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EAN : 9782277130970
Éditeur : J'ai Lu (24/04/1987)
3.4/5   62 notes
Résumé :
On ne peut pas dire que la belle Eva reçoive un accueil chaleureux lors de son arrivée à La Tilleraye, le château de la famille Maubert, dont elle vient d'épouser le dernier descendant. Peu lui importe ! Son ambition est démesurée et les douloureuses épreuves qu'elle a subies l'ont suffisamment endurcie pour qu'elle parvienne à ses fins. La jeune femme intrigue et dérange. " Une rumeur commence à courir dans Saint-Pierre-sur-Loue et à se répandre dans la campagne. L... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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LiliGalipette
  02 juin 2013
Lors d'un voyage à Tel-Aviv, l'auteur a rencontré l'héroïne du roman. Pendant toute une nuit, elle accepte de lui raconter son histoire.
Eva Goldski a été arrachée très tôt à son pays. de camp d'internement en camp de déportation, elle est devenue apatride. Quand elle attire le regard d'Éric de Maubert, comte jurassien et officier français, elle sait qu'elle tient sa chance. Enfin, elle sera riche, elle connaîtra la sécurité et elle pourra se venger d'avoir dû se courber devant plus fort qu'elle.
Hélas, le prince charmant n'est pas si riche qu'il semblait et le château n'est finalement qu'une gentilhommière un peu cossue qui menace ruine. Ne reste du prestige de la Tilleraye qu'un souvenir et des espoirs déçus. « Eva, comme tous ceux qui n'ont jamais rien possédé et qui n'ont connu que le dénuement total, avait une soif inextinguible de luxe… Un certain luxe qui ne pouvait se traduire, pour une échappée des camps, que par un confort ultra-moderne et des éclairages tapageurs. Comment, elle qui ne l'avait pas connu, aurait-elle pu goûter la grandeur nostalgique d'un Passé ? » (p. 57)
L'accueil réservé par Adélaïde, la mère d'Éric, est bien loin d'être chaleureux pour cette fille pauvre, sans lignée et juive. Or, la jeune épouse est bien décidée à faire valoir ses droits et à s'imposer sur le domaine. « Eva attaquerait de toute sa jeunesse douloureuse, Adélaïde se défendrait de toute son expérience tyrannique. » (p. 51) Séduisante, très intelligente et dotée d'un fort instinct de conservation, Eva sait nouer des relations intéressées et faire rentrer l'argent nécessaire à la rénovation du château et à un train de vie très élevé. Et surtout, Eva se constitue un trésor personnel : elle a trop manqué pour prendre le risque de ne rien avoir. Et tant pis si les paysans parlent dans son dos et si l'aristocratie locale répugne à visiter le château de la Juive : Eva est enfin à l'abri du besoin. Hélas, sa soif de possession la perdra.
Et Éric dans tout ça ? Fou amoureux de sa femme, complètement sous son emprise, il est bien incapable de percer à jour cette femme vénale et manipulatrice. « Pauvre Éric de Maubert qui n'avait jamais très bien compris Adélaïde et qui ne connaîtrait sans doute pas la véritable Eva ! » (p. 172) Mari cocu, mené par le bout du nez, il est le parfait dindon de la farce. Jusqu'à ce qu'une énième manipulation d'Eva échoue.
Relire ce roman est un vrai bonheur ! Il fait partie des rares textes non scolaires que j'ai lus pendant mes années de prépa. J'en gardais un souvenir ému d'évasion et de plaisir pur et je suis d'autant plus ravie d'avoir retrouvé le même plaisir. le récit nocturne d'une Eva repentante a quelque chose des contes des mille et une nuits où les femmes sont toujours plus fines que les hommes, sachant user de leur charme pour survivre. Précision, ce roman n'est pas de la très grande littérature, il a même un peu vieilli, toutefois, ce portrait de femme déterminée et aventurière se lit très bien. N'hésitez pas
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isajulia
  13 février 2013
J'aime des Cars, j'aime ses romans mais j'ai détesté cette garce d'Eva.Calculatrice,manipulatrice,assoiffée d'argent et de pouvoir...Une héroine qui ne lésine pas sur les moyens pour semer le trouble et tout détruire sur son passage.Dès sa première apparition dans le livre on sent tout de suite qu'elle nous réserve d'amères surprises.
D'ailleurs la méchanceté n'est pas toujours punie car finalement elle ne s'en sort pas si mal si en proportion de ce qu'elle a pu faire aux autres protagonistes.
