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ISBN : 2020291541
Éditeur : Seuil (01/01/1997)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 172 notes)
Résumé :
(Points)
Tout commence avec le souvenir d'un cordon de lampe qui n'existe pas. La plupart des gens se disent « c’est bizarre » et passent outre. Pas Philip K. Dick. Pour lui, c'est le début d'un doute incessant : sommes-nous vraiment réels ? Vivants ou bien morts ? L'existence de l'écrivain sera guidée par ces retournements, tour à tour époux modèle, grand psychotique, fervent catholique, junkie...

« Il faudrait un jour, pensa-t-il, écrire un l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Tempuslegendae
  02 octobre 2013
Emmanuel CARRERE disait de Philip K. Dick: «Il faisait partie de la catégorie des gens qui cherchent une signification à ce qui n'en a peut-être pas.» Connaissant notre romancier, il avait décidé de parler de cet auteur de science-fiction si particulier, qui rêvait d'écrire lui aussi de «vrais romans». «Je suis vivant et vous êtes morts» est sans nul doute une réussite littéraire. On y trouve la genèse et les ingrédients du monde dickien: son enfance marquée par l'absence d'un père ou, pire encore, ses blagues douteuses (un jour, il décide de porter un masque à gaz pour amuser son fils, épisode qui restera gravé dans la mémoire de l'enfant comme un évènement grandement traumatique), son adolescence et le côtoiement avec l'univers des psychiatres et de leur langage. L'écrivain se construit par le biais d'une lucidité violente qui l'entraine à user de jeux variés pour créer une distance acceptable au monde, qui lui permette de le supporter. Arrivent les premières histoires d'amour et les premières unions, la paternité, le dégoût ou la peur de l'autre, la crainte de l'abandon aussi. Emmanuel CARRERE, fin chirurgien des mots et des détails, mêle une infinité d'éléments, tous précieux; il tisse les informations les unes aux autres, les met en scène, il romance pour donner du relief et se montre un merveilleux écrivain. Il arrive même que les existences des deux hommes se rencontrent dans leur rapport au monde et à la littérature.
Qui aurait cru que Monsieur CARRERE soit si attiré par la science-fiction au point de s'acoquiner avec elle et s'en servir dans bon nombre de ses ouvrages? Peut-être cernons-nous plus facilement cette attirance pour la science-fiction, ce qu'elle apporte aux lecteurs et aux cinéphiles, ce qu'elle continue de nous apprendre, ses limites aussi et pourquoi les écrivains d'aujourd'hui qui la servent se sentent parfois si frustrés qu'ils voudraient l'abandonner sans regret, pouvoir la considérer seulement comme un tremplin vers l'écriture.
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BMR
  29 septembre 2016
Confessions d'un barjo.
On avait été emballé par la biographie de Limonov romancée par Emmanuel Carrère.
En tournant autour de cet auteur, voilà-t-y pas qu'on découvre qu'il a également commis une bio de Philip K. Dick ?
Il n'en fallait pas plus pour nous précipiter quelques trente ans (chut !) en arrière.
À l'époque, on comptait parmi les fans et avait lu et relu toute la prose du barjo. Il faisait partie, comme le dit E. Carrère :
[des] admirateurs étrangers de Dick : babas bon teint, gauchistes marcuso-reichiens, inoffensifs barbus.
Parce que Philip Kindred Dick, tout le monde connait (si, si) ne serait-ce que par les nombreux films adaptés de ses oeuvres au ciné : Total Recall, Blade Runner, Minority Report, L'agence, … c'est lui. Même le Truman show est très fortement inspiré des délires dickiens.
Mais avant cette (relative) célébrité cinématographique, Dick était réputé comme un auteur complètement délirant de romans de SF complètement délirants.
Ses histoires étaient celles du gars qui rêve qu'il est mort alors qu'il est vivant dans un autre monde parallèle, le vrai monde, mais en fait le gars est habité par quelqu'un d'autre qui lui, est bien mort mais que finalement il ne rêve pas … Comment ça, vous n'avez pas suivi ?
