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EAN : 9782020291545
373 pages
Seuil (01/01/1997)
3.86/5   228 notes
Résumé :
(Points)
Tout commence avec le souvenir d'un cordon de lampe qui n'existe pas. La plupart des gens se disent « c’est bizarre » et passent outre. Pas Philip K. Dick. Pour lui, c'est le début d'un doute incessant : sommes-nous vraiment réels ? Vivants ou bien morts ? L'existence de l'écrivain sera guidée par ces retournements, tour à tour époux modèle, grand psychotique, fervent catholique, junkie...

« Il faudrait un jour, pensa-t-il, écrire un l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
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jmb33320
  14 novembre 2020
« Et, de fil en aiguille, on en vient facilement à l'idée que le vrai monde se trouve de l'autre côté du miroir et que nous sommes, nous, les habitants du reflet. Phil le savait depuis sa petite enfance, et il en savait même un peu plus que les autres : car il savait, lui, qui vivait de l'autre côté du miroir. de ce côté-ci, qu'on lui disait être le réel, Jane était morte et pas lui. Mais de l'autre, c'était le contraire. Il était mort et Jane se penchait anxieusement sur le miroir où habitait son pauvre petit frère. »
On a beau dire, tout spécialement depuis cette rentrée littéraire et la parution de « Yoga » qui a reçu des critiques mitigées, et que je n'ai pas encore lu, Emmanuel Carrère reste pour moi source d'étonnement par la grande cohérence de ses obsessions. Dans cette biographie de Philip K. Dick, parue en 1993, il parvient déjà à tirer la couverture à lui et dévoile beaucoup de ce qui se trouvera dans « le Royaume », par exemple.
Il s'agit indubitablement d'une biographie de ce célèbre auteur de SF qu'était Philip K. Dick dans la mesure où les faits sont bien là, appuyés par des sources vérifiées. Rapidement on sent que le biographe a pris l'option de renoncer à tout recul sur son sujet. Il se produit même une sorte de prise de possession de l'esprit de Dick par Carrère, qui revit à travers lui.
Les deux premiers tiers du livre évoquent précisément les livres écrits dans les années 1950 et 1960, au risque de les divulgâcher, il faut le savoir. Et ils contiennent aussi bien des détails sur la vie privée chaotique de Dick.
J'ai trouvé le dernier tiers plus difficile à supporter, alors que l'osmose entre Carrère et Dick atteint son apogée. Dick n'écrit plus, prend énormément de médicaments mais, si l'on en croit les témoignages et son livre « Substance mort », peu de drogues. Sa paranoïa s'est considérablement aggravée, ce qui se traduit dans ce livre par une multiplication des interrogations théologiques et cauchemardesques autour de sa vie, ses croyances et son oeuvre.
Je n'ai jamais oublié la sensation de grand malaise éprouvé, alors que j'étais jeune ado, à la lecture de « Ubik » et de « le Dieu venu du Centaure », qui remettent en cause l'existence de ce qu'on appelle communément la réalité. Je pensais que cette bio allait me servir de tremplin pour retourner à cet auteur, au moment ou une intégrale de ses nouvelles vient de paraître en Quarto. Ce sera pour plus tard : je ne suis plus si désireux de retourner dans les enfers privés de Monsieur Philip Kindred Dick
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Myriam3
  01 avril 2021
Ce qui au début me paraissait un atout à ma lecture - ne presque rien connaître de l'oeuvre de Philip K Dick - s'est peu à peu révélé, finalement, comme un handicap à ma lecture.
Je me suis engagée dans cette lecture un peu par hasard, et non par intérêt à la base pour l'auteur de science-fiction même s'il fait partie de ces noms archi-connus qu'on voudrait un jour connaître un peu mieux. La manière dont Emmanuel Carrère a envisagé cette biographie, bien différente de celles que j'ai lues jusqu'ici, m'a interpellée, car il se plonge à corps perdu dans le monde onirique et spirituel de l'auteur, nous entraînant avec lui au coeur de ses romans ou du moins de son inspiration. J'ai trouvé ça très intéressant, et ça m'a fait penser à la manière dont Richard Powers s'intéresse lui-même à ses personnages de roman, avec une grande complexité et profondeur.
