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Jean-Luc Piningre (Traducteur)
EAN : 9782749163512
576 pages
Éditeur : Le Cherche midi (01/04/2021)
3.95/5   29 notes
Résumé :
Art, amour, Révolution : le récit d’une existence hors du commun.
Née à Strasbourg en 1761, la jeune Marie Grosholz, future madame Tussaud, est employée dès son plus jeune âge comme apprentie par un sculpteur sur cire. Lorsque le duo devient célèbre à Paris pour ses réalisations, Marie a pour modèles les plus grandes personnalités de l’époque : Voltaire, Rousseau, Benjamin Franklin, etc. Bientôt elle est accueillie à la Cour où elle prodigue des leçons de scu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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Ogrimoire
  21 avril 2021
Tout se bouscule dans ma tête ! J'ai tellement de choses à vous dire au sujet de ce roman que je ne sais par où commencer ni comment m'organiser…
Déjà, je n'ai pas vu le temps passer : dès que j'ouvrais ce livre, le monde autour de moi se figeait et plus rien n'existait ! J'ai embarqué pour un long périple avec comme point de départ Strasbourg et comme destination finale Londres. Je n'ai pas vu les pages filer et lorsque j'ai refermé le livre, je me suis dit « c'est déjà fini ! ». C'est sans nul doute un énorme coup de coeur.
Cette revisite d'une histoire finalement peu connue que nous propose Edward Carey me laisse sans voix. Je suis entièrement d'accord pour dire que ce que l'auteur nous livre ici est un roman que Dickens aurait pu écrire et que Tim Burton aurait pu adapter à l'écran. Peut-être est-ce parce que deux grands noms qui m'impressionnent ressortent suite à cette lecture que ce livre est un coup de coeur ? A méditer !
Quoiqu'il en soit, vous vous demandez peut-être pourquoi la maison d'édition a fait un choix si particulier pour la cover. Pourquoi ce rouge ? Eh bien en fait, cette couleur rouge vif est probablement un clin d'oeil au sang car, dans cette histoire, on a droit à notre lot de cadavres et de morts assez glauques ! Mais le rouge c'est également la couleur de la Révolution et l'histoire de Marie se déroule durant cette sombre période ! Et puis que l'on soit bon ou mauvais, on partage tous une chose, cette couleur rouge qui coule dans nos veines. Oui, je sais, c'est plus le contenu qui vous intéresse mais ici croyez-moi tout est pesé, pensé !
Petite, c'est un tourbillon d'émotion, on balance sans cesse entre espoir et désespoir, entre les moments où l'on respire à plein poumons et ceux où l'on sent que l'on frôle l'asphyxie. C'est un roman qui ne laisse pas indemne, c'est un roman qui parle de la condition féminine et de la rudesse de la vie des petites gens à cette époque.
Mais Petite, c'est également un cours d'art, une mise en avant de la sculpture et de la complexité de cette discipline, autant qu'une belle ouverture sur le monde des artistes. Une partie de l'histoire gravite autour des masques de cire, l'auteur nous décrit un monde inconnu, et qui devrait, comme cela a été le cas pour moi, étonner et fasciner la plupart d'entre vous.
Enfin, Petite, c'est une histoire qui se vit autant qu'elle se lit… C'est une histoire pleine de choses étranges et même un peu magiques. Des personnages atypiques que l'on ne croisera pas dans tous les livres, une écriture un peu noire voire un brin gothique qui ne laisse pas son lectorat indifférent, bref un livre majestueux que je ne peux que vous conseiller.
De la Suisse à la France, de l'ascension vers les plus hautes sphères jusqu'à la descente aux enfers dans une prison crasseuse, c'est une histoire qui nous fait découvrir Madame Tussaud et pas simplement le nom d'un musée… Je suis encore sous le coup de cette lecture, qui m'a valu des moments de rires mais également quelques larmes.
Lien : https://ogrimoire.com/2021/0..
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jmb33320
  24 avril 2021
« La nouvelle s'était répandue que nous avions reproduit les têtes de Flesselles et De Launay. Lorsque, à présent, quelque individu subissait le même sort qu'eux, à savoir qu'on les découpait en proportions inégales, on s'adressait à nous pour en obtenir une réplique valable, afin que, par la suite, une fois les passions apaisées et le soleil levé, l'on pût apprécier les faits d'un oeil plus rationnel. »
Et reproduire en cire diverses parties du corps humain, en privilégiant tout de même les têtes plutôt que les bas morceaux, Petite sait faire. Née Marie Grosholtz, à Strasbourg, en 1761, la future Madame Tussaud part à l'âge de six ans avec sa mère à Berne. Celle-ci a trouvé un emploi de bonne à tout faire qui leur permettra de fuir la misère qui les a toujours accompagnées.
