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Claude Sophie Mazéas (Traducteur)
ISBN : 2743617209
Éditeur : Payot et Rivages (28/09/2007)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 47 notes)
Résumé :
A trente-huit ans, Guido Guerrieri, avocat à Bari, ne sait plus où il en est : sa femme l'a quitté, ses amis lui paraissent superficiels et son métier l'ennuie. Il reçoit un jour la visite d'une jeune femme noire dont le compagnon, un vendeur ambulant nomme Abdou Thiam, a été arrêté pour le meurtre d'un petit garçon. Tout incrimine Abdou, en particulier le témoignage accablant d'un patron de bar. Comment défendre un homme condamné d'avance ? Lorsque la visiteuse qui... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
latina
  28 juillet 2013
Alors là.... !
On dit toujours que les avocats parlent bien. C'est un cliché, certes, mais qui tient la route, non ?
Eh bien ici, ce cliché se vérifie effectivement, entièrement, totalement, indéniablement.
2 hommes. 1 enfant. Mort.
Le 1er est un avocat qui ne croit plus en ce qu'il fait, qui n'aime même pas ce qu'il fait, qui ne sait même pas qu'il aime sa femme ... jusqu'à ce qu'elle le quitte. Qui tombe en dépression comme on tombe amoureux. Et je pourrais continuer ainsi dans la pente de la désespérance.
Le 2e est un Sénégalais, vendeur de « marchandise » de contrebande sur les plages de Bari.
L'enfant est un petit garçon de 9 ans, tué, asphyxié, son cadavre jeté dans un puits.
Ce meurtre provoque la rencontre des 2 hommes. le Sénégalais est accusé d'avoir tué le gamin, et sa compagne supplie l'avocat de le défendre. Il va s'y employer, en s'extirpant tant bien que mal de son marasme puis en s'impliquant de plus en plus.
Et la machine s'emballe.
Cette montée dans la recherche de la vérité judiciaire s'accompagne d'une descente dans la quête de sa propre vérité, psychologique, relationnelle, amoureuse.
Passionnant. Criant de vérité. La sincérité, ici, chasse le doute, bannit la vraisemblance au profit du vrai.
L'auteur est avocat, parait-il. Tiens donc...
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Herve-Lionel
  13 avril 2016
La Feuille Volante n°1030– Avril 2016
TESTIMONE INCONSAPEVOLEGianrico Carofiglio – Sellerio editore Palermo.
Il n'est pourtant pas un adepte des causes perdues, ce Guido Guerrieri, avocat à Bari, la quarantaine un peu triste. Pourtant ce qui lui arrive en cette années 1999 n'est pas banale. Sa femme vient de le quitter, ses amis lui sont de plus en plus indifférents et son métier l'ennuie. de quoi vraiment être déprimé ! Et pourtant il reçoit la visite d'une jolie femme noire dont le compagnon, un vendeur ambulant sénégalais, Abdou Thiam vient d'être accusé du meurtre d'un jeune garçon. La victime qui a subi des violences a été asphyxiée puis jetée dans un puits. le témoignage d'un patron de bar est tellement déterminant que l'accusé est condamné d'avance. Et pourtant, il accepte de le défendre, bien qu'il soit au 36 iem dessous et qu'il combatte comme il peut cette dépression avec du café, des cigarette et même de l'alcool  ! Il se fera un point d'honneur à défendre ce pauvre homme, même si au départ il se demande bien comment il va faire. Son talent pourtant lui soufflera une brillante plaidoirie au terme de laquelle il réussira à insinuer le doute dans l'esprit des juges et des jurés. Il ne se doute pourtant pas que cet épisode va bouleverser sa vie et lui redonner envie de plaider et de vivre tout simplement.
