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EAN : 9782757862698
312 pages
Points (13/10/2016)
3.29/5   258 notes
Résumé :
Quelqu'un traite Jeremy Cook de trou du cul devant la toute nouvelle et très charmante assistante du centre d'étude du langage des nourrissons où il mène ses recherches, et tout est bouleversé.

S'il n y avait que ça... mais l'affable Arthur Stiph, mystérieux collègue obsédé par l'étrange notion de contre-amitié, est retrouvé mort, assassiné, justement dans le bureau de Cook.

Et, d'un coup, ce dernier doit élucider un meurtre, rédiger ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
3,29

sur 258 notes

gavarneur
  23 mars 2017
« Le linguiste était presque parfait nous entraîne au pays bizarre de la double négation et de l énoncé performatif » dit la quatrième de couverture. Contrairement à la quatrième, David Carkeet, bien que linguiste, ne jargonne pas. Et j'ai même été un peu déçu qu'il ne s'agisse pas plus de linguistique, malgré quelques pages drôles sur les bizarreries des confrères de l'auteur et de leurs sujets d'étude.
Comme polar, ce n'est pas mal fait, mais l'histoire n'est pas non plus palpitante (je distancie, mais je l'ai quand même fini en m'endormant bien tard). Il y a de mon point de vue quelques scènes pas trop vraisemblables ; je vous le recommande pourtant volontiers, parce qu'il est drôle et donne à penser : David Carkeet ne prend pas son lecteur pour un imbécile, et se contente souvent d'allusions qui suffisent à le suivre, en souriant.
Son personnage principal, Jeremy Cook (attention, jeu de mot à venir) est assez attachant, intelligent et séducteur, mais pas du tout sûr de lui. Une phrase dont il est l'objet, entendue par hasard, va le tourmenter presque autant que l'enquête criminelle qu'on devine derrière le titre. Et pour moi l'intérêt principal du roman est une jolie galerie de personnages, surtout des linguistes. Ils sont bien croqués et la description de leurs rapports est souvent hilarante. Comme le veut la règle du whodunnit, la vision qu'on a des acteurs évolue pendant la lecture, c'est plutôt bien fait. A propos : on n'est pas chez Dostoïevski, mais essayez de repérer et d'associer nom ET prénom des personnages, si vous voulez les suivre.
C'est finalement une lecture agréable, assez stimulante, mais qui ne révolutionne pas le genre.
Il y a une erreur volontaire dans cette chronique, (et peut-être d'autres moins volontaires) elle vous permettra de mieux savourer ce livre, selon la direction indiquée par l'auteur.
Ayant écrit ce qui précède, je lis des critiques sur Babelio et ailleurs : on y parle beaucoup d'humour décalé. Je dis humour tout simplement : est-ce que l'humour n'est pas tout simplement le décalage ? Ou est-ce qu'un enquêteur qui considère a priori qu'un indice bien visible est probablement créé volontairement est une marque de décalage ?
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Sando
  02 juin 2013
Je me demandais depuis un petit moment déjà ce qui pouvait bien se cacher derrière cette couverture colorée, un brin psychédélique et ce titre qui n'est pas sans rappeler un célèbre film d'Alfred Hitchcock… Maintenant, je sais !
Jeremy Cook est linguiste à l'institut Wabash, où il étudie avec ses collègues le comportement sociolinguistique des jeunes enfants, en s'intéressant notamment aux babillements et à leur signification. le langage est donc essentiel aux yeux de nos chercheurs aguerris, c'est pourquoi Jeremy est particulièrement affecté lorsqu'il découvre que l'un de ses collègues l'a traité de « trou-du-cul » devant la jeune et jolie Paula, fraîchement débarquée dans l'équipe. Qui de Milke, le séducteur, Woeps, le discret, Stiph, l'ancien, Aaskhugh, la commère, Orffmann, le mal-aimé ou encore Wach, le chef despote, a osé proférer une telle insulte ? Mais les préoccupations personnelles de Jeremy vont bien vite être balayées par la découverte dans son bureau du corps sans vie d'Arthur Stiph… Seul l'un de ses collègues a pu commettre ce crime et Cook, étroitement surveillé par l'inspecteur Leaf, va tout faire pour découvrir qui est le coupable afin de laver sa réputation…
Autant l'avouer tout de suite, j'ai eu un gros coup de coeur pour ce polar linguistique croustillant et complètement déjanté ! David Carkeet nous offre un pur bonheur de lecture grâce à une galerie de personnages excentriques, parfois caricaturaux et vraiment attachants ! Car au pays des linguistes, le mot est roi et la moindre parole donne lieu à une analyse rigoureuse et à une interprétation qui n'est jamais hasardeuse, ce qui a tendance à compliquer la situation la plus simple… Alors, préparez-vous à rencontrer dans ce roman truculent mené à un rythme enlevé des histoires d'amitié et de contre-amitié, des cadavres gênants, des témoins en couche-culotte, des policiers aux méthodes peu orthodoxes et des enquêteurs amateurs mais plein de ressources, rien que ça ! Bref, un polar burlesque et atypique, qu'il est difficile de lâcher une fois commencé, tant on est séduit par son humour et sa vitalité ! Alors, un conseil : lisez-le !