Leur employeur est une figure étrange, un certain Docteur Curtius, qui vit des moulages de diverses pièces et organes du corps humain qu'il réalise pour un hôpital bernois. Il vit seul, est quelque peu maniaque et ne communique guère avec qui que ce soit jusqu'à leur arrivée. Bien vite la mère de Petite disparaît du tableau de ce théâtre de marionnettes qu'est la vie. Curtius prend Petite sous son aile. Elle a alors seulement six ou sept ans. Elle devient son employée et il lui apprend beaucoup de ce qu'il sait de son métier particulier. Curtius décide de partir pour Paris. Il l'emmène avec lui.
Ce sont leurs aventures, souvent cruelles et légèrement horrifiques, que nous conte Edward Carey dans ce roman savoureux, qui a pour scène principale le Paris (et Versailles) de la fin du règne de Louis XVI à la Terreur. Puis du Premier Empire.
Beaucoup de références viennent en mémoire à la lecture de ce roman très réussi : Sterne pour l'humour pince-sans-rire, Dickens pour l'étrangeté de certains de ses personnages. Celui de Marie est évidemment au centre puis qu'elle en est la narratrice. Pour avoir ensuite cherché des éléments biographiques de la vraie Madame Tussaud, je peux dire que, même si on a parfois du mal à le croire, Edward Carey en a presque toujours respecté les grandes lignes. Mais bien sûr, beaucoup de scènes étranges et grandguignolesques sont uniquement le fruit de son imagination !
Je remercie les éditions du Cherche-Midi et NetGalley pour m'avoir donné accès à l'édition numérique de ce livre.
#Petite #NetGalleyFrance
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Little_stranger
  07 avril 2021
Que voilà un livre magnifique et je remercie NetGalley et les Editions du Cherche Midi de m'avoir permis de découvrir ce texte. La couverture est magnifique : rouge vif, rouge sang peut être pour rappeler que ce roman va être émaillée de cadavres et que le sang est de la même couleur pour tous les humains : victimes ou bourreaux.
"Petite", c'est l'histoire tragique et magique de Petite, Anne-Marie Grosholtz , dite Marie, née en Alsace, de parents pauvres, d'un père soldat Joseph Georg Grosholtz, qui revint défiguré par le recul d'un canon en temps de paix (avec un mandibule métallique qui va accompagner sa fille après sa mort) et d'une mère de 18 ans, Anna-Maria Waltner, élevée à la dure par son père pasteur. Marie ne grandira pas beaucoup, mais elle assumera très vite des tâches d'adulte. Elle apprend à lire la Bible seule. Après la mort de son père, en 1767 alors que sa maman sombre dans la dépression, le couple formé par la mère et la fille devient personnel d'entretien auprès d'un certain docteur Philippe Curtius à Berne : un étrange médecin, à l'allure d'épouvantail, qui a perdu l'habitude de fréquenter ses semblables humains.
Il pratique l'art étonnant de mouler et de créer des fac similés de différents organes du corps humain en cire. Si la mère de Petite ne supporte pas longtemps la maison et ses étranges compositions, Petite, elle apprend vite à manier la cire, à dessiner. La maman de Marie va se pendre et être enterrée avec les indigents. Petite va rester chez Curtius qui l'apprécie tellement qu'il va mouler sa tête en cire et en l'exposant attirer l'attention de son supérieur hiérarchique : c'est ainsi que les commandes vont commencer à affluer et l'argent.
Parce que le chef de l'établissement hospitalier dont dépend Curtius (le docteur Hoffmann) veut lui couper les vivres pour qu'il revienne à ses moulages de parties du corps humain et ne gagne pas plus d'argent avec ses "têtes", Curtius va décider de quitter la Suisse et de gagner Paris sur les conseils de Louis-Sébastien Mercier.après avoir eu l'opportunité de faire un moulage de la tête de Rousseau, écrivain et philosophe. Et c'est grâce à Mercier que le tandem Petite-Curtius va venir vivre contre travail et rémunération chez le veuve d'un tailleur, Charlotte Picot et de son silencieux fils, Edmond Henri que sa mère manipule à sa guise. C'est ainsi qu'entre les mannequins du tailleur et les têtes de Curtius, la fusion se fit.