J'ai d'ailleurs failli lâcher le livre en cours de route tellement j'ai été agacée par cette succession d'intrigues de bas étages menées par cette Eva qui dans un sens n'a pas l'ampleur des autres personnages féminins de des Cars.
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NathalC
  26 juin 2018
Je me souviens l'avoir lu pendant mon adolescence... C'est le seul souvenir qu'il me reste : un titre et une couverture !
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MissG
  13 mars 2016
De passage à Tel Aviv pour y retrouver un ami, un auteur (supposément Guy des Cars) recueille auprès d'Eva, une femme aussi belle que mystérieuse, son histoire, ce qui l'a conduit à se retrouver en Israël et ce passé avec lequel elle cherche à se mettre en accord.
Eva est une jeune Israélite née à Varsovie, sa famille a été décimée pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle-même ayant connu les camps, c'est pourquoi au sortir de la guerre elle n'a qu'une envie : prendre sa revanche sur la vie qui ne lui a pas fait de cadeau.
Aussi lorsqu'elle croise le bel officier Français Eric de Maubert, elle est certaine que c'est grâce à cet homme qu'elle va atteindre son but ultime : "Elle tenait enfin sa vengeance : elle se servirait du bel officier pour la mettre à exécution.".
Non seulement Eva est belle et séduisante, mais elle est aussi intelligente, manipulatrice, et calculatrice, cet officier c'est sa chance, il va lui donner un nom, un titre, un château et une nationalité : "Vous qui avez la chance d'appartenir à une nation concrétisée depuis des siècles, avez-vous seulement songé à ce que le mot apatride pouvait contenir de tristesse, de solitude, d'amertume, de douleur et de désespoir ?", Eva ne le laisse donc pas passer et se retrouve bientôt dans le Jura, dans un château délabré avec une belle-mère qui ne l'aime pas car elle a d'emblée cerner la personnalité d'Eva
Alors, Eva va-t-elle prendre sa revanche sur la vie ? Va-t-elle rester un personnage froid, manipulateur et sans âme ? Comment va-t-elle arriver en Israël ?
Guy des Cars est un auteur qui a beaucoup vendu en son temps et qui aujourd'hui est quasiment tombé dans l'oubli et souffre d'une réputation de romancier bas de gamme, d'écrivain de bleuettes dont les livres n'étaient bons qu'à être lus dans les trains
Et pourtant, pour avoir lu certains auteurs d'aujourd'hui qui vendent beaucoup avec ce type d'histoires sentimentales, je peux dire que Guy des Cars était un cran au-dessus
Le personnage d'Eva est à la fois fascinant et rebutant.
Fascinant parce qu'elle sait jouer de ses charmes et qu'elle exerce une forte attraction sur tous les hommes qui croisent son chemin, et pourtant, lorsque le lecteur la découvre pour la première fois elle est très loin de cette image et de cette personnalité qui fut la sienne à une époque de sa vie : "Si nous reprenions une figure marquante de votre Évangile, nous pourrions dire qu'elle se rapproche d'une Marie-Madeleine des temps modernes, marquée par la même grandeur biblique que la Sainte que vous vénérez."
Rebutant parce qu'elle est sans âme, froide, calculatrice, sans idéaux et sans remords, seul l'argent et la réussite comptent : "J'estime que c'est un péché de ne pas réaliser une affaire !", elle n'aime rien ni personne hormis elle-même et sa soif de vengeance est tout simplement destructrice.
Alors Eva est-elle une vierge iconoclaste ou une putain magnifique ?
Là demeure tout le mystère de ce personnage qui va connaître une évolution importante tout au long du récit.
Pour ma part, je ne crois pas à sa rédemption, il n'est pas possible de basculer à l'exact opposé de ce qu'elle a été, d'autant qu'elle ne se remet jamais en cause ni ne se pose la moindre question sur ses agissements : "L'idée qu'elle ne devait s'en prendre qu'à elle-même et qu'elle était l'unique responsable de tout ce qui était arrivé, n'effleura pas une seule fois son esprit.".
Cette femme détruit tout ce qui l'approche de près ou de loin et ne vit clairement que pour elle, si elle est belle d'extérieur elle est pourrie à l'intérieur.
Malgré cela, je n'ai pas détesté ce personnage, au contraire, j'attendais de voir jusqu'où elle allait aller, si elle allait réaliser que quelques personnes tiennent vraiment à elle, à commencer par son mari Eric, ou bien si elle allait continuer jusqu'au bout, jusqu'à l'inexorable retour de bâton.
Face à cette femme, les personnages masculins font bien piètres figures, pantins qu'ils sont entre ses mains, exception faite du narrateur et de son ami.
Pourtant le personnage d'Eric est touchant lui aussi à sa façon, tout comme sa mère.
