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Critique de Pois0n


Pois0n
  19 juin 2019
Ça faisait un très long moment que je n'avais pas lu de série. Peut-être est-ce pour « casser » mon cycle de relectures que j'ai donc décidé de me lancer dans cette saga faisant pas moins de douze tomes (!!!)... ou alors, entre un résidu de migraine carabinée et la chaleur, Cerveau s'est naturellement dirigé vers une lecture simple et sans prise de tête.

Douze tomes, ça peut faire peur, néanmoins non seulement ceux-ci sont fins (à peine 200 pages chacun) mais en plus le texte est imprimé assez gros et très aéré, certes pas autant que dans CAT 215 également paru au Livre de Poche, mais assez pour que l'on se rende compte à la lecture qu'un Calendar Girl est finalement plus court qu'un Harlequin Azur standard. La comparaison ne s'arrête pas là, puisque l'on retrouve certains éléments en commun avec les livres de ladite collection : format donc, mais aussi jeune héroïne fauchée, beau mâle milliardaire, enrobage jet-set pour faire rêver un peu... et, malheureusement, manque d'approfondissement à tous les niveaux.

Je ne parle ici bien sûr pas de la nature de l'intrigue, car lorsque l'on commence Calendar Girl, on sait dans quoi on s'embarque. L'histoire de Mia pourrait paraître grotesque – une jeune femme sans le sou mais au corps de rêve se fait engager par sa maquerelle de tante en tant qu'escort – mais n'est finalement que la version « luxe et paillettes » de celle de milliers de femmes précaires finissant par se prostituer pour survivre. Audrey Carlan a simplement enrobé d'une bonne dose de glamour ce qui aurait été super glauque dans un cadre et des circonstances différentes.
Pendant douze mois, Mia va donc devoir faire la plante verte. Être belle et souriante, obéir à ses patrons, être libre de ne coucher avec eux que si elle en a envie... La demoiselle est assez lucide pour se rendre compte qu'elle se réduit elle-même à l'état d'objet, même si dans les faits, cette impression s'estompe assez vite, aussi bien pour elle que pour le lecteur.

Son premier client la traite en effet non comme un meuble ni même une employée, mais comme « une amie ». Familier avec Mia comme s'il la connaissait depuis toujours dès la première seconde, Wes est à des années-lumières du genre de client auquel l'on s'attendait. Il n'a simplement pas le temps de se trouver une copine et marre de ne voir que des femmes intéressées lui tourner autour. Mia est là pour servir de leurre en société, ni plus ni moins.
Sauf que bien évidemment, l'attirance physique s'en mêle presque illico et Wes et Mia deviennent d'emblée plus sex-friends qu'autre chose. le livre a beau être court, on a du coup quand même droit à pas mal de parties de jambes en l'air.

Ce qui en pâtit directement, c'est donc tout le reste, à savoir le développement de la relation comme des personnages. Même Wes et Mia, pourtant les protagonistes principaux, sont à peine esquissés. Quant à ceux qui leur gravitent autour, ils font au mieux office de figurants et on regrette souvent qu'ils ne soient pas plus présents, comme Jennifer, la nouvelle amie de Mia, ou Miss Croft, la gouvernante. Quant à la relation, évidemment, en deux-cent pages à peine, difficile de résumer trois semaines d'échanges, bien qu'on voie assez Mia et Wes au lit pour en avoir une idée précise. Mais c'est aussi ce qui rend l'évolution de leurs sentiments peu crédible. du début à la fin, on ne ressent aucun attachement, aucune alchimie, tout au plus une certaine complicité.

La grande question, c'est : ce manque de profondeur va-t-il s'estomper au fil des tomes à venir, étant donné qu'il nous reste onze volumes à passer en compagnie de Mia et que celle-ci garde contact avec Wes ? La jeune femme finira-t-elle avec Monsieur Janvier comme le suggère fortement le petit bracelet offert en cadeau avec le livre « Ce n'est pas la destination qui compte, c'est la route », ou bien l'un de ses clients à venir lui fera-t-il à nouveau tourner la tête ?

Ce premier volume de Calendar Girl souffre donc un peu de son statut de tome d'introduction, donnant certes le ton du récit mais distillant trop peu d'informations sur ses personnages pour que l'on puisse vraiment s'attacher à eux. L'intrigue dudit tome tient sur un timbre-poste, mais... ça se lit. La plume d'Audrey Carlan se veut légère, pas aussi vulgaire qu'on pourrait le craindre, même si l'on est déjà loin du ton plus politiquement correct d'un Harlequin Azur. Mais il faut dire que le public visé est plus jeune, plus friand de chick-lit que de romantisme, moins prompt à croire au grand amour aussi... à l'image de Mia.
La série s'annonce en tout cas parfaite comme lecture de vacances.
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