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Jacqueline Huet (Traducteur)Jean-Pierre Carasso (Traducteur)William L. Stull (Éditeur scientifique)Maureen Patricia Carroll (Éditeur scientifique)
EAN : 9782879296593
336 pages
Éditeur : Editions de l'Olivier (09/09/2010)
4.23/5   92 notes
Résumé :
Débutants est le manuscrit original, inédit à ce jour, d’un des livres les plus célèbres de Raymond Carver, Parlez-moi d’amour, qui parut aux États-Unis en 1981 après avoir été amputé de moitié par son éditeur. La publication de ce texte dans sa version intégrale constitue un événement de première grandeur. Elle permet de mesurer la force d’une écriture qualifiée à tort de minimaliste.

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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Marylou26
  11 mai 2019
Gros coup de coeur pour Raymond Carver, que je ne connaissais pas. Amputées par l'éditeur de l'époque (1981), ces nouvelles sont aujourd'hui présentées dans leurs versions originales. Qu'elles se déroulent dans le confort - ou l'inconfort ? - du foyer ou chez le coiffeur, les personnages qui y sont dépeints sont la plupart du temps à un point de rupture de leur vie, si ce n'est pas carrément en crise: alcoolisme, difficultés conjugales, infidélités, déceptions, violence... Cela pourrait les rendre difficiles à lire, et il est vrai que je n'en ai lu qu'une ou deux à la fois, mais le grand humanisme de l'auteur nous permet d'accéder à leur vérité essentielle, la difficulté de vivre lorsque la vie est pleine d'embûches et se révèle décevante.
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emmyne
  15 août 2011
Je ne présenterai pas dans ce billet chacune des nouvelles, la lecture en est personnelle. Raymond Carver s'immisce dans l'intimité des relations complexes entre les hommes et les femmes - familiales, amicales, amoureuses - avec un regard perçant et objectif. Il ne juge pas, n'interprète pas, il raconte. L'histoire est une histoire forte et significative sans jouer le jeu de la symbolique ou de l'interprétation; un miroir sans complaisance ni concession, la dureté d'un reflet sans effet de prisme.
Rien d'héroïque ou d'exotique, tout est dans la description, un geste, une attitude, la densité d'un moment, l'intensité d'un sentiment pris sur le vif, un éclat de quotidien brutal et éphémère, ce dérisoire jamais anodin, l'expression juste. Pas de tension dans ces récits, plutôt une rupture, un déséquilibre, un vertige. Ni désespérance, ni décadence, ce n'est pas sex & rock'n'roll, mais détresse et alcool. La vie, à la fois prosaïque et singulière.
Lire Raymond Carver, c'est se perdre dans l'écriture de ce regard en coulisse. Troublant plus qu'émouvant, le style ne peut effectivement pas être qualifié de minimaliste. Certes sobre, dépouillé d'artifice, il témoigne d'une conscience exacerbée des limites et des failles, de l'instant critique, l'inespéré, l'absurde et l'inéluctable, d'une fragilité nue. Une vision amère et éperdue plus que sombre; une vision douloureuse qui bouscule. le paradoxe Carver est que par l'écriture il parvient à abolir la distance rassurante que peuvent créer les mots, à tomber les armures et les masques, (se) lit et (se) livre sans cynisme, une familiarité dérangeante, une violence complice qui touchent sans avoir l'air d'y toucher. Il brise tous les barrages, libérant un gouffre d'émotions à la lecture qu'il est possible d'en ressentir un réel malaise, quelque chose d'effrayant, de malsain, de déstabilisant; le lecteur parfois perplexe, un peu voyeur, terrassé. le pire dans le meilleur.
" Bref, ça prouve qu'on devrait avoir honte de parler comme si on savait de quoi on parle quand on parle d'amour. [...] Si c'était à refaire, je choisirais la littérature. " - Débutants -
Pour paraphraser le titre du recueil qui regroupe récits de jeunesse, poèmes, critiques et essais littéraires - " N'en faites pas une histoire "- Point - titre original No Heroics, Please -, je conclus en écrivant que si, il en fait toute une histoire.
