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Anne McCaffrey (Traducteur)
EAN : 9782253050124
222 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (14/06/1989)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.93/5 (sur 305 notes)
Résumé :
« Je suivis son regard... A côté du vase, sur le napperon, un moulage de dents, les dents les plus tordues et irrégulières que j'aie jamais vues de ma vie. Il n'y avait pas de lèvres sur ce truc affreux, pas de mâchoires, juste des dents en plâtre plantées dans quelque chose qui ressemblait à d'épaisses gencives jaunâtres...

Ca, c'est les dents d'Olla avant qu'on lui mette des appareils, dit Bud à Fran... Ma tête à couper que je ne sais pas pourquoi e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
berni_29
  28 octobre 2019
Je connaissais Raymond Carver depuis plusieurs années, mais je n'avais encore rien lu de lui. Ma première rencontre avec cet écrivain américain, je la dois à Philippe Djian, qui en parle souvent dans ses livres. Plus tard, j'ai découvert que l'acteur Jean-Pierre Marielle adorait particulièrement ce romancier et nouvelliste. Et plus récemment quelques échanges avec des amis de Babelio, notamment Anne et Idil, m'ont franchement convaincu d'y aller et d'aborder son oeuvre par ce récit de nouvelles, un de ses plus connus, Les Vitamines du bonheur. Voilà un peu posé comme cela une manière d'aller à la rencontre de cet écrivain.
Les Vitamines du bonheur, c'est un recueil de douze nouvelles, qui nous plonge dans l'Amérique profonde de la fin des années soixante-dix.
En effet, ces douze nouvelles nous racontent des tranches de vies ordinaires. C'est une facette de l'Amérique qui nous est révélée ici. Raymond Carver nous brosse une société américaine à travers des portraits de femmes et d'hommes, des familles, mais aussi des personnages solitaires, perdus dans une histoire, des existences souvent désoeuvrées, chaotiques, parfois ruinées, abimées par l'alcool, le chômage, la solitude, l'absence de sens, parfois tout cela en même temps...
Parfois une petite étincelle de bonheur transperce le paysage gris de ces nouvelles. Il faut s'en saisir très vite car elle est éphémère, fuyante.
Aux premières pages, on se surprend à s'étonner de l'absence d'étonnement. L'existence plate et a priori sans perspective des personnages peut en effet dérouter le lecteur et lui donner envie d'aller tout d'abord voir d'autres horizons. Pourtant, ce serait dommage de s'éloigner d'une telle peinture.
La solitude, l'absence de rêve, la tristesse, la résignation irriguent ces douze histoires. On sent peser sur chaque tableau le poids des jours médiocres, l'inutile attente d'un lendemain qui serait meilleur.
On n'y trouve en effet rien de romanesque ici, rien de transcendant au premier abord. Mais ces histoires nous dévoilent des fragments d'humanité, des mots qui se taisent brusquement parmi des gestes hésitants et cabossés.
Des couples qui se déchirent ou se séparent, la perte d'un enfant, un homme divorcé prenant le train pour rendre visite à son fils en France, un groupe d'alcooliques dans un centre de désintoxication, un réfrigérateur qui tombe en panne, une femme dans une salle d'attente avec un révolver dans son sac, une soirée partagée avec un aveugle...
Il y a toujours ici une occasion inouïe de découvrir ce qu'il y a derrière les pages, dans l'ombre de ceux qui s'y promènent, s'égarent.
Derrière la phrase d'apparence anodine de Raymond Carver, il y a tantôt de la dérision, tantôt de l'émotion, mais aussi une souffrance ténue.
L'écriture de Raymond Carver n'est-elle pas une forme d'empathie et de compassion pour des personnages dont certains sans doute lui ressemblaient étrangement ?
Alors je me suis demandé pourquoi l'écrivain laissait ses personnages au bord du gué, au bord du vide imminent, au bord de la page où tout pouvait encore se jouer. Et si, face à l'incapacité de vivre de ses personnages multiples et éparpillés, naufragés à la dérive, nous étions là, lecteurs, pour leur tendre la main, pour les guetter jusqu'au bout de leur histoire... L'auteur nous laisse alors peut-être le soin de leur offrir une dernière chance, une vie nouvelle, un destin éventuel, une manière d'exister peut-être enfin ou autrement, suspendus à notre imaginaire...
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HORUSFONCK
  29 octobre 2019
Les écrivains tels Raymond Carver sont infiniment précieux: Ce sont eux qui captent ces vies de peu, de riens et qui les rendent magnétiques, captivantes.
Les auteurs comme Raymond Carver font partie de cette grande tradition des écrivains-voyageurs d'une Amérique aux vastes horizons. Ce sont ceux-là qui, issus de milieux modestes, se sont formés seuls à l'écriture... Et, qui d'autres qu'eux pouraient mieux nous conter ces faits insignifiants en apparence, monotones et gris, si peu bercés d'une musique autre, si chichement baignés d'une lumière différente que celles de l'auteur.
Ma rencontre avec la prose de Carver remonte aux années 80. C'est ma belle-soeur qui m'avait filé ces Vitamines du bonheur. Boîte de douze nouvelles de belle écriture.