Ce sont des gens simples qui se retrouvent confrontés à une forme du mal, un rouleau compresseur auquel ils n'étaient pas préparés, surtout Eric.
Certes, ce n'est pas ce que j'appellerai de la grande littérature mais ça n'est pas non plus écrit par et comme un chat, c'est un portrait de femme qui se suit avec plaisir ainsi qu'un destin et un revers de médaille qui sont loin d'être inintéressants.
Ma mère ayant lu quelques Guy des Cars au moment où il était l'auteur en vogue je m'étais toujours dit qu'il fallait que je découvre celui-ci, c'est désormais chose faite avec "Le château de la juive".
Et pour tout dire je vais même m'en aller piocher quelques autres titres dans la collection de ma mère pour lire de temps à autre cet auteur.
Lien : http://lemondedemissg.blogsp..
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bookaddict02
  16 mai 2019
Un très bon livre que j'ai beaucoup apprécié. Comment une femme qui a vécut des moments tragiques essaye de rebondir quitte à faire du mal autour d'elle et qui à la fin se rachète de tous ses mauvais côtés
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   02 juin 2013
« Pauvre Éric de Maubert qui n’avait jamais très bien compris Adélaïde et qui ne connaîtrait sans doute pas la véritable Eva ! » (p. 172)
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LiliGalipetteLiliGalipette   16 mai 2012
Chéri, aimerais-tu me faire un grand plaisir ? Emmène-moi cet après-midi à Besançon… Ta mère m'a tellement chanté les charmes de cette ville que j'aimerais la visiter… Nous y ferons une promenade d'amoureux…
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JcequejelisJcequejelis   07 octobre 2012
... dans l'une des vallées les plus secrètes du Jura une habitation dont les murs de briques patinées, les fenêtres à petits carreaux et les toits recouverts de tuiles délavées par les pluie fréquentes de la région, ont toute l'élégance de la gentilhommière du XVIIe siècle...
L'agrément de La Tilleraye vient de sa situation au bord de l'une des plus merveilleuses rivières de France, La Loue, qui semble avoir voulu pousser la coquetterie jusqu'à changer d'aspect dans le parc qu'elle traverse. A La Tilleraye, l'eau vive n'est plus celle du torrent bruissant de cascades qui vient de s'échapper des hautes gorges, ni le courant élargi qui apporte toute sa richesse à un grand fleuve... La Loue n'est dans ce parc aux arbres centenaires, qu'un reflet de la vie qui coule et qui passe sans pêter la moindre attention à ceux dont l'existence est rivée au paysage.

564 - [J'ai Lu n°97, p. 30]
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isajuliaisajulia   09 mars 2013
Tout de suite la petite juive avait compris qu'il était plus habile de courber l'échine quand on se savait la moins forte mais elle s'était juré qu'un jour viendrait ou elle aurait une vengeance éclatante et ou elle appliquerai le talion :oeil pour oeil,dent pour dent.
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luis1952luis1952   14 juillet 2020
Depuis trois jours la pluie n'avait cessé de tomber. Elle s'était réfugiée dans la bibliothèque où la seule manifestation de vie était le crépitement d'un feu de septembre dans la vieille cheminée. Blottie, pieds nus, dans le fauteuil, la Juive restait prostrée pendant que son regard allait alternativement de la contemplation des flammes à celle du joli portrait où elle se revoyait en robe pourpre.
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"Le chateau du clown" (Plon) est le 40ème roman de Guy des CARS, dont il lit les premières lignes à Bernard PIVOT. L'écrivain définit ce qu'est un roman, alors que le personnage de son livre, lui, a existé. Au cours d'un séjour dans le Sud il visite le château de GROK, château monstrueux ou le clown est enterré. Guy des CARS raconte, comment, jeune journaliste, il a fait une tournée avec le Cirque Pinder. Dans son roman il raconte l'ascension et le déclin de GROK.PIVOT lui parle de sa "pas bonne" réputation dans le milieu littéraire, celui-ci dit qu'il est "lu". Il a des lettres de grands écrivains, GIDE, VALERY, CARCO, COLETTE qui l'ont encouragé. Il parle du seul prix littéraire qu'il ait eu dans sa carrière, du Goncourt qu'il n'a pas eu, et de la bataille que ça a suscité à l'époque. De noblesse authentique, il est fier des militaires de sa famille, notamment celui de l'Algérie. Il se dit "heureux", entouré de gens intelligents...ne se voyant pas d'ennemis.Mot de la langue française qu'il n'aime pas : valableMot que vous aimez bien : l'amitié
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