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Anne McCaffrey (Traducteur)
ISBN : 2253050121
Éditeur : Le Livre de Poche (14/06/1989)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.94/5 (sur 226 notes)
Résumé :
« Je suivis son regard... A côté du vase, sur le napperon, un moulage de dents, les dents les plus tordues et irrégulières que j'aie jamais vues de ma vie. Il n'y avait pas de lèvres sur ce truc affreux, pas de mâchoires, juste des dents en plâtre plantées dans quelque chose qui ressemblait à d'épaisses gencives jaunâtres...

Ca, c'est les dents d'Olla avant qu'on lui mette des appareils, dit Bud à Fran... Ma tête à couper que je ne sais pas pourquoi e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Nadael
  01 mars 2012
On est bien loin de l'American Dream avec ce recueil de Carver. Au contraire, l'auteur brosse au fil de douze nouvelles le tableau de la réalité sociale de l'américain moyen, à la fin des années soixante-dix. Il dessine de nombreux portraits d'hommes et de femmes enlisés dans des existences râtées et pathétiques, des gens ordinaires qui vivent tant bien que mal avec leurs galères.
Dans Les vitamines du bonheur, les couples se déchirent, le chomâge sévit, l'alcool détruit, pendant que le poste de télévision envoie ses images du matin au soir. de futilités en bassesses, d'égoïsme en désespoir, chacun transporte sur son dos sa petite vie médiocre parsemée de minuscule moment de bonheur dans une grande tristesse.
Les personnages de Carver n'ont aucune aspiration, aucune attente particulière. Leur vie est plate, sans désir et sans issue. L'atmosphère créée par l'auteur met souvent mal à l'aise, ses phrases sont simples et souvent percutantes. Il manie l'absurde avec habileté, oscillant entre la dérision et l'ironie. Il parvient pourtant à émouvoir le lecteur en distillant dans certaines nouvelles de la compassion pour ses personnages.
Quelques mots sur les douzes histoires, douze points de vue différents de la condition humaine selon Carver :
Plumes
Un dîner chez un couple nanti d'un affreux bébé, d'un paon et d'un étrange moulage de dents...
La maison du chef
Un ancien alcoolique est contraint de quitter la maison dans laquelle il avait retrouvé la sérénité avec sa femme...
Conservation
Un type vient de perdre son boulot quand son frigidaire tombe en panne...
Le compartiment
Un homme divorcé décide finalement de ne pas revoir son fils qui l'attend sur un quai de gare...
C'est pas grand chose mais ça fait du bien
Un petit garçon vient de mourir, ses parents se consolent auprès d'un pâtissier...
Les vitamines du bonheur
Une jeune femme tente de gagner sa vie en vendant des vitamines à domicile...
Attention
Un homme a quitté le foyer conjugal, sa femme lui rend visite dans son nouvel appartement, alors qu'il a une oreille bouchée...
Là d'où je t'appelle
Un groupe d'alcooliques dans un centre de désintoxication...
Le train
Une femme attend son train dans une salle d'attente, un révolver dans son sac...
Fièvre
Un père de famille abandonné par sa femme s'occupe de ses enfants jusqu'au jour où une nourrice vient les garder...
La bride
Ruinée, une famille vit quelques semaines dans un motel, l'homme dépense son argent dans les courses de chevaux...
Cathédale
Un couple pris dans la routine reçoit la visite d'un aveugle – ami de la femme – quand ce dernier dessine une cathédrale...

Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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Christw
  03 septembre 2014

"Dans l'écriture, le désordre et le débraillé me font horreur ! " (R Carver)
Je suis venu aux nouvelles de Raymond Carver par Ciseaux, fiction de Stéphane Michaka, qui raconte les démêlés de Carver avec son éditeur Gordon Lish et propose une profonde réflexion sur l'écriture, prise entre la fièvre de l'ambition et le couperet de l'édition. En attendant Ciseaux en commande, j'ai lu le recueil Les vitamines du bonheur qui reprend douze textes écrits entre 1980 et 1983.

