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Alain Paruit (Traducteur)
ISBN : 2207254682
Éditeur : Denoël (13/10/2005)

Note moyenne : 3.14/5 (sur 7 notes)
Résumé :

Voyage dans un Bucarest tantôt réel tantôt imaginaire, L'Œil en feu déroule une spirale de souvenirs, de visions et de rêves éveillés. Dans un livre-kaléidoscope où la ville, la mémoire et le corps du narrateur ne font plus qu'un, Mircea Cartarescu déploie une fresque historique qui s'assemble par fragments. C'est d'abord l'histoire de Vassili, l'enfant sans ombre qui devient capitaine des pompiers dans le Bucarest pittoresque de la fin du XIXe siècle. P... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Tandarica
  07 février 2019
Orbitor (qui veut dire aveuglant en roumain) est une trilogie qui a été traduite en français et qui comprend, dans l'ordre : Orbitor (titre original Orbitor. Aripa Stîngă), L'Oeil en feu (titre original Orbitor. Corpul), L'Aile tatouée (titre original Orbitor. Aripa dreaptă). Une somme de plus de 1500 pages dans un style très onirique certes, mais pas que.
Pour le résumé j'appelle Mircea Cartarescu lui-même. Dans FRUMOASELE STRAINE (Les belles étrangères) à la page 199, il écrit (dans ma traduction française) : « Je sortirai une fois une édition de seulement 37 pages, réduite à l'histoire initiale, sans aucune sorte d'élucubrations, en plus richement illustrée. […] Ou, mieux encore, une édition de quelques lignes, dans laquelle on montre comment une ouvrière, Maria, met au monde des jumeaux. L'un d'entre eux, Mircea, vit à Bucarest sous le communisme, tombe sous l'emprise d'un ivrogne, Herman, qui délire de manière inintelligible de temps en temps, manque de peu d'être violé par un collègue et ensuite erre par-ci par-là jusqu'à la révolution [de 1989]. L'autre, Victor est enlevé pendant l'enfance et emmené à Amsterdam où il est élevé dans la promiscuité pour finir dans la Légion étrangère. Les deux se retrouvent à Bucarest pendant la révolution roumaine et... arrive la fin du monde. Comme dit l'autre less is more. »
Pour l'avis je partage celui d'un critique à qui Cartarescu doit beaucoup et que je traduis partiellement ici. Il s'agit de Nicolae Manolescu, Istoria critică a literaturii române (p. 1347). « Orbitor est le résultat superbe [d'un] projet paranoïaque, unique dans toute notre littérature. La construction de la trilogie est plutôt symbolique que rigoureuse. le roman est inégal et désarticulé. le troisième volume est beaucoup en dessous des deux premiers, descendant de manière vertigineuse, jusqu'à un reportage par endroit vulgaire de notre révolution de 1989. [...]
En conclusion, une oeuvre hétéroclite, mais fabuleuse dont il faut avoir lu au moins quelques pages, même au hasard.
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michelekastner
  07 mars 2013
Un texte alliant poésie, fantastique,rêve, cauchemar dans une un Bucarest ogresque. J'ai été imperméable à ce texte vite abandonné, incompréhensible à mon cerveau.
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Charybde2
  21 novembre 2014
Torrent romanesque de la mémoire poétique et onirique, encore plus puissant que le tome 1.
Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2014/11/21/note-de-lecture-loeil-en-feu-orbitor-ii-mircea-cartarescu/
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
TandaricaTandarica   07 février 2019
Toi qui, allongée sur ton canapé, es en train de lire ce livre illisible qui ne dit rien, ne veut rien et ne signifie rien, tu parcours avec lui (tu fais du voilier) le plan transparent de notre monde. Au début de cette phrase, tu es une section vue en tomographie–une femme tenant un livre à la main–, découpée dans une forme effilée qui est ton véritable corps, et à présent tu es une autre section, tenant une autre section de livre entre tes mains. Mon livre t’accompagne comme un bébé phoque suit sa mère, beaucoup plus court qu'elle, et ce qui se déroule entre vous, la dense toile d'araignée tissée entre ton cerveau et lui (deux manuscrits face-à-face, entre lesquels tes pensées, tes intuitions et tes tropismes glissent à la façon d'une navette ou d'un rayon de plus en plus intense entre les miroirs d'un laser), traverse perpendiculairement la membrane de l'existence pour devenir une sphère d'abstractions scintillantes, le vrai livre, notre interface cérébrale, ma manière de me pencher sur toi et de te parler.
