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ISBN : 233002231X
Éditeur : Actes Sud (04/09/2013)

Note moyenne : 2.62/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Séparés par plus d’un siècle, deux êtres fous d’amour et de chagrin poursuivent le même but : alors qu’en 1854 Henry Brandling cherche un horloger capable de construire un jouet mécanique qui guérira son fils, en 2010 Catherine Gehrig affronte la mort de son amant secret en restaurant le même automate. La Chimie des larmes est un grand roman sur la force créatrice et sa participation à notre capacité de résilience.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
  24 janvier 2014
NON...!!! Je viens de lire la toute dernière page ! J'ai essayé de faire durer le plus longtemps possible ma lecture de ce superbe ouvrage mais le plaisir que j'éprouvais au cours de celle-ci ne pouvais pas durer éternellement et il a bien fallu que je le termine. Voilà un autre ouvrage que je regrette (presque) d'avoir lu) car je sais bien que même si je le relisais, je ne ressentirai plus jamais la même impression que j'ai eue en le découvrant. En tous cas, ce qui est sûr et certain, c'est que si je pouvais rajouter une étoile supplémentaire à cet ouvrage, je le ferai sans hésiter, que je vous le recommande à tous et à toutes et que si dans ma valise pour une île déserte, il me restait un peu de place, j'emporterais volontiers cet ouvrage avec moi.
Ici, deux personnages principaux: Catherine et Henry. Vous pensez probablement qu'il s'agit d'un couple ? Et bien, pas du tout étant donné qu'ils ont vécu l'un et l'autre à plus d'un siècle d'écart. Par qui vais_je commencer ? Faisons par ordre chronologique si vous le voulez bien.
Nous sommes en Angleterre. Année : 1854. Henry Brandling est un homme riche (de par son frère et son père) mais aussi grâce à ses propres revenus. Habitant une charmante demeure en Angleterre avec son épouse et son fils, l'on pourrait penser qu'Henry a tout pour être heureux mais malheureusement, le sort en a décidé autrement puisque son fils qu'il chérit plus que tout au monde, Percy, est gravement malade. Pour lui,Henry est prêt à tout, ne regardant pas sur les dépenses, ne serait-ce que pour redonner la volonté de vivre à sa tendre et fragile progéniture et l'entendre rire à nouveau. Aussi, lorsque tous deux tombent sur les plans d'un canard robotisé, capable de manger des poissons et de faire ses besoins, comme s'il était vivant, Henry, vivement encouragé par sa femme, n'hésite pas à se rendre en Allemagne afin de rencontrer les meilleurs horlogers du monde et ceux qui pourront, peut-être, voir son rêve réalisé, à savoir construire ce canard pour son fils. C'est ainsi que, de fils en aiguille, il sera amené à faire la rencontre de Herr Sumper, de sa femme de ménage Frau Helga et du propre fils de cette dernière, Carl. Tous trois vont l'aider dans son projet qui ne paraît que pure folie et complètement irréalisable.
Faisons un bond dans l'histoire, si vous le voulez bien, pour nous retrouver en 2010 dans un modeste musée de Londres, le "Swinburne" où Catherine travaille. Cette femme, qui vient de perdre l'homme de sa vie récemment, Matthew, qui, bien qu'il fut plus âgé qu'elle d'une dizaine d'années environ et dont elle fut la maîtresse pendant presque quinze ans, a perdu toute raison de vivre. Etait-ce calculé que son patron, Eric Croft (un ami intime de Matthew) lui confie un nombre incroyable de cartons comportant la dernière acquisition du musée et dans lesquels se trouverait un automate à monter et à restaurer. Qui plus est, il lui impose l'aide de celle qui sera son assistante pour cette opération, une jeune et belle londonienne appelée Amanda. Toutes deux, bien que ne s'appréciant guère au départ, vont apprendre à travailler ensemble pour monter au monde ce la merveille qu'Henri Brandling avait fait réaliser pour son fils plus d'un siècle plus tôt.
Maintenant, vous voulez savoir ce qui unit nos deux protagonistes ? de simples carnets, témoins de la présence d'Henry et de son fils Percy sur Terre.
