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Jacques Martinache (Traducteur)
ISBN : 2258048990
Éditeur : Les Presses De La Cite (12/09/1999)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 349 notes)
Résumé :
New York, juin 1897. L'épouse éplorée d'un diplomate espagnol engage la détective Miss Sara Howard pour lui venir en aide : sa petite fille a disparu...

Immédiatement, l'équipe de Lazio Kreizler se reconstitue autour de Sara, et de déductions en analyses, le profil psychologique du kidnappeur apparaît peu à peu sur leur grand tableau noir.

Se dresse progressivement le portrait d'un être dont les mobiles ne sont pas politiques, d'une per... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
filippo
  23 mai 2017
C'est une intéressante découverte de lire ce roman de Caleb Carr et nul besoin de lire l'Aliéniste son premier avec le fameux Dr. Kreizler pour apprécier ce très bon livre policier. Il déborde du cadre des polars traditionnels de bien des façons. Il nous transporte dans le New-York d'il y a plus de 100 ans sans jamais tomber dans la lourdeur de certains romans historiques. J'ai eu l'étrange impression de lire un roman écrit à l'aube de l'an 1900 par un écrivain du calibre et du style de Charles Dickens. La sensiblerie en moins.
Après un léger flottement d'intérêt pour quelques chapitres dans la première partie, tout le reste de l'histoire a captivé mon attention et ma curiosité. Si la traque de la meurtrière est bien le moteur de l'action, l'histoire d'amour du narrateur est passionnante aussi. Ce n'est qu'une fois le livre terminé que j'ai réalisé que j'avais fait un très bon voyage dans le temps.
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pompimpon
  21 avril 2019
Voici donc le second (et dernier, je le crains) volet des aventures de ce groupe improbable formé autour du Docteur Lazlo Kreizler dans L'Aliéniste, auquel il est fait référence à plusieurs moments dans cet opus puisqu'il s'est passé à peine une année entre les deux affaires.
On y retrouve Sara Howard, qui a quitté la police de New-York pour fonder son agence de détectives, le journaliste John Moore, les brillants inspecteurs Lucius et Marcus Isaacson, le géant musicien Cyrus Montrose, ainsi que le gamin attachant Steve Taggert, pupille du docteur Kreizler et accessoirement son cocher.
Stevie est cette fois-ci le narrateur, à la suite du pari qu'il fait en 1919 avec Mr Moore. Il revient donc aux évènements qui les ont confrontés à Mrs Elspeth Hunter en 1897, lorsque Miss Howard est recrutée par la Señora Linares pour retrouver sa petite fille disparue.
L'enquête démarre sur fond de dissensions entre l'Espagne et les Etats Unis ; en effet, l'enfant est la fille d'un diplomate espagnol en poste à New York, et ce qui se révèle être un enlèvement peut être le détonateur qui plongera les deux pays dans un conflit ouvert (dans les faits, la Guerre hispano-américaine éclatera en avril 1898).
Mais, très rapidement, l'équipe qui s'est reformée à l'appel de Miss Howard se retrouve face au ravisseur de l'enfant, une femme dont le souvenir hantera chacun des enquêteurs-détectives : Mrs Elspeth Hunter, une incarnation du Mal comme on en fait peu.
Tous comprennent rapidement que l'aspect politique n'est pas à négliger, pour éviter de plus fortes tensions, mais qu'il n'est pas le mobile.
On retrouve dans la trame de ce livre la quête des motifs du criminel dans son passé, qui participait déjà de la démarche de L'Aliéniste. Mais le travail d'investigation reconstituant le parcours de cette femme prend beaucoup plus de place dans L'Ange des Ténèbres, parce que nos héros sont totalement impuissants face à cet être, à sa capacité d'abominations et à ceux qui la protègent.
Il est donc primordial pour le Docteur Kreizler et ses compagnons de la comprendre afin de tenter d'anticiper ses réactions et l'empêcher de nuire.