Petite est confinée dans les tâches ménagères (sans être payée et en logeant dans un placard), pour sa plus grande colère. Les sous rentrent dans la maison au point qu'il faut s'agrandir grâce aux têtes de Curtius et il faut déménager pour s'agrandir, dans ce qui s'appelait alors "l'hôtel des singes", récupéré après la ruine de son propriétaire, Bertrand le Velu. Cette maison va devenir rapidement un lieu de passage obligé pour les célébrités, mais aussi les affreux, les tueurs dont les actions vont être mises en scène dans cette nouvelle maison.
Petite (qui est détestée par la veuve qui ne supporte pas son influence sur son fils et Curtius) va découvrir Paris : un cloaque à l'époque. Nous sommes sous le règne de Louis XVI et l'une de ses soeurs, la petite dernière Mme Elisabeth, va venir visiter l'étrange maison des poupées de cire. Parce qu'elles ont la même allure et des similarités physiques, Petite va être embauchée au Palais (toujours dans un placard mais avec dorures) pour donner des leçons de dessin à Madame Élisabeth Philippe Marie Hélène de France et lui apprendre à manipuler la cire pour créer des ex-votos. Elle apaise cette dernière qui s'épanouit. Petite rencontre le roi sous l'aspect d'un serrurier (elle ne va découvrir sa véritable identité qu'en assistant à un accouchement royal), va composer sa tête en cire et l'envoyer à Curtius. Elle va même réussir à reconstituer un dîner royal avec la reine, ce qui va provoquer son renvoi à l'hôtel des singes : Marie sera devenue alors une jeune femme.
Toujours plus célèbre, la petite entreprise prend ses aises au Palais Royal pour les célébrités et dans l'hôtel des singes pour les voyous. Dans le cadre de son retour, les compétences indiscutables en matière de moulage et de dessin de Marie vont lui permettre de reprendre sa place aux côtés de Curtius.
Et c'est ainsi que s'ajoutent d'autres personnages plus étonnants les uns que les autres au gré des rencontres : un enfant sauvage, vivant dans la rue, avec des chiens, Jacques Beauvisage Martin Millot, le comptable (qui saura rentabiliser son poste), Georges Offroy, assistant de Marie, André Valentin, renvoyé pour avoir volé dans la caisse (et qui se vengera), Edmond Henri est revenu à la maison après avoir été marié sans joie avec Cornélie Adrienne Françoise Ticre, à la belle dot (papa est imprimeur) : il semble totalement perdu au monde et vit enfermé dans le grenier sur l'ordre de sa mère.
La révolution française, les délations, les années révolutionnaires marquées par la guillotine, les morts (Edmond, la veuve qui fait un avc), la prison et la rencontre avec la future Joséphine de Beauharnais, l'arrivée de Napoléon au pouvoir et toujours Petite, aussi résistante qu'une tique (et voyez y un compliment) qui survit à la prison, à l'accouchement de son enfant mort-née, à son mariage avec un panier percé, François Joseph Tussaud, Il y aura la naissance de deux autres enfants, des fils (Petit François en 1798 et Petit Joseph en 1800) et l'immigration de Anne-Marie Grosholtz, devenue Marie Tussaud, avec l'un de ses fils, à Londres où elle va créer le musée qui portera son nom et lui apportera la célébrité et la stabilité financière.
Ce roman est un croisé entre "Les Misérables" de Victor Hugo et un conte gothique où morts et vivants cohabitent par le biais de leur visage de cire. La lecture est d'autant plus agréable que le texte est agrémenté de nombreux dessins des personnages, des organes de cire du début, des lieux de vie. Anne-Marie Grosholtz a été immortalisée par le peintre Jacques Louis David : c'est bien le moins qu'elle méritait. J'ai aussi beaucoup pensé à "L'incroyable et triste histoire de la candide Erendira et de sa grand-mère diabolique" de Garcia Marquez en lisant ce roman : ce n'est pas le même lieu, ni le même temps, mais l'étrange et le magique y cohabitent pareillement.dans un univers hostile et imprévisible.
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blondesNlitteraires
  07 juin 2021
L'histoire de Madame Tussaud, de sa naissance à sa mort dans un roman aux allures gothiques.
L'histoire :
     1761. Anne Marie Grosholtz nait. Elle quitte son petit village pour Berne en Suisse, avec sa mère, après la mort de son père. Elles s'installent chez le Docteur Curtius, un étrange phénomène. L'hôpital à proximité lui envoie des organes ou des membres afin qu'il les refasse en cire. Ainsi, les étudiants peuvent travailler sur une pathologie avec l'aide de ces cires plus vraies que nature.
