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ISBN : 2070138577
Éditeur : Gallimard (09/11/2012)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Les enfants du paradis, Synopsis

Film de Marcel Carné et Jacques Prévert.

Etude critique de Geneviève Sellier

1840, boulevard du crime. Les amours contrariées de Garance et du célèbre mime Debureau, tous deux séparés par d'autres amours : Lacenaire, Frédérick Lemaître et un richissime comte pour Garance ; la fidèle, aimante et malheureuse Nathalie pour Baptiste. Chef-d’oeuvre absolu avec Jacques Prévert au scénario et Mar... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Jipi
  13 avril 2018
"Je suis libre? Tant mieux j'aime la liberté".
Ces paroles de Garance égrenées sur le boulevard du crime s'adaptent merveilleusement à l'esprit de ces enfants du paradis vociférant sur les hauteurs d'un théâtre, laissant naviguer leurs sensibilités dans des rencontres éphémères ou chacun exécute sa prestation sans investissement durable.
Quelques écorchés vifs marginaux talentueux, combattants démesurés pour certains, contemplatifs pour d'autres, s'adonnent à la violence ou à la prose, en dévoilant par le crime, la désillusion et la pantomime les clichées de leurs époques.
Inadaptés à la normalité ils s'extériorisent par l'extravagance et la mélancolie n'étant que le refuge continuel de leurs indifférences et de leurs paresses.
La nuit rapproche par le verbe quelques personnages hors normes qui le temps d'une chope se neutralisent par un regard respectueux envers leurs différences.
Chacun défend son architecture interne complètement décalée par une rhétorique adaptée à sa survie en baissant peu à peu sa garde le temps de quelques théories.
Garance soumise de son plein gré à la contingence est inaccessible à long terme, ce qui sera et peu importe ce que ce sera est attendu sans crainte et avec impatience. Tout en accostant quelque part on regarde toujours devant soi.
Frédéric Lemaitre visite ses contemporains dans un état second.
"Mon état normal ? Connais pas".
Baptiste se débat entre ses devoirs sentimentaux et une folle envie de sombrer dans l'ivresse de l'inconvenance, de la fragilité et de l'inconnu que représente la conquête irréalisable de ce petit gabarit symbole de la dualité du principe de l'univers, un sourire dévoré par une plainte interne répétitive et intense définition de nos antinomies cohabitant sur les contours d'un même visage.
Nathalie représente un recadrage sentimental ennuyeux supprimant toutes les escapades imaginatives d'un promis écartelé entre ses devoirs de mari et son attirance vers l'instabilité et le vagabondage des sentiments.
Lacenaire culmine dans l'arrogance de ses exposés acides et virulents sur la vitalité et la durabilité de ses principaux carburants, le larcin, l'autonomie et l'orgueil.
Tout cette communauté désabusée ayant condamnée la société depuis longtemps souffre du même mal, un manque d'encadrement affectif ou respectueux originel ayant occasionné leur retrait du monde.
Pas d'attaches, sans états d'âmes on se noie perpétuellement et volontairement dans ses travers en se servant sans retenue de chaque opportunité. On ne croit qu'en soi même en vénérant tous ses débordements.
Sur le boulevard du crime, le bonheur n'est pas personnel, il est massif et n'est visible que par les comportements jouissifs de ces grappes humaines articulées par un concept festif à court terme, on s'éclate au maximum avant le retour du quotidien.
La masse s'incrémente dans la joie pendant que quelques marginaux boudent ou profitent de cette force compacte soudée par le plaisir de la rue.
Les enfants du paradis est le symbole du clair obscur, blason antinomique de notre quotidien.
La pluralité se rassemble dans la joie pendant que l'exclu vocifère sur un monde auquel il ne peut ou ne veut pas appartenir.
L'individualisme se protège en refusant de se soumettre à la loi d'une collectivité récupérée momentanément par la fête.
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Chouchane
  31 mai 2012
Les dialogues sont de Prévert, le film est de Carné, le tout confine au chef d'oeuvre. L'édition en livre du scénario permet de saisir toute la subtilité des dialogues, les photos aident à se remémorer l'extraordinaire jeu d'acteur d'Arletty, de Pierre Brasseur ou du grand Jean-Louis Barrault dans ce qui fut nommé "meilleur film de tous les temps" par les critiques français à l'occasion des cents ans du cinéma. Nathalie aime Baptiste qui aime Garance qui l'aime elle aussi en secret mais elle doit vivre avec le Comte de Montray pour se protéger d'un crime qu'elle n'a pas commis. Garance et Baptiste vivront quand même une nuit d'amour passionnée avant que la vie ne sépare les corps mais pas les âmes. Les personnages et leurs passions se croisent s'entremêlent chacun avec la même intensité, certains comme le mime Debureau (qui a existé) se taisent, d'autres usent du monologue et enfin les personnages se confrontent avec des dialogues ciselés par le talent de Prévert . Un mélodrame ou la poésie reste la maitresse du jeu.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
ChouchaneChouchane   31 mai 2012
Édouard. :- Garance comprenez-moi, je voudrais tellement que vous m'aimiez.
Garance. : - Pour vous même ?
E : - Je vous en prie Garance ne me tourmentez pas vous savez ce que je suis capable de faire pour vous, à cause de vous.
G : - A cause de moi ?
E : - Je vous aime Garance comme aucun homme...
G: - ... ne pourra jamais m'aimer ! Alors, de quoi vous plaigniez vous ?
E: - Je voudrais que vous m'aimiez.
G :- Mais je vous aime, mon Ami ! vous êtes séduisant, vous êtes riche, vous avez beaucoup d'esprit, vos amis vous admirent, les autres vous craignent, vous plaisez beaucoup aux femmes. Enfin, tout le monde vous aime Édouard, vraiment il faudrait que je sois bien difficile pour ne pas faire comme tout le monde.
E : - Taisez-vous Garance, vous savez ce que je désire, je veux...
G : - Vous êtes extraordinaire Édouard, non seulement vous êtes riche mais encore vous voulez qu'on vous aime comme si vous étiez pauvre. Et les pauvres alors ? soyez un peu raisonnable mon ami. On ne peut tout de même pas tout leur prendre.
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