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EAN : 9782259228152
228 pages
Éditeur : Plon (21/05/2015)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Le récit aussi drôle qu'instructif d'une expérience inédite menée par un jeune journaliste : vivre 100 % français pendant un an. Défi relevé !

« Un fauteuil, une veste militaire, une table basse, quelques fruits et légumes et deux albums d'Alain Bashung... Avant de commencer mon expérience, ces objets étaient mes seuls biens "Made in France" : à peine 4 % de mon appartement. Ça ne pouvait pas durer...
Pour répondre aux injonctions politiques et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
petitsoleil
  26 juillet 2015
J'ai acheté ce livre tout récemment, vendredi soir je crois bien, et je l'ai dévoré en une soirée. Intéressant à plus d'un titre, ce livre !
Un défi et un pari pour l'auteur : prendre au pied de la lettre la consigne gouvernementale donnée aux citoyens de privilégier les produits français, d'acheter français, notamment pour soutenir l'emploi en France et l'économie du pays. L'auteur a tenu son pari, réussi son défi, mais là je ne dévoile pas un scoop, c'est révélé dès le début du livre.
Attention, tout a été fait très sérieusement. Il a fait venir un expert avant le défi, pour évaluer un pourcentage de produits français dans son appart, et au terme du défi, au bout d'un an, l'expert est revenu.
Bilan (impressionnant je dois dire) : il est passé de 4 % à 96 % de produits français (en ne tenant aucun compte des affaires de la copine, qui elle ne participait pas au défi, mais c'était son droit le plus absolu).
L'auteur a aussi fait venir Arnaud Montebourg, dont il dresse au fil des pages un portrait intéressant. Ni hagiographie ni dénigrement, le portrait vient en complément de plusieurs portraits et rencontres, car l'auteur a rencontré pas mal de monde en un an. Lui aussi a visité des usines, rencontré des producteurs, des apiculteurs ... un agenda de ministre !
Le défi a dû être prenant, une véritable aventure pour l'auteur.
Il lui a fallu renoncer à la voiture (peu de voitures méritent vraiment un label "Made in France", même s'il y a parfois un peu de "French touch", merci la pub), mais aussi au frigo, au choix dans les chaussures, aux jeans (depuis peu, on produit de nouveau des jeans en France, information donnée dans le livre), au téléphone portable dernier cri, à l'ordinateur ... J'admire d'autant plus l'auteur que je ne pourrais sans doute pas me lancer dans un défi aussi extrême. J'essaie régulièrement de faire du tri, d'acheter un peu moins, d'acheter mieux, mais je pourrais certes pas me passer aussi longtemps d'autant d'objets à la fois. En plus, parfois acheter mieux ne conduit pas à acheter un produit français : un café ou un chocolat noir équitable, par exemple ...
J'ai déjà bu de la chicorée, mais remplacer mes cafés par ca ... bah au pire je remplacerais par du Cacolac, enfin en espérant qu'on en produise encore longtemps dans ma région ! et si mon chocolat noir équitable favori provient de cacao Criollo du Pérou ... en revanche, mon chocolat noir Lindt, bien que semblant suisse, a probablement été produit à Oloron, pas si loin et en France
Parfois, le produit français n'existe pas (frigo), n'est pas adapté à nos besoins (tablette Qooq pour l'auteur, c'était pas mal mais pas très adapté à ses besoins de navigation Internet et à sa vie numérique, si j'ai bien compris)
Ou on veut du bio, équitable ... et en France on n'a pas ca, ou en petites quantités donc c'est difficile à trouver pour certains produits ...
Ou encore, le produit n'est distribué qu'aux Antilles (café), ou que dans très peu de boutiques ... ou encore l'origine France n'est pas évidente (produits de marques de distributeurs, à 95 % origine France ...)