A souligner, comme toujours avec Monsieur Toussaint Louverture, le magnifique travail apporté à l'édition qui contribue à faire d'un bon roman un bel objet !
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Ellane92
  11 décembre 2013
La journée de Jeremy Cook a bien mal commencé : parti faire du gringue à la nouvelle thésarde qui vient d'arriver à Wabash, une crèche pas comme les autres qui abrite, outre la marmaille et son personnel homologué, une petite dizaine de chercheurs en linguistique, il entend sa future belle prononcer : "Jeremy ? J'ai entendu dire que c'était un parfait trou du cul".
Mais s'il n'y avait que ça : son directeur lui confie une tâche qu'il aimerait bien éviter, et l'un de ses illustres collègues est retrouvé mort, sur son fauteuil, dans son bureau, le crâne à moitié rasé.
Pour l'inspecteur Leaf, Jeremy est le suspect idéal. Il ne reste donc plus à ce dernier qu'à prendre son calepin pour trouver lui-même le coupable !
La saveur du "linguiste était presque parfait" ne réside pas dans le déroulement ou la résolution son intrigue policière ; celle-ci est d'ailleurs franchement molle du genou, et pédale littéralement dans la semoule dans la première moitié du roman.
En revanche, le milieu très particulier des chercheurs en linguistique (que j'ai fréquenté un peu pendant mes études) est parfaitement rendu, de même que les relations entre universitaires, ou les sujets d'études de gens très sérieux par ailleurs (travailler sur les onomatopées, genre "mboui", des petits d'hommes de moins de 3 ans, n'est-ce pas...). Jeremy Cook est un héros sympathique mais tellement naïf qu'on se demande parfois s'il est bête ou simplement dans son monde de linguiste :
B "A quelques mètres de lui se trouvait la porte des toilettes ; s'il baissait la tête et fonçait dessus à toute vitesse, l'impact le tuerait peut-être. de toutes les options pour un suicide efficace qui lui vinrent à l'esprit, c'était certainement la plus rapide. Avait-il quitté le lycée ? Oui ! Alors pourquoi ce genre de chose lui donnait l'impression qu'il y était encore ? Certains prétendent que le célibat assure une éternelle jeunesse. Sans aucun doute, songea Cook, si cela doit signifier qu'on se sent éternellement ridicule."
Ajoutons à cela des personnages, certes caricaturaux, mais hauts en couleur et des dialogues drôles, le cocktail ne ressemble pas au roman du siècle, mais il change de l'ordinaire, nous fait découvrir une profession qu'on approche rarement, et le tout donne un roman agréable à lire, parfait pour se détendre et plein d'humour !
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julienraynaud
  20 avril 2022
Ce livre a été publié en 1980, ce qui a son importance. En effet, en 1976, Tom Sharpe publiait son premier Wilt, racontant déjà les mésaventures, souvent professionnelles, d'un héros maladroit et atypique. Difficile de ne pas penser à Tom Sharpe/Wilt, quand on lit David Carkeet et les aventures professionnelles de son héros Cook, qui subit comme Wilt un enchaînement d'événements défavorables. Bref, des aventures loufoques écrites par un auteur anglo-saxon, on connaît déjà… David Carkeet a d'ailleurs poussé la ressemblance jusqu'à faire intervenir un personnage prénommé Walter, ce qui rappelle le Wilt de Sharpe. Clin d'oeil intentionnel ?