C'était la bonne vieille époque du LSD (T. Leary, A. Huxley, Lucy in the Sky with Diamonds, …) même si Dick n'en n'a quasiment jamais pris : hypocondriaque notoire, il était plutôt accro à diverses substances psychotropes vendues légalement en pharmacie pour se sentir d'abord plus cool, et ensuite d'autres pour être un peu plus speedé parce que trop mélancolique, et alors d'autres encore pour moins d'euphorie, puis … bon, faut que je retourne en chercher, y'a plus rien dans l'armoire à pharmacie.
Le roman d'E. Carrère nous apprend, ou plutôt nous confirme, que Philip K. Dick était bien barjo et carrément : paranoïaque à tendance schizoïde (c'était le temps de la guerre froide puis de Nixon), il ne faisait pas vraiment de différence entre ses romans et sa vie. Ce fut sans aucun doute très bien pour ses écrits, pour le cinéma et pour nous, mais ce fut dramatique pour tous ses proches, ses amis et ses diverses compagnes qui ne tenaient jamais bien longtemps.
Accessoirement, ce fut dur aussi pour ses docteurs et autres psychiatres qu'il arrivait à embobiner avec naturel et facilité en fonction de ses envies : jouer (?) au barjo quand il avait besoin de quelques substances (avec même le bon profil adapté à la pilule souhaitée), ou feindre le gars plus normal que vous et moi quand c'était nécessaire, ou bien encore, docteur dites-moi que c'est moi qui suis fou hein ? Aaaarrgh …
Pour résumer parfaitement tout cela, on peut citer l'anecdote du cambriolage. Sa maison sur la côte ouest fut un jour visitée, cambriolée et pas mal saccagée. Bien sûr il y voyait la main sournoise du KGB. Ou plutôt celle du FBI qui voulait faire croire à un coup monté par les communistes. À moins alors que les rouges n'aient réussi à manipuler la CIA ?
Bref, je vous épargne toutes les hypothèses, j'ai pris que les plus simples et les plus évidentes. Dick porte plainte. Pour une fois, sympas, les flics de Beverley l'écoutent et se déplacent même jusque chez lui pour le constat.
En partant, le flic : mais pourquoi vous avez fait ça ? Aaaarrgh …
Voyez docteur, un parano a aussi des ennemis.
Et donc on parcourt avec E. Carrère toute la vie du cher barjo.
Qui démarre fort, puisque sa mère laisse quasiment sa soeur jumelle mourir de faim en quelques semaines et que sur la tombe de la petite, le père fait également graver le nom du garçon en laissant vide (ouf) la date de fin. On choisit pas ses parents.
Toute la vie du barjo défile donc. Avec ses bouquins, ses essais, ses notes, ses erreurs, ses ratages, ses romans inachevés, ses reprises, et même ses succès.
On y croise même de nouveau (simple hasard puisque le bouquin date de 1993) Hannah Arendt :
[…] C'est une idée qui l'avait beaucoup frappé en lisant Hannah Arendt : que le but d'un état totalitaire est de couper les gens du réel, de les faire vivre dans un monde fictif.
E. Carrère s'étend un peu trop longtemps sur ce mélange osmotique entre la vie et l'oeuvre (façon relecture d'un exégète) : certes, on comprend bien que Dick ne faisait guère de différence entre les deux mondes (comment ça docteur, il n'y a que deux mondes ?) mais le procédé est un peu répété longuement et il n'était peut-être pas utile de détailler tout cela pour chacune de ses oeuvres majeures : Ubik, le maître du haut château, Simulacres, Les androïdes … même si cela nous rappelle toute une époque, ah nostalgie …
Au fil des années, Dick finira par écrire de moins en moins et du coup, c'est le roman de Carrère qui décolle pour brosser un portrait plus humain d'un écrivain vieillissant et tourmenté, le cerveau complètement tourneboulé, ne serait-ce que par toutes les pilules avalées depuis ces années, mais c'était pour aller mieux hein ?
