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ISBN : 2253066044
Éditeur : Le Livre de Poche (13/04/2016)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 159 notes)
Résumé :


Au milieu d’un océan de détritus composé de tous les rebuts de Londres se dresse la demeure des Ferrayor. Le Château, assemblage hétéroclite d’objets trouvés et de bouts d’immeubles prélevés à la capitale, abrite cette étrange famille depuis des générations.

Selon la tradition, chacun de ses membres, à la naissance, se voit attribuer un objet particulier, dont il devra prendre soin toute sa vie. Clod, notre jeune héros, a ainsi reçu u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  26 avril 2016
Dépaysement total, imagination débridée dès les premières pages! le jeune Clod vit avec sa noble famille, les Ferrayor, dans un château construit sur une décharge, dont ils vivent. Dans les soubassements travaillent les Ferrailleurs, chargés au risque d'être englouti par cet océan de déchets, de récupérer des objets exploitables. L'intrigue se passe en pleine industrialisation anglaise, au 19ème siècle.
Les Ferrayor possèdent chacun un objet de naissance qu'ils ne doivent perdre à aucun prix: une bonde pour Clod, une poignée de porte pour tante Rosamud - par qui tout commença. Mais Clod est un enfant particulier: il entend les objets qui répètent, sans arrêt, leur nom. La bonde de Clod s'appelle James Henry Hayward.
Le jour où la poignée de porte de tante Rosamud disparaît, une jeune orpheline, qui a vu ses parents se prétrifier, arrive au château pour y travailler. Elle s'appelle Lucy Pennant, et très vite, Clod la préfère à Pinalippy à qui il est promis. C'est aussi le jour que les objets ont choisi pour se révolter...
J'aimerais vivement vous conseiller ce premier tome à l'esprit gothique dont certains passages sont d'une grande beauté lyrique: l'océan d'ordures qui se déchaîne, le Rassemblement d'objets, le château lui-même et tous ses personnages aussi étranges les uns que les autres, MAIS... Soyez conscients que votre vie ne sera plus jamais la même.
Je ne dors plus depuis que j'ai compris que mon matelas - Mathieu Leroy - me donnait sournoisement des coups dans le dos la nuit, que ma bouilloire s'approche subrepticement de ma main lorsqu'elle brûlante - elle s'appelle Louise Monger - que mes clés, enfin, - Lucio et Monica Ruiz - se glissent subrepticement au fond de mon sac à main - Michelle - dès que je suis en retard. Je dois bien avouer, depuis que j'ai commencé ce livre, d'étranges phénomènes ont lieu autour de moi et je pense que ce livre est maléfique... je vous aurai mis en garde!
Je remercie vivement, et malgré tout, Babelio et le Livre de Poche pour ce beau roman illustré.
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dedanso
  30 avril 2016
J'ai l'honneur de vous présenter mon 1er coup de coeur 2016 ! Je dirais même plus : Les Ferrailleurs vient d'entrer dans mon top 10 de tous les temps.
Commençons par l'objet-livre : un très beau poche agrémenté des illustrations de l'auteur lui-même. Des illustrations que Tim Burton ne renierait pas : à l'encre noire, gothiques à souhait, à l'image de ce très surprenant récit. Deux illustrations double-page, l'une en tout début de roman et l'autre en toute fin, permettent au lecteur de se situer un peu dans le château labyrinthique des Ferrayor.
Le récit se construit autour de chapitres, de longueurs inégales. A chaque début de chapitre un portait de l'un des personnages dont il sera question dans les pages suivantes. Un titre qui correspond toujours à un objet dont il sera question également par la suite. le titre est toujours suivi d'un sous-titre qui explique un peu plus de quoi il va être question mais tout en restant très mystérieux.
Il me faut maintenant vous expliquer un tant soit peu le récit, car toute l'originalité du livre vient de là. Clod Ferrayor, quinze ans, a une sorte de don très particulier : celui d'entendre les objets parler. Ceux-ci se contentent habituellement de répéter leur nom à l'envi. Clod fait partie de la famille, réputée et crainte, des Ferrayor. Toute la famille vit dans un château immense fait de bric et de broc, construit au beau milieu de la décharge, du Grand Dépotoir, une mer immense de déchets abandonnés. Pour les servir, tout une tripotée de Ferrayor inférieurs, qui n'ont pas le sang pur et sont relégués en bas du château et ne sortent que la nuit pour nettoyer le haut. Chaque membre de la famille Ferrayor possède, dès sa naissance, un objet qu'il se doit de garder toujours sur lui. Mais un jour, la poignée de porte de Tante Rosamud disparaît... Et ce jour coïncide avec l'arrivée de la servante Lucy Pennant.