D'après le magazine Elle (4ème de couverture de l'édition Points), dans le linguiste était presque parfait, « le rire vous saute dessus à chaque coin de phrase sans crier gare ». Eh bien, désolé, je n'ai pouffé qu'une fois, et c'était, je l'ai noté, page 262… Attention, je ne dis pas que la lecture ne soit pas sympathique ! (mais si vous voulez rire à chaque phrase, lisez plutôt Moi et François Mitterrand, d'Hervé le Tellier, le discours, de Fabcaro, ou des chroniques de Guy Carlier ou Nicolas Bedos).
A noter quelques bizarreries typographiques dans l'édition Points : certains mots sont écrits, en pleine ligne, avec un trait d'union. Par exemple « complè-tement » page 285.
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kuroineko
  09 août 2018
Le linguiste était presque parfait... Un titre alléchant qui propose une enquête particulière dans un contexte particulier.
Bienvenue à l'institut Wabash, crèche laboratoire où d'éminents linguistes se penchent sur les processus d'acquisition du langage des bambins de moins de cinq ans. Ça cause beaucoup de la linguistique du babillage et un "mbwoui" à intonation ascendante n'a pas mais pas du tout la même valeur qu'un "mbwoui" à intonation descendante.
Ça se casse aussi pas mal de sucre sur le dos entre collègues, entre deux portes. le personnage principal, Jeremy Cook, n'est pas non plus le dernier à vouer un certain mépris à la plupart de ses confrères, et à son directeur encore plus.
Bref tout va bien dans ce petit monde quand l'un des linguistes est retrouvé mort dans le bureau de Cook justement. Qui a pu commettre ce crime?
L'enquête commence et réserve bien des surprises et des règlements de comptes. le ton est dynamique - sauf gueule de bois - et enlevé. le tout est assez sympathique sans pour autant avoir déclenché chez moi un enthousiasme survolté. Les personnalités des protagonistes sont assez caricaturales (rien que l'inspecteur en charge de l'enquête collectionne un nombre incroyable de clichés). C'est fait exprès, je pense, pour casser les codes des romans policiers plus classiques. Mais certains sont lassants à force.
Pas désagréable mais qui ne m'incite pas à suivre les aventures de Jeremy Cook.
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critiques presse (4)
Actualitte   06 octobre 2014
Il faut reconnaître à David CARKEET d'avoir concocté là un roman de type policier de bonne facture. Les personnages y sont gentiment décortiqués dans leurs rapports avec autrui et, surtout, la linguistique fait une entrée tout à fait remarquable dans le panel déjà important des méthodes modernes mises à la disposition des enquêteurs pour démasquer un meurtrier.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lexpress   30 juillet 2013
David Carkeet mêle avec gourmandise la comédie universitaire -avec jalousies souterraines et rêves de gloire avortés- et le roman policier décadent.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   01 juillet 2013
Son apparence est celle d'un polar : l'intrigue tourne autour de la mort du linguiste Arthur Stiff, dont le cadavre est retrouvé, crâne scalpé, dans le bureau de son collègue Jeremy Cook. [...] Tout peut faire office d'indice dans ce roman qui traite son intrigue policière avec une indolence réjouissante.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lhumanite   15 avril 2013
Un linguiste souçonné de l’assassinat d’un de ses collègues mène l’enquête au sein d’un institut légèrement à côté du normal. Une comédie policière à l’humour décalé.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
SkoubidooSkoubidoo   15 septembre 2022
- Il va falloir que ça attende, Jeremy. Nous devons tous faire des sacrifices. C'est comme ça et pas autrement. Il y a des tas de choses que j'aurais envie d'entreprendre moi aussi, plutôt que ce que je suis obligé de faire... Je m'efforce d'accomplir mon devoir et j'aurais souhaité que vous vissiez les choses sous le même jour.

Cook eut comme une envie de pleurnicher. Pourquoi Wach utilisait-il de telles formules ? Usait-il de ce style châtié au lit avec sa femme ? D'ailleurs, se mettait-il au lit ? Si oui, s'adressait-il aux draps, leur ordonnait-il au subjonctif de demeurer impeccables toute la nuit ?