À l'approche du dénouement, les peurs exagérées du bonhomme (qui suis-je et où cours-je ?) se rapprochent alors de nos propres incertitudes.
Cette deuxième partie du bouquin est de loin la meilleure alors que paradoxalement la première moitié n'a pas réussi à nous donner suffisamment l'envie de replonger de nouveau à corps perdu à cerveau fondu dans l'une des grandes oeuvres de Maître Dick. Faut dire que contrairement à nous, ces histoires-là ont dû quand même vachement mal vieillir … ?
Pour celles et ceux qui aiment savoir s'ils rêvent en dormant ou le contraire.
Lien : http://bmr-mam.blogspot.fr/2..
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oblo
  27 mai 2015
A travers cette biographie romancée, Emmanuel Carrère retrace la vie et l'oeuvre de celui qui est considéré comme l'un des plus grands auteurs de science-fiction, Philip K. Dick. de Ubik à la trilogie divine, c'est une oeuvre romanesque dense qui est revisitée tandis que Carrère retrace les moments de la vie de cet homme si particulier que fut Dick : hallucinations (Dick, à ce propos, n'avait pas besoin de drogues pour en avoir), délires, soupçons de complots ... Dick apparait comme une sorte de génie visionnaire, à la limite de la folie parfois. Toutefois, Carrère nous invite aussi à repenser notre vision du monde : si Dick n'est pas fou, alors ses errements psychologiques n'en sont plus. Qui peut affirmer que Dieu n'existe pas ? Que nous ne sommes pas des cadavres cryogénisés asservis par un empire maléfique qui nous maintient dans une réalité virtuelle ?
Dick se rêvait écrivain, dans la Grande Littérature. Lui, seul rescapé d'un couple de jumeaux dont la soeur mourut, faute de lait maternel, écrivit de la science-fiction, genre bâtard qui ne fut acclamé que dans les années 1970, et encore parce que Dick, entre autres, avait montré à la voie à des questionnements autrement plus philosophiques que les traditionnels space-opera. A la fin de sa vie, paranoïaque, il se tourna vers la religion, se rêvant en prophète à venir, tentant de se suicider, mourant à 52 ans seulement sans savoir s'il était lui ou bien un androïde rêvant de moutons électriques.
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Bruno_Cm
  16 janvier 2019
Pour écrire une biographie de Philip K. Dick, il faut être fou, être fou et être fou. Trois qualités essentielles. Pour faire publier cette biographie, il faut être fou une nouvelle fois, à nouveau, à neuf.
Cette vie est une vie dingue, vertigineuse de génie, et une accumulation de taches, de stupidités souvent, d'un homme-personnage, d'un Rat, d'un ascète et d'un expérimentateur de tout ce qui stupéfie... D'un courageux peureux. de la peur d'être seul, de la peur d'imaginer, de son imagination, et de l'impossibilité de ne pas se faire peur.
Bon, je crois que sur Philip K. Dick on a tout dit, ou presque rien.
Emmanuel Carrère se démerde bien dans cet ouvrage, dans son genre particulier où il se met lui-même aussi un peu à nu et en scène, mais me semble-t-il un peu moins que dans certains autres de ses livres. La contextualisation intrinsèque de l'auteur... quelque chose comme ça... marche plutôt bien, donne un petit plus.
Livre au demeurant très intéressant, pas évident, évidemment, parce que Dick, parce que Carrère... ?
