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ISBN : 2823600264
Éditeur : Editions de l'Olivier (05/11/2015)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Tout au long de sa vie, Raymond Carver n'a jamais cessé d'écrire des poèmes. Réminiscences d'enfance et d'adolescence, hommages aux amis disparus, inspirations à la lecture de Tchekhov ou d'un film, ou encore déclaration d'amour à sa fille... au fil de chaque texte les sentiments affleurent, dans la justesse épurée qui caractérise l'auteur. Le ton de ces fragments essentiels de son oeuvre se fait intimiste, et donne à découvrir une prose limpide et en suspension. Sa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Sirenna
  02 septembre 2019
Carver un nom qui claque comme une gifle ,ou deux ou trois ou dix…sur nos artifices ,nos minauderies !
Qui est ce Raymond ?
Un prénom qui ne me fait pas rêver !
Et pourtant je suis fascinée par ses poèmes
Il écrit sur le quodition et en fait surgir l'essentiel.
Comment arrive t il a épurer ses poemes et ne garder que ce qui est vital pour lui ?
Récuperer le sens de cette vie embuée,engluée dans un quotidien qu'on fuit.
Pas de questionnements existentiels , de pleurnicheries melancoliques et plaintives sans fin …juste une sobriété dans la descrition de cette vie banal poussée à l'extrême.
Pas un mot de trop.
Juste ce qu'il faut pour affirmer sa vérité.
C'est triste mais émouvant.
C'est banal mais surprenant.
Que de paradoxes !
Une logique implacable qui chemine ,sillonne.
Un orfèvre qui affine l'orlogerie de ses mots avec un telle precisions qu'il en devient un magicien.
Il laisse le lecteur compléter les interstices de silence qu'il y a laissé.
Ces silences de ce qu'il ne dit pas.
Ce mystère qui s'impose mais qui ne titille pas notre curiosité.
Un état de fait qui s'affirme sans complaisance ni concession.
Comme un esquisse.
Comment transposer cette esthétique dans sa propre écriture ?
Comment laisser la place à ces surgissements qui ne sont pas là pour plaire mais juste pour être ?
Pas très rigolot ce Raymond …
Va falloir que je me fasse un bon livre amusant et joyeux pour me détendre.
Ma vérité immédiate et irrépressible : c'est un besoin urgent de rire ^^
A force de me concentrer , j'ai l'impression de ne plus avoir respiré pendant toute l'écriture de ce billet ^^
J'étais en apnée …
Ca y est ; je respire à nouveau ^^
Esperons que Carver aura au moins reussi à me faire aimer ce quotidien qui peut parfois contenir des eclats de bonheur qu'il suffit juste de ramasser au fur et à mesure.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   07 janvier 2016
La vitesse foudroyante du passé
LA TÉLÉ DE JEAN


Ma vie s’écoule sans heurt
ces temps-ci. Mais qui pourrait-dire
que jamais plus elle ne tanguera ?
Ce matin je me suis rappelé
une petite amie que j’ai eue juste après que
mon mariage a été rompu.
Une gentille fille nommée Jean.
Au début, elle n’avait pas idée
de l’ampleur du désastre. Cela prit
un moment. Mais elle m’aimait
tout plein malgré tout, disait-elle.

Et je sais que c’est vrai.
Elle m’hébergeait chez elle
où je menais
les petites affaires de mon existence
en me servant de son téléphone. Elle achetait
mon alcool, mais me disait
que je n’étais pas un ivrogne
comme les autres pochetrons le prétendaient.
Elle faisait des chèques pour moi
et les laissait sur son oreiller
quand elle partait au travail.
M’offrit une veste Pendleton
pour Noël, une veste que je mets encore.

Pour ma part, je lui appris à boire.
Et à s’endormir
tout habillée.
À se réveiller
en sanglots au milieu de la nuit.
Quand je partis, elle régla deux mois de loyer
pour moi. Et me donna
sa télé noir et blanc.

On se parla une fois au téléphone,
des mois plus tard. Elle était soûle.
Et, bien sûr, je l’étais aussi.
La dernière chose qu’elle me dit fut,
Est-ce que je reverrai ma télé un jour ?
Je fis des yeux le tour de la pièce
comme si la télé pouvait soudain
apparaître à sa place
sur la chaise de la cuisine. Ou encore
sortir d’un placard
pour se dénoncer. Mais cette télé
avait disparu dans ma débâcle
depuis des semaines. La télé que Jean m’avait donnée.

Je ne lui dis pas ça.
Je mentis, évidemment. Bientôt, dis-je,
très bientôt.
Et raccrochai le téléphone
après, ou avant, elle.
Mais ces paroles ensommeillées
une fois dites me firent sentir
que j’étais arrivé au bout d’une histoire.
Et qu’à présent, cet ultime mensonge
derrière moi,
                              je serais tranquille.

p.178-179
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coco4649coco4649   05 janvier 2016
La vitesse foudroyante du passé
CE MATIN