Vous m'excuserez d'avoir été un peu longue mais l'univers est si unique et particulier qu'une explication s'imposait. La plume de l'auteur, extrêmement imagée et savoureuse, complètement délurée par moment, se met au servir d'un univers très noir. Elle rend beau le laid, le sale, le puant dans un lyrisme à peine voilé. Mais surtout elle questionne le lecteur sur divers sujets de société : la lutte des classes et la servitude, la société de consommation et le poids des traditions... Il y a aussi un fameux mystère à résoudre et une idylle à suivre (d'ailleurs je vous préviens : il s'agit du 1er tome d'une trilogie alors ne vous attendez pas à tout voir résolu dans ce tome-ci).
Je vais m'arrêter là car je pourrais porter ce livre aux nues jusqu'à la fin des temps. Un univers gothique unique, une imagination débridée, une écriture imagée, percutante et savoureuse : jetez-vous dessus sans tarder ! Et je remercie les éditions du Livre de Poche et Masse Critique pour cette découverte marquante.
Challenge Multi défis 2016
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MelM
  16 juillet 2015
17/20
Clod et Lucy habitent la grande ville de Londres, constituée de montagnes de déchets. Clod appartient à la grande famille des Ferrayor, Lucy Pennant est orpheline depuis peu. Clod habite au Château avec sa famille, Lucy n'a pour maison qu'un orphelinat miteux où elle est malmenée par tous. le Château est constitué d'un assemblage de maisons, d'appartements et chaque pièce est différente de la précédente. C'est ici que Lucy est un jour propulsée pour y devenir servante. Sa mission: nettoyer les cheminées, la nuit, pendant le sommeil de tous les habitants importants, et surtout, ne parler à personne. C'est aussi ici que vit Clod, enfant chétif et maladif, qui entend parler les objets. La rencontre entre ces deux êtres que tout oppose risque bien d'être explosive. Pour le meilleur ou pour le pire?
Je dois vous avouer que la première chose qui m'a fait craquer pour ce roman, ce n'est pas le résumé, mais bel et bien la couverture. Cette couverture qui aurait pu être tirée d'un univers de Tim Burton, énigmatique et promettant une lecture toute neuve, d'un genre différent, tout simplement unique et à nul autre pareil. Puis, à la lecture du résumé, ma curiosité a été piquée. Assez flou, mais surtout intrigant au plus haut point, j'étais conquise, il me le fallait, je devais absolument découvrir cet univers et le récit qu'il renfermait. Et wahou, je n'ai jamais rien lu de tel! Je suis tombée sous le charme de cet univers (du moins, autant qu'on puisse tomber sous le charme d'un univers de décombres), j'ai adoré les personnages et leurs particularités, j'ai été envoûtée par la plume tellement hors normes de l'auteur et j'ai été complètement absorbée par le récit qui nous est narré. Si vous êtes à la recherche d'une lecture atypique et complètement folle, ne cherchez pas plus loin, vous venez de la trouver.
Dès les premiers chapitres, Edward Carey plonge son lecteur dans une ambiance tout à fait particulière, dans une atmosphère sombre, très noire, parfois même assez oppressante, mais surtout dans un récit et un univers tellement riche et complexe que nous sommes tout d'abord un peu perdus face à eux. Mais c'est là, dès ces premiers chapitres, que la magie commencé à opérer, car une fois dépassée cette impression première de totale incompréhension, nous sommes happés par ce magnifique récit et ne subsiste plus qu'une envie: celle d'en découvrir tous les mystères, de se laisser bercer par les mots de l'auteur et de s'abandonner à cet univers. Une fois tombés dans le piège du Château, je peux vous garantir que vous n'en sortirez pas avant d'en avoir tourné l'ultime page. Voilà donc comment, au bout de quelques chapitres seulement, l'auteur a su capturé mon esprit, désormais complètement tourné vers le récit, et a commencé à me conter ce récit fascinant.