(p. 505)
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TandaricaTandarica   27 décembre 2016
Avertissement : la citation qui suit est bien composée d'une phrase unique qui, fait notable, n'a pas subi de "coupes" lors de la traduction.

Et, peu à peu, le non-être et l’oubli engloutirent le capitaine des pompiers et sa folie suicidaire, la chambrette dont le tapis figurait des oiseaux parmi des sapins, la vieille maison aux fenêtres flanquées de grotesques têtes de lions en plâtre peint, la cour aux lauriers-roses en fleurs, la rue dont les flaques d'eau reflétaient la course incessante des nuages, le quartier tout entier, imprégné d'odeurs de saucisses et de dahlias, la ville noyée dans la végétation, les clochers de ses centaines d'églises, la plaine du Bărăgan s'étendant à perte de vue, festonnée d'argent par les rivières et émaillée de villages miteux, la Valachie endormie, parfumée, renversée comme une crêpe entre les Carpates et le Danube aux îles hérissées de minarets parmi les figuiers, les Balkans énigmatiques dont frémissait la force latente, l'Europe de l'Oural à Gibraltar, qui rassemblait des nations croyant encore à l'héroïsme de la guerre plus qu'aux délices du repos et qui lançait comme une queue de paon les feux de ses yeux hypnotiques –Rome, Paris, Amsterdam, Vienne, Lisbonne–, la planète oscillant incertaine sur son axe, alternant les périodes de chaleur et de glaciation, subissant des pluies d'étoiles et traînant ses ceintures de Van Allen comme un sillage d'aiguilles de quartz balayées par le vent photonique, le système solaire, et puis la galaxie elle-même, horloge dorée parmi ses sœurs non moins chimériques, et puis, venus des confins du champ visuel et se concentrant au centre, d'autres fils d'or et d'autres encore, qui formaient des structures cellulaires et des cordons, des métagalaxies et des hypergalaxies et des ultragalaxies, se concentrant sans cesse au centre du champ visuel, dans un monde exponentiel plus élevé, vu par un œil inconcevable, une scie verte, grossière et menaçante qui se mettait à rétrécir, entraînant des effets inattendus de concavité et de grossissement des contours, et il apparut finalement qu'il s'agissait de la patte d'un insecte.
(p. 112)
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Charybde2Charybde2   21 novembre 2014
Notre réalité quotidienne ne serait pour d’autres qu’un mauvais rêve. Je sortais souvent, lorsque j’habitais encore rue Uranus. Je vagabondais. Un soir, vers les neuf heures, me voilà dans la froide solitude de la place de l’Université. La bâtisse ornée de statues était aussi sombre que la carène du Titanic. Quelques personnes attendaient le trolleybus en grelottant. La nuit presque noire élevait encore plus haut les quatre statues, dominantes et menaçantes comme des parents sévères. À leurs pieds, les gens, emmitouflés dans de vieux pardessus, ne se parlaient pas. Serrés les uns contre les autres, se soufflant à la figure la buée d’un automne avancé, brièvement éclairés par les phares des voitures comme par le faisceau d’une lanterne de chasseur, ils se taisaient tous, le visage livide, les lèvres violacées, la glabelle creusée de rides profondes, d’un noir de charbon ? Qu’auraient-ils pu se dire ? Se raconter les histoires incroyables dont me berçait ma mère ? Et qui donc aurait pu les comprendre ? Traversant la place obscure, les mains dans les poches, j’essayais d’oublier la folie installée sous mon crâne, j’essayais d’échapper à Victor, à Maarten et à M. Monsú, aux araignées, aux araignées, aux atrocités indescriptibles découvertes dans les puits au fond desquels je descendais, mais je les retrouvais tous dans le monde réel, amplifiés, aussi durs et froids que le granit des pavés, aussi friables que le stuc des statues, aussi affaissés que les seins des malheureuses ménagères, munies de leurs éternels cabas qui leur allongeaient les bras jusqu’aux genoux. Car il ne sortait ni de mon crâne ni de mon manuscrit, l’ouvrier qui, dans une file d’attente devenue un écrabouillage de corps humains, une ruée désespérée vers quelques carcasses de poulets poisseuses et violettes, une cohue hurlante tendant des centaines de mains griffues et crochues, l’ouvrier qui, un tournevis acéré au poing, se frayait un chemin dans le magma d’organes noués, piétinant les enfants, bousculant les femmes, lacérant le dos des hommes. Et elle ne sortait pas non plus de mon esprit malade, cette autre file, dont m’avait parlé ma mère, la file de jeunes filles, belles ou laides, des ouvrières de la conserverie obligées de se déshabiller dans leur atelier, entre les tas de tomates et les bocaux, et d’attendre nues dans le froid, cachant leurs seins avec leurs bras, qu’on les couche sur le tapis roulant, qu’on leur écarte les cuisses, puis que des doigts brutaux, des doigts d’homme, farfouillent dans leur vulve et dans leur rectum (là, sous le vasistas du toit en tôle ondulée), pour enregistrer celles qui étaient enceintes, afin qu’elles ne puissent pas se faire avorter, et pour morigéner les autres, qui n’accomplissaient pas leur devoir patriotique de reproductrices.