Extraits de la préface par Tess Gallagher :
- " ... le verbe émouvoir était à la racine même des ambitions littéraires de Ray. Il en use fréquemment dans ses critiques de livres et ses préfaces. Il souhaitait que les lecteurs soient " émus, peut-être même un peu hantés ". "
- " Je crois que Ray serait heureux si un écrivain débutant, ou même un écrivain confirmé, avait le sentiment d'être capable de faire mieux, ou au moins aussi bien, en lisant ses premiers écrits ou les conseils qu'il donne dans ses essais. "

Lien : http://www.lire-et-merveille..
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Perlaa
  05 juin 2019
État de Washington, le long de la rivière Naches dans un décor tristement banal, les habitants sont livreur de lait, comptable, vigile, coiffeur, directeur de supermarché, pêcheur, chasseur... des gens normaux...
Un vague malaise transpire. Une angoisse sourde s'installe insidieusement et se fait oppressante. L'atmosphère devient étouffante sans cause apparente. Étrange sensation de dissociation : on est dans l'instant dense et pourtant on est à distance. On est là, complètement là et on est absent et ailleurs à la fois. On ne sait si la situation va dégénérer ou non. On n'a plus prise sur le réel.
Des événements anodins prennent une tournure inquiétante quasi obsessionnelle: un hippie qui joue au bingo, une danseuse de flamenco, un pâtissier qui rappelle sa cliente pour une commande passée. Les objets eux mêmes participent de ce sentiment d'étrangeté, un cendrier plein de mégots dans un couloir d'hôpital, ou un autre cendrier, lourde pièce de grès bleu détournée de son usage initial de plat, des limaces dans un jardin, du vent dans les herbes...
La crise atteint son paroxysme, le malaise est exprimé, verbalisé, la pression peut redescendre évacuée, on ressort apaisé, rasséréné. La vie normale peut reprendre son cours. Quelque part on s'est libéré.
Les nouvelles nous troublent. Elles relatent des histoires tourmentées de lentes descentes aux enfers. Un moment de tension émotionnelle plus ou moins vive provoque une prise de conscience, une réaction salutaire. La plupart des nouvelles obéissent à ce schéma.
Il faut pénétrer dans cet univers insipide, terne, dénué de sens apparent pour accéder aux vibrations sourdes mais intenses de l'oeuvre de Carver.
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Charybde2
  17 mars 2013
La version "restaurée" selon ses voeux des premières nouvelles de Raymond Carver.
C'est l'excellent "Ciseaux" de Stéphane Michaka qui m'a attiré vers ce premier volume des oeuvres complètes de Raymond Carver, publié en 2010 en français par les éditions de l'Olivier, correspondant au "Beginners" de l'édition américaine Jonathan Cape de 2009.
Le volume regroupe 17 nouvelles dans une "version originale restaurée", libérée des coupes et de la réécriture menée vigoureusement à l'époque de leur première publication (sous une forme que l'on peut lire dans le volume 2 des oeuvres complètes, "Parlez-moi d'amour") par l'éditeur Gordon "Ciseaux" Lish, et que Raymond Carver, dans une lettre extrêmement émouvante, annexée au volume, indiquait regretter, tout en reconnaissant à son éditeur le mérite d'avoir "su le faire publier".
Il y a donc bien entendu deux lectures de ce volume : l'une directe, plongeant corps et âme dans ces tranches de quotidien de la classe moyenne américaine soigneusement disposés en abîme, sur des moments où tout peut basculer, s'effondrer, disparaître, ou au contraire, sur ceux où quelque chose de bon a été, comme par miracle, préservé... Mes préférées sont ainsi "Une petite douceur" (l'atroce télescopage d'une commande de gâteau d'anniversaire et d'un accident de la circulation survenu à l'enfant auquel il était destiné), "La tarte" (le harcèlement terrible d'un ex-mari ivrogne envers son ex-femme), "À moi" (une très brève et tragique empoignade à propos d'un bébé) et "Débutants" (une longue conversation entre deux couples d'amis à propos de la nature de l'amour). L'autre lecture consiste à "comparer" la version restaurée et celle "de Gordon Lish" : je vous en dirai donc plus en parlant de "Parlez-moi d'amour".
" "Tenez, sentez-moi ça, dit le boulanger, brisant une miche de pain noir. C'est un pain lourd, mais riche." Ils le humèrent puis il le leur fit goûter. Il avait goût de mélasse et de céréales non raffinées. Ils l'écoutaient. Ils mangeaient tout ce qu'ils pouvaient. Ils avalaient le pain noir. La lumière était comme celle du jour sous les plaques d'éclairage au néon. Ils bavardèrent jusqu'au petit matin, quand monta la pâle lueur dans les fenêtres, et ils ne pensaient pas à s'en aller." ("Une petite douceur")
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majolo
  01 juillet 2013
Ce recueil de nouvelles est une pure merveille. Je lis peu de nouvelles car je suis souvent déçue. Je suppose que c'est un exercice très difficile. La nouvelle ne doit pas être un "petit roman" ou encore un roman concentré.