Il me plaît bien ce Guido, un peu désabusé mais combatif quand même dans son retour à la vie avec l'aide, il est vrai, de quelques femmes qui le fascinent, anciennes connaissances ou simples passantes. Il est seul contre tous et fait ce qu'il peut, entre racisme, fragilité du témoignage et insuffisances de l'enquête, pour arracher Abdul aux griffes de la justice qui semble avoir tout décidé d'avance. Il promène sur le monde qui l'entoure un regard pudique et même un peu blasé.
Même s'il peine un peu au départ, ce roman est bien construit, rédigé avec beaucoup d'humour, mais ce n'est pas vraiment un policier, un « giallo » comme disent nos amis italiens. Ce serait plutôt un « roman judiciaire » si ce concept d'écriture existe. Il y a bien une enquête, mais elle est menée par cet avocat et le livre regorge d'actes de procédures et d'articles du code pénal italien. Normal, l'auteur est lui-même magistrat.
Ce roman est connu en France sous le titre « Témoin involontaire », paru en 2007.
Je noterai avec plaisir la couverture de cet ouvrage qui reproduit un tableau d'Edward Hopper, un peintre américain que j'apprécie tout particulièrement.
Il s'agit là du premier roman de Gianrico Carofiglio, auteur dont je poursuivrai assurément l'exploration de l'oeuvre.

© Hervé GAUTIER – Avril 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com ]
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Godefroid
  26 juillet 2015
Guido Guerrieri 1 : Témoin involontaire (2002)
Guido Guerrieri est avocat. Il n'a pas tout à fait 40 ans, mais son expérience en fait déjà un vieux routier de la profession que l'on sent un peu blasé. Il défend toutes sortes de délinquants et s'est constitué ainsi un réseau pas très recommandable, parfois bien utile, duquel il se maintient à distance prudente. Miné par son récent divorce, il enfume tant bien que mal sa déprime à coup de clopes tout en cédant aussi à l'alcool (sans se démolir vraiment, quand même). Guido nous est très vite bien sympathique, à nous faire partager ainsi ses états d'âme.
C'est une jeune femme noire au maintien impeccable qui vient le solliciter. Un ami proche, instituteur dans son pays d'origine, vient d'être incarcéré pour l'assassinat d'un enfant. Evidemment, il est innocent, mais le dossier de l'accusation est plutôt béton.
La nouvelle école du roman noir italien, caractérisé notamment par des formats mesurés et un style direct sans fioritures, s'enrichit d'un nouveau nom. Et c'est une réjouissante découverte. La narration, la plupart du temps très factuelle (à l'américaine), est enrichie, sans aucune lourdeur et par le biais d'un récit à la première personne, des épanchements intimes de Guido. Guido Guerrieri peut être vu comme le frangin du flic de di Cara. Tous deux sont des personnages tourmentés, intègres, et porte-parole de leurs auteurs qui exercent le même métier qu'eux.
Le roman lui-même est impeccable, bien traduit par Sophie Mazéas (qui s'est aussi occupé du tome suivant). Il est constamment captivant, aussi bien lorsqu'il s'agit de la vie privée de Guido que de l'intrigue elle-même, charpentée par des scènes de procès très réussies. L'ensemble forme un tout intègre et sans faille, qui donne une grosse envie d'y revenir (ça tombe bien, il y aura de quoi).
Le seul pépin sur lequel j'ai accroché, c'est la banalité des goûts culturels de Guido, goûts que, malheureusement, il n'hésite pas à nous faire partager sans retenue. Guido semble se contenter en matière de musique, de cinéma et de littérature, des têtes de gondoles de supermarché. Certaines références sont carrément médiocres, d'autres plus indiscutables (Blade Runner...), d'autres encore peu risquées et décevantes : alors que Guido cite parmi ses films préférés le (néanmoins) très bon réquisitoire de Kubrick "Les sentiers de la gloire", multi-diffusé et un peu tire larmes, Carofiglio pouvait trouver dans sa propre patrie plus fort et plus subtil dans la même catégorie avec "Les hommes contre", le chef d'oeuvre de Francesco Rosi (toujours pas réédité en DVD, le cherchez pas)... Et quitte à aller chez les anglo-saxons, pourquoi pas "The hill" (La colline des hommes perdus), ce monument de Sidney Lumet dont on ressort complètement laminé... Voilà, je ne m'étendrai pas plus, même si ça me démange un peu, notamment pour égratigner la musique folk citée, bien pauvrette. Faudrait quand même pas détourner les lecteurs de ce remarquable auteur. Tout le monde ne peut pas avoir les références de Pelecanos...
