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François Lasquin (Traducteur)
EAN : 9782869307575
216 pages
Éditeur : Payot et Rivages (08/03/1999)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 143 notes)
Résumé :
De tous les écrivains de notre époque, Raymond Carver est sans doute celui qui a le mieux exprimé les vertiges "d'une classe sociale sans mémoire, celle des petites gens agités par les tracasseries du moment, les drames de la vie conjugale, du chômage et de l'alcoolisme".
(Jean Vautrin) Ses nouvelles sont des fables laconiques où passe le souffle d'un destin antique. L'homme s'y mesure à ce qui le dépasse : l'incapacité d'aimer, la force de survivre, l'approc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
cmpf
  20 mai 2015
Sept nouvelles de Raymond Carver. Elles ont toutes en commun d'être racontées par un des protagonistes, (sauf la dernière ou le narrateur est extérieur) sans autres précisions, comme si l'on suivait sa pensée.
Toutes sont des moments du quotidien. Les premières ont suscité chez moi une sensation assez nauséeuse, l'impression d'être englué dans un quotidien fastidieux, bien qu'il y ait par instant des références à la nature, plutôt poétiques. C'est dire si elles ont un pouvoir évocateur. J'ai même à plusieurs reprises été incommodée par la fumée des cigarettes. Bien sûr il n'y a pas de chute, ce qui aurait pu leur donner un sens différent, moins plombant.
Pourtant au fil des nouvelles le charme a opéré. Je les ai trouvées moins pesantes.
Relirai-je du Carver avec lequel c'était je pense ma première rencontre ? Je ne sais pas encore.
Je n'ai aucun doute sur ses qualités d'écrivain, j'en ai sur mes capacités à l'apprécier. Peut-être que je ne les ai pas lues à un moment adéquat.
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JIEMDE
  18 août 2019
Difficile de chroniquer ce recueil, de tenter d'en dire quelque chose d'intelligent qui ne vient pas... Et pourtant j'ai beaucoup aimé picorer chacune de ces nouvelles distillées une à une pendant quinze jours entre deux autres lectures, avec un faible particulier pour l'éléphant.
Juste dire que Carver (ici traduit par François Lasquin), c'est un univers, celui du quotidien, celui de M. et Mme Nobody, celui de vous ou de moi, en ce moment ou un jour prochain, celui de ces incidents de la vie et de l'amour, de ce qui ne vaut pas un livre, mais qui pour Carver vaut bien une nouvelle.
Juste dire que Carver écrit des textes tellement simples, des nouvelles tellement accessibles, qu'elles ne peuvent pas ne pas avoir été énormément travaillées. Là où une telle épure de mots et d'effets de style passerait chez d'autres pour un manque d'ambition, cela devient fluide avec Carver. Et nul besoin de twist final ou de chute humoristique, chaque fin devient chez Carver une ouverture. Qui appelle donc d'autres prochaines lectures...
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Bookycooky
  06 décembre 2014
Titre V.O.-Elephant
Ce livre rassemble les sept dernières nouvelles publiées du vivant de l'écrivain:une mère ne cesse de déménager,un coup de téléphone dans la nuit réveille un couple et l'entraîne dans des pensées morbides,amoureux d'une troisième femme,un homme néglige la deuxième ,repense à la première et ratisse frénétiquement les feuilles mortes des jardins environnants,une épouse quitte son mari une nuit où des chevaux égarés viennent brouter la pelouse,un homme de la classe moyenne,seul,se fait dégraisser comme un éléphant (nouvelle qui donne son titre a la V.O.),à devoir prêter de l'argent à toute la famille jusqu'à ne plus pouvoir subvenir à ses propres besoins.La dernière nouvelle est la mort imaginée de Tchekov.Dans chacun de ces récits,excepté le dernier,le narrateur subit un événement plus ou moins lié à son propre comportement passé ou présent ,qui le pousse à se poser la question du sens et à constater son incapacité à y répondre.Et la fin est toujours un atterrissage en douce,où il se détache de l'événement y devenant complètement indifférent,un détail inattendu ,sans rapport avec la situation ayant capté son regard.L'absurdité du surgissement de ce détail révèle quelque chose du non-sens de la vie.Ce décalage pour moi, est le sel des récits de Carver qui me fait toujours sourire.J'avais lu ce recueil dans les années 80,je viens de le relire,toujours avec le même plaisir!