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liberliger
  08 octobre 2014
Bien sûr Philip Kindred Dick est l'un des plus grands écrivains de SF du XXe siècle et sans doute aussi l'un des grands écrivains américains tout court. Sa névrose explique bien évidemment son oeuvre, truffé d'angoisses existentielles et d'univers gigognes. Ceci étant dit, le personnage n'est pas bien folichon et sa vie fut somme toute assez terne. A partir de là, il est bien difficile d'écrire une biographie très palpitante. Même si Carrère réussit la prouesse d'écrire parfois comme le maître (du Haut-Château...), passé la moitié de l'ouvrage ça tourne un peu beaucoup (trop) en rond autour de la névrose paranoïaque de ce cher Dick et l'ennui pointe son nez assez rapidement.
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critiques presse (1)
LeFigaro   23 mai 2012
L'écriture d'Emmanuel Carrère est extraordinairement hypnotique tout en paraissant simple.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Bruno_CmBruno_Cm   16 janvier 2019
Ce qu'il faut dans la vie, répétait Dick, c'est savoir réparer sa voiture. Pas n'importe quelle voiture, pas les voitures en général car rien n'existe en général. Il n'existe que des choses particulières, et celles qui se trouvent sur notre chemin devraient largement suffire à nous occuper. Tout le reste est dangereux. On commence par noter des répétitions saugrenue, imaginer des connexions rigolotes, et on se retrouve à croire qu'un dessein global régit tout, à vouloir le percer, bref on est devenu paranoïaque. Méfiez-vous, jeunes gens, il suffit de mettre un doigt dans l'engrenage. Et je sais de quoi je parle : c'est mon histoire.
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Bruno_CmBruno_Cm   16 janvier 2019
Adolescent, Dick acquit avec les tests le même genre de familiarité, mais en fit un usage autrement virtuose. Jouant de son intuition, de sa jeune expérience et de la rigidité du système, il apprit à déjouer les pièges que cachaient les questions et à deviner les réponses qu'on attendait de lui. Sachant, comme un élève qui s'est procuré le livre du maître, quelles cases cocher dans le Wordsworth Personal Data Sheet ou le Minnesota Multiphasic pour donner satisfaction, quel dessin repérer dans telle tache du Rorschach pour susciter la perplexité, il fut à volonté normalement normal, normalement anormal, anormalement anormal, anormalement normal (son triomphe) et, à force de varier les symptômes, fit tourner chèvre son premier psychiatre.
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Bruno_CmBruno_Cm   16 janvier 2019
Je crois qu'à l'instant d'après la mort la Réalité nous apparaîtra enfin. Les cartes seront enfin retournées, la partie terminée, et nous verrons clairement ce que nous avions seulement soupçonné, entrevu dans un miroir, obscurément, C'est ce que dit Sain Paul. C'est ce que dit le Bardö Thodol. C'est ce que dit Winnie l'ourson : nous nous retrouverons tous à nouveau, dans un autre coin de la forêt, il y aura toujours un petit garçon et son ours en train de houer. Je crois cela. En fait, c'est tout ce que je crois.
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Bruno_CmBruno_Cm   16 janvier 2019
Il comprit que la seule solution urne pas se tuer serait de ne pas rester seul une minute, et remplit de qui le voulait bien sa maison vide.
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vlimonovvlimonov   07 mars 2016
Aussi loin qu'il remontât, il avait toujours, de tout son être, repoussé l'idée que ce qui lui arrivait pouvait être le fruit du hasard, d'une danse d'électrons privée de chorégraphe, de combinaisons aléatoires. Pour lui, tout devait avoir un sens et il avait vécu, scruté sa propre vie en fonction de ce postulat. Or de l'idée d'une signification cachée derrière tout ce qui advient on glisse fatalement à celle d'une intention. Lorsqu'on cherche à voir sa vie comme un dessin, on ne tarde pas à y voir aussi l'exécution d'un dessein et à se demander qui l'a ourdi. Cette intuition que nous éprouvons tous, plus ou moins honteusement, donne sa pleine mesure dans les deux systèmes de pensée : le premier est la foi religieuse, le second la paranoïa, et, pour les avoir expérimentés, il doutait de plus en plus qu'il y ait une différence entre les deux.
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