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René L. F. Durand (Autre)Jean Blanzat (Autre)
ISBN : 2070369811
Éditeur : Gallimard (16/12/1977)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 79 notes)
Résumé :
Alejo Carpentier donne un goût exotique à la Révolution française. Ou comment les Antilles, Cuba, la Guadeloupe et les Guyanes reçurent les idées et événements français de 1789 à 1808. Sous nos yeux se tisse une histoire singulière car aux troubles français se mêlent des problèmes locaux, tels que l'esclavage ou les déportations massives à Cayenne. Malgré la somme de connaissances r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
nathalie_MarketMarcel
  03 septembre 2018
Tout commence dans une mystérieuse maison (plus tard nous saurons que nous sommes à La Havane à la fin du XVIIIe siècle) où le père vient de mourir. Carlos, Sofia et Esteban se retrouvent livrés à eux-mêmes, pour une année en dehors du temps et des règles de la société. Une nuit, des coups retentissent à la porte, un homme entre : il s'appelle Victor Hugues, c'est un négociant de Port-au-Prince. À partir de là nos héros se trouvent pris dans le souffle de la Révolution française.
La censure espagnole empêche bien sûr les terribles écrits français de répandre leur propagande. Mais à La Havane on fait la chasse aux francs-maçons. À Port-au-Prince les noirs se révoltent. Dans les Antilles les colons blancs soutiennent la monarchie anglaise par crainte des idées nouvelles. Bientôt Victor Hugues, terrible commissaire de la Convention, apporte la Révolution en Guadeloupe, la guillotine et le décret de libération des esclaves. Esteban est le témoin des événements : la Terreur, l'hypocrisie des blancs, l'incertitude dans laquelle se situent les îles où les nouvelles de métropole parviennent avec un immense retard, la Guyane utilisée comme bagne de relégation, le rétablissement de l'esclavage par Napoléon... l'émancipation ne gagnera pas les colonies espagnoles, et si peu les colonies françaises.
Dans ce roman historique, peu de dates et de mots d'esprit. Carpentier s'attache davantage à rendre l'atmosphère du temps : le sexisme et le racisme qui imprègnent toutes les relations humaines, la nature luxuriante, la violence, le chaos, l'apparition des passeports et des sauf-conduits qui clouent les individus sur place, le choc des idéaux sur la réalité économique et politique. Victor Hugues apparaît comme un chef de guerre, le gouverneur craint de la Guadeloupe puis celui de la Guyane, révolutionnaire devenu administrateur, planteur et propriétaire d'esclaves.
Mais Carpentier a d'abord écrit un roman. Carlos, musicien et négociant, ouvre et ferme le roman. Esteban connaît un véritable apprentissage, peut-être plus fait pour l'observation des plantes et des animaux que pour l'activisme politique. Sofia, élevée au couvent, se libère de sa famille et de sa société et choisit une vie de femme libre, à la consternation des hommes qui l'entourent. Chacun d'eux évolue dans ce monde révolutionné, tentant de se comprendre mutuellement.
J'ai eu l'impression d'un roman assez triste, plein de désillusion et de mélancolie, alors que le ton est en réalité plus partagé. Les jeunes gens ne restent pas soudés. La Révolution est incomplète. Les noirs sont toujours en esclavage malgré le récit de toutes les fuites et luttes des noirs pour échapper à leurs maîtres, comme un souffle de liberté qui ne s'éteindra jamais. À la fin, un nouveau tyran s'est installé en France. La famille est éclatée et voici que chacun est contraint de vivre loin des siens, loin de chez soi, dans un lieu situé aux confins du monde. Pourtant l'aspiration à la liberté reste intacte et enverra balayer tous les despotes et tous les individus.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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bina
  07 janvier 2017
Les Antilles au moment de la Révolution Française. Comment ces iles si lointaines vivent-elles ces événements historiques ? Quels en sont les soubresauts ? Comment la Révolution Française s'est-elle incrustée dans l'histoire locale ?
Différentes personnes éclairent cette histoire, certains réels et historiques, d'autres fictifs mais plausibles.
Le personnage de Victor Hugues, négociant, est un des vecteurs de cette histoire, transmettant aux iles aussi bien l'abolition de l'esclavage que son rétablissement. D'autres personnages sont passifs mais apportent leur regard sur l'histoire, Carlos, Sofia, Esteban…
Ce livre n'est pas facile d'accès, l'écriture est dense, ou bien est-ce la traduction, je ne sais pas. J'ai eu du mal à entrer dedans, et à m'accrocher, mais le sujet m'intéressait, j'ai persévéré, pour un nouvel éclairage d'un moment fondateur de l'histoire de France.
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Chixoo
  17 mai 2015
Il faut de la ténacité pour aborder cet ouvrage. Plus d'un aura buté sur les 3 premiers chapitres et abandonné avant l'heure et surtout avant d'y avoir pris goût. C'est un roman crescendo qui nous plonge en dehors des livres d'école et de notre vision standardisée de la Révolution Française.