Puis je me suis perdue, peu à peu, dans ces méandres... et j'ai fini par couler. Terminer le roman a été laborieux et j'ai sauté quelques pages pour arriver au bout de la vie de K. Dick, mais je suis certaine que la faute en revient de mon inculture de l'auteur et de ses romans plus que du talent d'Emmanuel Carrère. D'ailleurs, si j'imagine qu'il aurait appliqué ce procédé d'écriture avec un auteur que j'aime, j'aurais sans doute plongé avec intérêt et curiosité dans cette biographie...
En tout cas, il a attisé ma curiosité, et me donne envie de me lancer dans la découverte de son oeuvre.
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EveGenia
  07 novembre 2021
Quand la vie d'un écrivain ressemble à un roman passionnant , est-ce le mérite de l'architecte de l'Univers ou celui de son biographe ? Après avoir lu un nombre considérable de biographies peu passionnantes, je peux dire en toute vérité que la bonne réponse est la seconde. Il faut avouer que dans le cas de Philip K. Dick, le créateur a clairement fait de son mieux. Tout d'abord, il l'a placé dans une époque intéressante : l'apogée des pouvoirs créatifs de l'écrivain a eu lieu dans les années 1960 et 1970. Deuxièmement, il l'a doté d'une vie personnelle instable. Les romans et les relations avec les femmes dans la vie de Philip K. Dick étaient extrêmement fréquents et variés. Troisièmement, il n'a envoyé sur Dick ni plus ni moins qu'une révélation divine ! En général, vous voyez, Dick est une figure culte, parfois un peu ridicule, mais plutôt mystérieuse.
J'ai été frappée par la virtuosité avec laquelle Carrère décrit ce qui se passe dans l'âme de l'écrivain fétiche de science-fiction, comme s'il avait l'occasion de lire dans ses pensées. Cependant le lecteur n'a pas le sentiment désagréable que l'on attribue des émotions exagérées inappropriées à son idole. Heureusement nous sommes confrontés au cas où le biographe est aussi grand que le héros de la biographie. Intellectuellement et en termes de degré de talent littéraire, Emmanuel Carrère n'est pas inférieur à son sujet de biographie ? Si hypothétiquement oui, alors pas de beaucoup.
Quelques mots sur la période de la vie de Dick où il a connu la révélation divine et a été emporté par des idées quasi-chrétiennes : l'église officielle, bien sûr, n'a pas reconnu en ce monsieur bizarre, ni un ancien amphétiste pas plus qu'un prophète. le pauvre monsieur Dick s'est avéré incompris aussi bien par ses fans que par ses amis.
Peu importe à quel point les théories de Philip K. Dick peuvent paraître ridicules. Une conviction sincère émane d'elles, telles qu'elles empêchent l'argument avancé tel que : « Ça s'explique par ses expériences de drogue ». Personnellement, je ressens un grand respect pour cet auteur qui, ayant vécu une expérience qui l'a éloigné des gens, a su rester fidèle à lui-même et n'a pas perdu une goutte de son talent.