le plus gros point fort du roman, selon moi, réside dans l'univers imaginé par l'auteur. En effet, cet univers est complètement dingue, unique, différent de tout ce que l'on peut lire et il est extrêmement riche et complexe. Ce premier tome en exploite tous les méandres et nous en offre donc, au fur et à mesure de nos découvertes et des révélations faites aux personnages, une vue globale extrêmement détaillée. Les détails de la vie au Château sont révélés au fil des pages et chacun s'imbriquent parfaitement dans le grand puzzle imaginé par l'auteur. Nous rencontrons Clod, peu de temps avant son passage à l'âge adulte par le rituel du pantalon. Mais Clod est un être inhabituel, différent, même dans ce monde, puisqu'il est capable d'entendre les objets parler, dire leur nom. de nombreux changements sont en passe de s'effectuer dans la vie de Clod et cela permet à l'auteur d'approfondir encore plus son univers. Chaque objet, chaque pièce du Château, chaque personne possède une histoire qu'il nous détaille. Si le Château Du-Dessus nous est surtout expliqué grâce à Clod, le Château Du-Dessous, celui des servantes, nous est dévoilé par. Lucy et renferme lui aussi bon nombre de secrets et mystères angoissants. Si l'univers est le plus gros point fort du récit, il peut aussi faire sa faiblesse car il empiète parfois énormément sur l'histoire à proprement parler et l'intrigue avance donc à un rythme très lent. Personnellement, cela ne m'a pas gênée puisque j'ai été fascinée par l'univers mais il est vrai que l'auteur prend vraiment son temps avant d'entrer dans le vif du sujet.
Comme vous devez très certainement vous en douter, l'écriture d'Edward Carey est elle aussi très intéressante; extrêmement descriptive, l'auteur pousse le vice jusqu'à détailler les noms et les histoires, s'il y a lieu, de presque chaque objet que Clod croise sur son chemin. Et étonnamment, cela ne m'a à aucun moment paru de trop, cela se prête très bien à l'univers et je me suis vite prise au jeu. Une plume très descriptive donc mais aussi très fluide et simple à lire, il est alors très facile de la suivre et de se faire absorber par le récit. Envoûtante, énigmatique et magique, autant de mots qui peuvent décrire la plume d'Edward Carey, que vous vous devez de découvrir d'urgence. Et l'écriture n'est pas le seul talent de l'auteur puisqu'il a aussi réalisé de sublimes illustrations que l'on peut admirer au fil du récit et qui permettent de visualiser "réellement" les personnages. L'auteur a vraiment une imagination débordante et j'ai hâte de voir ce qu'il nous réserve dans le prochain tome de la trilogie.
le plus gros point faible du récit repose dans le temps que met l'intrigue à réellement décoller. En effet, si l'univers est approfondi au maximum, c'est en dépit de l'intrigue de fond. Mis à part les premières péripéties bousculant le récit dès le départ comme la disparition de la poignée de porte de Tante Rosamund ou l'arrivée de Lucy au Château, il faut attendre un temps fou pour que le récit prenne un rythme acceptable. Autant du côté de Clod que de Lucy, l'approfondissement de l'univers prime sur l'intrigue pendant très longtemps et cela peut finir par lasser. Heureusement que l'auteur distille quelques informations intrigantes aux détours d'une révélation pour garder nos questionnements en éveil. Si vous n'aimez pas les longues introductions aux univers et les intrigues passant au second plan, passez votre chemin. Sinon restez, car dès les premiers chapitres il est clair que l'intrigue possède un potentiel gigantesque, il faut juste lui laisser le temps de mûrir, pour se révéler dans toute sa splendeur à un peu plus de la moitié du récit.
