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Critiques sur Solénoïde (18)
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Archie
  29 octobre 2019
« Chef d'oeuvre de Mircea Cartarescu », peut-on lire en quatrième de couverture. C'est ce que proclame l'éditeur ; c'est son droit, il est dans son rôle. D'ailleurs, c'est bien cette proclamation qui m'a amené à lire Solénoïde, un livre de huit cents pages, écrit par un poète et romancier roumain contemporain que je ne connaissais pas. Mais voilà, le livre ne m'a pas plu et je ne suis parvenu à le lire jusqu'au bout, qu'en balayant du regard des dizaines de pages qui me procuraient l'impression de toujours rabâcher les mêmes délires morbides, cauchemardesques, parfois peu compréhensibles.

Le personnage principal et narrateur de Solénoïde est un double de l'auteur. Un double raté : humilié à l'âge de dix-sept ans par des quolibets lors de la lecture de ses poèmes, il a renoncé à l'ambition d'être écrivain. Modeste professeur de roumain dans une école de la banlieue de Bucarest, cet homme solitaire, étriqué et tourmenté prend à parti le lecteur : à quoi bon écrire un roman, bâtir une histoire dont chaque ouverture est un trompe-l'oeil ne débouchant sur rien ? Selon lui, il faut viser plus haut : écrire pour résoudre l'énigme de l'existence, la sienne et celle du monde. Et profiter de l'implantation souterraine secrète de solénoïdes – des dispositifs générant des champs magnétiques –, pour s'ouvrir l'accès, par la lévitation, à la quatrième dimension.

Difficile de définir cet ouvrage ! le narrateur – qui n'a pas de nom – amalgame présent et passé, espace et temps, réalité et rêves, mémoire et fantasmes, dans un récit hallucinatoire difficile à suivre. Il évolue dans un univers glauque, imprégné d'une luminescence jaune, un jaune sale, évoqué tout au long du texte. Les personnages sont dépeints sous leurs aspects les plus grotesques, exprimés par des corps où tout n'est que plaies, croûtes, filaments, matières desquamées, sécrétions liquides, acariens, asticots et autres parasites micro-organiques. Bon appétit !

Le visage de Bucarest présente la laideur triste et impersonnelle des villes communistes. le quotidien se caractérise par un ciel crépusculaire et par le bruit de ferraille des tramways déglingués qui slaloment sur leurs rails, de quartier en quartier. Dans les rues, les alignements de façades décrépies sont entrecoupés par des terrains vagues encombrés d'ordures, ou par des hangars délabrés aux charpentes rouillées, aux tuyauteries éclatées, aux câbles arrachés. Dans les bâtiments où le narrateur entraîne le lecteur, des locaux inattendus s'ouvrent indéfiniment sur d'autres locaux encore plus inattendus. Une ancienne fabrique recèle des labyrinthes souterrains aussi mystérieux que les méandres d'un cerveau tourmenté. Un cabinet dentaire fantôme évoque de douloureux souvenirs d'enfance, ressentis comme une trahison maternelle refoulée.

Un moment, le narrateur se joint à des militants portant un nouveau type de revendications révolutionnaires : le refus de la maladie, de la vieillesse et de la mort, ce qui ne peut mener qu'à l'objectif de détruire le monde, qualifié d'enfer injuste et corrompu. En même temps, il tombe sur un manuscrit ancien oublié, écrit dans une langue indéchiffrable et illustré d'images incompréhensibles, symbole de l'impossibilité définitive de connaître le monde. Ne reste alors comme solution que la recherche d'un plan d'évasion, qui pourrait être la mise au monde d'un enfant. Une perspective finalement préférable à la création d'une oeuvre d'art.

L'auteur multiplie les références littéraires. Pour ma part, le parcours laborieux du narrateur m'a fait penser à La Métamorphose, de Franz Kafka, mais la première référence de Solénoïde – assumée explicitement à plusieurs reprises – est à mon sens un ouvrage dont des extraits nous fascinaient quand nous avions dix-huit ans, Les Chants de Maldoror, écrit sous le pseudonyme de Comte de Lautréamont, par un poète franco-uruguayen du dix-neuvième siècle, mort à vingt-quatre ans, nommé Isidore Ducasse.

