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ISBN : 2368121889
Éditeur : Charleston (20/02/2018)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Trois femmes. Nées au tournant du siècle, entre 1873 et 1914, Colette, Simone de Beauvoir et Marguerite Duras ont partagé un point commun : une mère majuscule, qu'elle soit fusionnelle (Sido), autoritaire (Françoise de Beauvoir) ou ambivalente (chez Duras). Trois destins.
En les faisant revivre dans leur époque, l'exotisme de l'Indochine des années vingt chez Duras, la bourgeoisie du début de siècle chez Beauvoir, la Bourgogne pour Colette, Sophie Carquain e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
mumuboc
  22 juin 2018
Je suis toujours intéressée de connaître un peu plus sur les auteurs que je lis.... et là je suis ravie : 3 femmes, 3 personnalités, 3 mères....
Quelle influence peut avoir une mère sur la vie de sa fille ? Sûrement beaucoup, dans un sens ou dans l'autre : en rébellion ou en conditionnement....Trois biographies romancées que Sophie Carquain, journaliste et auteure pour la jeunesse mais aussi d'essais de psychologie avec Maryse Vaillant, connaît donc bien le rapport mère/fille, qui peut être complexe mais aussi chargé d'un passé, d'amour, d'investissement, de rêves.
Premier portait : Marguerite Duras - Un amour ambivalent
J'ai lu Un barrage contre le Pacifique et l'Amant de cette auteure et je connaissais un peu son enfance ayant effectué un voyage il y a quelques années au Vietnam (Nord et Sud). Je me suis retrouvée projetée à Hanoï et surtout Saïgon, l'ambiance, le climat, sa moiteur et ses paysages magnifiques.
La relation entre les deux femmes se comprend mieux avec les faits : amour/indifférence/rejet/investissement..... Sa mère, Marie Donnadieu, femme dure, n'aimant que son fils aîné, Pierre, le tortionnaire brutal, manipulateur de la famille à la différence de Paul, le frère chéri par Marguerite.
Enfance faite de violences, d'indifférence, de manque du père (disparu alors qu'elle n'a que 7 ans), de l'argent qui manque, des changements de condition, de lieux de vie.
Marguerite gardera pour sa mère des regrets : regret du manque de tendresse, de compréhension, d'amour mais lui trouvera des excuses. Elle lui doit une partie de sa carrière car c'est Marie qui l'a poussé à écrire : elle lui a reconnu (ou à voulu lui reconnaître) un talent d'écrivain et l'a poussé à écrire, ce qu'elle a fait avec le talent qu'on apprécie ou pas.
Deuxième portrait : Simone de Beauvoir - Amour autoritaire
C'est le portrait qui m'a le plus intrigué : qui était la mère, Françoise, la mère de cette féministe, à la très forte personnalité, qui a mené sa vie, ses amours avec une volonté, un déterminisme à toute épreuve ?
Simone est née dans les beaux quartiers, sa mère Françoise est une femme qui aime sa condition : bourgeoisie, religion, femme au foyer, amoureuse de son mari, fière de ses filles mais elle a souffert toute sa vie de ne pas avoir fait d'études. Une femme n'avait comme avenir que le mariage. Elle poussera Simone à faire des études, de belles études, elle en avait la capacité. Par contre elle sera avare de tendresse, d'amour. Simone sera toujours en quête d'un geste, d'un mot d'amour
Naturellement, cela m'ennuyait de ne pas être populaire. Mais quand je comparais tout ça aux satisfactions que je trouvais à lire et à apprendre, le reste perdait de son importance. (p157) Simone de Beauvoir.
Troisième portrait : Colette - Un amour fusionnel
Toute autre ambiance dans la relation entre Colette et sa mère, Sidonie. Sido, orpheline presque dès la naissance, a sûrement souffert de ce manque et a reporté sur sa fille tout l'amour qu'elle aurait aimé recevoir.
C'est une contemplative, qui observe tout : la nature, les gens. Elle poussera Colette a regardé autour d'elle pour comprendre la vie. Tout y est dit. Elle sera une mère envahissante, exclusive qui souffrira de sa mise à l'écart lorsque Colette rencontrera celui qui deviendra son nouveau mentor : Willy, l'opportuniste.