Bon, je ne vous en dit pas plus quant à l'intrigue sinon, je pense que je serais capable de trop vous en dire, et cela vous gâcherait le suspense, ce que je n'ai pas du tout envie de faire. J'espère simplement avoir éveillé un tantinet votre curiosité, du moins juste assez pour vous avoir donné de découvrir ce livre que je considère comme un véritable petit bijou. L'écriture est simple, légère (mais pas trop) et je tire ma révérence à l'auteur pour ce qui est, à mon humble avis, un véritable chef-d'oeuvre. A découvrir !
Ah, j'oubliais, un ouvrage qui m'a fait agréablement penser aux ouvrages de Carlos Ruiz Zafon, et notamment à sa "trilogie de l'ange".
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Ambages
  25 février 2017
« Il y avait peut-être, sous nos yeux mais au-delà de notre entendement, des systèmes que nous ne pourrions jamais connaître, des mondes que nous avions vus et oubliés. »
Ce roman parle de la douleur liée à la peur de perdre un enfant et de tout ce que peut inventer un père pour maintenir le fil ténu qui relie son garçon à la vie, à l'envie de vivre et de se battre pour lutter contre la maladie. Il évoque la douleur de la perte d'un amant. Mais il touche également aux dérives que peut constituer le progrès technologique.
« Ceux qui ont inventé le moteur à explosion n'avaient pas imaginé une telle horreur. Personne ne s'est douté que nous allions non seulement modifier la température de l'air mais aussi rendre les océans noirs comme la mort. »
A la fin du 19ème siècle, Henry, alors que son fils est gravement malade, quitte l'Angleterre pour l'Allemagne afin de faire construire un magnifique automate pour son enfant et maintenir ainsi un rêve, une envie pour que ce garçon continue à espérer. Tout le temps de son absence, il tient des carnets dans lesquels il consigne ses aventures. En 2010, Catherine réceptionne ces carnets en même temps qu'une énorme boîte contenant l'automate qu'elle doit restaurer. Cela coïncide avec le jour où elle apprend le décès de son amant, désespérée elle ne sait si elle pourra effectuer son travail. Mais la lecture des mots d'Henry, bien que difficiles d'accès -«on était souvent déconcerté ou frustré par ce qu'il avait omis. La narration était pleine d'«embardées» brutales et déconcertantes»-, l'intriguent.
Elle comprend qu'Henry «avait prévu que quelqu'un l'observerait un jour à travers le trou de ver du temps, c'était certain. Il écrivait pour cette personne» et c'était elle, Catherine.
Elle entre alors dans un univers qui la surprend. « Ce que j'ai appris, mon petit ? Seulement qu'il y avait des mondes au-delà de mes connaissances et de votre imagination. »
J'ai rencontré les mêmes difficultés que Catherine pour suivre les récits d'Henry. Toutefois, je suis en admiration pour l'écriture et l'intelligence de l'auteur car j'imagine que ce fût un réel défi à relever pour arriver à en faire un récit qui se tient de bout en bout. Il faut donc se laisser aller, suivre « les mouvements fluides et sinueux » du récit tout comme les mouvement d'un cygne.
« Vous êtes absolument incapables d'associer ce que vous voyez à ce que votre vie vous a appris. »
C'est un roman étrange, pas facile d'accès, qui aborde des thèmes intéressants avec une part d'étrange. J'ai apprécié cette lecture qui m'a également permis de revoir les plans de la ville de Karlsruhe.
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Cath36
  04 décembre 2013
Pour parodier Aragon et emprunter le titre d'un livre de Jean d'Ormesson, , je dirai que c'est une chose étrange, à la fin, que ce livre. Emportée par la lecture au début, un peu lassée vers les trois quarts puis interloquée sur la fin, j'ai dévoré ce livre en trois jours, qui me rappelait par moments l'histoire de l'automate d'Hugo Cabret.
Deux histoires se mêlent : celle d'une conservatrice moderne, Catherine, dont l'amant vient de mourir et qui découvre un cygne en pièces de métal dans son bureau, et celle du commanditaire de cet automate, qui au XIX part en Allemagne le faire fabriquer pour son fils très malade, dans des circonstances un peu mystérieuses.