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pile
  27 août 2011
Une femme se présente au cabinet de l'avocat Guido Guerrieri, parce qu'Abdou Thiam, son compagnon sénégalais, a été arrêté pour l'enlèvement et l'assassinat d'un enfant de neuf ans. Abdou se dit innocent, mais tout l'accuse. Guido va malgré tout accepter de le défendre en cour d'assises…
L'affaire judiciaire au centre du roman met un peu de temps à démarrer, l'auteur consacrant sa première partie à nous présenter son personnage principal et ses problèmes existentiels. C'est d'ailleurs Guido lui-même qui se présente à la première personne. Il a 38 ans et exerce la profession d'avocat pénaliste à Bari, en Italie. Mais il y a déjà longtemps que son travail ne lui apporte plus guère de satisfaction. Et quand sa compagne le quitte en lui reprochant sa médiocrité, Guido amorce une véritable dépression. Il commence à peine à reprendre pied, quand l'affaire Abdou Thiam se présente à lui.
Guido est un personnage très attachant, qui ne manque pas d'humour, et pratique volontiers l'autodérision. Grand lecteur, amateur de musique et de cinéma, il sème constamment des références. Depuis sa dépression, il s'est remis à la boxe, ce qui n'est pas inutile face aux petits voyous que son travail l'amène à fréquenter. Redevenu célibataire, il fait également quelques rencontres féminines et reprend petit à petit goût à la vie. L'affaire Abdou Thiam va être l'occasion pour lui de se passionner de nouveau pour son métier. Quand le procès commence, tout laisse à penser qu'Abdou va être condamné à la prison à perpétuité, Guido n'ayant encore pas l'ombre d'une piste de défense. Et pourtant…
En toile de fond de l'affaire judiciaire, il y a le racisme ordinaire, l'inégalité face à la justice, la fragilité des témoignages… le style de Gianrico Carofiglio est simple, sans fioritures. Les dialogues sont souvent drôles, parce qu'il intercale entre les véritables répliques les pensées du narrateur, ce qu'il aurait pu ou aurait dû dire. La première moitié du roman est très sympathique, la deuxième est passionnante.
Témoin involontaire est le premier roman de Gianrico Carofiglio, par ailleurs magistrat. Il a depuis repris son personnage de Guido Guerrieri dans Les yeux fermés et Les raisons du doute.
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BMR
  12 novembre 2013
Le style de Carofiglio nous change un peu des polars habituels : l'auteur est magistrat et son héros avocat.
Guido est même un bon avocat : du genre à faire acquitter et libérer un dealer notoire, un vendeur de hot-dog dont le camion insalubre a été saisi par la brigade sanitaire ou même un toubib un peu faignant qui aura laissé mourir une jeune fille de péritonite en prétextant qu'il s'agissait seulement de douleurs menstruelles.
Bon parfois, Guido doit composer avec sa conscience et par exemple, éviter de croiser le regard des parents de la jeune fille en sortant de la salle d'audience.
De plus, en ce moment ça va pas fort pour Guido et voilà que sa copine le quitte. le voici en pleine déprime.
Jusqu'à ce qu'une drôle d'affaire arrive à son cabinet : un sénégalais qui vend des contrefaçons sur la plage aux alentours de Monopoli est accusé du meurtre odieux d'un petit garçon qui traînait sur le bord de mer. Sans trop réfléchir (la déprime sans aucun doute ?), Guido va prendre l'affaire en mains et assurer la défense de Abdou.
