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EAN : 9782253820246
192 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (15/01/2020)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Un futur sans abeilles, étouffé dans la grisaille de gigantesques latifundia. Un futur où l’humanité se meurt, privée de descendance.
Albert, journalier agricole, répand le pollen à la main. Manon, sa compagne engagée à l’usine, sombre peu à peu dans la folie. Et dans la morosité du quotidien, une lueur, Apolline sous les cerisiers… les dernières fleurs avant la fin du monde.
Après Petit Blanc, conte cruel et onirique, Nicolas Cartelet incarne son héro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
JustAWord
  26 janvier 2020
Pour son nouveau roman publié aux petites mais dynamiques éditions Mü, le français Nicolas Cartelet transpose Albert Villeneuve, le héros de Petit Blanc, au coeur d'un monde sur le chemin de l'apocalypse. Dans un futur plus ou moins proche, les abeilles ont disparu entraînant la catastrophe écologique annoncée. Pour produire fruits et légumes, les hommes sont désormais obligés de polliniser les fleurs à la main dans d'immenses plantations où la rentabilité règne en maître absolu. Tandis qu'Albert Villeneuve dirige l'une des sections de journaliers chargée de ce travail ingrat, sa femme Manon s'épuise dans une usine de production de médicaments. Il ne semble n'y avoir aucun espoir pour le couple dans cet univers au bord du gouffre… jusqu'au jour où Albert est convoqué par le Duc, puissant propriétaire de la plantation où il travaille. Celui-ci lui fait alors une offre aussi étrange qu'inespérée : devenir le professeur de sa fille Apolline et lui apprendre à lire.
Délaissant les colonies fantasmées pour les plantations esclavagistes, Nicolas Cartelet poursuit son exploration de la misère humaine avec Dernières fleurs avant la fin du monde. Grâce à une plume qui gagne en maturité et en poésie, l'auteur français plonge le lecteur dans un monde de noir et de gris où les derniers hommes continuent à s'entredéchirer pour survivre. Au coeur de ce récit ouvrier qui expose les rouages ultracapitalistes d'une exploitation de la dernière chance, Albert Villeneuve incarne l'homme moderne dans toute sa beauté et sa lâcheté. En effet, Albert pourrait être un révolutionnaire s'il en avait encore la force. Il préfère regarder ses camarades se tromper d'ennemi et mourir pour une patate de plus que de prendre part à l'inévitable embrasement qui s'annonce. Critique à peine voilée du travail ouvrier à l'heure du grand capitalisme mais aussi charge féroce contre la haine de l'étranger venant voler l'argent des honnêtes travailleurs, Dernières fleurs avant la fin du monde a tout du roman révolutionnaire.
Pourtant, son héros littéralement impuissant devient le porte-étendard d'un monde masculin qui ne bande plus, l'image acide d'une humanité incapable de se reproduire après avoir elle-même stérilisée Dame Nature. Albert va cependant trouver une dernière ombre de beauté et de poésie par l'intermédiaire d'Apolline, une autiste à la pureté presque décalée dans un monde qui n'en finit pas de crever. Il redécouvre ainsi le pouvoir des mots et de la musique, mais aussi des rires et des sourires. Dernières Fleurs avant la fin du monde devient dès lors un livre poétique qui oppose le couple fané d'Albert et Manon à la fraîcheur infinie d'Apolline. Nicolas Cartelet débusque ainsi quelques traces de lumières pour le lecteur en s'extirpant l'espace de quelques notes de son futur à la di Rollo. La brièveté de l'histoire empêche ce récit de fin du monde de tourner à vide et préfère l'intime à la grande révolution, forcément condamnée de toute façon.
Dernières fleurs avant la fin du monde finit par s'inscrire dans le registre des romans poétiques et douloureux que l'on referme avec un pincement au coeur, le temps d'une partition saccagée et d'une floraison imprévue.
Lien : https://justaword.fr/derni%C..
