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Jacqueline Huet (Traducteur)
EAN : 9782020331586
Éditeur : Seuil (02/11/1997)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 55 notes)
Résumé :
Dix contes célèbres pour enfants sont subvertis par la plume féminine d'Angela Carter. L'audace érotique du "Cabinet Sanglant" (Barbe-Bleue) ; le flirt avec la violence animale de "M. Lyon fait sa Cour", l'impudence du "Chat Botté", un peu escroc, un peu gigolo : tout cela est splendide et de sensations et d'esprit. Et, fatalement, plein de loups. La nouvelle qui donne son titre au recueil a inspiré à Angela Carter le scénario du film fantastique de Neil Jordan.
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  12 mai 2019
La compagnie des loups c'est avant tout une écriture flamboyante et ciselée. C'est un ressenti qui va au-delà de ce que je m'imaginais. Il s'agit de dix contes bien connus et revisités d'une manière très surprenante par une autrice qui dispose d'une capacité à lier l'imaginaire collectif avec les drames historiques (notamment dans La dame de la maison d'amour), qui n'hésite pas à invoquer les pouvoirs de la sexualité et les forces de la nature pour transcender le texte. J'ai beaucoup apprécié l'humour du Chat Botté. Mais plus que tout c'est réellement la plume qui fait toute la beauté de ces textes, un conte avec cette écriture prend une ampleur inouïe et tous les textes vibrent. Je remercie Julian_Morrow pour cette découverte fabuleuse.
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Mokeby
  15 février 2017
Après une longue pause de deux semaines où je n'ai lu pratiquement aucune pages sauf de ce recueil de nouvelle, je reprends le rythme habituelle de mes lectures petit à petit. Je ne saurais expliqué pourquoi ni comment mais le fait est que la période d'Octobre est assez souvent similaire à suicide créatif de ma part. Ajoutons à cela ce côté morbide de mes lectures passées qui, je dois l'avouer, m'ont causé un choc par leur contenu ; La Compagnie des loups est dans ce même registres où les phrases sonnent avec plus de célérité et de passion encore que L'Exorciste. C'est la quatrième de couverture séductrice qui tel un cercueil de beauté m'a ravie dans des contrées hors du temps, de l'espace ; un pays imaginaire où plusieurs histoire découlent d'une ambiance parcheminée à l'érotisme. Cependant oubliez tout de suite les Fifty Shade Of Grey ; celui-ci réside dans l'anonymat par l'implacabilité de ses tournures de phrases ô combien magnifiques. Un vrai régal pour la littéraire que je suis !
Je songe à la difficulté d'écrire un avis constructif sur un recueil de nouvelles. Comment peut-on être juste en quelques paragraphes ? Comment vous faire comprendre la litanie esthétique dont recèle ce joyaux que je ne cesses de relire ou, tout du moins, certains passages. J'ai gribouillé presque toutes les pages car la magie des mots est on ne peut plus véridique et tient dans la subtilité, la poésie, l'effervescence, la profondeur des thèmes abordés. Grand amatrice de contes de fée, je suis tombée sur le trésor de tous fan qui se respectent, des nouvelles ni trop longues ni trop petites censées nous combler de leur bienfaits. Attention néanmoins, La compagnie des loups n'est pas à mettre entre toutes les mains surtout pas à celles d'enfants innocents car ce bijoux sécrète des réflexions très sombres, très difficiles à comprendre. Il a été d'ailleurs vaste pour moi et, je sais que, si je le relis, je découvrirais autre chose, d'autres sens ; définition même d'un chef d'oeuvre. Dans la préface est dit qu'Angela Carter avait étudié Sade durant ses études, en a fait une thèse publiée ; pourquoi s'occuper d'un écrivain véreux, d'un dangereux homme frisant le malsain dans tous ses textes ? Amoureuse de l'ingéniosité, de la créativité de certaines personnes je me suis pendue de joie par cette pensées égarée, philosophique de l'auteur qui, non sans tact nous explique que les femmes peuvent être libérer, deviennent le bourreau. Je ne suis pas aussi talentueuse qu'Angela et je vois bien que je rends ses paroles un peu incompréhensives. Il faut lire pour réaliser que ces nouvelles sont des perles.