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Murasaki
  22 octobre 2020
C'est donc le recueil des dernières nouvelles écrites par Raymond Carver, un auteur que j'aime beaucoup ; j'adore ses poèmes et la poésie qui se dégage de son oeuvre. Une poésie du quotidien, de la banalité, mais aussi une douceur dans l'évocation de situations pesantes, comme nimbées de brouillard glacial. Si on a lu d'autres nouvelles de Carver, on peut penser qu'il se répète - ou même qu'il radote vers la fin - mais non, il travaille et retravaille sans cesse jusqu'à perfection un univers romanesque construit à partir de sa propre expérience et de son observation d' un petit monde de gens ordinaires. Les dialogues sont parfaits, dépouillés des scories du langage parlé, tout en gardant l'authenticité de ce même langage parlé, avec ses insistances, ses répétitions, ses tics de langage, sa banalité. Oui, banalité, terre-à-terre, c'est le matériau de base de Raymond Carver, celui qu'il ne lâche jamais. Comme ces peintres chinois qui peignaient toute leur vie le même oiseau Carver peint des Mr Baxter, des Jack, des maris et des femmes qui se quittent dans des circonstances parfois teintées de fantastique, comme la scène de séparation dans "le bout des doigts" avec sa lettre bizarre et la visite des chevaux sur la pelouse. Cette scène est présente également dans un recueil de poèmes. L'oeuvre de Carver est remplie d'échos : sa vie personnelle continuellement romancée dans ses nouvelles et ses poèmes, un personnage d'une nouvelle (Jack dans "Débranché") qu'on a l'impression de retrouver sous les traits d'une silhouette dans une autre nouvelle (Mr Baxter dans "Menudo"), des personnages qui se ressemblent, partout et tout le temps, des monologues intérieurs ou des mises au point entre époux, des visites à des ex... et jusqu'au commentaires de sa famille sur les oeuvres où ils apparaissent. le style est tout en allusions, les personnages et leurs tourments se lisent entre les lignes et leur état d'esprit se reflète dans le décor, dans les feuilles mortes qui s'entassent comme pourrissent les sentiments et les relations. Dans le minimalisme de son écriture, dans la banalité de ses personnages, Carver, le bien nommé (carver = sculpteur), cisèle le déchirement ou l'attachement fervent des Monsieur et Madame Tout-le-Monde de l'Amérique moyenne blanche. La dernière nouvelle, très différente dans son propos, raconte la fin de vie de Tchékhov, dont je viens de lire "Une plaisanterie". Carver est le Tchékhov américain, c'est le Sunday Times qui l'a dit. Il est proche également de Murakami, traducteur de son oeuvre en japonais, dans le choix qu'il fait de mettre en scène des anti-héros, souvent à travers des auto-fictions où il raconte ses déboires de vieil enfant qui a beaucoup fait le con et qui en paie le prix. L'oeuvre de Carver peut donc sembler répétitive, et donc ennuyeuse pour certains lecteurs. Perso, j'adore.
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vibrelivre
  07 mai 2017
Les trois roses jaunes, R. Carver, nouvelles, trad. François Lasquin, éd. Rivages
J'ai repris la lecture de Carver. J'ai du mal avec lui. Et ça me fait de la peine. Je sais que c'est un grand nouvelliste, et O. Adam, dont j'apprécie beaucoup les livres, le revendique comme modèle d'écriture acérée.
Carver a des obsessions : l'alcool, le travail (ou pas) les relations de couple très instables, le besoin d'aimer et d'être aimé, la vie difficile des petites gens alourdies d'un horrible héritage, ou « une vie machinale. Sans objet. La vie de tout le monde. » la solitude, le difficile métier de vivre. Car l'homme n'a qu'une vie et il ne peut ni la comparer à des vies antérieures ni la rectifier dans des vies ultérieures, lit-on en exergue, sous la plume de M. Kundera.
Je regarde de près ses nouvelles, sept dans ce recueil, pour sûr elles sont construites. Et les titres sont choisis. La vie est subtilement rendue. L'angoisse monte. Les fins laissent planer le doute, ou le mystère. Elles laissent l'esprit pensif, par exemple le bout des doigts qui fait allusion à la mémoire phénoménale du narrateur, qui ne veut pas voir ce qui est sous ses yeux, et quand sa femme s'en va, prend conscience qu'il perd son histoire et va devoir vivre sans elle. Est-ce à dire que l'homme ne vaut pas tout seul? Ou L'éléphant, qui met en scène un narrateur exténué par le travail pour subvenir aux besoins de ses proches, parasites qui savent pouvoir se reposer sur lui en jouant sur ses sentiments . A la fin de la nouvelle, le narrateur laisse tout derrière lui, et monte par pur hasard dans la voiture au moteur neuf d'un collègue de travail. Où cette voiture le conduira-t-elle ? Y trouvera-t-il enfin le repos ? Pour avoir autre chose devant lui que le néant, comme le personnage principal de Menudo, à qui un ami prépare un menudo, plat de tripes qui va le remettre en forme, mais il s'endort et d'autres que lui goûteront ce plat réconfortant.
Mais elles ne m'émeuvent pas. Bien qu'elles disent les incidents et accidents de la vie.