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Peteplume
  26 avril 2019
C'est une biographie comme Emmanuel Carrère les écrit, c'est-à-dire sans grand souci d'objectivité. On voit poindre à tout instant la pensée de l'auteur quand ce n'est pas son jugement. La lectrice que je suis a vite porté le sien propre sur l'individu et a eu du mal à se passionner pour le personnage. Il est certes hors du commun et doté d'un intelligence indéniable et ce sont, sans doute, des aspects qui ont conduit Emmanuel Carrère à s'y intéresser. Les démons de Dick qui l'ont amené à la drogue et au mysticisme, ainsi que son questionnement sur la conscience humaine, sont aussi d'autres ingrédients qui en font un sujet intéressant, du moins pour Emmanuel Carrère. Je conçois donc la fascination de ce dernier a pu avoir pour Dick et l'inspiration que le personnage et la littérature de Dick ont pu être pour lui (je pense en particulier à La moustache). Je dois cependant avouer que la biographie de Dick ne m'a pas intéressée autant que celles de Limonov et Romand, deux autres de ses sujets d'étude tout aussi extraordinaires.
N'était-ce le talent de l'auteur, sa prose limpide et ses aptitudes d'analyse, le livre me serait sans doute tombé des mains tant l'issue de la vie de Dick est prévisible. Je ne regrette cependant pas ma lecture, ce survol me donnant une idée de la production de Dick sans avoir à la lire, une sorte de culture générale acquise à bon compte.
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BMR
  29 septembre 2016
Confessions d'un barjo.
On avait été emballé par la biographie de Limonov romancée par Emmanuel Carrère.
En tournant autour de cet auteur, voilà-t-y pas qu'on découvre qu'il a également commis une bio de Philip K. Dick ?
Il n'en fallait pas plus pour nous précipiter quelques trente ans (chut !) en arrière.
À l'époque, on comptait parmi les fans et avait lu et relu toute la prose du barjo. Il faisait partie, comme le dit E. Carrère :
[des] admirateurs étrangers de Dick : babas bon teint, gauchistes marcuso-reichiens, inoffensifs barbus.
Parce que Philip Kindred Dick, tout le monde connait (si, si) ne serait-ce que par les nombreux films adaptés de ses oeuvres au ciné : Total Recall, Blade Runner, Minority Report, L'agence, … c'est lui. Même le Truman show est très fortement inspiré des délires dickiens.
Mais avant cette (relative) célébrité cinématographique, Dick était réputé comme un auteur complètement délirant de romans de SF complètement délirants.
Ses histoires étaient celles du gars qui rêve qu'il est mort alors qu'il est vivant dans un autre monde parallèle, le vrai monde, mais en fait le gars est habité par quelqu'un d'autre qui lui, est bien mort mais que finalement il ne rêve pas … Comment ça, vous n'avez pas suivi ?
C'était la bonne vieille époque du LSD (T. Leary, A. Huxley, Lucy in the Sky with Diamonds, …) même si Dick n'en n'a quasiment jamais pris : hypocondriaque notoire, il était plutôt accro à diverses substances psychotropes vendues légalement en pharmacie pour se sentir d'abord plus cool, et ensuite d'autres pour être un peu plus speedé parce que trop mélancolique, et alors d'autres encore pour moins d'euphorie, puis … bon, faut que je retourne en chercher, y'a plus rien dans l'armoire à pharmacie.
Le roman d'E. Carrère nous apprend, ou plutôt nous confirme, que Philip K. Dick était bien barjo et carrément : paranoïaque à tendance schizoïde (c'était le temps de la guerre froide puis de Nixon), il ne faisait pas vraiment de différence entre ses romans et sa vie. Ce fut sans aucun doute très bien pour ses écrits, pour le cinéma et pour nous, mais ce fut dramatique pour tous ses proches, ses amis et ses diverses compagnes qui ne tenaient jamais bien longtemps.
Accessoirement, ce fut dur aussi pour ses docteurs et autres psychiatres qu'il arrivait à embobiner avec naturel et facilité en fonction de ses envies : jouer (?) au barjo quand il avait besoin de quelques substances (avec même le bon profil adapté à la pilule souhaitée), ou feindre le gars plus normal que vous et moi quand c'était nécessaire, ou bien encore, docteur dites-moi que c'est moi qui suis fou hein ? Aaaarrgh …
Pour résumer parfaitement tout cela, on peut citer l'anecdote du cambriolage. Sa maison sur la côte ouest fut un jour visitée, cambriolée et pas mal saccagée. Bien sûr il y voyait la main sournoise du KGB. Ou plutôt celle du FBI qui voulait faire croire à un coup monté par les communistes. À moins alors que les rouges n'aient réussi à manipuler la CIA ?