Un point positif : l'écriture de Mircea Cartarescu, parfaite et harmonieuse. Prises indépendamment, les phrases sont longues, onctueuses, agréables à lire, comme je les aime. Mais globalement, la lecture est interminable, ennuyeuse et déprimante.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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Tandarica
  30 avril 2016
Je vois que nous sommes à présent 3 lecteurs pour "Solenoid". Comme je tiens beaucoup à l'émulation des classements ici, je souhaite évidemment publier la première critique, même si je n'ai pas encore fini cette lecture de longue haleine. Sur le mode sceptique je pourrais me contenter de m'interroger sur l'utilité des 2791 « ajutor » (à l'aide !) qui occupent les pages 732 à 742, en présentant des excuses si erreur de calcul il y a. Pour l'instant j'en suis arrivé(e) à la page 283. Il est vrai qu'au début, j'ai pu tenir la cadence indiquée par Andrei Plesu dans un article paru fin d'année dernière, soit une centaine de pages par jour, mais le problème avec le ”gras” (comme dit Alexi Jenni), c'est qu'il faut pouvoir se couper du monde pour le consommer, surtout quand il faut faire des recherches pour comprendre des références. Il s'agit d'ailleurs de ce que je continue à aimer chez Mircea Cartarescu : son incontestable érudition et sa psychédélique capacité à faire des ”correspondances” plus ou moins évidentes à décrypter. Pour la trame, il s'agit d'un narrateur, lecteur assidu (à 19 ans il a déjà tout lu), étudiant en lettres qui obtient un premier poste d'enseignant à Bucarest (incontournable chez l'auteur) dont des descriptions minutieuses vont s'accumuler par strates. Ce narrateur dont la littérature est la RAISON de vivre se pose la question de l'oeuvre ABSOLUE, tout naturellement. Son manuscrit est intitulé Căderea, (La Chute). J'ai relevé une allusion à Max Blecher, avec la tanière de la solitude invoquée à la page 27, l'hommage à Friedrich Hölderlin (p. 31) et l'humour d'un passage d'autodérision (p. 44) concernant les critiques littéraires qui ”pratiquent la vivisection sur [son] corps martyrisé ». Je vais m'attirer les foudres des mêmes si je confesse un phantasme personnel : j'ai rêvé que les agents de Mircea Cartarescu ont remanié la présentation auteur de Calin Torsan pour y mettre le texte suivant ”Revino Căline la Humanitas să-mparțim no, Bellu!” i.e ”Reviens, Călin chez Humanitas qu'on partage ce X” (calembour sur le Nobel par imprécation du Bellu, cimetière de Bucarest qui accueille de nombreuses personnalités de la culture roumaine).
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mariech
  09 septembre 2019
On avance dans Solénoïde comme dans une forêt touffue , on y trouve des descriptions sans fin de Bucarest , de l'enfance de l'auteur , de ses collègues enseignantes , des moments de grâce comme des oasis pour repartir de plus belle dans la forêt touffue .
Comment faire un résumé de cet ovni littéraire , cette lecture ardue qui contient quelques pépites et il faut bien le dire des pages et des pages indigestes comme ces rêves récurrents que certains critiques comparent à l'univers de Kafka .
On y apprend des choses sur la vie dans le Bucarest communiste , où en manque de tout , où les portraits des meilleurs élèves ornent le mur des écoles , où une enseignante jeune et jolie ayant un mari proche du régime est détestée de ses collègues , ou simplement ignorée car tellement différente .
Il y a aussi la trame de l'écrivain raté qui devient un médiocre professeur de roumain , des histoires d'amour comme la très touchante histoire d'amour qui clôture le livre , celle du père pour sa fille qui vient de naître .
On fait des rencontres étonnantes comme celles de l'inventeur du solénoïde qui donne son nom au roman , ce Borina qui travaille pour Tesla , une évocation rapide de Mitza Bicyclista , reine des coeurs du Bucarest avant le communisme , de l'inventeur du Rubik's cube , Rubik est le nom de l'inventeur du célèbre cube des années 80 .
Il y aussi les Piquetistes qui organisent des manifestations contre la maladie , la mort .