Reprenant les contes célèbres de notre insouciance, c'est une fileuse de fils d'or qui relie l'esthétique au récit ; de Barbe Bleue elle en fait un monstre, de la Belle et la Bête elle en fait des êtres brisés où se complet un bout de la pensée de Sartre, Alice, Blanche-Neige, le chat botté (cette nouvelle est la moins aimée), tous les personnages naufragés qui nous ont permis de grandir, de nous construire sont mis en scène par une atmosphère, une ambiance assez noir. Pas d'humour, pas de légèreté, nous entrons dans un temps imaginaire qui de limite n'en a pas. Ce sont des mots éparpillés qui prennent leur force dans ce que nous sommes, chacun interprétera de façon différentes quand bien même il y aura quelques minces filets de bonheur éparpillés. Ce livre est subjuguant non pas dans le sens où je n'ai pu le lâcher jusqu'au l'entièrement du jour mais par les passages d'une magnificence époustouflante où mon coeur battait, se rompait pour apprécier le chant des événements. Je crois que me répète mais je suis tombée amoureuse comme une belle écervelée de la plume aiguisée de l'écrivain. J'ai mangé, j'ai dégusté, j'ai aussi réfléchi sur la définition de certains mots, cela m'a motivé pour écrire, à attiser peut-être ma jalousie de m'avouer que je ne dépasserais sûrement pas ce talent un jour. Il est marrant de constater que je n'ai pas grand chose à dire, à analyser, la grande chose qui m'aura marqué est le style palpable de l'écrivain, transcendant les maux et transportant dans les limbes de la narration.
La magie de la littérature prend encore une fois son sens avec La Compagnie des loups qui, loin de se détériorer restera, je pense, un livre phare pour tous amateurs de contes transposés dans notre présent. D'ailleurs Angela, loin de reprendre au mot dit l'univers globale de ces récits d'apprentissage en métamorphose le sens : des jeunes filles enlevées mises aux mains des bourreaux qui prennent pouvoir à leur tour. C'est un essaie sur le féminisme, une satire sur l'illusion des hommes que de condamner la femme à rien d'autre qu'un corps. Ce recueil n'est pas dans le même genre que les livres que l'on vend aujourd'hui, contemporains, racontant une histoire, La compagnie des loups est bien plus, nous fait réfléchir sur des thèmes cachés, sur des secrets voilés, on en ressort grandi plus attisé. J'apprécie énormément la trilogie de Sarah Pinborough : Poison, Charme et Beauté ce dernier je dois bientôt lire et, à elles deux, développent une modernité à leur manière. Nous revenons à l'essentiel des contes de fée : celui de nous éduquer, de nous faire prendre conscience de certaines choses, par la richesse textuel chez l'une, par l'humour et l'intrigue chez l'autre. Choisissez, vous en ressortirez comblé.
Lien : http://musae.rpdiv.com/?p=264
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gill
  19 mars 2012
Angela Carter réécrit, de sa plume flamboyante et de très grand style, dix contes célèbres, à prime abord destinés aux enfants, et les transforme en autant de nouvelles fantastiques.
Ces textes courts sont splendides, très féminins dans la tournure, pleins de sensations et d'esprit.
L'audace érotique du ''cabinet sanglant'', l'impudence du chat botté, le flirt avec la violence dans ''Mr Lyon fait sa cour'' nous font envisager ces contes d'un oeil nouveau et la beauté de l'écriture ajoute à la saveur des textes.
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batlamb
  13 mars 2019
Dans ce recueil, Angela Carter fait glisser les contes traditionnels vers les motifs du gothique et de la poésie décadente. Les monstres des contes germent au milieu de fleurs du mal : des arums sont disposés autour de miroirs reflétant le lit conjugal de Barbe-Bleu, et des bosquets de roses de sang emprisonnent le château d'une belle au bois dormant vampirique. Contrairement à un herbier où les pages compriment les fleurs, ce sont ici les fleurs qui ouvrent et referment cette série de nouvelles, les enserrant de leur senteur capiteuse, dans une chambre chargée de symboles menaçants (« The Bloody Chamber » est le titre original de ce recueil). Les moralités d'antan sont oblitérées par ce parfum, qui excite les sens et le désir amoureux, alors même que la mort rôde.