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Walkyrie29
  15 juillet 2018
Un roman d'anticipation, brillant par son écriture, sombre par le sujet traité tant il parait réaliste ! Si vous n'avez pas idée de ce qui attend l'avenir de notre monde, lisez ce roman et vous en découvrirez une facette, mais peut-être cela sera déjà trop tard…
Dernières fleurs avant la fin du monde, dernier roman paru chez Mü éditions, dernière petite oeuvre de l'auteur, petit par son gabarit, son nombre de pages (174), si petit et pourtant si grand par son contenu (euh je crois l'avoir déjà dit pour Petit Blanc, mais c'est tellement ça…).
Grand parce que Nicolas Cartelet a un style unique, une écriture belle et poétique, loin d'être pesante et lassante, loin d'être désuète. L'auteur a le rare talent d'écrire avec aisance, de jolies phrases avec des mots choisis avec soin, c'est instinctif, cela semble couler de sa plume comme il pourrait respirer, et c'est certainement cette facilité et ce talent d'écriture qui font de Nicolas Cartelet un grand écrivain en devenir. A mon avis l'homme de s'en rend pas bien compte, le personnage est simple et discret en public, nettement plus loquace en privé (je ne l'ai pas vérifié mais les « on dit »…) ou même sur la toile, jeune et pourtant, quel style ! Rien que pour la forme, il ne faut pas hésiter à le lire et niveau contenu, c'est souvent court mais riche et intelligent à l'image de Petit Blanc.
Grand, parce que ce roman est certainement visionnaire, sans être une réelle surprise pour autant sur ce qui nous attend dans l'avenir. le thème de l'écologie et de la disparition des principaux pollinisateurs ; les abeilles, est ici abordé de manière réaliste. Il suffit d'observer un minimum la nature pour comprendre que cela ne tourne pas rond. Ici l'avenir est sombre, lugubre et triste pour certains hommes, une terrible atmosphère éteinte où les habitudes et les actes ne sont plus vivants, mais linéarisés, irréfléchies, tout un ensemble de moutons qui ne cherche qu'à survivre plus qu'à vivre, c'est d'une tristesse.
Le roman se divise en deux grandes parties.
Dans la première, l'auteur décrit la vie d'Albert Villeneuve, personnage malléable et récurrent qu'il affectionne et que l'on avait pu voir dans Petit Blanc. Albert Villeneuve travaille dans une exploitation maraîchère, chaque jour, il se rend à pied à son travail, chaque jour bras tendus et épaules douloureuses, il pollinise les fleurs de cerisiers et chaque fin de journée est récompensée d'un lot de pommes de terre, qu'il ramène le dos voûté, la fatigue, la résignation sur les épaules, il rejoint son studio miteux, cuit ses pommes de terre pendant les trente minutes d'électricité quotidienne accordée à la cité, quand la gazinière fonctionne, cela va de soi. Rejoint par sa femme, Manon, travaillant à l'usine, qui n'est plus qu'une ombre de la belle jeune femme épousée il y a quelques années. Les discussions sont rares et le sexe aussi. Dans cette société du futur pas si lointain, les hommes ne bandent plus et les femmes ne tombent plus enceinte, l'avenir pour le peuple est incertain. Ce que décrit l'auteur est effroyable à sa façon, ces hommes, ces femmes avaient une vie avant, une vie plus heureuses, et puis il s'est passé quelque chose, on ne sait pas vraiment, on devine une catastrophe écologique, loin d'être douce, mais plutôt violente, rapide et irréversible. Est-ce l'avenir qui nous attend ? Dépeint ainsi, aussi gris, terne, sans couleur, même les pétales des fleurs sont d'une teinte des plus faibles. Seul les plus riches et les plus chanceux semblent encore vivre aisément, toujours à l'image du monde qui nous entoure, les petits sont écrasés mais en colère et se révoltent, les grands toujours plus flamboyants. Triste, réaliste, cela laisse un goût amer et une terrible désillusion pour un monde qui pourrait être si beau.