Et bien d'autres choses encore , près de 800 pages en comptant les nombreuses pages ' à l'aide ' , j'en ai compté 18 mais ça dépend des éditions et moi j'ai lu le livre sur une liseuse .
Roman ardu , très , trop ardu ?
A chacun de se faire son avis , à ne lire que si la difficulté ne fait pas peur , si on aime les descriptions interminables , les allers et retours temporels .
Pour ma part , j'ai beaucoup aimé tous les passages sur l'enfance de l'auteur .
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JimmyCz
  31 octobre 2019
J'ai pensé à Foster Wallace qui se serait marié avec Kafka.
Il est dit que c'était le chef d'oeuvre de l'auteur et en effet c'est un livre assez extraordinaire, dans le sens où il sort de l'ordinaire. Par son nombre de pages conséquent, mais qui file vite, par son rythme très saccadé et ses nombreuses digressions, par son flot fébrile de réflexions et d'analyses mélangés à de simples événements dans le Bucarest soumis au communisme. période intéressant dans un pays qu'on connait mal en France alors que sa culture littéraire notamment est riche. Il est impossible de décrire le sentiment que l'on ressent lors de la lecture si ce n'est d'être perdu et d'aimer cela.
Le style est élégant, assez vif, voire nerveux mais alternant avec des descriptions lentes et contemplatives. Tout est déséquilibré dans ce roman et c'est pour cela qu'il est grand.
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belcantoeu
  03 novembre 2019
Bien difficile de commenter cette brique de quasi 800 pages. Si la valeur du livre se jugeait au poids (850 grammes), ce serait l'un des livres de l'année.
Un enseignant et poète banal et sub-moyen est le narrateur de ce roman sans fil conducteur. Ce serait plutôt un long poème en prose avec de multiples plongées dans l'enfance, dans le rêve, et dans des descriptions bien faites mais qui ne débouchent que sur d'autres descriptions sans lien avec ce qui précède ni ce qui suit. le roman commence de manière très peu poétique par des descriptions de poux et de punaises dans l'école. Plus loin, il y aura des livres moisis et pourris dans une bibliothèque, des scorpions (p. 62), des rats (p. 471), des foetus, et d'autres visions analogues. On y trouve - communisme athée oblige – un concours de crachats sur les icônes (p. 235) et de nombreux passages assez crus, beaucoup moins érotiques qu'eschatologiques, avec davantage de «fluides» que de tendresse (pp. 110, 179, 342, 470-471, 496, 562, 578, 586, et j'en passe). Les pages 690 à 701 ne font rien d'autre qu'aligner le cri «A l'aide», répété environ 2700 fois en suivant sur 11 pages, après quoi on passe à autre chose, comme de longs passages en langue imaginaire tels que celui qui commence par «polairy oair olpcheey ykaiin olpchedy... », où les mots et les lignes se suivent sans ponctuation ni explication (pp. 487, 713 et 788 par exemple). Certains paragraphes ont presque trois pages, ce qui rend la lecture assez difficile. Si le tout est assez décousu, il y a de très belles images, c'est pourquoi je parle de poème en prose. Certains critiques ont parlé de Kafka, j'ai pensé pour ma part à Bernardo Soares, l'un des hétéronymes de Fernando Pessoa, dans «Le Livre de l'intranquillité», qui est également une chronique où il ne se passe presque rien, sinon dans la tête du narrateur. Mais là, il y a l'ambiance de Lisbonne qui surpasse le peu des descriptions de Bucarest, descriptions sans âme qui ne rend pas l'ambiance de cette autre belle ville.
Merci à Masse critique pour ce livre déconcertant qui a du charme, qui laisse perplexe mais pas indifférent, et qui est joliment traduit du roumain. Je ne regrette pas de l'avoir lu.
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Horizon_du_plomb
  19 octobre 2019
« Je l'ai laissé comme cela, résolu dés le début, parfait à la surface, mais je n'ai pas pu m'empêcher de penser au tragique désordre des faces cachées dans ses profondeurs, au noeud d'entrailles qui se trouve au centre, que personne ne voit jamais » (parlant du Rubik's cube)