Bref, je vous épargne toutes les hypothèses, j'ai pris que les plus simples et les plus évidentes. Dick porte plainte. Pour une fois, sympas, les flics de Beverley l'écoutent et se déplacent même jusque chez lui pour le constat.
En partant, le flic : mais pourquoi vous avez fait ça ? Aaaarrgh …
Voyez docteur, un parano a aussi des ennemis.
Et donc on parcourt avec E. Carrère toute la vie du cher barjo.
Qui démarre fort, puisque sa mère laisse quasiment sa soeur jumelle mourir de faim en quelques semaines et que sur la tombe de la petite, le père fait également graver le nom du garçon en laissant vide (ouf) la date de fin. On choisit pas ses parents.
Toute la vie du barjo défile donc. Avec ses bouquins, ses essais, ses notes, ses erreurs, ses ratages, ses romans inachevés, ses reprises, et même ses succès.
On y croise même de nouveau (simple hasard puisque le bouquin date de 1993) Hannah Arendt :
[…] C'est une idée qui l'avait beaucoup frappé en lisant Hannah Arendt : que le but d'un état totalitaire est de couper les gens du réel, de les faire vivre dans un monde fictif.
E. Carrère s'étend un peu trop longtemps sur ce mélange osmotique entre la vie et l'oeuvre (façon relecture d'un exégète) : certes, on comprend bien que Dick ne faisait guère de différence entre les deux mondes (comment ça docteur, il n'y a que deux mondes ?) mais le procédé est un peu répété longuement et il n'était peut-être pas utile de détailler tout cela pour chacune de ses oeuvres majeures : Ubik, le maître du haut château, Simulacres, Les androïdes … même si cela nous rappelle toute une époque, ah nostalgie …
Au fil des années, Dick finira par écrire de moins en moins et du coup, c'est le roman de Carrère qui décolle pour brosser un portrait plus humain d'un écrivain vieillissant et tourmenté, le cerveau complètement tourneboulé, ne serait-ce que par toutes les pilules avalées depuis ces années, mais c'était pour aller mieux hein ?
À l'approche du dénouement, les peurs exagérées du bonhomme (qui suis-je et où cours-je ?) se rapprochent alors de nos propres incertitudes.
Cette deuxième partie du bouquin est de loin la meilleure alors que paradoxalement la première moitié n'a pas réussi à nous donner suffisamment l'envie de replonger de nouveau à corps perdu à cerveau fondu dans l'une des grandes oeuvres de Maître Dick. Faut dire que contrairement à nous, ces histoires-là ont dû quand même vachement mal vieillir … ?
Pour celles et ceux qui aiment savoir s'ils rêvent en dormant ou le contraire.
Lien : http://bmr-mam.blogspot.fr/2..
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critiques presse (1)
LeFigaro   23 mai 2012
L'écriture d'Emmanuel Carrère est extraordinairement hypnotique tout en paraissant simple.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
vlimonovvlimonov   07 mars 2016
Aussi loin qu'il remontât, il avait toujours, de tout son être, repoussé l'idée que ce qui lui arrivait pouvait être le fruit du hasard, d'une danse d'électrons privée de chorégraphe, de combinaisons aléatoires. Pour lui, tout devait avoir un sens et il avait vécu, scruté sa propre vie en fonction de ce postulat. Or de l'idée d'une signification cachée derrière tout ce qui advient on glisse fatalement à celle d'une intention. Lorsqu'on cherche à voir sa vie comme un dessin, on ne tarde pas à y voir aussi l'exécution d'un dessein et à se demander qui l'a ourdi. Cette intuition que nous éprouvons tous, plus ou moins honteusement, donne sa pleine mesure dans les deux systèmes de pensée : le premier est la foi religieuse, le second la paranoïa, et, pour les avoir expérimentés, il doutait de plus en plus qu'il y ait une différence entre les deux.
