sept ans. Ma lèvre inférieure était enflée. Je portais des gants blancs (...). J'étais le gardien d'un musée. Un musée d'objets précieux. Je portais des gants blancs pour ne salir aucun des neuf cent trente-six objets de ma collection (...). " Des objets souvent volés, gardés secrètement au fond d'une cave, des objets si mal assortis qu'ils en disent long sur l'état mental et moral de Francis : une cireuse industrielle, les minutes d'un procès, un monocle, une poignée de chasse d'eau, etc. L'univers de Carey est traversé par des êtres jamais vraiment fous, jamais vraiment malheureux, douloureusement humains : le père de Francis vit reclus en lui-même, cloué dans un fauteuil à l'abri de la lumière ; Miss Higg, éternellement collée devant le petit écran, croit réel l'univers de fiction des séries télévisées ; Peter Bugg, l'instituteur à la retraite, passe son temps à pleurer et à transpirer ; " la femme-chien " aboie mais il y a longtemps qu'elle n'a plus l'usage du langage. Et voilà les habitudes de ce petit monde perturbées par l'arrivée d'une nouvelle locataire venue occuper l'appartement 18. Anna Tap est jeune, myope, pas particulièrement jolie, et elle a la mauvaise idée de faire remonter à la surface les histoires personnelles de chacun, faisant entrer la petite communauté dans ce que le narrateur appelle " l'ère des souvenirs " : " Et ce fut elle qui nous libéra de nos histoires, jusqu'au moment où il y eut trop de voix, trop de fantômes d'objets pour qu'elle put en garder le contrôle. " Car cet accouchement d'une mémoire non désirée provoquera bien des drames. Autour d'une idée simple, Carey a réussi à créer un univers décalé et inquiétant, pourtant si tangible. On gage qu'avec son jubilatoire sens de la démesure, non éloigné de celui d'un Will Self, il s'affirme comme l'une des voix les plus originales de la nouvelle littérature anglaise.
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Fauvine
  25 décembre 2018
Dans ce roman, nulle suite d'événements sortant du commun ne vous sera contée puisqu'on reste presque exclusivement dans la résidence de l'Observatoire et centré autour des petits incidents de la vie quotidienne de ses locataires très peu nombreux. Mais toute la richesse de ce roman se loge là, dans le minuscule, le quelconque, l'insignifiant, représenté par la collection de Francis Orme, curieux narrateur qui amasse des objets plus banals les uns que les autres (ticket de caisse, soldat de plomb, bouton de veste…) pour constituer une sorte de musée personnel et secret qu'il vénère et contemple en cachette. Car des personnages bien étranges habitent cet endroit : une femme vivant uniquement par procuration à travers des feuilletons télévisés et ses personnages qu'elle confond avec des personnes réelles, une « femme-chien », qui se croit un canidé et ne vit qu'avec eux, que comme eux, et qu'on n'ose chasser de la résidence, le portier, qui ne parle pas vraiment mais « chuinte » et passe son temps à faire le ménage de façon maniaque, les parents du narrateur, une mère plongée à jamais dans la nostalgie du passé et un père apathique, comme mort au monde et à lui-même, ainsi qu'un professeur à la retraite ne cessant de transpirer et pleurer tout à la fois. Et Francis n'est pas de reste, plus étrange sans doute qu'aucun autre, avec ses gants blancs qu'il ne peut jamais quitter, sa « loi des gants blancs » qu'il s'est lui-même donnée et son incapacité à réellement communiquer avec autrui.
Mais une nouvelle locataire va entrer dans leur vie, bien malgré eux au départ, et, voulant se faire des connaissances, va peu à peu chercher à comprendre chacune de leur bizarrerie, ce qui va donner lieu à une entrée progressive dans le passé et le cerveau de toutes ces personnes incompréhensibles, car Anna, dont le nom n'est peut-être pas un hasard, est un peu comme une psychologue qui parvient, sans se laisser impressionner, à mettre au jour les traumas et mécanismes qui les ont fait devenir comme ils sont. Et comme en thérapie, il y a des résistances, les locataires ne veulent pas fouiller trop loin, ce qui menace de mettre en péril leur équilibre, le bouleverser mais pourrait aussi les mener vers une vie nouvelle plus ouverte au monde extérieur et plus heureuse…
Francis parait alors tour à tour affreux et malsain, vu tout ce qu'il met en oeuvre pour qu'Anna parte aussi vite qu'elle est arrivée mais on découvre aussi finalement les raisons profondes d'un tel comportement : en premier lieu la peur, une peur vissée au corps de la moindre nouveauté dans sa vie. Car ce personnage, à travers le regard duquel on sait tout ce qui se passe dans la vie de tous, et dont on se demande s'il est légèrement attardé, ou bien autiste, ou phobique social, ou bien insensible, ou bien tout autre chose, qui parait aimer certaines personnes puis être complètement indifférent à tout, qui parait perpétuellement obsédé par ses gants et les taches qu'il peut y faire et qui passe du « je » au « il » pour parler de lui-même, restera plus ou moins une énigme jusqu'à la fin mais on découvrira aussi l'origine de son obsession pour ses gants et l'importance de son trouble (qui faut le conduire à se laisser mourir, même dans le danger le plus grand, tellement sa phobie de transgresser sa « loi des gants blancs » est vissée en lui), de son goût pour le vol des objets d'autrui auxquels ils tiennent plus que tout dont il fait collection.