« Nous les caressions jusqu'à ce qu'elles scintillent de reflets dorés, du rose décoloré de leurs pétales, que nous voyions peu à peu s'ouvrir, et vibrer sous le baiser des plumes, semblait alors jaillir une lumière nouvelle : nous rendions vie aux cerisiers. »
Dans la seconde, il y a l'introduction d'un personnage ; Apolline, solaire, innocente, passionnée et qui ne semble pas avoir la même conscience que les autres. Apolline est la jeune fille du riche exploitant qui embauche Albert sur ses terres, un homme qui souhaite que sa fille soit éduquée et apprennent à lire. Albert se retrouve ainsi nommé professeur face à une jeune fille déroutante, pas franchement très attentive, on va vite comprendre pourquoi, et qui ne voue qu'un intérêt pour ce qui se cache sous un drap poussiéreux. Ce personnage amène de toute évidence une aura solaire à toute cette purée de poids qui encombrait les pages et l'histoire jusqu'alors. Il y a là toute une introduction artistique, la musique, l'amour des mots, ce côté un peu fou, spontané, désordonné, qui vient réveiller la conscience d'Albert mais aussi son coeur, ces rires qui se déploient entre ces deux personnages viennent éblouir cette vie qui semble dériver toujours plus. Une lueur d'espoir peut-être dans ce monde si sombre et si fade.
« Et puis j'avais d'autres choses à penser, il y avait la question d'Apolline et de son apprentissage des mots, des choses plus importantes, j'en étais convaincu, qui rendaient insensibles celles très terre-à-terre de mes hommes, les petites indignations des petits. »
Dis comme cela, ce roman peut paraître un peu fou, on peut avoir cette impression qu'il ne se passe finalement pas grand chose, c'est davantage un constat, une description d'un avenir possible, pourtant ne doutez surtout pas que le contenu est à la foi fin et intelligent. C'est justement cette simplicité dans l'histoire renforcée par une écriture vive, directe et magnifique qui est intéressante ici. L'auteur fait prendre conscience de beaucoup de choses mais surtout d'un avenir où la mort des abeilles pourraient entraîner un effet « boule de neige », rendre la nature dépendante de nous pour se reproduire (et nous nourrir), pourrait appauvrir nos vies qui deviendraient stériles et sans joie, à peine révoltés, nous deviendront des êtres humains déshumanisés et désexualisés, un avenir où l'on s'éteindrait finalement peu à peu.
En bref, Nicolas à quand le prochain ?
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Franky_Jecht
  25 août 2018
Après Petit Blanc, roman tourné vers le passé, Nicolas Cartelet donne dans le roman d'anticipation avec Dernières fleurs avant la fin du monde. On y retrouve Albert Villeneuve, personnage désabusé par excellence... Retrouve ?? Mais comment est-ce possible ? Que fait ce même personnage en tête d'affiche de deux histoires que plusieurs générations séparent ?
La réponse tient dans la première phrase de Dernières fleurs, celle qui sert généralement à parler de son ami ou de sa maman : "À ceux qui en silence, humblement, vont à contre-courant."
Villeneuve n'est pas quelqu'un, il est quelques-uns. le monde a toujours eu et aura toujours un monsieur ou une madame comme lui, révolté impuissant, un homme de rien, un qui essaie de s'accrocher à une branche pour ne pas se laisser emporter par les eaux mornes du quotidien des petites gens. Voilà une science-fiction peu commune, où l'humanité a beau faire, c'est l'humain qui prime.