Clod fut vraiment mon personnage préféré tout au long de ma lecture. Malaimé, incompris et jugé très sévèrement par toute sa famille ou presque, j'ai adoré sa personnalité, sa façon de penser et son ouverture d'esprit vis-à-vis de Lucy. Il faut dire que sa capacité hors du commun aide aussi beaucoup à s'attacher à lui. Clod est un personnage profondément gentil qui évolue énormément au fil du récit, il grandit, il gagne en maturité et les chapitres le concernant sont évidemment ceux qui m'ont le plus plu car ils sont les plus riches en révélations importantes sur l'univers et pour l'avancée de l'intrigue. Clod, c'est donc pour moi, le personnage vraiment essentiel à la lecture qui porte littéralement le récit sur ses épaules. En bref, je l'ai aimé du début à la fin et j'ai hâte de découvrir la suite de ses aventures parce que.... wahou, vous devez absolument lire ce livre rien que pour lui voilà.
le personnage de Lucy m'a un peu moins plu. Elle peut se montrer hautaine et arrogante, son côté kleptomane m'a laissée perplexe et ses réactions par rapport à Clod m'ont parfois parues déplacées. Au fil des chapitres pourtant je me suis attachée à elle, elle n'a pas eu la vie facile et sa toute nouvelle condition de servante n'est pas des plus idéales et est, au contraire, très précaire. Si elle évolue moins que Clod durant le récit, elle a su me touchée par moments et j'ai pris plaisir à la suivre dans ses aventures.
Les personnages secondaires sont un peu moins approfondis mais on en apprend quand même énormément à leur sujet à travers les portraits qu'en a fait l'auteur mais aussi à travers le récit de leur histoire que fait par les personnages principaux. Leur objet de naissance, leur métier, leurs particularités, tout cela permet de s'immerger encore plus dans le récit pour se sentir proche des personnages et contribue donc à apprécier la lecture. Cependant, certains petits détails les concernant auraient pu nous êtres épargnés au profit de l'intrigue.
Heureusement, le roman ne tourne pas seulement autour de l'univers. Edward Carey a aussi su imaginé une histoire vraiment très prenante et qui sorte, encore une fois, de l'ordinaire, pour nous tenir en haleine. En effet, Clod et Lucy vont vivre des aventures palpitantes dans ce grand château plein de mystères. Quand l'auteur commence à pimenter un peu son récit, quand l'action prend un rythme plus soutenu et que l'intrigue reprend le pas sur l'univers, le récit n'en devient que plus intéressant et intrigant, et j'ai envie de dire enfin! La direction dans laquelle est orienté le récit est vraiment très satisfaisante, cette dose, encore plus présente qu'au début, de fantastique est très appréciable et suscite beaucoup de révélations, de découvertes pour le lecteur comme pour les personnages mais surtout cela change radicalement notre façon de voir ce monde, déjà fort peu réjouissant. Cet élan dans le récit vient un peu tard et pourrait en décourager certains, mais une chose est sûre, une fois ce cap passé, le récit devient tellement attrayant, tellement addictif, tellement fou qu'il est impossible de le lâcher jusqu'à la dernière page, jusqu'au dernier rebondissement.
La fin est encore un coup de génie de la part d'Edward Carey, jusqu'à la toute dernière page, il parvient encore à chambouler tout son univers et à nous scotchés avec d'énormes retournements des situation. Extrêmement riche en action, beaucoup plus que tout le reste du récit, en tension et en découvertes, la fin est haletante et laisse le lecteur bouche bée avec une seule et unique envie: se jeter sur le deuxième tome de cette trilogie, qui s'annonce riche en action et encore meilleur que ce premier tome, du moins je l'espère. le dernier chapitre laisse aussi présager que l'auteur a encore plus d'un tour dans son sac au niveau de son univers et donc que de nouvelles découvertes seront au programme. Deux mots pour la fin: j'ai hâte! Tellement hâte de pouvoir lire le prochain tome de la trilogie des Ferrailleurs.