La fin du roman est très émouvante également.
En bref, voici un roman singulier aux protagonistes tout autant singuliers, dans un style également étonnant -celui de Francis puis du discours direct de ses parents un moment- , poétique, touchant, mystérieux, qui fouille l'humain, l'enfance et la magie du quotidien, qui doit se laisser apprivoiser mais qui est beau et mérite le détour dans cette résidences de « fous ».
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Ingannmic
  12 novembre 2015
L'Observatoire est un microcosme, une enclave isolée au coeur d'une petite ville d'Angleterre, qui réunit en son sein des individualités atypiques. Cette bâtisse, partie intégrante de l'ex domaine de Tearsham qui au fil du temps, grignoté peu à peu par la ville, s'est réduit à peau de chagrin, a été reconvertie en immeuble locatif. Sa décrépitude atteste du poids des ans, et pourtant il en émane une étrange énergie, à la fois dense et mortifère, liée à la dimension insolite de ses locataires.
Parmi eux, le narrateur, Francis Orme, est le fils des anciens propriétaires du domaine. A trente-sept ans, il vit d'ailleurs toujours chez ses parents, dans l'un des appartements de l'Observatoire.
Son père, désormais impotent, a toujours été une sorte de mort vivant, un contemplatif absorbé dans une immobilité quasi permanente, un rêveur amoureux des arbres et des étoiles. La mère n'est guère plus active : constamment allongée, elle ne consent à ouvrir les yeux que pour porter son regard sur l'un ou l'autre des objets souvenirs qui envahissent sa chambre. Francis aussi a ses manies : obsédé par la propreté de ses mains, il porte en permanence des gants blancs qu'il change à la moindre salissure, et entrepose dans la cave de l'immeuble, à laquelle lui seul a accès, une étrange collection dont je ne vous dévoile rien, tant il est plaisant d'avoir la surprise de la découvrir !
Hormis Francis et ses parents, l'Observatoire compte quatre locataires : Peter Bugg, percepteur retraité, dont le corps sanglote en permanence, déversant ainsi des litres de liquide... Claire Higg, qui vit dans un monde de fiction télévisuelle... une femme-chien... et un portier hostile et chuintant.
Ils constituent un monde parallèle, hors des de toute "normalité", et le narrateur n'étant pas le moins excentrique de la bande, il dépeint les lubies et l'étrange mode de vie de ses voisins avec un naturel réjouissant !
Tous les résidents de l'Observatoire ont au moins deux points communs : leur refus de quitter ce lieu si adapté à leur bizarrerie qu'il en est comme un écrin, et leur rejet vis-à-vis de tout ce qui vient de l'extérieur. Aussi, l'arrivée d'une nouvelle locataire suscite un émoi profond, chacun s'employant par tous les moyens à la chasser. Mais Anna Tap est coriace et résiste, malgré les marques de franche hostilité et de malveillance dont elle est l'objet. Sa ténacité lui permet d'apprivoiser peu à peu ses étranges voisins, qui semblent alors vivre un éveil certes douloureux mais nécessaire. le lecteur découvre ainsi les destins tragiques, les souvenirs douloureux que la torpeur dans laquelle ils s'étaient volontairement plongé avait pour but de faire oublier.
Quel plaisir que cette lecture où l'on navigue de surprise en surprise ! J'ai vraiment aimé me plonger dans cet univers à la fois sordide et inquiétant, sclérosé et fantaisiste. "L'Observatoire" est un récit décalé, glauque, et pourtant étrangement poétique.
La loufoquerie de Francis Orme ne l'empêche pas de s'exprimer dans une langue précise et profuse -un véritable régal-, et de faire preuve dans ses analyses d'une grande finesse de jugement. Edward Carey nous livre avec son "Observatoire" un roman drôle et insolite, et nous attache irrémédiablement à ses personnages extraordinaires.
Lien : http://bookin-inganmic.blogs..
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Notecuivree
  02 mars 2018
L'histoire se déroule au sein du manoir du domaine de Tearsham. Si le manoir a connu des heures somptueuses durant lesquelles la famille Ormes y avait une « armée » de serviteurs, on le découvre dans des temps sombres.
Son passé nous est pas raconté d'emblée, on va découvrir son évolution au fur et à mesure, comment il en est venu à une telle transformation, mais aussi pourquoi on le nomme l'observatoire. de la même façon, on ne va pas connaître l'existence de son étendue dès le départ ; on va également découvrir l'ensemble de ses recoins au fur et à mesure … .
Mais puisqu'il s'agit avant tout d'un roman à personnages, on va faire connaissance au fil des pages des personnes qui y résident mais aussi découvrir l'histoire de ceux qui y ont résidé.