La confrontation avec le roi des Aulnes en est la parfait illustration : le danger se dissout dans une forêt hyper-sensorielle, des descriptions vaporeuses installant une langueur teintée d'abandon qui transforme le conte en image figée, tableau raffiné de la perdition et de la perversion amoureuse.
Les héros d'Angela Carter explorent se qui se cache derrière les contes, leurs désirs sous-jacents, leurs pulsions de vie, qui sont aussi pulsions de mort. Parfois jusqu'à embrasser une nouvelle nature. Plutôt que de constituer un pantin au service d'une moralité, chaque personnage s'accomplit à travers ces contes détournés. Pour les héroïnes, qui sont ici majoritaires, cela constitue une façon d'affirmer leur féminité dans des jeux amoureux macabres.
Sous cette tension érotique, la chambre symboliste finit par éclater. Elle révèle ses artifices et laisse entrer la vie.
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Lutopie
  09 juin 2018
Une réécriture sensuelle des contes de fées, à lire à la lumière de cet homme éclairé, Le Marquis de Sade. Angela Carter, auteur de l'Essai "La Femme Sadienne", nous propose une vision féministe des pulsions sexuelles féminines. Ses héroïnes révèlent leur nature sanglante en exaltant la femme fascinée et fascinante.
Toutes les femmes sont des femmes en puissance sous la plume d'Angela Carter. Elles sont sur le point de devenir des femmes. Elles sont celles qu'on initie. La porte qui s'ouvre sur le cabinet sanglant (le recueil en version originale est intitulé The Bloody Chamber, la nouvelle-seuil, ce qui n'est pas anodin), c'est la porte de la perception et de la connaissance. le savoir étant la source, le sang, du pouvoir, la femme, en prenant conscience de sa nature sanglante, accède à son moi profond, à sa violence refoulée. Elle se transforme alors elle-même en louve, elle redécouvre son animalité.
Angela Carter démystifie les mythes féminins par un lent processus de déconstruction ; le merveilleux est au service du réel dans ses fictions contemporaines où les modes de communication ( comme le téléphone) ont une importance cruciale. La métafiction postmoderne de Carter questionne les rapports politiques à la femme, ainsi que les rapports de la littérature à la femme, souvent perçue comme une proie, notamment dans les contes de fées. Elle leur confère le pouvoir, en les faisant accéder à la connaissance de leur nature, en leur faisant prendre conscience de leur charme, des délices de la séduction, par la subversion, tout en rendant hommage au sexe féminin dans ses nouvelles érotiques fortes en suggestion.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   12 mai 2019
Sa peau me recouvre entièrement ; nous sommes comme les deux moitiés d'une graine enfermée dans le même tégument. J'aimerais devenir énormément petite de sorte que tu pourrais m'avaler, comme ces reines de contes de fées qui conçoivent lorsqu'elles avalent un grain de blé ou une graine de sésame. Alors je pourrais me loger à l'intérieur de ton corps et tu me porterais.
La chandelle vacille et s'éteint. Son toucher me console et me dévaste à la fois ; je sens mon cœur battre, puis se dessécher, nue comme une pierre sur le matelas rugissant tandis que la ravissante nuit lunaire se glisse par la fenêtre pour pommeler les flancs de cet innocent qui fabrique des cages pour y garder les doux oiseaux. Mange-moi, bois-moi ; assoiffée, rongée d'amertume, infestée de lutins, je ne cesse de retourner à lui, encore et toujours, pour que ses doigts me dépouillent de cette peau en lambeaux et me vêtent de son habit d'eau, ce vêtement qui me détrempe, son odeur de vase, sa capacité de noyade.
Désormais, les corbeaux laissent tomber l'hiver de leurs ailes et évoquent de leur cri la saison la plus rude.
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ZilizZiliz   17 mai 2019
Et mes yeux découvrirent le lit nuptial de ses ancêtres, imposant, aussi grand à lui seul, ou presque, que ma chambrette à la maison, avec les gargouilles sculptées sur ses surfaces d'ébène, sa laque vermillon, ses dorures ; et ses rideaux de gaze blanche gonflés par la brise marine. Notre lit. Et entouré d'une telle quantité de miroirs ! Des miroirs sur tous les murs, dans des cadres majestueux aux dorures contournées […] La jeune épousée […] était devenue cette multitude de filles que j'apercevais dans les miroirs, identiques dans leur tailleur bleu marine très chic. […]
- Voyez, dit-il, désignant d'un grand geste ces élégantes jeunes femmes. Je me suis offert un harem entier !