Dans Dernières fleurs avant la fin du monde, il est question d'une terre rendue infertile, condamnée à la fécondation artificielle depuis la disparition des abeilles. Villeneuve et ses collègues de travail sont chargés de polliniser les cerisiers, en remplacement de feu les ouvrières de dame nature. Ils bossent énormément, mangent mal, mènent une vie fade. La révolte pour Villeneuve est à la hauteur de son importance face au monde, une goutte d'eau dans l'océan. Puis, une perspective insoupçonnée jusqu'alors se fait jour. C'est sa rencontre avec Apolline, une enfant, l'innocence, qui va semer l'espoir dans son coeur.
Tout comme pour Petit Blanc, on sera tenté de reprocher à ce roman son aspect prévisible, son histoire somme toute simple, ne révolutionnant pas le genre. Mais comme pour Petit Blanc, et à vrai dire plus encore je trouve, ces reproches n'auront pas lieu d'être. C'est cette simplicité qui nous parle, cette réalité évidente, qu'il ne tient pas à l'auteur de contorsionner et d'alambiquer pour en faire un mystère labyrinthique tout bonnement incroyable, mais bien de décrire sans fard, à fond, de dénuder jusqu'à l'âme. Et c'est là la force de ce roman.
Dernières fleurs est écrit avec une justesse et une authenticité admirables. Narré à la première personne par son sous-héros (je crois qu'on peut appeler ça comme ça, Albert n'étant selon moi pas plus héros qu'anti-héros), le lecteur perçoit le ton et le bon sens sans fioritures. Une poésie du mot vrai et simple, une modestie lyrique. Nicolas Cartelet a une conscience aiguë des hauts et des bas du comportement humain, et son style est transparent sur ce fait.
"J'ai essayé de lui faire comprendre, encore une fois, je lui ai répété ces choses, du miel plein la voix, je lui ai dit que j'admirais son sacrifice, mais qu'il fallait se serrer les coudes, se réjouir ensemble de ma réussite, qui nous honorait tous les deux. Manon n'a rien voulu savoir, elle a continué de m'accabler entre les larmes, encore et encore, misère, oh, misère… Elle tombait le masque. Peut-être avait-elle espéré que je lui revienne en larmes, renvoyé ou blessé, mutilé par les chiens des matons ; pire, peut-être avait-elle espéré que je ne revienne pas."
Si Dernières fleurs est un roman du réalisme brut, ça n'est pas sans toucher aussi à la symbolique. Les parallèles avec Alice au Pays des Merveilles, lâchés sans prétention mais où l'on sent bien la gentille malice de l'auteur, sont savoureux à déballer. Bien sûr, Nicolas Cartelet s'amuse de son Apolline, dont le prénom est - volontairement, ça ne fait aucun doute - proche de "pollen", l'élément qui est à la source de la condition d'Albert. Là où le pollen tue Albert à la tâche, Apolline le ramène à la vie. le A de Apolline est peut-être bien un A privatif, le contraire de cette poudre jaune éreintante. Mais elle est aussi le pollen qui fertilise un coeur ankylosé.
Pour conclure, lisez ce roman si vous aimez voir de belles choses dans une vérité dure à vivre. Lancez-vous si vous appréciez la vision du soleil qui crève un plafond nuageux avec de minces mes brillants rais de chaude lumière. Et soyez assurés que cet auteur a plus d'un tour dans son sac. Personnellement, je ne vais pas le lâcher.
Bye bye!
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Le_chien_critique
  23 juillet 2018
La révolte d'un homme dans/pour un possible futur. Bof !
Tout commence par une rumeur : des champs de pomme de terre seraient la proie du mildiou. Et le mildiou lorsque l'on est un journalier agricole, c'est la fin du salaire. D'autant que nous sommes dans un futur où les abeilles ont disparu, ce sont les journaliers qui chaque jour s'épuisent à polleniser les fleurs. On entre ainsi de plein pied dans le récit via cet événement dramatique, venu par le vent de la rumeur.