     La mère de Marie ne supporte pas cette nouvelle vie. Marie se retrouve seule avec Curtius qui la prend comme apprentie.
     Un certain Mercier leur parle de Paris. Suite à quelques problèmes, Curtius et Marie quittent la Suisse pour Paris. Ils logent chez une veuve qui aidera Curtius pour ses propres intérêts et détestera Marie.
     Marie deviendra Petite. Un surnom qui va bien avec sa petite taille. Une petite taille qui lui vaudra d'être toujours traitée comme une enfant, même à plus de 30 ans. Marie assistera à plusieurs événements : elle sera la formatrice d'Elisabeth (la soeur du roi Louis XVI), connaîtra la révolution et la Terreur.
Retour de lecture :
     Edward Carey a tenté de retranscrire sa vie en reprenant les Mémoires de Marie Tussaud et en comblant les trous. Il annonce en fin d'ouvrage avoir mis 15 ans pour l'écrire.
     J'ai voulu le lire suite à un retour libraire dans une émission. Il insistait sur le fait qu'il méritait toute notre attention... mais qu'il passait un peu inaperçu.
     Effectivement, c'est un livre à conseiller. Par contre, c'est un livre étonnant, dû au personnage principal qui nous raconte l'histoire. Il a un petit quelque chose de "Candide". Il reprend l'esprit des romans du XVIIIème siècle dans sa manière de raconter les faits.
     Marie reste constante, dans la vie de tous les jours comme dans les bons et les horribles moments (le terme "mauvais moment" aurait été trop pauvre.) Ce personnage est déroutant. Il se comporte comme un enfant, même une fois adulte, même dans ses expérimentations d'adulte (ex : l'amour/la sexualité.)
     D'ailleurs, certains lecteurs Babelio ont eu la sensation de lire un roman jeunesse perdu en adulte. Cette impression vient sans doute de là. Certains citent même Charles Dickens.
     Le personnage de Marie et ses aventures font penser à Dickens ou aux "Malheurs de Sophie" de la Comtesse de Ségur avec la belle-mère violente, ou encore à une Colette de Victor Hugo. Il ne s'adresse pas aux enfants mais je peux comprendre qu'il déroute les adultes.
     D'autres lecteurs parlent de rythme étrange qui dessert l'histoire avec une rupture au milieu. le lancement de l'histoire est lent. Et les choses s'accélèrent une fois Marie et Curtius en France et installés dans leur nouvelle grande maison. C'est vrai, j'ai moi-même plus accroché avec la fin mais ce n'est pas dérangeant.
     Ce qui m'a étonnée, c'est de ne pas ressentir pleinement les événements. Marie prend les choses avec un tel détachement, que nous faisons pareil en quelque sorte. Elle nous annonce des faits. Un élément qui réhausse le côté déroutant de ce livre.
J'ai donc passé un bon moment de lecture mais je ne saurai pas à qui le conseiller exactement. Avis donc aux curieux.
Lien : http://blondes-and-litterair..
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Marquepages
  13 juin 2021
L'histoire :
Marie Grosholtz naît en 1761, « très petit, petit bébé ». Son prénom est aussitôt raccourci en Marie puis elle est définitivement surnommée « Petite ». Cela commence un peu comme un conte qui raconterait l'histoire d'une petite fille promise à un grand DESTIN. Son père disparaît très vite, il ne restera de lui que le morceau de métal qui soutenait sa mâchoire détruite par la guerre. Marquée toute jeune par le suicide de sa mère, Petite est employée en Suisse au service de l'étrange et talentueux Docteur Curtius, sculpteur sur cire. C'est à partir de ce moment que commence l'apprentissage de cette qui deviendra la célèbre Mme Tussaud.
Ce roman restera sans doute parmi mes coups de coeur de 2021 et les raisons sont multiples. Je vous en donne ici quelques-unes.
D'abord parce que l'auteur a su stimuler et frapper mon imagination. Les descriptions me rappellent tout l'univers romanesque fantastique de mon enfance comme celui Frankenstein de Mary Shelley ou le chef d'oeuvre inconnu d'Honoré de Balzac.
« Il me le confia. Comme animé de sa propre vie, le moulage était encore chaud mais ne tarda pas à refroidir. […] Je l'ai examinée : c'était bien Marie, les yeux fermés, avec le nez de sa mère et le menton de son père. Il me semblait exister deux fois ».