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SkoubidooSkoubidoo   15 septembre 2022
Il n'y avait rien de plus merveilleux, pensa-t-il, que de parler lorsqu'on avait vraiment quelque chose à dire, et d'user de mots si justes, dont le sens est si limpide, qu'ils ont le pouvoir de secouer la chimie intime de son interlocuteur [...]
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Ellane92Ellane92   11 décembre 2013
A quelques mètres de lui se trouvait la porte des toilettes ; s'il baissait la tête et fonçait dessus à toute vitesse, l'impact le tuerait peut-être. De toutes les options pour un suicide efficace qui lui vinrent à l'esprit, c'était certainement la plus rapide. Avait-il quitté le lycée ? Oui ! Alors pourquoi ce genre de chose lui donnait l'impression qu'il y était encore ? Certains prétendent que le célibat assure une éternelle jeunesse. Sans aucun doute, songea Cook, si cela doit signifier qu'on se sent éternellement ridicule.
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Ellane92Ellane92   12 décembre 2013
-Avez-vous des pistes, lieutenant ? demanda-t-il.
Leaf mit ses deux mains devant son visage, et joignit le pouce et l'index de chacune pour former deux petits ronds. Il regarda Cook ainsi, à travers les bésicles formées par ses doigts, dans une position qui suggérait qu'il avait complètement perdu la raison. Puis il détacha les cercles de ses yeux et les tendit à Cook pour que celui-ci les examine.
- Zéro, Jeremy, dit-il en guise d'explication. Double zéro. Rien de rien.
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BookinistaBookinista   12 octobre 2015
- Bonjour Jeremy. Alors des potins ?
- Pas aujourd'hui, Ed. Mais je crois avoir saisi le "m'boui" de Wally.(...)
- J'ai passé en revue toutes les occurrences que j'ai, mais il va m'en falloir davantage pour vérifier. On dirait que c'est un commentaire sur des objets en mouvement, comme pour dire "quelque chose de déplace" ou "il y a du mouvement". Toutes mes notes indiquent qu'il regarde des gens ou des animaux qui bougent ou des poissons qui nagent...
- Ou de l'eau qui coule dans la baignoire.
- Oui. Justement je voulais te poser la question. A-t-il dit ça à propos de toi ou à propos de l'eau ?
- Il montrait l'eau.- Ah bon, tu ne me l'avais pas dit.
- J'ai oublié. C'est facile d'oublier ces choses-là. Il l'a dit deux fois aujourd'hui, Jeremy.
- Bien, dit Cook, tout sourire en entendant Woeps parler des m'boui, comme s'il s'agissait de cadeaux. Je suis content d'entendre qu'il continue. A quelle occasion les a-t-il prononcés ?
- Il y en a eu un adressé à la chatte du voisin quand elle elle est passée en courant, et l'autre en voyant un Indien à la télé. Je crois qu'à ce moment-là, il était sur un cheval.
- Bien. As-tu noté les intonations ?
- Absolument pas.
- Dis-moi si tu y comprends quelque chose : j'ai des intonations très distinctement montantes dans ses remarques sur les quatre personnes à propos de qui il l'a dit, toi, moi, et deux auxiliaires, Sarah et Sally, ainsi que sur le poisson et un jouet qui se remonte et qui roule. Mais l'intonation est tombante avec les écureuils et les oiseaux. Il en a sorti quatre quand j'étais dehors avec lui un matin de la semaine dernière. Tous tombants, Deux oiseaux, deux écureuils.
- On ne peut pas dire qu'il y ait de grandes similarités physiques, hein ? fit Woeps.
- Non. C'est peut-être parce que ce qui importait était que nous étions dehors. Le "m'boui" avec une intonation tombante signifie peut-être "le déplacement se passe en extérieur". Mais ce serait tout de même bizarre.
- Wally n'aime pas vraiment les oiseaux et les écureuils. Cook fronça les sourcils.
- Ah ?Oui je ne sais pas trop pourquoi, mais il en a peur.
- Et il nous aime bien, toi, moi, les deux auxiliaires et le poisson...
- Oui, pour ce que j'en sais.
- Fichtre, fit Cook, se sentant presqu'estomaqué. C'est une indication sur ses préférences personnelles.
- Tu viens de piquer ma curiosité. Je vais le surveiller avec attention.
- Ed, j'ai hâte de l'étudier. Pourrais-je l'avoir quelques heures ce soir ?
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