L'exploitation agricole est aussi l'exploitation des hommes chargés de polliniser manuellement arbres fruitiers et plantes. Un boulot harassant pour une poignée de patates, maigre pitance. Et il a aussi droit à un logement, une sorte de poulailler humain rationné en électricité. Albert, chef d'une poignée de journaliers, droit dans ses bottes, jusqu' au jour où la réalité lui saute aux yeux, celle qu il refusait de regarder en face. Sa révolte, sa conjuration comme il dit, est ce que nous allons suivre.
A mi parcours, le récit prend un autre chemin, et moi je reste au bord de la route. Fini les champs laborieux, direction les salons de la classe supérieure, l'auteur délaisse son réalisme brutal pour une bourgeoisie que j'ai trouvé très irréaliste.
Ce n'est pas le livre que je pensais lire. Nous sommes plus dans la littérature blanche, introspective, la SF est un décorum (Des abeilles nous n'apprendront rien. de l'effondrement de la société non plus). Cela n'enlève rien au style "droit au but", mais ce n'est pas la littérature que j'aime. Je préfère celle qui se préoccupe de l'humain, pas de l'individu seul. Ceci dit, la révolte de cet homme suit son chemin particulier, individualiste. Pourquoi se révolter, pourquoi combattre alors que les camarades d'aujourd'hui sont les délateurs d'hier et de demain ? Pourquoi ne pas penser dès lors à soi ?
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RattusBibliotecus
  13 octobre 2018
Avant de commencer, je tiens à remercier les éditions Mü pour ce service presse.
Les anticipations écolo te branchent ? Viens là.
Sale temps pour l'humanité (et toutes les bestioles) ; les abeilles ont disparu. Un ciel de plomb a remplacé le soleil, les humains pollinisent à la main. Hors des plantations, les arbres sont morts et tout est asséché, ce qui devrait drôlement te rappeler La Route, en mieux écrit (j'avais eu l'impression de lire un synopsis bien rédigé, tant c'était télégraphique).
Il reste quand même des oiseaux (mais pas au point de pouvoir leur filer à becter, ou de shooter dedans place Saint-Marc), qui doivent sans doute leur salut à leur capacité à se nourrir à même les plantations. Et puis il y a l'Homme, qui n'a plus à sa disposition que les rares fruits et légumes qui parviennent encore à pousser. Notre héros Albert, comme tous ses collègues, n'a droit qu'à des patates. « Lundi, des patates, Mardi, des patates, Mercredi, des patates aussiii »… enfin, si la cuisinière fonctionne, car la ville n'accorde qu'une demi-heure de courant aux travailleurs. Avise-toi de rentrer en retard, et tu peux te coller ta potatoe sans sel ni beurre derrière l'oreille (à défaut d'autre chose, mais ça, j'y reviendrai plus bas).
Tout dans ce récit n'est que survie : salaires misérables, temps de marche (si tu veux gagner ton lointain clapier à l'heure, et donc manger, ne te fais pas trop pote avec tes collègues, tu t'éterniserais…), régime alimentaire plus qu'appauvri ; l'auteur n'explicite pas car ce n'est sans doute pas le sujet, mais Albert, comme sa compagne et les autres travailleurs, semble très gravement carencé : maigreur, libido inexistante se traduisant par une incapacité à assurer, agressivité, et début de démence pour Manon. Et on nous serine matin midi et soir que le véganisme, c'est l'avenir ?
Albert, comme ses collègues, subit sa condition qui le révolte de plus en plus. Comme ses collègues, il n'en peut plus de ce mépris, de la mort qui plane sur les plantations, et il hait les Gris, ces travailleurs abattant autant de boulot qu'eux pour bien moins cher (la ressemblance avec les travailleurs détachés est troublante) ; ils lui font peur car il craint que sa situation ne se dégrade encore. Il les envie, aussi, car ces gens ont su se fédérer pour être mieux traités.