Ce matin, c'était quelque chose. Un peu de neige
sur le sol. Le soleil flottant dans un clair
ciel bleu. La mer était bleue et bleu-vert,
à perte de vue.
À peine une ride. Le calme. Je me suis habillé pour aller
me promener – résolu à ne pas rentrer
avant d’avoir engrangé ce que la nature avait à offrir.
J’ai suis passé devant de vieux arbres penchés.
J'ai traversé un champ caillouteux
semé de congères. Ai poursuivi
jusqu’à la falaise.
D'où j’ai contemplé la mer, et le ciel, et
les mouettes virant au-dessus de la plage blanche
loin en contrebas. Tout était ravissant. Tout baignait dans une froide
et pure lumière. Mais, comme d'habitude, mes pensées
se sont mises à vagabonder. J'ai dû me contraindre
à voir ce que je voyais
et rien d’autre. J'ai dû me dire voilà
ce qui compte, pas le reste. (Et je l’ai bel et bien vu
l'espace d'une minute ou deux !) Une minute ou deux
cela n'a pas laissé place aux rêvasseries habituelles sur
ce qui est bien, et ce qui est mal – le devoir,
les tendres souvenirs, la pensée de la mort, comment je devais traiter
avec mon ex-femme. Toutes les choses
dont j’espérais être débarrassé ce matin.
Les trucs avec lesquels je vis tous les jours. Ce que
J'ai dû piétiner pour rester en vie.
Mais une minutes ou deux j'avais réussi à oublier
moi-même et tout le reste. Je le sais.
Car en rebroussant chemin je n'ai plus su
où j’étais. Jusqu’à ce que des oiseaux s'envolent
des arbres noueux. Et filent
dans la direction qu'il me fallait prendre.

p.157-158
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SirennaSirenna   02 septembre 2019
SÉANCE DE LECTURE


Chaque vie humaine est un mystère,

la tienne comme la mienne. Imagine

un château avec une fenêtre s’ouvrant

sur le Lac Léman. Là, à la fenêtre,

lors des jours chauds et ensoleillés, se tient un homme

tellement plongé dans sa lecture qu’il n’en lève

plus les yeux. Ou quand ça lui arrive, il pose

le doigt là où il s’est arrêté, lève les yeux,

et dépasse l’eau du regard jusqu’au Mont Blanc,

et au-delà, jusqu’à Selah,

où il est avec une fille

et se saoûle pour la première fois.

La dernière chose dont il se souvient, avant

de sombrer, est qu’elle lui crache dessus.

Il continue de boire

et de se faire cracher dessus pendant des années.

Mais des gens vous diront

que souffrir est bon pour le caractère.

Vous êtres libres de croire ce que vous voulez.

Toujours est-il qu’il revient

à sa lecture et ne se sentira

pas coupable vis-à-vis de sa mère

dérivant dans son bateau de tristesse,

ou ne fera aucun cas de ses enfants

et de leurs problèmes sans fin.

De même qu’il n’a pas l’intention de penser à

cette femme aux yeux clairs qu’un jour il aima,

tombée aux mains d’une religion orientale,

et dont le chagrin n’a ni commencement, ni fin.

Laissez s’avancer tous ceux qui,

du château, ou de Selah,

pourraient se déclarer proches de l’homme

qui lit toute la journée, assis à la fenêtre,

tel le tableau d’un homme qui lit.

Laissez s’avancer le soleil.

Laissez s’avancer cet homme lui-même.

Que diable peut-il lire ?
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SirennaSirenna   02 septembre 2019
Par la fenêtre je la vois penchée sur les roses

qu'elle saisit près de la fleur de manière à ne pas

se piquer les doigts. De l'autre main elle coupe, s'interrompt et

coupe, plus seule en ce monde

que je n'en ai eu conscience. Elle ne va pas

lever les yeux, pas maintenant. Elle est seule

avec les roses et avec autre chose que je peux penser, mais pas

dire. Je connais le nom de ces rosiers



offerts lors de notre récent mariage : Love, Honor, Cherish –

ce dernier étant le nom de la rose qu'elle me tend soudain, étant

rentrée à la maison entre deux de mes regards. J'y appuie

mon nez, aspire la douce senteur, la laisse s'attarder –

parfum de promesse, de trésor. Ma main sur son poignet pour l'attirer

tout près,

ses yeux verts comme la mousse des rivières. Je le dis alors, contre

ce qui vient : épouse, tant que je peux, tant que mon souffle, dans

la hâte

de chaque pétale peut encore la trouver.
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SpilettSpilett   08 février 2017
TOUTE SA VIE

Je m'allonge pour la sieste. Mais dès que je ferme les yeux,
des nuages blancs effilochés passent lentement au-dessus du Détroit
en direction du Canada. Et les vagues. Elles roulent sur la plage
et puis refluent. Tu sais que je ne rêve pas.
Mais la nuit dernière j'ai rêvé que nous assistions
à des obsèques en mer. Au début j'étais étonné.
Et puis plein de regrets. Mais toi
tu m'as touché le bras en disant, "Non, tout va bien.
Elle était très vieille, et toute sa vie elle a été aimée de lui."
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Videos de Raymond Carver (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Raymond Carver
Le choix des libraires vous invite à la rencontre de Sandrine Ziri, propriétaire de la librairie « L'Utopie » à Paris. Avec elle partagez ses coups de c?ur et ses auteurs favoris comme François Mauriac, Dorothy Parker, ou encore Raymond Carver et son recueil de nouvelles écrites de 1960 à 1974 : « Tais-toi, je t'en prie ».
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