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EAN : 9782226455116
Éditeur : Albin Michel (17/06/2020)

Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
La crise sanitaire dans sa phase critique est pour l’essentiel derrière nous. La crise économique devrait être enrayée, grâce à des aides massives aux entreprises. Le risque serait de passer à côté du plus important : la crise écologique sans précédent que rappelle cet épisode, et l’urgence absolue à y répondre, avant qu’une catastrophe bien plus grave ne s’abatte.
Car cette épidémie a vu le jour en raison de notre manière de (mal)traiter les animaux que l’on... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
TerrainsVagues
  05 juillet 2020
En cette période anxiogène où tout est fait pour nous maintenir dociles en jouant, comme d'habitude, sur la peur et en faisant de l'autre un danger potentiel, qu'il est bon de se plonger dans un livre qui, sans nier la dangerosité du virus ambiant, démonte point après point les discours et les actes stupides de nos politiciens et de bon nombre de « savants » complices.
La revanche de la nature d'Aymeric Caron est un journal de bord commencé au premier jour du confinement et qui s'achève la veille de la liberté conditionnelle généreusement accordée depuis le 11 mai.
J'en entends déjà commencer à hurler : « encore un journal de bobo » pour rester poli. Alors pour éviter à ceux qui seraient enclins à ce genre d'appréciation, sachez que sur 255 pages, si on met bout à bout quelques instants de sa vie privée, on atteindra une quinzaine de pages. Des bouts de vie qui introduisent certaines démonstrations des élucubrations hallucinantes de politiciens, de médecins, de journalistes au jour le jour.
Pas de théorie du complot dans ces pages, pas de leçons non plus. Juste du bon sens. de ce bon sens qui fait tant défaut dans nos sociétés. Comme dans chacun de ses livres, Aymeric Caron appuie là où ça fait mal et forcément sa cote de popularité est assez proche du QI d'une Nabila. S'entendre dire qu'on s'est trompé toute sa vie sur la manière dont nous vivons n'est pas agréable c'est certain mais il y a pire. Avec un minimum de recul, s'apercevoir que toutes les objections que nous pourrions opposer à ses dires ne tiennent pas la route, ça peut piquer les yeux des rageux et des marionnettistes qui nous tiennent (Sibeth Ndiaye n'avait-elle pas dit devant les caméras il y a quelques mois, qu'elle assumait très bien le fait de mentir pour protéger Macron ? Il y a un chapitre sur elle avec retranscription d'émissions de radio où elle était invitée qui vaut son pesant de cacahuètes).
Ce virus est dangereux oui. Oui mais… attention c'est là que ça va piquer certains noeils, nous sommes les seuls responsables de cette pandémie comme de tant d'autres. Nos modes de vie nous conduisent dans le mur. Ce virus est un des murs en attendant le prochain, plus dur encore.
Tous les thèmes chers à l'auteur y sont abordés car tout est lié. le mépris pour la nature, l'élevage, notre barbarie envers les animaux (d'élevage et sauvages), les inégalités et l'organisation de la société, en résumé, le VIVANT, ce miracle perpétuel que nous souillons.
Toutes les incohérences politiciennes, médicales, policières des deux derniers mois sont pointées du doigt.
Se souvenir de notre vulnérabilité, entendre la nature qui meurt par nos mains, identifier l'essentiel, remplacer la puissance par la plénitude, accepter que l'humanité est une, assumer ses responsabilités, retrouver l'humilité, être cohérent, désobéir à la stupidité. Voici quelques titres de chapitres, enfin de jours confinés, pour convaincre que ce journal n'a rien à voir avec un truc creux sans aucun intérêt comme l'ont fait certains écrivains… Ah, j'ai oublié celui du dimanche 5 avril, être épicurien : déconsommer, un chapitre que j'aime particulièrement.
« le sage évite tout excès de quantité, de nombre et de mesure, affirme l'un des tout premiers décroissants, Lao Tseu »
« Contrairement à une idée reçue, l'épicurisme est une recherche du plaisir… dans la modération. Il est donc logique d'affirmer : soyons épicuriens, décroissons ».
Mention pour le chapitre « accepter que l'humanité est une » où les fermetures de frontières sont mises à mal.
« L'homme n'est pas fait pour construire des murs mais pour construire des ponts, prête-t-on à Lao Tseu ».
Voilà le type de bouquin qui devrait se retrouver en tête de gondole dans tous les endroits où un livre est à vendre. Malheureusement, il faut fouiller pour le trouver. Etonnant non ?
Plus qu'un livre à mettre entre toutes les mains, c'est en plus un livre à faire circuler… comme ses autres titres.
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NoLezardo
  03 juillet 2020
Sous le format d'un journal de bord en milieu confiné, Aymeric Caron nous livre ses anecdotes de famille ainsi que son analyse percutante de l'actualité de ces dernières semaines. Aymeric Caron tient là une plume critique et documentée sur les modes d'organisation de nos sociétés modernes.
Aymeric Caron cite Guy Ernest Debord, écrivain, cinéaste et révolutionnaire français à qui l'on doit la conceptualisation sociopolitique de « spectacle » (Guy Debord, La société du spectacle, 1967). « (...) le discours médiatique (des mass media au moins) est tout entier dédié à la justification des ordres des propriétaires du monde, et que tous les « experts » qui envahissent les plateaux télé ou radio sont des serviteurs de l'autorité générale du spectacle » (pge 93 – 94, La revanche de la nature, Aymeric Caron).