(p. 18)
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Lulu_Off_The_BridgeLulu_Off_The_Bridge   19 août 2013
Des yeux verts comme des pommes. Verts comme des fruits de mer morts.
Une bise se lève; elle produit un son singulier, bas, précipité, sauvage.
Quels grands yeux tu as. Yeux d'une incomparable luminosité, de la phosphorescence mystérieuse des yeux de lycanthrope. La glace verte de tes yeux fixe mon visage songeur. C'est une substance qui conserve, comme un ambre liquide et vert; elle me prend au piège. Je redoute d'y demeurer prisonnière à jamais, comme les pauvres petites fourmis et les mouches qui collèrent leurs pattes dans la résine avant que la mer ne recouvre la Baltique. Il me fait pénétrer dans ses yeux en tournoyant sur une gigue de chants d'oiseaux. Il y a un trou noir au milieu de tes deux yeux, c'est leur centre immobile; la tête me tourne quand je regarde là, comme si je risquais d'y tomber.
Ton œil vert est une chambre de réduction.
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Charybde2Charybde2   19 janvier 2016
Son cadeau de mariage refermé autour de ma gorge. Un tour de cou de rubis de cinq centimètres de large, semblable à quelque gorge tranchée extraordinairement précieuse.
Après la Terreur, dans les premiers jours du Directoire, les aristos qui avaient échappé à la guillotine adoptèrent la coutume ironique de se nouer un ruban rouge autour du cou à l’endroit exact où le couperet aurait dû s’abattre, un ruban rouge comme le souvenir d’une plaie. Et sa grand-mère, séduite par cette idée, s’était fait faire son ruban à elle en rubis ; quel luxe dans ce geste de défi ! Cette soirée à l’Opéra me revient encore aujourd’hui… la robe blanche, ; la frêle enfant qui la portait ; et l’éclat des joyaux écarlates autour de sa gorge, brillant comme du sang artériel.
Je le vis qui m’observait dans les miroirs dorés de l’œil appréciateur du connaisseur examinant un pur-sang, voire de la ménagère au marché, les pièces de viande à l’étal. Je ne lui avais jamais vu, ou du moins n’y avais pas pris garde, ce regard auparavant, dans sa pure avarice charnelle ; et qu’amplifiait encore étrangement le monocle logé dans son orbite gauche. Quand je vis qu’il me regardait avec concupiscence, je baissai les yeux mais, en détournant de lui mon regard, j’aperçus mon propre reflet dans la glace. Et je me vis, soudain, telle qu’il me voyait, mon pâle visage, cette manière qu’avaient les muscles de mon cou de saillir comme un fin treillis. Je vis combien ce cruel collier me seyait. Et, pour la première fois de mon existence innocente et confinée, je perçus en moi-même, des possibilités de dépravation qui me coupèrent le souffle.
Le lendemain, nous étions mariés. (« Le cabinet sanglant »)
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gillgill   19 mars 2012
Il est une bête et une seule qui hurle dans les bois de la nuit.
Le loup est le carnivore incarné et il est aussi rusé qu'il est féroce ; une fois qu'il a tâté de la chair humaine, rien ne peut la remplacer.
La nuit, les yeux des loups brillent comme des flammes de bougie, jaunâtres,rougeâtres, mais c'est parce que la pupille de leurs yeux s'engraisse d'obscurité et capte la lumière de votre lanterne pour vous la renvoyer - rouge comme danger ; si les yeux d'un loup reflètent le seul clair de lune, ils brillent alors d'un vert froid et surnaturel, une couleur perçante, minérale.
Quand le voyageur surpris par la nuit aperçoit ces terribles ducats lumineux cousus soudain sur les broussailles noires, il sait alors qu'il lui faut courir, si l'effroi ne le paralyse pas sur place...
(extrait de la nouvelle "la compagnie des loups" qui a donné son nom au recueil)
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