J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir les personnages de L'Aliéniste. Caleb Carr a un talent certain pour les situer dans le groupe, mettre en avant les liens et les épreuves qui les unissent, l'attention qu'ils portent les uns aux autres. Ils se complètent formidablement pour mener les enquêtes, chacun ayant ses compétences spécifiques.
Le New York fin de (XIXe) siècle est toujours aussi bien décrit. A cela s'ajoutent toute cette découverte de l'état de New York en suivant l'Hudson pour remonter dans le passé de Mrs Elspeth Hunter, ces paysages qui enthousiasment Stevie, ces villes-champignons sans grâce qui le désolent au premier abord.
J'ai vraiment apprécié la façon dont les membres du groupe doivent agir pour contrer la malfaisance de cette femme, qui les amène forcément à réviser de que tous sauf Sara pensent du crime féminin, impossible même à envisager pour certains d'entre eux puisque La Femme en est incapable voyons... ou alors c'est qu'elle est folle. Les réticences des uns et des autres, ou les limites à leur compréhension qui seront balayées par les faits au fil du récit, sont bien amenées, bien situées dans la société de l'époque.
Cela reste un vrai sujet de réflexion aujourd'hui, d'ailleurs, et bien des remarques de Sara et du Docteur Kreizler peuvent être reprises telles quelles.
Le suspens de cette enquête avec ses fausses pistes, ses culs de sac, ses révélations, ses rebondissements, m'a tenue en haleine jusqu'au bout. La minutie qu'y apporte Caleb Carr explique les 720 pages du livre, mais ça déroule sans effort, la lecture en est aisée et les héros attachants.
Il n'y aura manifestement pas de troisième tome...
Je devrai me contenter de ces deux-là.
Soupir...
Dommage, je serais bien retournée au 808 Broadway pour de nouvelles affaires, et j'aurais bien passé des soirées à écouter Sara, Lazlo, John, Cyrus, Lucius, Stevie, Marcus confronter leurs opinions et parler de leurs trouvailles pour faire progresser l'enquête, confortablement installée avec eux dans le salon du Docteur...
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Natacha851
  08 septembre 2013
Je fis la connaissance du Dr Kreizler en lisant l'aliéniste.
Ce dernier m'avait plu et donc, tout naturellement, j'ai lu la suite, l'ange des ténèbres.
C'était il y a déjà 8 ans ( le temps passe si vite! :).
Même si je savais que ce livre m'avait marquée, j'étais incapable d'écrire la critique (et tenant à l'écrire!), ne me rappelant plus l'intrigue principale.
Raison pour laquelle, ce fût ma lecture de l'été.
Nous pouvons trouver des défauts à cette histoire:
-l'ambiance gentillette au sein de l'équipe du docteur.
-le personnage même du docteur qui semble tout deviner si facilement (un Sherlock psychologue. L'auteur a écrit d'ailleurs une nouvelle histoire pour le détective, le secrétaire italien)
-Des moments un peu long, notamment, pour moi, certaines scènes du jugement.
Mais malgré cela, L'aliéniste et l'ange des ténèbres sont des livres qui m'ont marquée.
Pour plusieurs raisons: mon goût pour les thrillers, pour la psychologie mais aussi mon coup de coeur pour les personnages.
Le Dr Kreizler d'abord, personnage, certes presque caricatural mais charismatique et même touchant et son équipe composé de personnalités différentes.
Concernant l'ange des ténèbres, j'ai apprécié tout particulièrement le narrateur (différent de l'aliéniste où c'était Mr Moore), Stevie.
C'est un enfant de 13 ans (mais narrant cette histoire à l'âge adulte), ancien voyou qui fut mis au service du docteur par ce dernier.
Il nous explique ici l'affrontement entre la fameuse équipe et Libbie Hatch.
Le meurtrier est donc une femme. Je ne dévoile pas la fin puisque nous le savons dès le début! :)
Chose rare que de voir une femme à l'oeuvre.