Merci à Babelio et aux éditions Noir sur Blanc pour ce très beau cadeau, d'autant plus que vu la brique que c'est (800 pages écrites en assez condensé), je ne suis pas sûr que je l'aurais lu directement (comme je n'ai toujours pas lu Jérusalem par exemple) donc la MC a été un incitatif très intéressant pour dévoiler la lumière qui se cachait derrière la brique. Par conséquent, double merci comme un sourire lâché aux étoiles.

«  J'attendais que le drap retombe sur moi, lentement, qu'il prenne la forme de mon petit corps, sans se mouler sur chaque détail mais en dessinant des plis compliqués, grands et petits. »

« Mais comme la substance de leur corps est semblable à celle notre corps, la substance de notre pensée est similaire à celle des créatures qui ne sont que pensée. Pour parvenir à les connaître, il faut une pensée d'une autre nature et située sur un autre degré, la pensée d'un corps de pensée que nous ne pouvons concevoir pas plus que le sarcopte ne peut ni ne pourra jamais concevoir notre pensée. »

Lire comme on allume une bougie dans la nuit. Des nervures en couverture, citadelles de nerfs aux couleurs qui sortent de la page. Prenez garde, si vous vous penchez suffisamment sur ce livre, vous vous apercevrez peut-être que c'est lui qui vous regarde. C'est un livre qui décide de s'attaquer à la carie du monde sans la plomber comme le fait le savant, le peureux, le romancier, mais en la laissant béante, ouverte aux papilles de la conscience. Ces grattements d'écriture sur le mur aveugle, vierge de toutes visions, comme on creuse, comme on dort. Ce livre, c'est un homme qui se travestit et accouche de sa peur, qui revendique la paternité de ses sens avec pour seul instrument de travail la limite. Encore un livre qui se croit Bucarest-Babel, cet ancien monde de géants, mais la force de ces livres, c'est que chaque phrase, chaque paragraphe peut être un trésor en soi, étincelles d'un feu de joie.

« Il m'a si souvent semblé, durant ces instants que je n'aurais jamais imaginé pouvoir vivre, que je m'évadais enfin, que toutes les dimensions éclataient d'un seul coup dans une soudaine libération de moi-même. »

Si le début est spirituel, souvent plein de second degré, d'allégories, la suite rendra la gravité sensible, celle qui nait des dimensions-pages multiples croisées aux spirales-solénoïdes des cahiers. Les mots qui sont des sauts de poissons dans l'air si fin de pensées. Parfois, l'air est tellement condensé, tempête, qu'il emporte au loin. Le poisson se prend pour un ange. Pourtant, le poisson replonge toujours car les mots ont aussi leurs chaînes, leurs poids.

« S'il n'y avait eu les rêves, nous n'aurions jamais su que nous avons une âme. le monde réel, concret, tangible aurait été tout ce qui est, seul rêve à nous permis, et parce que seul, incapable de se reconnaître en tant que rêve. Nous doutons de lui parce que nous rêvons. »

Ces rêves figés dans l'ambre, je les ai partagés dans ma vie donc ils ne m'ont pas parus évanescents.

« Moi même, une goutte de graisse grésillant sur le poêle, tentant de te connaître. (…) Mes rides, qu'est-ce qui va les décrire ? »

« Comprendrai-je un jour, du fond de ma solitude, cet appareil d'un autre monde qu'est ma vie ? »

La vie est une école, sans fin autre que celle de l'enseignant qui se sait au final imposteur. Je l'ai aimé moi ce grand gamin qui ne fait que lire mais reste saisi par le ciel sans fin. J'imagine un écrivain qui se réveille, lève les yeux de son écran, et voit des centaines, des milliers de personnes qui l'observent en silence, toutes plus différentes les unes que les autres. Rapidement, elles s'estompent toutes selon un ordre cryptique, laissant l'écrivain à nouveau seul, en proie à ses doutes. Ce manuscrit, cerveau en bocal, n'a besoin d'aucune étiquette-prix pour se conserver au temps. Essence volatile provenue d'une solution dont l'immense envergure d'ailes balaie le réconfort de fin de lecture, ce moment du « j'ai lu » au son de mon souffle, ce frisson quand on sait que la clé est le fond de l'océan. Oui, le pouvoir de poser des mots sur l'univers n'est qu'une conviction maniaque, gargarisme du prisme logorithmique.

Les traducteurs ont rarement une voix mais Laure Hinckel nous partage un bout de son aventure ici : https://laurehinckel.com/
Merci à elle pour ce travail d'exception.