Les professionnels y travaillent paraît-il, à plus de contrôle mais aussi plus de lisibilité et de visibilité, comme à l'époque pour le bio. Il commencerait à y avoir de la demande, mais l'offre ne suit pas toujours. Après le "French bashing", un peu de "French washing" svp ...
A propos de mots, d'expressions et de langue française, l'auteur a rencontré Alain Rey et a parlé de la culture, des quotas de chanson française à la radio, de la langue française, de la francophonie ...
Il a découvert la chanson française (là je m'interroge un peu, comment un Parisien de 25 ans peut-il en avoir écouté aussi peu, malgré les fameux quotas des radios ? on peut ne pas aimer tout, certes, mais ne pas connaître ? hum)
L'auteur a aussi découvert qu'après avoir supprimé la majorité des emplois agricoles en France, avec de forts rendements d'une agriculture monotone et productiviste, mais aussi en important de plus en plus de nourriture produite ailleurs ... on ne délocalise pas seulement les emplois industriels qui avaient pris le relais, on délocalise aussi beaucoup les emplois de services, qualifiés ou non. Un call-center de Casablanca lui a permis de réaliser la notion de nearshore, terme qui se veut rassurant depuis que le offshore a si mauvaise presse auprès des Français. le travail peut partir du jour au lendemain, en Pologne, en Espagne, au Maroc, en Tunisie ... Mais attention, au cours de son enquête, l'auteur a aussi pointé du doigt les paradoxes ou approximations de nos voisins européens, leur "marque pays" étant parfois bien moins exigeante qu'en France. le fameux "Made in Germany" cache souvent des produits réalisés en Europe de l'Est, République Tchèque, Slovaquie, Autriche, Hongrie ... de même que l'image suédoise de progrès masque mal la réalisation de nombreux meubles et articles IKEA partout sauf en Suède.
Un peu comme l'auteur, j'ai envie de garder "le meilleur des 2 mondes", le meilleur des produits français et dans certains cas, le meilleur de produits étrangers mais performants, agréables, utiles, design ...
Les produits et services français ne sont pas toujours évidents à voir, les Français travaillant de plus en plus pour le secteur tertiaire, et de plus en plus pour vendre des services, logiciels, produits à d'autres entreprises, mais on peut espérer une amélioration, un renouveau ...
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ande
  24 novembre 2015
Une expérience étonnante que celle de ce journaliste qui relève le défi de vivre pendant un an uniquement de produit français.
Pour réussir ce défi fou, il devra faire face à de nombreuses difficultés : se meubler, se vêtir, se nourrir ... même ses sorties et la musiques qu'il écoute sont conditionné par le "Made in France".
Sur sa route, il va rencontrer nombre de personnalités : industriels, hommes politiques, économistes qui apportent leurs points de vue quant à son expérience.
Benjamin Carle n'a pourtant rien d'un engagé convaincu mais vit cela vraiment comme une expérience dont il nous fait partager les moindre aléas.
Vraiment très intéressant.
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critiques presse (1)
Culturebox   22 mai 2015
Son récit nous plonge dans une étude économique de la consommation en France et de la mondialisation inévitable.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
petitsoleilpetitsoleil   27 juillet 2015
[Benjamin Carle évoque Julien, l'expert mandaté pour vérifier le pourcentage de produits français dans son appartement avant et après son défi personnel]
Je me dis qu'il doit me prendre pour un fou sympathique.
Je l'imagine raconter sa journée à ses collègues ou à sa fiancée :
"Aujourd'hui je suis allé dans le deux pièces d'un journaliste qui a décidé de ne consommer que des produits fabriqués en France. Je ne sais même pas pourquoi il fait ça !"