... Maintenant, il est grand temps que je me remette au traitement Carver. Celui que je recommande à tous.
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nadiouchka
  12 septembre 2019
Pour changer un peu, cette fois j'ai choisi « Les Vitamines du bonheur » de Raymond Carver. L'écrivain, américain de l'Oregon, avait rencontré John Gardner, ce qui lui a donné une révélation, celle d'écrire. Mais il lui aura fallu attendre dix ans, avant que quelqu'un accepte de le publier et c'est Gordon Lish qui le fera. Par la suite, le succès est arrivé mais en 1988, un cancer du poumon l'emporte.
Dans ce petit livre, on trouve douze nouvelles qui portent les titres suivants :
- Plumes – La maison de Chef – Conservation – le compartiment – Une petite douceur – Les vitamines du bonheur – Attention – Là d'où je t'appelle – le train – Fièvre – La bride – cathédrale.
Je ne vais certes pas les détailler, mais seulement essayer de donner un point de vue général. Nous sommes à la fin des années 1970, en plein coeur de l'Amérique profonde et dans chaque nouvelle, l'écrivain nous décrit une certaine condition humaine avec des arguments différents. Quant au « bonheur », on voit plutôt que « la vie n'est pas un long fleuve tranquille» : un homme divorcé – des alcooliques – un enfant hospitalisé - un homme qui perd son travail - une famille ruinée … et je vous laisse la surprise du reste.
On devine combien la gaieté n'est pas de mise, alors 🎵 ♫ « le bonheur, il est où le bonheur, il est où ? Il n'est pas là »… 🎵 ♫ le fameux rêve américain est bien loin. de ces douze univers, l'auteur nous fait voir des tranches de vie où se trouvent aussi bien de l'humour que de l'émotion, avec une tension palpable.
A propos de ce bonheur que l'on attendait, on en trouve tout de même un tout petit peu, un peu de repos dans toute la grisaille ambiante. Il y a même un peu de musique avec Duke Ellington 🎵 ♫ – des petits bonheurs …
Pour le style de Raymond Carver, on peut dire qu'il n'est pas attiré par la facilité.
Alors, quelle conclusion ? Ce serait que dans ces douze nouvelles, on trouve des aventures humaines – ce sont des coups de poing – des descriptions d'une Amérique sous l'emprise de l'alcool – et malgré ces douze désespoirs, Raymond Carver a voulu que les lecteurs croient en une certaine humanité.
J'ai tout de même relevé ces quelques lignes de Jay McInemey : « La révélation de la fiction de Carver a fait éprouver à de nombreux écrivains de ma génération un choc voisin de celui qu'avaient provoqué, un demi-siècle plus tôt, les phrases lapidaires d'Hemingway. »
C'est un livre certainement à découvrir en y appréciant la diversité de ces nouvelles ainsi que l'ironie de l'écrivain.
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rabanne
  29 avril 2020
Il est où le bonheur, il est où ? 🎶
Il est là l'où on veut bien le chercher, là où l'on pourrait bien finir par le trouver... Par exemple dans ces 249 pages, parmi les douze nouvelles de Raymond Carver.
La banalité du quotidien, des couples qui cultivent par bribes petites joies et désespérance, qui résistent ou se résignent, fuient ou assument leur actes...
Une plume intime et universelle, d'une acuité psychologique jubilatoire.
Deuxième incursion pour moi, et encore un petit Bonheur de lecture !
(Merci à Bookycooky pour le conseil avisé)
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Christels
  06 mai 2020
Véritable anti feel-good book, «Les vitamines du bonheur» est une mine de pépites brutes, denses, et plombantes.
Instantanés banals, ces nouvelles au fort pouvoir d'évocation relatent, sans jugement ni affectation, le fatalisme, le découragement et le renoncement de personnes en situation d'échec dans la société américaine.
D'une plume simple et détachée, mais jamais cynique, Raymond Carver présente des fragments de l'existence d'individus modestes, en proie à des difficultés en rapport avec l'alcoolisme, les relations de couple, le chômage, la mort...

Souvent embourbés dans leur médiocrité, ses personnages sont résignés à subir une vie grise et morne qui ne leur apportera que de rares et éphémères moments de bonheur.
Pas d'action, pas de nobles sentiments, pas de «philosophie de la vie» ! Juste du vécu.
En quelques pages, sans grands mots ni belles phrases, l'auteur capte les gestes et les paroles du quotidien.
Et grâce à la justesse de ses descriptions et des dialogues, il rend tangible le vide des vies étriquées de ces anonymes fragiles et désillusionnés.
Percutant et profondément triste !