Peter Carey utilise deux écritures différentes : une moderne, incisive, elliptique, douloureuse et percutante à travers laquelle Catherine raconte son histoire, et une beaucoup plus classique qui est utilisée pour le journal du commanditaire, et on ressent comme un effet de déflagration tant le contraste entre les deux est violent. Roman sur la douleur et sur la résilience, ce roman est presque aussi un roman sur cette machine qu'est le corps humain, avec sa "chimie des larmes" et autres fonctionnements. Pas d'apitoiement sur soi-même dans le travail de deuil de Catherine mais au contraire une dureté qui confine à la brutalité et à la violence.
Parce qu'il y a beaucoup de violence dans ce livre, une violence explicite, une violence implicite, une violence quelquefois gratuite et on est comme pris à la gorge par le déni de souffrance qui lui est sous-jacent et j'en ai ressenti une impression de malaise qui m'a un peu gâchée ma lecture. Que la souffrance provoque parfois de la violence, c'est bien vu. Mais en quoi la violence peut-elle résoudre la souffrance, et en quoi les autres qui n'en sont pas responsables doivent-ils en être victimes ? C'est le seul bémol que je mettrai à un livre que j'ai par ailleurs beaucoup aimé et qui réserve quelques surprises, surtout sur la fin.
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Nadael
  01 octobre 2013
Nous sommes à Londres en 2010. Catherine Gehrig, horlogère au musée Swinburn est effondrée ; Matthew, son amant depuis treize ans vient de mourir. Cette liaison secrète la contraint à intérioriser son chagrin, pourtant immense. Comment faire son deuil dans de telles conditions ? Comment retenir ses larmes ? Comment trouver la force pour avancer dans la vie alors que son amour est parti ?
Son supérieur hiérarchique (le seul à connaître la situation délicate de Catherine) lui propose une nouvelle mission qui, pense-t-il devrait occuper son esprit. Il lui confie la restauration d'un automate du dix-huitième siècle qui aurait été imaginé par l'illustre Vaucanson.
Sur le point de refuser ce travail, elle découvre au fond d'un des nombreux cartons contenant les pièces de l'automate, plusieurs carnets ayant appartenu à un aristocrate anglais nommé Henry Brandling. Les écrits de cet homme date de 1854.
Percy, le fils de Brandling est alors gravement malade. Ayant déjà connu la douleur de perdre un enfant, le père est désespéré devant ce petit être qui décline peu à peu. Un jour, il voit le regard de son fils s'illuminer à la vue du plan du Canard de Vaucanson, un automate à la technologie avancée pour l'époque. Ce sourire sur les lèvres de son fils suffit à Brandling pour faire ses valises sans tarder et partir pour la Forêt Noire en Allemagne en quête d'un horloger capable de fabriquer ce jouet mécanique qui, s'il n'a pas le pouvoir de guérir Percy, lui donnera un peu de bonheur.
Le roman de Peter Carey s'articule autour de Catherine et Henry, deux personnages dissemblables au premier abord. Pourtant, en lisant les mots de Brandling, Catherine perçoit comme un écho en elle : la mort et l'amour mêlés, l'attente, l'impatience, la crainte... et ce lien concret ; cet objet en fabrication quelque part dans la Forêt Noire en 1854 et ce même automate en reconstruction chez elle aujourd'hui.
La chimie des larmes est un roman intéressant et intelligent sur la résilience. Sa construction habile fait alterner deux voix (un qui écrit, l'autre qui lit), deux espace-temps, et forcément deux styles pour raconter ces destins. Je regrette néanmoins les longueurs, descriptives et techniques qui ont gênées quelque peu ma lecture.

Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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Guillaume72
  05 avril 2018
Le thème du livre avait de quoi nous mettre en appétit : le destin de deux êtres à des années de distance avec comme point commun un automate. J'avais parié sur un roman plein de poésie et de rêve. C'est raté. Ce roman m'a paru plat, ne suscitant aucune émotion. Il souffre en fait de plusieurs handicaps :
- Tout d'abord, l'auteur choisit d'introduire le lecteur dans l'histoire sentimentale de Catherine à son point final : au moment où cette dernière perd son amant lors d'un décès tragique. Catherine subit alors une tempête émotionnelle. le lecteur ne connaissant pas la force de son attachement et l'histoire qu'ils ont vécu ensemble, il aurait fallu une très grande plume pour l'embarquer dans cette tempête émotionnelle. Pour moi ça n'a pas été le cas. Les sentiments de Catherine me sont restés totalement étrangers. J'ai eu l'impression de rester sur le quai face à ce voyage. du coup, les réactions de l'héroïne m'ont paru parfois à la limite de l'hystérie plutôt que refléter un état sentimental profond.