Certes, l'écriture n'est pas légère, elle est riche et pourtant c'est une traduction. Mais le phrasé et le style utilisés nous rappellent qu'il s'agit de littérature.
Je ne dévoilerai pas l'intrigue ni le destin de ces personnages et vous invite à poursuivre, à ne pas céder aux premières difficultés car la satisfaction viendra à la fin, tout au bout du récit.
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LeilaZhour
  25 décembre 2014
Qui a su peindre mieux que lui une fresque de ce que fut la révolution française pour les Caraïbes?
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quemar
  24 août 2015
révolution française aux Antilles
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   21 mai 2018
Comme un long et terrifiant coup de tonnerre d’été, annonciateur des cyclones qui assombrissent le ciel et abattent des villes, la nouvelle brutale retentit dans toute l’enceinte de la Caraïbe, soulevant des clameurs et allumant les torches de l’incendie : la loi du 30 floréal, an X, était promulguée, d’après laquelle on rétablissait l’esclavage dans les colonies françaises d’Amérique ; elle annulait les effets du décret du 16 pluviôse, an II. Une immense allégresse éclata chez les possédants, planteurs et propriétaires terriens, promptement informés de ce qui les intéressait, si promptement que les messages avaient volé par-dessus les bateaux, car on avait appris en outre qu’on reviendrait au système colonial antérieur à 1789, ce qui permettait d’en finir une bonne fois avec les élucubrations humanitaires de cette sale révolution.
(...)
On fit savoir ensuite aux présents que ceux qui refuseraient de se soumettre à leur ancien esclavage seraient punis avec la plus extrême sévérité. Le lendemain leurs propriétaires viendraient se saisir à nouveau de leurs personnes, et les conduiraient à leurs propriétés, plantations et habitations respectives. Ceux qui ne seraient pas réclamés seraient mis publiquement en vente. Un vaste concert de pleurs, convulsifs, exaspérés, pleurs collectifs pareils à un ululement de bêtes traquées, s’éleva de la négraille, tandis que les autorités se retiraient, escortées par une batterie assourdissante de tambours… Mais déjà, de tous côtés, des ombres s’enfonçaient dans la nuit, recherchant la protection des fourrés et de la forêt vierge. Ceux qui n’étaient pas tombés dans le premier coup de filet gagnaient le maquis, volaient pirogues et barques pour remonter les rivières, presque nus, sans armes, résolus à retourner à la vie de leurs ancêtres, en un endroit où les Blancs ne pussent les rattraper.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   03 septembre 2018
Parfois Esteban était surpris dans ses voyages à travers le feuillage par quelque averse, et alors le jeune homme comparait, dans sa mémoire auditive, la différence qu’il y avait entre les pluies des Tropiques et les bruines monotones du vieux monde. Ici, une puissante et vaste rumeur, sur un temps maestoso, aussi prolongé qu’un prélude de symphonie, annonçait au loin l’avance d’une tornade, tandis que les vautours teigneux volant bas en cercles de plus en plus serrés abandonnaient le paysage.
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poupoumafiapoupoumafia   04 juin 2012
Les gens qui n'avaient jamais vu un trône l'imaginaient monumental et sans fissures. Mais ceux qui l'avaient eu devant leurs yeux connaissaient ses souillures et ses failles.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   03 septembre 2018
Tout était empaqueté, enrubanné, paré avec des couleurs de bonbon, de Montgolfière, de soldat de plomb, d’image pour illustrer Malbrough. Plus qu’en une révolution, on eût dit qu’on était dans une gigantesque allégorie de la révolution ; dans une métaphore de révolution faite ailleurs, centrée sur des pôles cachés, élaborée en des conciles occultes, invisibles pour ceux qui étaient anxieux de tout savoir. Esteban, peu familiarisé avec les noms nouveaux, hier ignorés, que l’on mêlait tous les jours dans les conversations, n’arrivait pas à voir clairement qui faisait la révolution.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   03 septembre 2018
Les temps étaient devenus si hasardeux que le voyageur s’attendait généralement au pire en se mettant en route, comme à l’époque lointaine du moyen âge. Et Esteban savait tout l’ennui que renfermait le mot aventure.
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Video de Alejo Carpentier (2) Voir plusAjouter une vidéo

Un romancier latino-américain Alejo Carpentier
Portrait d'Alejo CARPENTIER, à travers ses interviews, et ceux de Roger CAILLOIS, Wilfredo LAM, Jean-Louis BARRAULT, Jacques PREVERT. L'écrivain cubain, né en 1904, a vécu au Vénézuela, puis à Cuba après la révolution. Il devient en 1966, ambassadeur de Cuba en France, où il résidera jusqu'à sa mort, 1980 . Evocation de son oeuvre, de la création littéraire et artistique en Amérique...
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