Albert décide de se venger en faisant semblant de polliniser les arbres, et ça commence à marcher lorsque le Duc, le big boss, vient le chercher. Persuadé que ses patrons ont mis un visage sur son sabotage, il se prépare à mourir, mais quand le Duc lui révèle avoir besoin d'un professeur pour apprendre à lire à sa fille Apolline, il saute sur l'occasion. L'enfant deviendra son rayon de soleil, sa raison de tenir bon…
Ce roman sonne comme un avertissement : si l'on continue ainsi, si l'on se laisse faire au lieu de virer les puissants à grands coups de pieds dans le derche, voilà où ils nous mèneront. Même sur une Terre agonisante, ils vivront bien… sur ton dos…
Un court roman à découvrir si tu aimes les dystopies aux arrière-goûts amers.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
AnnaDelRioAnnaDelRio   17 mars 2020
Je me suis efforcée de paraître optimiste, les frères Suarez se sont chuchotés des choses empressés ; ils ne savaient plus trop s'il fallait se réjouir ou s'alarmer de l'affaire des pommes de terres. Nous avons continué, en silence et en rang, les esprits pas beaucoup plus clairs, jusqu'à l'intendance.
A bien y réfléchir, c'est la première fois qu'a germé dans mon esprit l'idée de conjuration. Mais ça n'était encore qu'une graine, non fleurie, aux contours vagues : on ne pouvait dire si elle donnerait ou pas un fruit, et si oui quel serait ce fruit. J'ai fait mine d'ignorer cette sensation nouvelle.
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JustAWordJustAWord   26 janvier 2020
Ils étaient des enfants au marché de la rébellion, bavant devant les étals scintillant des mille manières de se rebeller, belles et colorées comme des fruits frais.
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DavyDavy   26 avril 2018
Et puis j’avais d’autres choses à penser, il y avait la question d’Apolline et de son apprentissage des mots, des choses plus importantes, j’en étais convaincu, qui rendaient insensibles celles très terre-à-terre de mes hommes, les petites indignations des petits.
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DavyDavy   24 avril 2018
Lorsque venait le soir et l’heure de la paye, c’étaient mes couilles vides que je présentais fièrement aux intendants, tout sourire, ma petite boîte de métal allégée du pollen : je leur crachais à la gueule, ils me payaient en retour.
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Le_chien_critiqueLe_chien_critique   23 juillet 2018
Et déjà la question des limites me venait à l’esprit : un cerisier était tombé, et si d’autres suivaient ? Et si cent ? Et si mille ? J’en avais le tournis. Les choses sont advenues aussi simplement que ça, par un refus de ma part ; pas même un acte, rien, un non acte : je venais de fonder la conjuration des pollinisateurs. C’était une conjuration de papier, j’en étais le seul membre et n’envisageais pas de recruter pour le moment – recruter qui, qui d’autre qu’un délateur en puissance ? Mais enfin toutes les révoltes avaient leur commencement, même des plus modeste. Je me consolais à cette idée.
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Vidéo de Nicolas Cartelet
Dernières fleurs avant la fin du monde de Nicolas Cartelet
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Un futur sans abeilles, étouffé dans la grisaille de gigantesques latifundia. Un futur où l?humanité se meurt, privée de descendance. Albert, journalier agricole, répand le pollen à la main. Manon, sa compagne engagée à l?usine, sombre peu à peu dans la folie. Et dans la morosité du quotidien, une lueur, Apolline sous les cerisiers? les dernières fleurs avant la fin du monde. Après Petit Blanc, conte cruel et onirique, Nicolas Cartelet incarne son héros Albert Villeneuve dans un futur désenchanté, où les hommes luttent contre leur impuissance.
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Infos techniques : Date de sortie : 23 mai 2018 ISBN papier : 978-2-490239-02-3 ISBN numérique : 978-2-490239-03-0 Prix papier : 18,00? TTC Prix numérique : 5,99? TTC Nombre de pages (papier) : 192 Format : 130x200mm ; Broché, pelliculage mat Couverture : Jean-Emmanuel Aubert Dépôt légal : mai 2018
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