Mais avant de vous parler de ces personnages, sachez que ce qui fait le brio de cette oeuvre est son originalité, sa folie … . En cherchant quelques avis sur ce livre, j'en ai lu plusieurs le comparant à l'univers de Tim Burton et effectivement, je confirme complètement : le personnage principal m'a énormément fait penser au personnage d'Edward aux mains d'argent pour son rapport aux mains mais aussi sa maladresse envers les autres ainsi que pour son monde clos autour de son domaine qui lui semble être le centre du monde.
Si les personnages nous semblent vraiment bizarres au départ, on finit par s'y attacher ainsi qu'à cette demeure remplie de souvenirs dont – l'auteur nous faisant confident – on va finir un peu par les partager aussi.
Il y a Francis qui cache ses mains sous des gants et qui excelle à l'exercice de l'immobilité ; Claire Higg qui passe son temps rivée devant son écran au point qu'elle prend les personnages de fiction pour des personnes réelles ; la femme-chien ; Peter Bugg, l'homme aux cent odeurs … .
Tous ces personnages qui vont cohabiter dans un même lieu ; tantôt se détester tantôt éprouver une grande affection les uns pour les autres.
Si c'est drôle par moments, le ton est souvent mélancolique.
C'est également très bien écrit ! Puis on sent parfois que pour l'auteur la matière de son livre a été autant les mots que l'intrigue.
L'auteur s'est aussi amusé à inclure de nombreuses énumérations ; ce qui ne fait pas tache cependant dans cet univers où le personnage principal (Francis Ormes) collectionne les objets ayant déjà appartenu – une autre de ses manies -. Les objets vont alors à leur tour avoir une histoire et être rattachés à des souvenirs.

La façon dont on suit l'histoire est également étonnante : on a tantôt l'impression de la voir sous nos yeux, tantôt de l'observer du dessus ou encore qu'elle nous est contée.


En plus d'écrire ses histoires, Edward Carey les illustre lui-même ! Il est donc l'auteur du dessin figurant sur la couverture mais on en retrouve également d'autres à l'intérieur du livre.
Lien : http://ancrerenard.fr/2018/0..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
tex_242tex_242   15 janvier 2009
408. Un médaillon de saint Christophe.
409. Une paire de bretelles à rayures multicolores.
410. Une plume d’autruche.
411. Un casque de soldat.
412. Un flacon d’arsenic.
413. Des esquisses préliminaires faites par un peintre.
414. Une lame de scie circulaire.
415. Une spatule de sculpteur.
416. Un porte-mine en argent.
417. Des moules pour une tête en cire.
418. Plusieurs mèches de cheveux blonds
419. Un pied en cire.
420. Un œil de verre.
421. Un serre-tête en soie.
422. Une machine à compter les billets de banque.
423. Plusieurs mèches de cheveux bruns.
424. Une carte postale représentant la fondatrice d’un musée de figures de cire.
425. Un kaléidoscope.
426. Une photographie en noir et blanc (un portrait de famille).
427. Une paire de gants de cuir noirs.
428. Un paquet de cigarettes (non entamé).
429. Une dent d’engrenage métallique.
430. Une bouillotte.
431. Un plan d’architecte.
432. Un lot de boîtes d’allumettes (toutes vides).
433. Plusieurs mèches de cheveux roux.
434. Une rose fanée.
435. Un trophée provenant d’une compétition sportive.
436. Un bracelet en argent.
437. Un arc et une flèche.
438. Une poire en cire.
439. Une paire de lunettes à monture d’écaille.
440. Un imperméable d’enfant.
441. Une laisse de chien.
442. Une touche de piano.
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GriffeGriffe   24 décembre 2012
En rentrant du travail, je ne tombai pas sur Anna Tap sortant de l'église, pas plus que je ne l'y trouvai à l'intérieur. Elle semblait pourtant s'y être rendue. Des mégots de cigarettes, des Lucky Strike mordillées, jonchaient le trottoir jusqu'au manoir de l'Observatoire. Je commençais à les ramasser lorsque je m'arrêtai brusquement : empalé sur un barreau de la grille en fer forgé de parc de Tearsham, il y avait un unique gant blanc. Oui, il était bien à moi! Un peu plus loin, sur le trottoir crasseux, il y avait un autre, mais pas de la même paire. Un deuxième main gauche. Encore plus loin, de l'autre côté de la rue, une paire de gants était clouée sur le panneau qui annonçait le manoir de l'Observatoire. Appartement spacieux, conception de qualité....
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alpalaialpalai   15 décembre 2018
Vous aimez les romans inclassables ? Vous voulez du bizarre, de l'étrange, de l'absurde avec une belle pointe de mystère et de poésie ? Voici un roman au style original avec une intrigue prenante, qui oscille sans cesse entre l'univers de Tim Burton et celui de Wes Anderson.
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Edward Carey, author and illustrator of the Iremonger series talks about what inspired him.
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