Les +: un univers extrêmement riche, une belle écriture prenante, des personnages intéressants et uniques, des rebondissements magistraux, une fin très bien menée
Les -: un univers qui prend tellement de place qu'il empiète parfois sur l'histoire
le Château d'Edward Carey est vraiment une lecture extrêmement atypique, qui sort de ce que l'on peut avoir l'habitude de lire; et je dois dire que ce fut une excellente découverte et une excellente lecture pour moi. L'univers est magnifique, exploité à fond, très bien expliqué et porté par la belle plume de l'auteur. Edward Carey nous entraîne avec facilité dans ce monde de déchets, de codes, de lois, mais aussi de non-dits et de secrets, qu'il nous dévoilent petit à petit. S'il est facile de se perdre dans cet univers, l'auteur sait y faire pour titiller notre curiosité, en distillant des informations palpitantes qui donnent envie d'avancer toujours plus dans le récit pour en découvrir les causes et conséquences. de plus, les personnages, tous très différents et très complexes, font aussi le charme de cette lecture. Bien qu'ils soient parfois assez difficiles à suivre et à comprendre, ils sont attachants, et plus particulièrement Clod, qui m'a le plus touchée. Malheureusement, cet univers très complexe empiète pendant une grande partie du roman sur le récit, sur l'histoire en elle-même, mais l'auteur à su rectifier le tir en nous offrant des rebondissements et des révélations magistrales jusqu'à une toute fin digne des plus grands cliffhanger. le Château est une lecture vraiment hors du commun, qui a su me séduire et dont j'attends la suite avec impatience.
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Stelphique
  05 janvier 2018
Ce que j'ai ressenti:…Un univers incroyablement fascinant!…
Dès les premières pages, j'ai été envoûtée par cette ambiance sombre et originale…Tous ses mystères autour de ses objets qui parlent, ses deux adolescents qui se racontent, tour à tour, au sein de cette décharge, la puissance de l'imagination de l'auteur…Bienvenue dans une nouvelle saga : les Ferrailleurs! En plein dans un Londres revisité et très empreint de dangers grisâtres, on explore un lieu atypique fait de bric et broc. Totalement dépaysant et surprenant, on se perd avec un certain plaisir dans cette avalanche d'immondices, de montagnes de noms, de destins parlants qui régissent les Ferrayor.
« Nous étions comme des puces, des abeilles, des moucherons ou des scarabées bourdonnant, des cancrelats, des fourmis-scarabées, des phalènes cornues, qui tous vivent peu de temps, battent des ailes, s'affolent, rampent, mangent, vivent, aiment puis meurent, un petit tour et puis s'en vont, tout ce petit monde périt, et il n'en reste qu'une salissure. »
J'ai lu ce livre en plein mois de décembre, autant dire que j'étais dans l'ambiance de noël, et voir une bonde ou encore un sofa murmurer, ça force la magie…Il y avait ce qu'il faut de gothique et de féerie pour que je sois emportée dans cette tempête bien particulière, que je veuille découvrir tous les recoins sombres du Château, et que je m'émeuve devant la naïveté touchante de Lucy et Clod. Clairement, il y a des rendez-vous réussi, et cette lecture en périodes de fêtes, c'était le bon timing…
"As-tu jamais désiré jouer le rôle principal dans ta propre histoire?"
Je suis d'ors et déjà impatiente de poursuivre les aventures de ces lieux lugubres, et de ressentir les envolées lumineuses de nos deux héros maladroits et voir s'épanouir les paraboles de Edward Carey. J'ai été très touchée par la sensibilité que l'auteur met dans cet océan de vies et de déchets, enchantée par l'étincelle qu'il peut faire jaillir pour ses vies effacées, troublée par la douceur candide de cet amour naissant.
"Mais elle, c'est une pensée, la plus belle des pensées. Les meilleures pensées que j'aie jamais eues sont mes pensées pour Lucy Pennant."
Le petit Plus: Les illustrations de l'auteur en début de chapitres.

Ma note Plaisir de Lecture 9/10
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afleurdemots
  06 avril 2015
Premier tome d'une trilogie, « le Château » signe la première incursion d'Edward Carey dans le registre de la littérature jeunesse. Avec ce livre, l'auteur inaugure ainsi une saga se plaçant d'emblée sous le signe de l'originalité et du mélange des genres, nous faisant plonger avec délice dans un bain de noirceur aux saveurs délicieusement hypnotiques. Un roman envoûtant et intelligent qui séduira assurément aussi bien les « jeunes » lecteurs que les adultes !
Avec « le Château », l'écrivain aux multiples casquettes (il est aussi dramaturge et dessinateur) s'illustre sans conteste comme un remarquable conteur d'histoires et un fin créateur d'ambiance. Grâce à une écriture cinématographique et immersive au possible, Edward Carey fait surgir des images à chacune de ses phrases et nimbe son intrigue d'une atmosphère aussi inquiétante qu'envoûtante. Prenant pour cadre une Angleterre victorienne alternative où le réel côtoie en permanence le fantastique, le livre d'Edward Carey s'inscrit ainsi clairement dans la lignée des romans de Dickens (pour ce qui est du fond du propos), tout en s'appuyant sur une esthétique rappelant les oeuvres de Tim Burton et avec une pointe de Lemony Snicket dans le style.