« car l'art est une foi. »

« La tache matérielle s'étendrait sur des surfaces inimaginables dans l'interstice presque nul à présent, entre les parois métaphysiques, elle ferait autant qu'une galaxie ou autant qu'un univers, mais elle resterait un accident insignifiant dans l'infinie crevasse. »

PS: La recherche de la séquence chiffrée page 666 du chapitre 42, moi je dis chapeau la mise en page de l'éditeur, à moins que tout ne soit déjà inscrit ;o)

PPS: Sans comparaison avec les spins si chers à l'IRM et son bourdonnement, on recherche toujours les monopôles magnétiques. Le fait qu'ils ne semblent pas exister provoque d'ailleurs une différence de symétrie dans les équations de Maxwell.
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EtienneF
  13 septembre 2019
Solénoïde est le journal des "anomalies" d'un homme dont l'existence n'est qu'un labyrinthe de souvenirs pour les uns vécus, pour les autres hallucinés, et enfin pour certains rêvés. Vus comme autant de fragments de soi-même l'homme y cherche une réponse, il questionne sa propre existence par l'expérience de leur écriture, par la littérature.
Dans une Bucarest à l'agonie dont les rues seraient les méandres du cerveau de l'écrivain, tant son atmosphère crépusculaire, cendreuse, pourrie, qui nous perd et nous hallucine à notre tour ; dans une Bucarest à l'agonie l'homme erre et hait au plus profond de soi, mais surtout, il est effrayé par ses profondeurs envahies des monstres tirés des plus sombres de nos cauchemars. Mais quelle est cette ville ?
Ce journal est une expérience de littérature comme il y en a peu. On rentre dans la tête d'un homme qui a décidé d'aller au bout de sa folie et, si le chemin peut paraître repoussant et difficile, il renverse toutes nos certitudes établies, nos frontières du réel.
Dans la lignée de Kafka et de Proust, une langue exceptionnelle, instinctive, hallucinée : un auteur d'exception.
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TmbM
  23 août 2019
Un roman de formation, un vibrant hommage au courant existentialiste, une oeuvre totale, colossale, folle et totalement délirante, qui vous transporte dans le monde merveilleux du rêve et de l'évasion. J'y suis encore.
L'article complet sur Touchez mon blog, Monseigneur...
Lien : https://touchezmonblog.blogs..
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L_M
  26 mars 2020
Une maison est en feu, vous devez choisir, sauverez vous l'enfant qui s'y trouve ou un exemplaire unique d'une oeuvre d'art universelle ? Un dilemme moral caché au milieu des pages de ce roman de plus de 800 pages, véritable monument et travail prodigieux dans lequel hommage est fait à l'humanité, à la lecture, à l'intellect, à l'introspection, aux mondes infiniment petits et grands... Un livre déroutant, à l'écriture jonchée de mots parfois savants souvent peu usités, qui nous emmène dans un tourbillon qui rend confus, mais pourtant épatant.
Un livre que j'achève sans savoir si j'ai adoré y passer près de 3 semaines ou si j'ai détesté me faire promener dans cet univers littéraire roumain pour le moins étonnant.
Restons sur l'idée positive, lisez ce livre plutôt que les publications penibles qui traînent sur les réseaux sociaux, comme ça on pourra en parler et ça fera du bien à l'humanité.
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Passemoilelivre
  09 janvier 2020
Lecture difficile, mais qui mérite la persévérance à petites doses car elle requiert un grande concentration. Des passages extraordinaires, d'autres moins car alimentés par des délires oniriques partant un peu dans tous les sens. le récit d'une vie à Bucarest avec un souhait de reconnaissance littéraire qui n'aboutit pas et qui entraîne le narrateur « non écrivain reconnu » à développer un journal sur son enfance, son mal d'exister, ses maladies traumatisantes, et sa vie d'adulte comme professeur de roumain. Un grand nombre de passages érudits sur l'existence, le monde tel qu'il est , mais surtout tel qu'il est perçu et imaginé au travers d'expériences quasi paranoïaques. Des lieux habituels, mais dans lesquels il se perd toujours (son lycée, sa maison fantastique reposant sur un solénoïde lui permettant une lévitation à la demande. Un univers délirant, souvent glauque avec des personnages extraordinaires, des piquetistes, un bibliothécaire dont la principale activité est l'observation d'un monde microscopique dans lequel il propulse le héros. Fiction fantastique kafkaïenne très riche et méritant qu'on s'y attarde !
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