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gabbgabb   28 mars 2017
Interrogé par un journaliste sur son enfance, Mark Twain lui avait parlé de son frère jumeau, Bill. Bill et lui, bébés, se ressemblaient à tel point que pour les distinguer on leur nouait au poignet des rubans de couleurs différentes. Un jour, on les laissa sans surveillance dans la baignoire et l'un des deux se noya. Les rubans s'étaient dénoués. "En sorte, concluait Mark Twain, qu'on n'a jamais su qui était mort, Bill ou moi".
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gabbgabb   31 mars 2017
Le pouvoir, bien qu'il refusât de le reconnaître, l'attirait, mais certainement pas celui qu'exerce un cadre supérieur sur des cadres moyens. Quant au mode de vie des cols blancs, tel que la publicité le proposait en modèle à un pays depuis peu ahuri par sa prospérité, un habitant de Berkeley ne pouvait que juger grotesque le mouvement brownien de ces souriants robots encravatés, qui tôt le matin embaumaient du même after-shave leur train de banlieue et le soir, après s'être vainement agités, retrouvaient leurs maisons de banlieue, leurs épouses blondes et souriantes qui en leur tendant un Martini demandaient d'une même voix : "Alors, chéri, tu as eu une bonne journée ?"
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EveGeniaEveGenia   10 juillet 2018
Ils aimaient bien qu’il leur passe de ces disques bizarres dont il avait une incroyable collection, et j’aime, pour ma part, imaginer qu’une de ces filles paumées de 18 ans, qui en a maintenant 40, deux divorces derrière elle, un brushing comme dans Santa Barbara, et travaille dans un gros cabinet d’avocats à Boice, Idaho, écoute quelquefois, le soir, en descendant son deuxième Tom Collins, un disque d’airs pour luth de John Dowland, qui est toute de même une petite phrase de Vinteuil plus privée que Jefferson Airplane et lui rappelle des épisodes confus, violents, de sa jeunesse et lui donne envie de pleurer.
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Bruno_CmBruno_Cm   16 janvier 2019
Ce qu'il faut dans la vie, répétait Dick, c'est savoir réparer sa voiture. Pas n'importe quelle voiture, pas les voitures en général car rien n'existe en général. Il n'existe que des choses particulières, et celles qui se trouvent sur notre chemin devraient largement suffire à nous occuper. Tout le reste est dangereux. On commence par noter des répétitions saugrenue, imaginer des connexions rigolotes, et on se retrouve à croire qu'un dessein global régit tout, à vouloir le percer, bref on est devenu paranoïaque. Méfiez-vous, jeunes gens, il suffit de mettre un doigt dans l'engrenage. Et je sais de quoi je parle : c'est mon histoire.
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Vidéo de Emmanuel Carrère
Sortez une feuille et un stylo, c'est l'heure de la dictée géante ! Cette semaine, Rachid Santaki vous propose un extrait de "L'Adversaire", d'Emmanuel Carrère. Un roman écrit à partir d'une histoire vraie, celle de Jean-Claude Romand, cet homme qui a tué sa famille et tenté de se suicider après avoir mené une double vie durant des années.
L'extrait choisi pour cette dictée est un moment du procès de Jean-Claude Romand. Celui-ci vient de s'évanouir car son avocat a évoqué son chien, qu'il a tué en même temps que le reste de sa famille. le prévenu est donc évacué de la salle et l'audience est suspendue.
Bonne chance à tous, n'oubliez pas de commenter vos difficultés et vos succès !
#Dictée #Orthographe #FranceCulture ___________________
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