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Charybde2Charybde2   21 novembre 2014
À l’extrémité opposée de la ménagerie, sur la droite se trouvaient les chevaux. Ils laissaient Mircea indifférent, mais Luci, qui en était fou, entraîna toute la bande aux écuries, où des hennissements inquiets retentissaient toujours à l’heure du repas des grands fauves. Des poneys aux longues crinières décorées de rubans, une licorne et quelques chevaux robustes, aux paturons délicats et aux yeux de velours, se partageaient les stalles. À vrai dire, seule la licorne était digne d’intérêt, avec son unique corne d’un bleu nacré, à la spirale ainsi faite qu’elle ne s’achevait jamais. On aurait suivi son enroulement à l’infini : de la taille d’une main d’enfant sur le front, elle ne cessait ensuite de se rétrécir, devenait à peine de la grosseur d’un crayon, ensuite d’une aiguille, d’un cheveu, d’un fil de la vierge, et encore plus mince, des spires toujours plus serrées, jusqu’au moment où, selon les savants, elle enroulait des molécules et puis des atomes et puis des protons et puis des hadrons et puis des quarks et puis des gluons et puis… Jamais aucun appareil ne pourrait en atteindre la pointe ultime. Voilà pourquoi il suffisait à la licorne de vous effleurer pour vous guérir de n’importe quelle maladie.
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Charybde2Charybde2   21 novembre 2014
Selon lui, tout écrit devait être un évangile, ou ne pas être. Il en voulait surtout à la littérature. Un livre n’avait pas à être un appareil à produire de beaux rêves, il ne se justifiait que s’il était une flèche décochée vers le salut. Lequel n’était pas donné à tous, ni même à la plupart. Un livre, c’était au fond un tamis, un mécanisme sélectif, une succession de grilles et d’épreuves de plus en plus ardues, de telle sorte que la horde des lecteurs qui s’engouffrait dans la grande salle d’accueil s’amenuise rapidement, qu’il n’en reste, si possible, que la moitié après les dix premières pages et un dixième au bout de cent. À partir de là, les tunnels rétréciraient, les trappes et les autres pièges se multiplieraient, des fauves doués de parole prononceraient des phrases que bien peu de gens sont capables de recevoir, en aucun cas ceux qui se nourrissent de lait et de bouillie. Vers la fin, les épreuves deviendraient inhumaines, les exigences absurdes, et l’on serait complètement dépouillé : du langage, des valeurs et même de l’image du cosmos que nous portons tous à la naissance, estampillée sur la poitrine, le dos et les épaules. Le livre se mettrait en mouvement comme une gigantesque rotative, comme un tourbillon d’héroïne pure qui jetterait les lecteurs un à un dans la nuit, là où sont les pleurs et les grincements de dents. Brûlés et mutilés par la lumière, ils tomberaient, moucherons impondérables, entre les pages des livres raisonnables, où ils demeureraient, consommant sagement leur littérature, leur lait et leur bouillie de chaque jour.
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Video de Mircea Cartarescu (1) Voir plusAjouter une vidéo
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Solenoïde de Mircea Cartarescu.
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