Parmi les nombreux sujets de réflexion évoqués par l'auteur, certaines thématiques témoignent d'ailleurs de cette puissante influence victorienne, telles que la lutte des classes, l'aliénation du travail et le processus de déshumanisation qui l'accompagne, le patriarcat ambiant, le poids des traditions, le respect des convenances au détriment des sentiments… Mais l'écrivain aborde également des questions plus universelles, s'interrogeant par exemple sur ce qui constitue notre humanité ou définit notre identité, tout en pointant du doigt la tendance matérialiste de notre société de consommation.
Au-delà de la simple quête d'originalité et d'esthétique, le roman d'Edward Carey offre ainsi une double lecture particulièrement intéressante, laissant au lecteur la liberté de lire entre les lignes et de tirer de ce conte macabre les enseignements qui conviennent. A mi-chemin entre le récit d'apprentissage et le conte gothique, l'auteur nous livre ainsi un récit intelligent, qui recèle de bijoux de réflexion et dont le propos dépasse largement les frontières de l'époque victorienne.
L'intention scénaristique amorcée serait pleinement atteinte si cette compilation de thématiques ne se faisait pas par moments au détriment d'une véritable cohésion d'ensemble. Les intentions narratives de l'auteur demeurent en effet parfois nébuleuses pour le lecteur qui peine à dégager les véritables enjeux de l'intrigue et à parfaitement comprendre la mécanique de ce monde étrange.
A défaut de lui donner toutes les clés de compréhension, cet univers prolifique et inventif à souhait ne tarde pas à susciter les spéculations les plus folles chez le lecteur quant aux tenants et aboutissants de l'histoire. A l'image des deux jeunes narrateurs, on tente de percer les mystères du domaine des Ferrayor et de trouver un sens aux évènements. Pour pleinement apprécier l'originalité de ce roman atypique, il faut ainsi parfois accepter de ne pas avoir de réponses à toutes nos questions, et de se laisser simplement porter par le cours des évènements et l'atmosphère ensorcelante du récit. Si l'auteur livre bien quelques éléments de réponse quant aux fondements de l'univers farfelu dans lequel gravitent ses personnages, en appréhender complètement le fonctionnement et les enjeux ultimes demeure un exercice difficile pour le lecteur à l'issu de ce premier opus. Car si l'auteur ne manque ni de talent ni d'imagination, ses idées manquent pour leur part d'un fil directeur pertinent faisant efficacement le lien les unes entre les autres. Edward Carey déroule en effet une intrigue tortueuse et imprévisible qui multiplie les pirouettes scénaristiques et les rebondissements à foison, au risque de parfois perdre le lecteur dans les méandres de cette intrigue quelque peu décousue. Déstabilisé par cet univers atypique et peu familier, il est ainsi parfois ardu de relier les informations dispersées au hasard par l'auteur, et si ce dernier tente bien de lancer quelques pistes, force est de constater que ce premier tome suscite en définitive davantage de questions qu'il n'apporte réellement de réponses.
Malgré ces réserves (grandement anecdotiques au vu de la qualité générale de l'ouvrage), « le château » n'en reste pas moins une franche réussite! Inventif à souhait et fruit d'un remarquable travail (aussi bien sur le fond que sur la forme), ce roman captivant et atypique se distingue clairement de toute la production jeunesse actuelle. Porté par une narration à deux voix, le texte est par ailleurs agrémenté de magnifiques et nombreuses illustrations de la main de l'auteur ainsi que divers documents venant sporadiquement entrecouper le récit (tels que listes en tous genres, pastiches de testaments, extraits de compte-rendus médicaux… ). Ce premier tome se conclue en outre par un coup de théâtre remarquablement orchestré ouvrant des perspectives particulièrement intéressantes pour le prochain opus. Autant dire que l'attente du second tome s'annonce déjà insoutenable! En somme, un remarquable bijou d'originalité et d'intelligence à découvrir sans hésiter !