Après lecture d'un premier récit, une question légitime serait: où veut-il en venir ? Carver raconte bien entendu des histoires mais pas au sens ordinaire, avec la présentation d'une situation initiale qui évoluerait vers une autre plus ou moins conclusive, heureuse ou non, assortie d'une chute surprenante voire d'une pirouette bluffante. Non: voici des gens pendant un laps de temps limité, qui vivent un moment de crise, s'y débattent et dialoguent, plan après plan, c'est brut et concis, puis l'auteur les plante, en laissant au lecteur le soin de leur imaginer un destin éventuel. Il y a du Yves Ravey chez Carver – l'inverse plutôt – même si l'Américain ne cherche pas nécessairement à induire le suspense.
L'article d'une inconditionnelle, Martine Laval, rapporte joliment comment Carver observe le monde alentour. Maître incontesté de l'ellipse, maniant l'art du mine-de-rien, "Carver écrit le silence, non pas celui de la sérénité, mais celui de l'abattement, de l'effondrement. Ses phrases semblent anodines, insignifiantes ? Faux. Au détour d'une virgule, elles annoncent l'imminence de la catastrophe. L'abandon, la trahison, la lâcheté. La solitude. le débrouille-toi. Personne n'y peut rien. C'est comme ça. C'est la vie."
On peut penser que Carver compose d'une traite ses histoires élégamment fluent. Dans ses périodes fécondes, il passe de dix à quinze heures d'affilée devant sa table, à relire et réécrire. "Il ne faut pas beaucoup de temps pour écrire le premier jet d'une histoire, une séance habituellement, mais il en faut davantage pour écrire les diverses variantes. J'ai été jusqu'à écrire vingt ou trente versions du même récit. Jamais moins de dix ou douze." (traduit de The Paris Review n°76). Il épluche les phrases, pose des mots et tait beaucoup, calcule la place d'une virgule, impose une respiration, l'essentiel en creux pour faire éclore l'émotion.
(suite sur Marque-pages)

Lien : http://christianwery.blogspo..
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Corboland78
  25 mars 2012
Raymond Carver, de son nom complet Raymond Clevie Carver Jr, né en 1938 et décédé en 1988 d'un cancer du poumon est un écrivain américain surtout réputé pour ses nouvelles, devenu un maître stylistique pour de nombreux autres écrivains du monde entier.
Ce livre, Les vitamines du bonheur, est un recueil de douze nouvelles paru en 1976 alors que l'écrivain connaissait enfin le succès après de longues années de métiers divers et de misère. Tous ces textes nous plongent dans une Amérique qu'il connaît parfaitement, celle des petites gens de la classe moyenne, des banlieues et du chômage, des petites vies sans intérêt notable, des soumis à l'alcool et au tabac. Des gens quelconques, ni réellement mauvais ni vraiment cinglés, des gens comme on en rencontre tous les jours que ce soit en Amérique ou ailleurs, ils ont des peines ou des problèmes de chômage, ils vivent sur le fil du rasoir en équilibre instable et c'est là que Raymond Carver les choppe. C'est là que son talent se révèle, il les « photographie » en plein vol. « Oh ! Temps suspend ton vol » clamait le poète, Carver nous les dépeint à cet instant précis, comme en arrêt sur l'image, mais son regard est toujours neutre laissant le lecteur seul et maître d'en tirer la conclusion qui lui plaira.
Certaines nouvelles peuvent dérouter, dans le train par exemple, en plein milieu de la nuit une femme seule et armée d'un révolver attend un train dans la salle d'attente d'une petite gare quand un couple âgé fait son entrée en se disputant, ils sont bien habillés mais l'homme n'a pas de chaussures… Dans Plumes, un couple est invité à dîner chez le collègue du mari, il y a un paon en liberté qui entre et sort de la maison, un moulage de dents qui trône sur la télévision « L'orthodontiste, il voulait garder ça, dit-elle en posant les dents sur ses genoux. Pas question j'ai dit », et un bébé très laid « Tellement moche que je trouvais rien à dire », pourtant en lisant le texte rien n'est réellement farfelu pour autant. Avec Conservation, quand le frigo-congélateur tombe en panne cela devient un énorme problème à résoudre pour un couple dont le mari est au chômage. Dans le compartiment, un père ne saura pas comment renouer le contact avec son fils qu'il n'a pas vu depuis plusieurs années « Comment devrait-il se comporter devant le jeune homme, à la gare ? Fallait-il l'embrasser ? Cette perspective le mettait mal à l'aise », alors que dans la dramatique nouvelle C'est pas grand-chose mais ça fait du bien, un couple perd son enfant écrasé par une voiture et se fait consoler par un boulanger-pâtissier.