Comment ne pas penser au mythe de Pygmalion en lisant ces quelques lignes ?
Ensuite parce que l'histoire rejoint l'Histoire et que c'est une figure féminine qui se bat sans relâche. le lecteur accompagne Petite dans son apprentissage, contrainte de faire le moulage des têtes tombées sous la Révolution pour survivre. Elle traverse les pires massacres sans jamais baisser les bras alors qu'elle aurait eu mille occasions de laisser tomber.
Mais c'est aussi le Siècle des Lumières qui jaillit au fil des pages. On croise Voltaire, on suit les échappées parisiennes de Louis-Sébastien Mercier, chroniqueur infatigable et personnage savoureux (je lui aurais bien offert une paire de tennis !), auteur du Tableau parisien. le roman fourmille de références culturelles sans jamais être didactique. Un subtil mélange de réalisme qui frôle le merveilleux.
Vous découvrirez Versailles comme vous ne l'avez encore jamais vu. Petite dans son placard, ou évoluant parmi les servantes d'Elisabeth, jeune soeur de Louis XVI dans un décor prestigieux mais tellement soumis à l'étiquette. Petite évoluant dans la galerie des Glaces… Et que dire de Louis XVI justement, et de sa passion insoupçonnée ?
Enfin j'ai aimé ce roman parce qu'il est drôle et poétique à la fois. Edward Carey manie avec habileté et délicatesse l'art du dialogue et de la narration. Combien de fois est-il parvenu à suspendre le temps et à me faire sourire ?
« J'ai souhaité une bonne nuit au serrurier, que j'ai laissé sur notre banc de fortune, en compagnie du serviteur en livrée bleue et de son parapluie ». Quelle belle image !
Vous l'aurez compris, ne passez pas à côté de ce roman ! Je vous conseille de découvrir cette femme courageuse, battante, étonnante Petite Poucette du Siècle des Lumières.
Bonne lecture !

Lien : http://marquepages.over-blog..
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critiques presse (1)
LeMonde   20 mai 2021
L’écrivain britannique Edward Carey est un fan, un fondu de la femme à l’origine du fameux musée londonien. Son roman fusionne excellemment cire et chair, vérité et artifice.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
OgrimoireOgrimoire   21 avril 2021
– Je suis la servante. Et je plante les cheveux.

– Je viens vous proposer une place comme maître de sculpture auprès de Sa Majesté Madame Élisabeth de France, annonça-t-il. Avec un temps de mise à l’essai. Seriez-vous disposée à accepter ?

Les mots refusaient de monter jusqu’à ma bouche.

– Seriez-vous disposée ? insista ce monsieur.

C’est tout juste si j’arrivais à respirer. Alors j’ai hoché la tête.
+ Lire la suite
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Olivia-AOlivia-A   24 mai 2021
La vie continue, pensais-je, et nous surprend.
Cet écrin, ce chapitre, se termine ici, à l'abri des autres et de ceux qui les habitent, pour qu'ils ne puissent rien bouleverser. Je le garde hermétiquement clos, afin qu'il ne déborde nulle part, mais reste dans son précieux coffret, divin, triomphant et merveilleux. Tel qu'en lui-même. La cire protège l'intimité. Elle scelle les lettres, conserve les mots du monde à leur bonne place, jusqu'à ce que de justes mains leur permettent de sortir.
+ Lire la suite
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CassoudouiCassoudoui   16 avril 2021
La France, comprends-tu, est un enfant rachitique dont le crâne se nourrit, tandis que son corps reste faible et émacié. Le premier enfle et l'autre fond. Et il dévore, ce crâne, poursuivi par la faim. La France gave sa tête et affame ses membres. Combien de temps vivra-t-elle encore, à ton avis ?
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CassoudouiCassoudoui   19 avril 2021
Certains attachent leur chien dehors dans le froid ; d'autres l'abritent chez eux, le posent sur leurs genoux ou sur leur lit. La façon dont une personne traite son chien est révélatrice de son caractère.
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CassoudouiCassoudoui   16 avril 2021
Observe bien ... Paris, jadis appelée Lutèce, ce qui signifie - cela ne t'étonnera pas : la cité de la boue. Nous la surnommerons Ville souterraine. Ou Labyrinthe des ombres. Ou Abrégé de l'univers. Tout y est, tout y vit, tout s'y meurt.
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Videos de Edward Carey (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Edward Carey
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