Ceci permettant à l'auteur de nous démontrer les problématiques que peut engendrer un fait comme celui-ci à la fin du XIXe siècles.
Un livre donc que je conseille aux amateurs des ambiances XIXe et aux thrillers très psychologiques.
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Floccus
  06 décembre 2012
On retrouve dans L'ange des ténèbres la même équipe de détectives improvisés que dans l'Aliéniste : M. Moore, un journaliste bon-vivant féru de jeux et de bonne chère; les frères Issacson, policiers juifs de la ville de New York aux méthodes scientifiques très décriées en ce début de XXe siècle; Miss Howard, détective privée féministe à la gachette facile; le docteur Kreizler, aliéniste humaniste; Cyrus, grand noir silencieux et paisible et enfin le jeune Stevie, ancien enfant des rues grand amateur de cigarettes recueilli par le docteur Kreizler.
Chacun à leur manière, ils vont participer à la recherche des indices qui leur sont nécessaire pour mettre en accusation Libby Hatch, femme difficile à cerner et aux personnalités multiples, coupable de nombreux crimes, comme nous le découvrirons au fil de l'enquête.
L'écriture est très belle, fine, fouillée, construite. Les termes sont choisis avec soin et l'on sent derrière cet ouvrage une recherche poussée de l'auteur sur l'histoire, l'architecture, les connaissances en criminologie et en psychologie de l'époque, le phénomène des enfants des rues, les mouvements féministes et la place de la femme. le travail de la mise en contexte est très impressionnant.
Le personnage de Libby Hatch est assez fascinant et on se laisse entraîner dans cette enquête improbable pleine d'embûches et de multiples découvertes sur la personnalité ambiguë de cette femme.
J'avoue cependant que j'ai fini par trouver le roman un peu long, surtout dans le dernier tiers. J'ai survolé le récit du procès, avec ses plaidoiries interminables. La fin, grandiloquente et pleine d'action – qui tranche avec le reste du livre tout en réflexions et en discussions entre les personnage – m'a laissée froide. J'aurai imaginé une autre fin pour un tel personnage, plus en mystère et en noirceur.
Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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Poljack
  15 juin 2018
Mon avis :
L'ange des ténèbres fait suite à L'aliéniste, mais il en est totalement indépendant. Ce qui tombe bien, je n'ai pas lu le précédent ! Je n'ai pas non plus vu la série tirée de ce roman, mais j'avoue qu'après la lecture du deuxième volet, j'ai envie de connaître le premier, autant sous forme de livre que de feuilleton télévisuel.
Dans ce roman, nous sommes au tournant du siècle, en 1897. C'est le balbutiement de l'utilisation de la science dans les affaires criminelles. Les empreintes digitales ne sont pas encore reconnues comme preuve irréfutable. du moins pas en Amérique. Pas plus que la balistique. Quant à la psychologie, elle est encore très loin d'avoir une réelle reconnaissance de l'administration juridique.
L'auteur s'intéresse particulièrement aux crimes commis par des femmes, et à leur impact sur la société. C'est donc très habile de sa part d'avoir formé ce petit groupe d'enquêteurs formé de deux flics, précurseurs de la police scientifique, une femme détective privée, engagée dans la lutte pour le droit des femmes et surtout, un psychiatre, ou plutôt, un aliéniste, comme on les appelait alors. Il y a également un journaliste qui cumule autant de qualités que de défauts (joueur, buveur, un peu macho et trouillard, mais généreux et entêté…), un grand noir balèze qui sait jouer du point, mais aussi du piano, et le narrateur, un gamin des rues que le docteur Kreizler a pris sous son aile. On a donc tout d'une véritable enquête policière, mais grâce à cette galerie de personnages, elle est abordée sous l'angle de la psychologie et sur un fond de critique sociale. Sans oublier, bien sûr, le contexte historique.