Ce qui surprend le plus le lecteur quand il s'attaque à un livre de Carver pour la première fois, c'est qu'il ne se passe presque rien, parfois rien du tout même, et pourtant nous sommes subjugués par le texte, ne comprenant pas ce qui nous pousse à continuer notre lecture et pourtant incapable de la stopper. Je ne m'étendrai pas plus sur le style de l'écrivain car un livre récent nous a apprit que contrairement à ce qu'on avait pensé jusque là, le fameux style concis de Carver, n'était en fait que le résultat des coupures de texte réalisées par son éditeur ! Je n'entrerai pas dans cette polémique, de toute façon ce qui est important c'est que le livre soit bon et il l'est.
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madameduberry
  30 décembre 2013
Carver me fait penser au peintre Hopper. Ses descriptions semblent réalistes, et cependant il y a quelque chose qui cloche , ou plutôt qui accroche. La situation en elle-même est triviale ou absurde, en tout cas elle produit de l'angoisse. Il y a un malaise palpable dans ces scènes du quotidien. Dans les tableaux de Hopper, c'est la même chose. Assis au bar sous un néon blafard, des personnages se regardent en coin, ils attendent quelqu'un ou quelque chose, le drame couve. Carrée dans un fauteuil, une femme seule attend, dans une salle dont c'est la fonction. Pourquoi l'inquiétude, si diffuse imprègne-t-elle notre compréhension de la scène, si banale?Dans un train sous la lampe une autre femme seule lit. Est-ce le début d'une histoire effrayante? Plus généralement, la solitude, l'attente, le vide, l'absence de rêve, infiltrent les images du peintre comme les nouvelles du romancier. Chacun des deux me paraît à sa façon témoigner de ce qu'H. Miller nommait : Cauchemar climatisé. Enfer, aussi bien.
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Chiwi
  06 août 2012
Ce sont douze nouvelles racontant la vie de personnages ratés, brisés malheureux. Mais ce sont des ratés ordinaire, des « monsieur tout le monde ».
Les nouvelles racontent ce qu'il pourrait arriver à n'importe qui : un mari à la dérive après avoir perdu son boulot ; une femme qui tente de s'en sortir en vendant des vitamines, des alcooliques en cure de désintoxication ; un père abandonné avec ses deux enfants, un dîner chez un couple qui a un bébé vraiment moche.
Les personnages sont sans mémoire ni histoire : lorsque l'on commence une nouvelle, on prend vraiment le train en marche.
Il n'y a pas de morale à trouver, c'est juste une vision de l'humanité qui tente de sortir de sa médiocrité.
Carver a une écriture simple, percutante et juste, écriture qui permet de mieux faire ressortir la réalité de la situation de certains personnages.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
MarymaryMarymary   27 août 2015
Connie Nova est couchée sur le dos dans sa chaise longue ; ses lunettes noires lui cachent la moitié du visage. Ses jambes et son ventre sont tout luisants d'huile. Un soir, peu après son arrivée, elle avait donné une soirée. C'était avant qu'elle largue l'avocat et se mette avec le chevelu. Pendaison de crémaillère, qu'elle avait baptisé sa soirée. Harley et moi, on était invités, avec des tas d'autres gens. On y est allés, mais la compagnie ne nous avait pas plu. On avait trouvé une place pour s'asseoir, près de la porte, et on n'en avait plus bougé jusqu'au départ. Et on n'avait pas traîné longtemps dans le secteur. Le jules de Connie avait proposé un jeu. Il s'occupait gratuitement du divorce du gagnant. Ça pouvait être n'importe qui. Tous ceux qui voulaient tiraient une carte d'un saladier qu'il passait à la ronde. Quand le saladier était arrivé à nous, tout le monde s'était mis à rigoler. Harley et moi, on s'était regardés. Je n'avais pas tiré. Harley non plus. Mais je l'avais vu regarder les cartes dans le saladier. Puis il avait secoué la tête et tendu le saladier à son voisin. Même Spuds et la nouvelle Mrs Spuds avaient tiré une carte. La carte gagnante avait quelque chose d'écrit au verso : " Le porteur de la présente carte a gagné un divorce gratuit ", suivi de la signature de l'avocat et la date. L'avocat était alcoolo, d'accord, mais je trouve que c'est pas des choses à faire. Tout le monde sauf nous avait tiré une carte, comme si c'était drôle. La gagnante avait applaudi. Comme aux jeux télévisés. " Nom d'un chien, c'est la première fois de ma vie que je gagne quelque chose ! " Il paraît que son mari était militaire. Pas moyen de savoir si elle est toujours avec ou si elle a demandé le divorce, parce que Connie Nova s'est fait d'autres amis après avoir largué l'avocat.