* * *
Roman à l'esthétique Burtonienne et aux allures de conte macabre et onirique, le livre de Edward Carey est assurément un récit atypique, autant sur la forme que sur le fond. Avec « le Château », l'auteur signe en effet un roman éblouissant et incroyablement inventif, qui inaugure avec brio une trilogie s'annonçant d'ores et déjà comme particulièrement prometteuse.
Avec ce conte macabre oscillant entre réalisme abrupt et atmosphère onirique, l'auteur joue avec les genres et les registres, mêlant habilement épouvante et pudibonderie, divertissement et réflexion. le double niveau de lecture et l'univers original à souhait font assurément toute la plus-value de cet ouvrage atypique à bien des égards. A mi-chemin entre le roman d'apprentissage et le conte gothique, Edward Carey nous livre un récit intelligent dont le propos dépasse largement les frontières de l'ère victorienne. Un bijou d'intelligence et d'originalité!
Lien : https://lectriceafleurdemots..
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critiques presse (1)
Chro   09 avril 2015
On peut difficilement rester insensible au charme obscur et drolatique de cet univers à mi-chemin entre Edward Gorey et Roald Dahl.
Lire la critique sur le site : Chro
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Myriam3Myriam3   21 avril 2016
Il y avait un lieu pour les enfants comme moi, ceux que la maldaie avait rendus orphelins. Il était situé contre une partie du mur d'entassement qui aurait, selon la rumeur, été construit juste après l'époque d'Actoyviam. Parfois, si une grosse tempête soulevait cette mer d'épaves, il arrivait que quelques objets soient violemment projetés sur le toit. C'était un lieu saturé de pleurs, de cris et de jurons, c'étaient des pièces souillées, habitées de tremblements et de recroquevillements.
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Roxane25Roxane25   19 décembre 2015
La demeure des Ferrayor, notre château, notre palais, était construit, je le voyais maintenant, non pas avec des briques et du mortier, mais avec du froid et de la douleur, ce palais était un édifice de méchanceté, de noires pensées, de souffrances, de cris, de sueur et de crachats. Ce qui collait le papier peint sur nos murs, c'étaient des larmes. Quand notre demeure pleurait, elle pleurait parce que quelqu'un d'autre dans le monde se souvenait de ce que nous lui avions fait.
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dedansodedanso   28 avril 2016
La maison parlait : elle chuchotait, jacassait, gazouillait, criait, chantait, jurait, craquait, crachait, gloussait, haletait, avertissait et grognait. Des voix jeunes, hautes et gaies, de vieilles voix, brisées et tremblantes, des voix d'hommes, de femmes, tant et tant de voix, et pas une seule qui vînt d'un être humain, mais des objets de la maison qui s'exprimaient, une tringle à rideaux par-ci, une cage à oiseaux par-là, un presse-papiers, une bouteille d'encre, une latte de plancher, une rampe, un abat-jour, une poignée de sonnette, un plateau à thé, une brosse à cheveux, une porte, une table de nuit, une cuvette, un blaireau, un coupe-cigares, un oeuf à repriser, des tapis petits et grands.
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dedansodedanso   28 avril 2016
Quelle forêt, quel déluge, quelle abondance de cimes et de dépressions, de montagnes, de vallées et d'obscures profondeurs. Les regarder se mouvoir, se déplacer, entendre leurs craquements, respirer leur puanteur. Tous ces mouvements, ces relents et ces craquements, c'était quelque chose ! Cette houle, cette pestilence ! Il n'est pas possible pour un Ferrayor de ne pas être fier de cette mer d'immondices, fier, et bien sûr horrifié. J'aurais pu demeurer là, à l'observer dans toute sa splendeur, j'aurais pu peut-être attraper la Cécité du Dépotoir à laquelle tant de Ferrayor avaient succombé avant moi.
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StelphiqueStelphique   09 décembre 2017
-Et avant-hier soir, tu étais ailleurs?
-Il faut bien que je sois quelque part à un moment ou à un autre, non?
-Effectivement, oui forcément.
- Tout le monde doit être bien être quelque part en un moment précis, n'est-ce-pas?
-En effet.
- On n'est jamais nulle part, n'est-ce-pas?
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Edward Carey, author and illustrator of the Iremonger series talks about what inspired him.
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