C'est justement le talent de Raymond Carver: en quelques pages, quelques scènes, on comprend tout de ses personnages, leurs espoirs, leurs blessures et leurs souffrances. C'est souvent profondément désespéré mais il y a aussi énormément d'amour et d'émotion brute dans ces histoires. Le style est sobre, juste, et fait mouche à chaque fois. Toutes m'ont touchée, mais s'il faut en citer deux, ce serait: "Une petite douceur" (dont une adaptation très réussie se trouve dans le film "Shorts Cuts" de Robert Altman) et "Débutants".
Il faut savoir qu'il s'agit là du manuscrit non remanié.
C'est pour moi un des meilleurs de la littérature américaine.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   24 décembre 2020
"Vera, dit-il. C'est Noël, c'est pour ça que je viens.
- Noël est fini, Dieu merci. Noël est reparti comme il était venu, dit-elle. Je n'attends plus les fêtes avec impatience. Plus jamais je n'attendrais une fête avec impatience, aussi longtemps que je vivrai.
- Et moi ? dit-il. La perspective des fêtes ne me réjouit pas non plus, crois-moi. Bah, il n'y a plus que le Nouvel An à supporter maintenant et ce sera fini.
- Tu n'auras qu'à te saôuler, dit-elle.
- J'y travaille", dit-il, et il sentit sa colère renaître.
(La tarte)
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PinceauPinceau   15 janvier 2016
Il eut soudain l'impression d'avoir vécu la presque totalité de sa vie sans prendre une seule fois le temps de s'arrêter pour réfléchir à quoi que ce soit, et cela lui causa un choc terrible et accrut encore le sentiment qu'il avait de son indignité.(extrait de "Si tu veux bien")
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GanameraGanamera   28 juillet 2012
Extrait de "Toute cette eau si près de nous"
- C'est malheureux, très, je suis d'accord. Elle était jeune et c'est malheureux, et je regrette, je regrette autant qu'un autre, mais elle était morte, Claire, morte. Alors passons à autre chose. S'il te plaît, Claire. Passons à autre chose, là, tout de suite.
- Justement, je dis. Elle était morte… mais tu ne vois pas ? Il fallait s'en occuper.
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PascalOlivierPascalOlivier   15 avril 2019
Pourtant rien ne changera pour Stuart et moi. Ne changera pour de bon, je veux dire. Nous vieillirons, tous les deux, on le voit déjà à notre visage, dans le miroir de la salle de bains, par exemple, le matin quand nous faisons notre toilette en même temps. Et un certain nombre de choses changeront autour de nous, deviendront plus faciles ou plus difficiles, soit l’un soit l’autre, mais rien ne changera jamais pour de bon. Ça j’en suis convaincue. Nous avons pris des décisions, nos vies ont été mises en mouvement,et elles se poursuivront, se perpétueront, jusqu’à ce qu’elles s’arrêtent. Mais si cela est vrai, que faut-il en conclure?
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PerlaaPerlaa   04 juin 2019
J'eus le sentiment qu'il allait se produire quelque chose, c'était dans la lenteur des ombres et de la lumière, et que l'événement quel qu'il soit m'emporterait avec lui. Je n'avais pas envie que cela se produise. Je regardai le vent se déplacer en vagues à travers les herbes. Je les voyais dans les champs se courber puis se redresser. Le deuxième champ montait en pente douce jusqu'à l'autoroute et le vent le gravissait vague après vague. Debout à la fenêtre, j'attendais en regardant les herbes se courber dans le vent. Je sentais mon cœur battre. Quelque part vers le fond de la maison, on entendait une douche couler.
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Videos de Raymond Carver (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Carver
Raymond CARVER – Et vous trouvez ça drôle ? (Émission de radio, 2001) L’émission « Surpris par la Nuit », par Alain Veinstein, diffusée le mardi 3 juillet 2001 sur France Culture. Invités : Tanguy Viel, Marc Chenetier, Régis Geoffrey, François Bon et Olivier Cohen.
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