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NadaelNadael   01 mars 2012
Alors je sors les Grant de la caisse. Je les y remets, puis je les en ressors. Ces billets viennent du Minnesota. Qui sait où ils seront la semaine prochaine ? Ils pourraient être à Las Vegas. Tout ce que je sais sur Las Vegas, c'est ce que je vois à la télé – trois fois rien. J'imagine un de mes Grant atterrissant à Waikiki Beach, ou ailleurs. A Miami, New York, ou la Nouvelle Orléans. Je pense à un de ces billets passant de main en main pour Mardi Gras. Ils peuvent aller partout, et tout peut arriver à cause d'eux. J'écris mon nom à l'encre en travers du grand front de Grant : MARGE. En lettres d'imprimerie. Juste au-dessus de ses gros sourcils. Les gens s'arrêteront au milieu de leurs dépenses pour se demander : qui c'est cette Marge? 
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PetitebijouPetitebijou   14 juillet 2013
Il s'arrêta dans sa marche. Il avait le cœur au bord des lèvres. Il se pencha au-dessus du caniveau. Sa gorge se soulevait, mais il n'en sortait rien. Il se redressa lorsqu'une voiture pleine d'adolescents braillards passa dans la rue, le saluant d'un grand coup d'avertisseur musical. Oui, se dit-il, un grand mal presse l'univers de toutes parts, et il lui suffirait de la moindre crevasse, de la plus minuscule fissure pour s'y introduire.

Tais-toi, je t'en prie, tais-toi !
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Corboland78Corboland78   25 mars 2012
Pendant l’été, Eileen avait envoyé aux enfants quelques cartes, lettres et photos d’elle, et quelques dessins au crayon et à la plume qu’elle avait faits depuis son départ. Elle avait aussi adressé à Carlyle une longue lettre pleine de divagations, dans laquelle elle lui demandait de la comprendre en cette matière – cette matière – mais elle affirmait qu’elle était heureuse. Heureuse. Comme si, pensa Carlyle, le bonheur était tout dans la vie. Elle ajoutait que s’il l’aimait vraiment comme il le prétendait et comme elle le croyait – elle l’aimait, elle aussi, qu’il ne l’oublie pas ! – alors il comprendrait et accepterait la situation. Elle écrivait : « Ce qui est lié ne peut jamais être délié ». Carlyle ne savait pas si elle parlait de leurs rapports ou de sa vie actuelle en Californie. Il détestait le mot « lié ». Qu’est-ce que ça avait à voir avec eux ? Il se dit qu’Eileen devait être en train de perdre l’esprit, pour parler comme ça. Il relut ce passage puis froissa la lettre
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NadaelNadael   01 mars 2012
–  Jack London avait une grande maison de l'autre côté de cette vallée. Juste derrière cette colline verte que vous regardez en ce moment. Mais l'alcool l'a tué. Que ça vous serve de leçon. Il valait mieux que n'importe lequel d'entre nous. Mais il n'arrivait pas à se maîtriser non plus.(...) Les gars, si vous avez envie de lire quelque chose pendant votre séjour ici, lisez donc son bouquin L'appel de la forêt. (…)
J.P secoue la tête, puis dit :
Jack London. Quel nom ! Je voudrais avoir un nom comme ça, à la place du mien. 
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Videos de Raymond Carver (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Carver
"Et vous trouvez ça drôle ?", émission « Surpris par la Nuit », par Alain Veinstein, diffusée le mardi 3 juillet 2001 sur France Culture. Invités : Tanguy Viel, Marc Chenetier, Régis Geoffrey, François Bon et Olivier Cohen.
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Les Pilules du bonheur
Les Gélules du bonheur
Les Molécules du bonheur
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