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Citations sur Les coiffes rouges (8)

LydiaB
LydiaB   07 janvier 2014
" Ah ! il est plaisant de vous entendre vous plaindre maintenant. avant, vous pouviez faire le travail à votre rythme. Vous pouviez discuter, prendre des pauses plus longues, et vous étiez moins fatiguées à la fin de la journée. Croyez-moi, c'était une autre façon de travailler, et dans une autre ambiance, car alors on n'avait pas besoin d'être sur votre dos."
Qu'en savait-elle ? se disait Dolorès qui se souvenait des propos de Clopine. La Murène n'était pas encore à l'usine en 1905 ! De quel droit idéalisait-elle cette époque où douze cents sardines n'étaient comptées que mille par les commises ? Elle n'était pas la seule à s'indigner d'une telle mauvaise foi, mais on attendait, on consignait les griefs dans un coin de la mémoire, puisque se profilait l'occasion de s'en servir. (P 81-82)
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latina
latina   29 décembre 2013
(dans une usine de traitement des sardines)

Certaines levaient la tête afin de souffler.Aussitôt dans leur dos retentissait la voix de la Murène :
"Vous n'allez quand même pas me dire que vous êtes déjà fatiguées !"
Les petites charroyeuses peinaient dans le froid, et elles avaient oublié combien étaient incertains les appuis dans la boue d'immondices.
"Allons ! Du nerf, mesdemoiselles ! On finirait par croire que vous êtes en train de jouer à la marelle."
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Zebra
Zebra   14 janvier 2014
Page 370
- Avant d’entamer aucune négociation, il faut que les ouvrières achèvent le travail. Qu’est-ce qu’on va faire du poisson qu’elles ont laissé sur les tables ?
- Ces sardines-là sont déjà perdues, on ne pourra plus rien en tirer.
- Sans doute, mais si on commence à lâcher du lest, on est sûrs de se faire rouler.
Dolorès entendit ronchonner, ils n’étaient pas tous d’accord avec une position aussi catégorique.
- Pour vous, c’est facile de ne céder sur rien, vous avez onze usines. Quand celle de Douarnenez est en grève, vous continuez à travailler avec les autres. Nous, on n’en a qu’une.
- C’est vrai, mais ce n’est pas une raison pour se laisser marcher sur les pieds. Croyez-moi, il faut refuser la convocation du juge. De toute façon, j’ai l’intention de porter plainte contre Le Flanchec pour atteinte à la liberté du travail, violation de domicile et débauchage par la violence et la menace. Il est inadmissible que le maire d’une ville se serve de la misère des ouvriers pour mettre en avant ses convictions politiques.
Dolorès avait l’impression d’être au spectacle, mais dans ce théâtre-ci se jouait un mélodrame bien pitoyable ; elle vint desservir les huitres et apporta la langouste.
- Vous allez vous régaler ! s’exclama Guéret, soucieux de détendre l’atmosphère. Ce sont les toutes premières de la nouvelle compagnie en Mauritanie, un bateau qui a dû rentrer plus tôt que prévu, trois marins de l’équipage étaient malades. On m’a certifié qu’elles seraient succulentes. Firmin, nous allons nous dessécher à tant parler. Servez-nous donc à boire.
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Moan
Moan   30 décembre 2013
Mais les femmes...L'usine était un univers qu'elles exécraient, et rares étaient celles qui éprouvaient un vrai plaisir à s'y rendre. Les ouvrières n'avaient aucun moyen légal de se défendre, puisque la législation du travail accordait aux patrons des conserveries alimentaires la dérogation de faire travailler jusqu'à quarante-huit heures d'affilée. Deux jours sans dormir: on n'imposait pas labeur plus inhumain aux "forçats" de Zola. Tout au plus les ouvrières ne devaient-elles pas oeuvrer plus de soixante-douze heures par semaine...Un principe souvent battu en brèche, certaines en effet effectuaient jusqu'à quatre-vingts heures hebdomadaires. Un calvaire pour un salaire de misère: entre soixante-quatre et soixante-douze francs. On croit rêver encore quand on sait que le travail de nuit était rémunéré au même tarif que celui de la journée, que le temps d'attente entre deux livraisons était décompté du salaire. Avec l'épuisement, ces infamies lancinaient les malheureuses comme les plus noirs cauchemars: elles savaient que leur seule défense serait la grève, mais c'était beaucoup de douleur prévisible sans l'assurance d'une réelle amélioration.
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tamara29
tamara29   19 janvier 2014
- Un jour, bientôt, reprit Clopine, vous allez être obligées de vous battre à nouveau [...]. Il faudra aller jusqu'au bout. Tu verras alors la noblesse que nous autres, petites gens, nous pouvons retirer à faire respecter nos droits, tout simplement pour ne plus crever de faim.
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mireille.lefustec
mireille.lefustec   05 janvier 2014
Cette même année 1922, la hargne politique s'était exercée aussi à l'encontre de l'Eglise: l'organe départemental du Parti communiste, Germinal, n'avait pas trouvé mieux que de s'attaquer au vicaire Hénaff de Douarnenez, lui reprochant d'avoir jeté en chaire l'anathème aux parents qui mettaient leurs enfants à l'école laïque, et en profitant pour le tourner en ridicule à cause de ses origines paysannes.
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mireille.lefustec
mireille.lefustec   05 janvier 2014
Il faut dire que les bals avaient une mauvaise réputation, à laquelle n'était pas étrangère la conjoncture politique douarneniste. Les patrons se méfiaient pire que de la peste de la municipalité en place, à juste titre il va sans dire, puisque élus et bourgeois développaient des conceptions sociales radicalement opposées.
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denisarnoud
denisarnoud   08 janvier 2014
Les ouvrières n'avaient aucun moyen de se défendre, puisque la législation du travail accordait aux patrons des conserveries alimentaires la dérogation de faire travailler jusqu'à quarante-huit heures d'affilée.
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