Ces trois portraits sont passionnants car on découvre l'influence d'une mère sur le devenir d'un enfant, dans un sens ou dans l'autre, positif ou négatif mais l'auteure apporte également sa touche personnelle par ses connaissances et recherches sur le sujet et quelque fois aussi par sa relation avec ses enfants.....
On se retrouve, en tant que mère, à un moment ou à un autre, on se pose des questions sur notre propre relation à notre fille, les transferts que l'on peut faire mais aussi de notre relation à notre propre mère.
Nous sommes toutes (et tous) l'enfant d'une mère : nos vies, nos actes sont très souvent influencés par notre enfance, la mère, surtout à cette époque, jouait un rôle prédominant dans le devenir de la "future femme". Elle avait en charge l'éducation : religieuse, morale, scolaire et avec des femmes comme Duras, Beauvoir et Colette, cette éducation a été la source de leur devenir.
Pour amener nos filles à s'épanouir, à réussir, ne doit-on pas accepter de vieillir, de grossir, de perdre son "brillant", sa séduction et son sens de l'humour, bref de mourir un peu ? (p243)
L'auteure a bien choisi les trois femmes et les trois amours si différents de leurs trois mères : ambivalent, autoritaire et fusionnel. 3 femmes, 3 styles, 3 mères. 
Une mère imprègne sa fille, volontairement, ou non, ce qu'elle est, ce qu'elle aurait aimé être, sa force, ses faiblesses, ses manques, l'amour ou la distance, mais même quand elle est absente, la mère marque pour toute une vie :
Quand une mère disparaît, nous regrettons sa présence, quand un père disparaît, souvent, nous regrettons ses silences.(p259)
J'ai beaucoup aimé cette lecture, je l'ai dévorée, car au-delà de la vie de ses trois filles devenues des femmes-écrivaines, on se plonge dans une relation si difficile, que rien ne nous prépare à vivre sinon notre propre relation à notre mère et notre instinct, développé ou non.
Une question que je me pose : seraient-elles devenues ce qu'elles ont été avec une mère différente ?

Lien : http://mumudanslebocage.word..
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Sophie_Bazar
  15 mars 2018
Sophie Carquain nous propose le triple portrait de femmes puissantes sous un angle particulièrement intéressant, celui de leurs mères : si Colette a fait passer Sido à la postérité et Marguerite Duras a évoqué sa mère dans « Un Barrage contre le Pacifique« , en revanche on ne connait presque rien de celle de Simone de Beauvoir.
Concentrée sur l'enfance, moment où la mère a le « pouvoir », l'auteure compare, tisse des liens, note les points communs ou les différences (de milieux notamment) entre ces grandes écrivaines. Puis vient avec la jeunesse l'émancipation du lien maternel, voire la tentative de brisure nette (parfois dans la violence), éloignement mais jamais rupture totale finalement, car qu'on les aime ou les haïsse nos mères nous font et nous défont, et leur influence sur la vie ou l'oeuvre sont tangibles d'une façon ou d'une autre.
C'est passionnant à lire, car même si ce ne sont pas n'importe quelles filles, et pas n'importe quelles mères, ces relations fusionnelles, autoritaires, intrusives, nous renvoient forcément à notre rapport avec la nôtre.
Enfin, et ce n'est pas le moindre des mérites de l'ouvrage, il réveille l'envie de (re)lire et (re)découvrir Colette, Marguerite Duras et Simone de Beauvoir sous un prisme nouveau.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
mumubocmumuboc   22 juin 2018
Pour amener nos filles à s'épanouir, à réussir, ne doit-on pas accepter de vieillir, de grossir, de perdre son "brillant", sa séduction et son sens de l'humour, bref de mourir un peu ? (p243)
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mumubocmumuboc   22 juin 2018
Naturellement, cela m'ennuyait de ne pas être populaire. Mais quand je comparais tout ça aux satisfactions que je trouvais à lire et à apprendre, le reste perdait de son importance. (p157) Simone de Beauvoir.
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mumubocmumuboc   22 juin 2018
Quand une mère disparaît, nous regrettons sa présence, quand un père disparaît, souvent, nous regrettons ses silences.(p259)
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Sophie_BazarSophie_Bazar   15 mars 2018
Quand une mère disparaît, nous regrettons sa présence. Quand un père disparaît, souvent, nous regrettons ses silences.
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Sophie_BazarSophie_Bazar   15 mars 2018
Elle avait la grâce des mères occupées d’autre chose que de leurs enfants. La grâce des mères amoureuses.
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