L'histoire à peine commencée, on connaît déjà la coupable… C'est donc sur la recherche de preuves que va se concentrer l'équipe d'enquêteurs. Et la compréhension de ce qui a poussé cette femme à commettre des crimes. le récit, agencé de main de maître, nous promène dans le New York de cette fin du XIXe et la province environnante, à la rencontre d'une société qui n'est pas tout à fait passée dans le siècle de la modernité. Les vieilles croyances y ont la vie dure, et la lumière de la science a encore du mal à percer les ténèbres des préjugés et des superstitions.
L'auteur gère parfaitement la progression de son histoire, à la façon américaine, c'est-à-dire en suivant la recette. le dosage des ingrédients (suspense/découvertes ; actions/descriptions…) est réalisé au quart de poil, le résultat est calibré dans les normes. Bien souvent, ce savoir-faire aboutit à un livre agréable à lire, mais un peu fade… Caleb Carr dépare légèrement dans ce lot, sans toutefois nous transporter vers les sommets de l'art littéraire. Ça reste quand même une peu trop lisse à mon goût. Il a surtout pour lui une belle galerie de portrait et une certaine originalité dans l'angle de vue, le tout dans une langue très dix-neuvième siècle où la verve du narrateur fait merveille.
Malgré mes réserves de lecteur exigeant, j'ai vraiment dévoré avec gourmandise ce pavé de 620 pages. Il est conçu pour plaire au plus grand nombre et réussit parfaitement sa mission, cependant, les qualités du récit l'emportent sur son côté « industriel », et après tout, avec ce genre de lecture, l'important n'est-il pas de se faire plaisir.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
StefEleaneStefEleane   17 avril 2013
Il y a probablement une façon bien tournée de commencer une histoire comme celle-là, une accroche habile pour attirer les gogos plus sûrement que le meilleur bonneteur de la ville. Mais la vérité, c'est que je n'ai pas la langue assez bien pendue ni l'esprit assez vif pour ce genre de jeu. Les mots n'ont pas joué un grand rôle dans ma vie, et si, avec les années, j'ai rencontré un grand nombre de ceux qui passent pour les grands penseurs et les beaux parleurs de notre époque, je suis resté ce qu'on appelle un homme simple. Et une façon simple de commencer me conviendra parfaitement.
La première chose à faire, pour rester dans la simplicité, c'est d'expliquer pourquoi j'ai fermé la boutique un soir où j'aurais pu me faire encore pas mal d'oseille. Un de ces soirs superbes que j'adorais, dans le temps, un soir où on peut s'asseoir sur le trottoir en manches de chemise et regarder tout ce qui se passe en soufflant la fumée d'une bonne cigarette vers les étoiles, au-dessus de la ville, en pensant que ça vaut peut-être le coup, finalement, de vivre dans cet asile de fous. La circulation - des automobiles et des camions à essence, qui se mêlent maintenant aux vieux canassons tirant des charrettes et des calèches - a ralenti un peu vers minuit; bientôt, ces messieurs-dames d'après le souper sortiront de l'Albertmarle Hotel et du Hoffman House pour venir acheter leurs cigarettes de luxe. Ils se demanderont pourquoi j'ai bouclé si tôt mais ne tarderont pas à se diriger vers une autre boutique, et, après leur passage, le calme reviendra autour du majestueux Flatiron Building.
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StefEleaneStefEleane   22 avril 2013
Quand nous atteignîmes le quai, Cyrus tira un billet de son porte-feuille, le fourra dans la main tremblante du cocher avec ces simples mots, "reste ici", ordre auquel l'homme n'était pas en état de désobéir.
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JLM56JLM56   24 février 2012
Il y a un fossé entre explication et excuse
Extrait de: L'ange des ténèbres
Peu de gens au monde savent parler pour ne rien dire comme le psychologue ou l'aliéniste moyens.
Extrait de: L'ange des ténèbres

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TorellionTorellion   05 avril 2016
Pendant quelques minutes je continuais à enlever du sabot de mon cheval la boue à présent amollie par mes larmes silencieuses.
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GBGB   12 mai 2018
La peur, c'est rien d'autre que du bon sens, des fois. (p. 420)
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