La revanche de la nature, c'est aussi une hypothèse écosystémique de la survenue du virus Covid 19. L'apparition de ce dernier est à mettre en lien avec la propension de l'Homme à détruire les écosystèmes et d'en affaiblir la biodiversité. « (...) en détruisant massivement les forêts, nous abolissons les barrières de protection entre nous et le monde sauvage, et nous nous exposons par conséquent à des agents pathogènes nouveaux. le fait que nous exterminions directement les animaux sauvages eux-mêmes, et pas seulement leur habitat, est un facteur aggravant. Car les virus ont besoin d'hôtes. Si nous leur enlevons ceux qu'ils avaient l'habitude de fréquenter, il est logique qu'ils se reportent sur nous » (pge 34, La revanche de la nature).
A chaque jour, sa leçon pour poursuivre dans le monde d'après. Des propositions plus que nécessaires telles que la poursuite réfléchie et dosée du télétravail ou la réduction du temps de travail, des modes de consommation revus à la baisse.
Une lecture recommandée à ceux qui ne suivront pas, demain, les oriflammes du développement, de la croissance, du progrès ou de l'économie.
Une lecture pour ceux qui, au contraire, déposent leur confiance au pied d'autres croyances : l'autonomie, la solidarité et la liberté.
Lien : https://www.facebook.com/not..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
TerrainsVaguesTerrainsVagues   04 juillet 2020
Dimanche 29 mars.
2606 morts en France.
40174 cas sévères recensés en France.

(...)
Je ne sous-estime pas la gravité et le caractère exceptionnel de cette pandémie, mais n'en fait-on pas trop avec ce virus? Après l'indifférence coupable des premières semaines, n'a-t-on pas basculé en France dans un processus inverse qui confine à l'irrationnel ? Bien sur il y a ces morts traumatisantes, ces proches auxquels on ne peut même pas dire adieu. Près de 3000 officiellement en France et 30000 dans le monde. Combien dans quelques mois? 500 000? Un million? Ce virus nouveau nous inquiète d'autant plus qu'il n'est encore ni compris ni maîtrisé. Pour autant, la froideur de l'objectivité mathématique oblige à relativiser le nombre des victimes avérées et potentielles du SARS-CoV-2. Première observation: jusqu'à 650 000 décès par an sont dus à la grippe saisonnière, selon l'OMS. Pourtant cela ne déclenche aucune panique particulière. Peut être parce que la plupart de ces morts se situent dans les régions les plus pauvres du monde. La rougeole a tué plus de 140 000 personnes sur la planète en 2018 principalement en Afrique subsaharienne, alors qu'un vaccin existe. Cette même année, 1,5 millions de personnes, dont 250 000 enfants, sont mortes de la tuberculose, et le paludisme a fait 405 000 victimes parmi lesquelles 70% d'enfants de moins de 5 ans. La sous nutrition continue quant à elle à tuer 3 millions d'enfants par an selon l'UNICEF. Quelle est la difficulté qui empêche de mettre un terme à cette honte?Rien d'autre que l manque de volonté politique. La pneumonie et la diarrhée tuent 1,4 millions d'enfants chaque année, le tabac, 7 millions de personnes, l'alcool, près de 3 millions. La pollution (eau, air, exposition à des substances chimiques...) provoque la mort de 12,6 millions de personnes par an. L'antibiorésistance est responsable chaque année de 700 000 décès et elle pourrait en causer 10 millions par an en 2050 si rien n'est fait. La cause principale de notre résistance aux antibiotiques se trouve dans la consommation de viande d'animaux élevés... aux antibios, utilisés notamment comme facteurs de croissance.
Vous le comprenez: si nous étions cohérents et que nous considérions comme une impérieuse nécessité le fait d'empêcher toute mort humaine prématurée évitable, ainsi que semble l'exprimer la mobilisation sans précédent contre le SARS-CoV-2, alors nous devrions faire de la famine, de la rougeole (...) des combats prioritaires mobilisant budgets et gros titres.
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   03 juillet 2020
S'il n'était meurtrier, ce virus me serait sympathique. En quelques semaines, il vient de réussir ce que des décennies de lutte syndicale, de confrontations électorales et de publications scientifiques n'ont pas permis : les marchés financiers sont en perdition, les magasins remplis d'inutile sont fermés, les industries produisent et polluent moins, les stades ne résonnent plus des acclamations de joueurs multimillionnaires, les divertissements qui divertissent de l'essentiel sont empêchés, le temps peut se dilater et les humains réinvestissent le champ de nos préoccupations. Le monde ancien est baillonné, son modèle économique et social mis sur la sellette. Production, exploitation, compétition, innovation, bénéfices: soudain une langue ancienne.
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Videos de Aymeric Caron (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aymeric Caron
"Cette pandémie est une crise écologique majeure" A. Caron
Découvrez maintenant en librairie les "27 leçons pour le monde d'après", une proposition de réflexion menée par Aymeric Caron sur notre monde post-confinement.
Pour en savoir plus : https://www.albin-michel.fr/ouvrages/la-revanche-de-la-nature-9782226455116
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