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
MarymaryMarymary   27 août 2015
Connie Nova est couchée sur le dos dans sa chaise longue ; ses lunettes noires lui cachent la moitié du visage. Ses jambes et son ventre sont tout luisants d'huile. Un soir, peu après son arrivée, elle avait donné une soirée. C'était avant qu'elle largue l'avocat et se mette avec le chevelu. Pendaison de crémaillère, qu'elle avait baptisé sa soirée. Harley et moi, on était invités, avec des tas d'autres gens. On y est allés, mais la compagnie ne nous avait pas plu. On avait trouvé une place pour s'asseoir, près de la porte, et on n'en avait plus bougé jusqu'au départ. Et on n'avait pas traîné longtemps dans le secteur. Le jules de Connie avait proposé un jeu. Il s'occupait gratuitement du divorce du gagnant. Ça pouvait être n'importe qui. Tous ceux qui voulaient tiraient une carte d'un saladier qu'il passait à la ronde. Quand le saladier était arrivé à nous, tout le monde s'était mis à rigoler. Harley et moi, on s'était regardés. Je n'avais pas tiré. Harley non plus. Mais je l'avais vu regarder les cartes dans le saladier. Puis il avait secoué la tête et tendu le saladier à son voisin. Même Spuds et la nouvelle Mrs Spuds avaient tiré une carte. La carte gagnante avait quelque chose d'écrit au verso : " Le porteur de la présente carte a gagné un divorce gratuit ", suivi de la signature de l'avocat et la date. L'avocat était alcoolo, d'accord, mais je trouve que c'est pas des choses à faire. Tout le monde sauf nous avait tiré une carte, comme si c'était drôle. La gagnante avait applaudi. Comme aux jeux télévisés. " Nom d'un chien, c'est la première fois de ma vie que je gagne quelque chose ! " Il paraît que son mari était militaire. Pas moyen de savoir si elle est toujours avec ou si elle a demandé le divorce, parce que Connie Nova s'est fait d'autres amis après avoir largué l'avocat.
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rabannerabanne   29 avril 2020
N'oublie pas que la maladie est un message sur ta santé et ton bien-être. Elle te raconte des choses. Note tout ça par écrit (...) Quand tu seras guéri, tu pourras le relire et comprendre le message. Tu le reliras plus tard. C'est ce qu'a fait Colette, dit Eileen. La fois où elle avait de la fièvre.
- Qui ? dit Carlyle. De qui tu parles ?
- Colette, répondit Eileen. L'écrivain français. (...)

(nouvelle : Fièvre)
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NadaelNadael   01 mars 2012
Alors je sors les Grant de la caisse. Je les y remets, puis je les en ressors. Ces billets viennent du Minnesota. Qui sait où ils seront la semaine prochaine ? Ils pourraient être à Las Vegas. Tout ce que je sais sur Las Vegas, c'est ce que je vois à la télé – trois fois rien. J'imagine un de mes Grant atterrissant à Waikiki Beach, ou ailleurs. A Miami, New York, ou la Nouvelle Orléans. Je pense à un de ces billets passant de main en main pour Mardi Gras. Ils peuvent aller partout, et tout peut arriver à cause d'eux. J'écris mon nom à l'encre en travers du grand front de Grant : MARGE. En lettres d'imprimerie. Juste au-dessus de ses gros sourcils. Les gens s'arrêteront au milieu de leurs dépenses pour se demander : qui c'est cette Marge? 
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PetitebijouPetitebijou   14 juillet 2013
Il s'arrêta dans sa marche. Il avait le cœur au bord des lèvres. Il se pencha au-dessus du caniveau. Sa gorge se soulevait, mais il n'en sortait rien. Il se redressa lorsqu'une voiture pleine d'adolescents braillards passa dans la rue, le saluant d'un grand coup d'avertisseur musical. Oui, se dit-il, un grand mal presse l'univers de toutes parts, et il lui suffirait de la moindre crevasse, de la plus minuscule fissure pour s'y introduire.

Tais-toi, je t'en prie, tais-toi !
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Corboland78Corboland78   25 mars 2012
Pendant l’été, Eileen avait envoyé aux enfants quelques cartes, lettres et photos d’elle, et quelques dessins au crayon et à la plume qu’elle avait faits depuis son départ. Elle avait aussi adressé à Carlyle une longue lettre pleine de divagations, dans laquelle elle lui demandait de la comprendre en cette matière – cette matière – mais elle affirmait qu’elle était heureuse. Heureuse. Comme si, pensa Carlyle, le bonheur était tout dans la vie. Elle ajoutait que s’il l’aimait vraiment comme il le prétendait et comme elle le croyait – elle l’aimait, elle aussi, qu’il ne l’oublie pas ! – alors il comprendrait et accepterait la situation. Elle écrivait : « Ce qui est lié ne peut jamais être délié ». Carlyle ne savait pas si elle parlait de leurs rapports ou de sa vie actuelle en Californie. Il détestait le mot « lié ». Qu’est-ce que ça avait à voir avec eux ? Il se dit qu’Eileen devait être en train de perdre l’esprit, pour parler comme ça. Il relut ce passage puis froissa la lettre
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Videos de Raymond Carver (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Carver
Raymond CARVER – Et vous trouvez ça drôle ? (Émission de radio, 2001) L’émission « Surpris par la Nuit », par Alain Veinstein, diffusée le mardi 3 juillet 2001 sur France Culture. Invités : Tanguy Viel, Marc Chenetier, Régis Geoffrey, François Bon et Olivier Cohen.
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Les Pilules du bonheur
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