Ainsi, la nouvelle qui donne son titre au recueil, parle de la mort de Tchekhov. L'écrivain qui vit bourgeoisement : il a ses habitudes dans un grand restaurant. La tuberculose l'achève. En sa qualité de médecin, il doit le savoir, mais fait comme si le traitement qu'il suit améliore son état. Tolstoï lui rend visite à l'hôpital. Tolstoï n'aime pas le dramaturge, mais goûte fort le nouvelliste, et surtout apprécie énormément la personne. Dans les dernières heures de l'agonie, le médecin appelé à son chevet se rend compte qu'il n'y a plus rien à tenter, et fait monter du champagne dans la chambre. L'attention du lecteur se déporte alors vers le jeune chasseur, sorti du sommeil subitement pour accomplir son service. le chasseur est mal réveillé, son uniforme est défraîchi et plissé de partout ; il ne voit pas s'il y a quelqu'un dans la chambre. le médecin le gratifie d'un énorme pourboire. le lendemain, il revient dans cette même chambre, porteur d'un vase dans lequel se trouvent trois roses jaunes. Qui les offre ?Pourquoi jaunes ? Pourquoi trois ? Il est bien éveillé, son uniforme est impeccable. Il voit qu'une des coupes est dans la chambre. Il constate aussi que le bouchon de la bouteille est à terre. Comment faire pour le ramasser ? La femme de Tchekhov l'informe que son mari est mort et qu'il doit aller chercher personnellement l'ordonnateur des pompes funèbres. Elle n'en finit plus de donner des précisions. Elle sort une liasse de billets. Reste totalement et constamment aveugle aux roses. A la fin, le chasseur, vase à la main, se baisse et ramasse le bouchon qu'il garde dans sa main.
Tout aussi bien , la nouvelle aurait pu s'intituler le bouchon. La mort de Tchekhov, content d'avoir bu du champagne, est paisible, reposant dans les bulles et les fleurs solaires. On retrouve le Tchekhov du début de la nouvelle, d'avant le rude assaut de la maladie. le chasseur, dans sa jeunesse et la force du matin, relève le bouchon, symbole de fête. Mais aussi, un sentiment de vide que veut remplir l'épouse avec sa couverture de mots, et que souligne la vanité des roses.
Toute l'histoire est contée avec simplicité, dans une attention constante aux détails. Et avec humanité : l'hommage rendu par Tolstoï à un homme, et l'embarras du chasseur, aux prises avec les choix de la vie, la proximité du grand et du petit.
Il faudra que je relise Carver. Je dois sûrement rater quelque chose. Car si l'homme ne peut jamais savoir ce qu'il faut vouloir, dixit Kundera, je veux, moi, savoir la force de Carver.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
voiliervoilier   03 juillet 2013
Pouët-pouët. Les historiens devraient user plus souvent de ce genre d'onomatopées. Pouët-pouët. Tut-tut. Bip-bip. Surtout dans des moments graves : juste après un massacre, ou quand un terrible fléau menace d'anéantir une nation entière. C'est à de pareils moments qu'un mot comme pouët-pouët serait utile, et même salutaire.
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fanfanouche24fanfanouche24   14 août 2020
"Cartons"

Ils déménageaient à tout bout de champ.Ils vivaient en location dans des maisons,des appartements,des mobiles homes,parfois même un motel.Ils déménageaient sans trêve, en se délestant d'une partie de leurs biens à chaque nouveau départ. (...)Ils transhumaient en quelque sorte,comme certaines bêtes, sauf que leurs déplacements à eux n'obéissaient à aucune logique définie. Ils ont erré d'un lieu à l'autre pendant de longues années. Leur quête de pâturages plus verts les entraînait parfois au-delà des frontières de l'état , mais c'était rare. (Payot, 1989 / p22)
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voiliervoilier   06 juillet 2013
« Elle dit : T’ose pas me regarder dans les yeux, hein ?
Elle dit (et là je le rapporte exactement) : Tu n’es même pas capable de me regarder dans les yeux quand je te parle.
Alors moi du coup, forcement, je la regarde dans les yeux.
Elle dit : Ah bon ; Très bien. Maintenant on a peut être une chance d’arriver quelques part ; Quand on parle à quelqu’un, on peut saisir plein de choses rien qu’en le regardant dans les yeux. C’est connu. Laisse-moi te dire encore une chose, tiens. Personne d’autre au monde n’oserait te le dire, mais moi je peux. J’en ai le droit. Et ce droit, je l’ai payé très cher, mon petit vieux ; Tu te prends pour quelqu’un que tu n’es pas. C’est la pure vérité. Comment je le sais ? Dans un siècle, c’est ce qu’ils diront : C’était qui, celle là, d’abord ? »
« Intimité » dans « Les trois roses jaunes ».
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Marylou26Marylou26   16 mai 2019
Elle (Olga) lui tenait la main (Tchekhov), et de temps en temps lui caressait le visage. « On n’entendait aucune voix humaine, écrivit-elle dans ses Souvenirs. Il n’y avait pas l’agitation de la vie quotidienne. Il n’y avait que la beauté, la paix et la grandeur de la mort. » (Les Trois roses jaunes, p. 208)
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voiliervoilier   06 juillet 2013
Ton cœur, je le connais comme ma poche, ne l’oublie pas. C’est une jungle, une forêt noire. Une vraie poubelle, en un mot.
« Intimité » dans « Les trois roses jaunes ».
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Videos de Raymond Carver (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Carver
Raymond CARVER – Et vous trouvez ça drôle ? (Émission de radio, 2001) L’émission « Surpris par la Nuit », par Alain Veinstein, diffusée le mardi 3 juillet 2001 sur France Culture. Invités : Tanguy Viel, Marc Chenetier, Régis Geoffrey, François Bon et Olivier Cohen.
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