Pourquoi je fais ça ... J'ai tellement entendu cette réflexion cette année qu'il faut peut-être revenir sur la genèse de l'idée. Mais la réponse tient en une phrase : parce qu'on me l'a demandé !

Octobre 2012. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, fait la une du Parisien Magazine en marinière Armor-Lux, un robot multi-fonctions Moulinex dans les bras, une montre française au poignet et un sourire un peu coincé sur le visage.
La photo est accompagnée du titre : "Le Made in France, il y croit, on l'a testé".

(...) Malgré les moqueries justifiées, les médias ne parlent plus que du Made in France. La presse locale titre tous les papiers sur des entreprises du coin (...)
(...) Bref, pour la thématique, il y aura définitivement un avant et un après cette une du Parisien.

Pour autant, le "consommer français" ne date pas de 2012, et Arnaud Montebourg n'est certainement pas le premier à l'utiliser.
Dès la campagne présidentielle de 1981, Georges Marchais - avec son élocution surannée - le met déjà en avant pour défendre et valoriser son électorat ouvrier (...) "Il faut relancer la production française !"
(...) Dix ans plus tard, les chambres de commerce et d'industrie font de la défense du Made in France et de la culpabilisation du consommateur un slogan : "Nos emplettes sont nos emplois."
(...) La thématique semble connaître un énorme creux de presque vingt ans avant de faire un retour fracassant lors de la campagne présidentielle de 2012
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petitsoleilpetitsoleil   28 juillet 2015
Je suis allé sur le site de PSA à Sochaux. Avec ses 12 000 employés, c'est tout simplement le plus gros site industriel de France.

Note : j'ai jeté un œil sur le Net : en 2013, le classement avait déjà changé.
Le premier employeur industriel était Airbus, loin devant PSA et les autres, avec plus de 13 000 personnes à Toulouse (11146 pour PSA Montbéliard)
Source : article de L'Usine nouvelle, en 2013 :
http://www.usinenouvelle.com/article/exclusif-les-50-premieres-usines-de-france.N201523
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petitsoleilpetitsoleil   28 juillet 2015
Dans un rapport remis à la Direction générale du Trésor en 2010, l'économiste Lilas Demmou isole trois causes principales à la désindustrialisation du pays.

D'abord, si ces emplois ont été détruits dans l'industrie, ils ont été créés dans le secteur tertiaire des services. C'est la mutation du système productif. (...)

La deuxième explication, c'est le progrès technologique responsable de gains de productivité impressionnants qui, comme dans le cas de l'agriculture il y a un siècle, est responsable d'une baisse de l'emploi industriel.
On produit plus et mieux avec moins de personnes.

Enfin, si la troisième explication concerne bien les délocalisations, le problème est qu'elles sont très difficiles à estimer. Mais d'après Lilas Demmou, avec la fourchette la plus haute, les délocalisations représentent 28 % de la perte d'emplois industriels sur la période 1980-2007.
Ce chiffre est significatif (plus qu'un quart des pertes d'emplois) ; pour autant, si les délocalisations et plus généralement la concurrence des pays étrangers contribuent effectivement à la désindustrialisation, elles n'en sont numériquement pas la cause principale.
En revanche, psychologiquement, elles sont les plus marquantes et restent bien plus longtemps dans les mémoires. Tout d'abord car elles sont plus que terribles pour la classe ouvrière qui les subit et aussi parce que l'on peut désigner un ennemi.
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petitsoleilpetitsoleil   28 juillet 2015
Je lui demande pourquoi il n'a pas fait comme tout le monde, justement - il ne serait pas le premier à donner un nom qui sonne français à une marque qui fabrique à l'étranger.

- La raison, elle est simple : quand on voit aujourd'hui que 99 % des tee-shirts qui sont produits dans le monde sont faits pour moins d'un euro et qu'il faut une catastrophe comme celle du Bangladesh pour comprendre que les conditions de travail sont lamentables et que parfois ce sont même des enfants qui bossent,

finalement on se dit qu'avoir toutes ses usines dans un périmètre de 50 kilomètres permet de savoir ce qu'on fabrique. De contrôler sa production. De respecter les normes françaises. On a l'impression que c'est une folie, mais en fait c'est juste logique de fabriquer en France. De fabriquer chez nous.
Nous, si on s'embête à fabriquer en France, c'est qu'on y croit.
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petitsoleilpetitsoleil   27 juillet 2015
La thématique du Made in France est partout, dans les journaux et dans la bouche des politiques, pourtant personne ne l'applique quotidiennement.

Alors moi, je vais essayer : pendant un an, je vais manger, m'habiller, me déplacer, m'équiper, me cultiver 'français".

A mon échelle, je vais remettre en cause la logique du marché, casser le dumping social et m'imposer à moi-même une forme de patriotisme économique (...)
Et il y a du boulot (...) "L'étude de la valeur des biens qui composent votre appartement débouche sur la conclusion suivante : les biens d'origine française représentent moins de 4,5 % de la valeur globale ..."
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