- le rythme des premiers chapitres est beaucoup trop rapide. Cela ne facilite pas non plus cette participation du lecteur à l'émotion qui devrait émaner de ces chapitres. Bien au contraire, le lecteur a l'impression que c'est bâclé.
- Les aventures d'Henry en Allemagne sont marquées par des réactions des personnages à la limite de l'absurde dans certaine situations. On ne peut donc adhérer à cette partie du roman non plus. Pire, parfois les épisodes nous paraissent décousus, sans queue ni tête.
- J'ai eu une petit espoir avec l'arrivée de l'assistante de Catherine dans l'histoire, mais là encore, les réactions paraissent souvent surréalistes !
A la fin du roman, on peut s'intérroger sur le lien existant finalement entre Henry et Catherine : une capacité de résilience comme l'annonce la quatrième de couverture ? Même pas puisque Percy n'est pas décédé et que les espoirs d'Henry sont qu'au travers de l'automate, son fils puisse aller mieux. Quant à Catherine, la machine lui sert effectivement à surmonter son deuil. Somme toute, les points communs en dehors de la machine elle même sont très ténus...
Au final, j'ai dû m'accrocher pour aller jusqu'au bout de ma lecture. La poèsie que j'attendais n'était pas présente. Nous sommes beaucoup plus sur l'aspect mécanique des choses face à cet automate que sur la poésie que pourrait représenter l'objet. Ce roman est décevant. C'est une bonne idée dont le traitement et ses défauts de construction rend le sujet quasi inintéressant. Vite lu, vite oublié.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Cath36Cath36   03 décembre 2013
Mais à vrai dire, quiconque a jamais observé un automate réussi, vu ses mouvements bizarres imités de la vie, croisé le regard de ses yeux mécaniques, n'importe quel animal humain ayant vécu une telle situation se rappelle cette peur bien particulière, cette incertitude quant à ce qui est vivant et à ce qui ne peut être né. Descartes disait que les animaux étaient des automates. J'ai toujours eu la certitude que seule la menace de la torture l'avait empêché de dire qu'il en allait de même pour les êtres humains.
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AmbagesAmbages   23 février 2017
Tout devenait à la fois plus vif et plus lointain. Comment Matthew était-il mort ? Comment avait-il `pu` mourir ?
J'ai foncé à mon atelier, j'ai tapé "Matthew Tindall" sur Google, et il n'y avait rien de nouveau sur lui. Mais dans ma boîte aux lettres un e-mail m'a mis du baume au cœur : il l'avait envoyé la veille à seize heures. « J'embrasse tes orteils. » Je l'ai marqué comme "non lu".
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AmbagesAmbages   23 février 2017
(...) sur un tableau de liège il y avait juste la photo d'un arbre dans Southwold et celle d'une rue déserte de Beccles, et la véritable signification des ces images n'était connue que de nous deux. Nous un.
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AmbagesAmbages   25 février 2017
"Il nous manque, à nous tous, ma chère. Pas comme à vous. Mais c'était mon ami. Depuis trente ans.
- Oui, je sais. Il vous adorait. Je suis désolée.
-Non, non. Pardonnez-moi."
Désolé, désolé, désolé. Comme on était anglais !
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AmbagesAmbages   26 février 2017
J'ai pris la main d'Amanda comme je touchais jadis la peau de Matthew et comme je touche maintenant la joue humide de son fils. Les machines ne sentent rien, pense-t-on généralement. Les âmes ne possèdent aucune chimie, et le temps ne finit jamais. Notre peau comprend quatre millions de récepteurs. Voilà tout ce que je sais. Je t'aime. Je te tiens. Tu me manques à jamais. Mysterium Tremendum. J'embrasse tes orteils.
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Vidéo de Peter Carey
Peter Carey au Sydney Writers' Festival en 2010. Discours de clôture sur les médias, la démocratie et le niveau d'alphabétisation.
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