Ces africains mal venus en Italie, vendeurs de Vuitton et de Rollex, on les avait déjà croisés chez Donna Leon à Venise : c'étaient les vu comprà de son bouquin de sang et d'ébène.
On sait que généralement la justice est plutôt mal-voyante. Mais pour ce petit peuple mail aimé et sans ressources, la justice se fait franchement aveugle devant les évidences et sourde devant les arguments. Devant cette justice-là, un “nègre” ne pèse pas lourd, fut-il comme Abdou enseignant trilingue en son pays.
Avec ce polar judiciaire, on n'est pas tout à fait dans une enquête policière et l'on découvrira les nouveaux éléments, un peu comme les jurés, au cours des débats et des plaidoiries : l'avocat Guido et son auteur savent ménager ses effets.
Un bouquin bien fichu et très agréable à lire avec une ambiance fouillée qui fait un peu penser à celle du chilien Ràmon Dìaz-Eterovic (avec son privé Heredia et son chat Simenon).
Outre la procédure judiciaire, on se plait à suivre les démêlés de Guido avec sa déprime et ses petites amies et on se dit qu'on tient là encore une bonne série (d'autres épisodes nous attendent déjà).
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
latinalatina   26 juillet 2013
Le rire est important, parce qu'on ne peut pas tricher. Pour comprendre si quelqu'un est franc du collier ou pas, la seule méthode efficace est de regarder - et d'écouter - son rire. Les personnes qui valent vraiment la peine sont celles qui savent rire.
(...)
Si on a le sens de l'humour - je ne parle pas d'ironie ou de sarcasme, c'est autre chose - , on ne se prend pas au sérieux. On ne peut donc pas être méchant, on ne peut pas être idiot, on ne peut pas être vulgaire. Si on y pense, ça concerne presque tout.
J'ai rencontré plein de gens - surtout des hommes - qui se prenaient terriblement au sérieux. Mon fiancé fait partie de ceux-là : capable de te faire rire, sympathique. Il est intelligent, il est drôle et ainsi de suite. Mais il n'est capable d'ironiser que sur les autres. Il est incroyablement sérieux quand il s'agit de lui.
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latinalatina   27 juillet 2013
Certaines femmes - mais surtout certains hommes - vous serrent la main avec force, mais l'on s'aperçoit immédiatement qu'on est dans la représentation. Ces personnes veulent faire comprendre qu'elles sont déterminées et franches, mais leur force ne relève que des muscles de leur main et de leur bras. Je veux dire : rien ne vient de l'intérieur. Certains peuvent même vous broyer les doigts, mais c'est comme s'ils faisaient du culturisme.
Quand elles vous serrent la main, d'autres personnes - elles sont rares - vous disent qu'il y a quelque chose derrière les muscles.
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latinalatina   28 juillet 2013
Et savez-vous, jeune homme, quand on a beaucoup de choses à faire, on n'a pas le temps de penser que la vie est fichue, de penser à combien de temps il nous reste; qu'on va mourir. De toute façon, on va mourir, alors...
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le-mange-livresle-mange-livres   05 avril 2012
Je me souviens parfaitement du jour, ou plutôt de l'après-midi, où tout a commencé. J'étais arrivé à mon cabinet depuis un quart d'heure, et je n'avais aucune envie de travailler. J'avais déjà consulté mon courrier électronique, ouvert ma correspondance, remis de l'ordre dans mes papiers, passé deux ou trois coups de fil inutiles. Bref, j'avais épuisé tous les bons prétextes pour ne rien faire.
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pilepile   27 août 2011
Quand je vais chez quelqu’un pour la première fois, je vérifie s’il y a des livres, s’ils sont rares, s’ils sont nombreux, s’ils sont trop bien rangés – ce qui n’augure rien de bon -, s’il y en a partout – ce qui est du meilleur augure -, et cetera, et cetera.
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Vidéo de Gianrico Carofiglio
La raison du doute - Gianrico Carofiglio Margue Page 05-10-2010
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