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Marianne Millon (Traducteur)
ISBN : 2221113551
Éditeur : Robert Laffont (15/10/2009)

Note moyenne : 3.27/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Au coeur de Barcelone, dans un immeuble déserté, deux écrivains tentent de finir leur livre. L'un, Miquel Rovira, obsédé par la disparition de la langue et de la culture catalanes, consacre toute son énergie créatrice à un ambitieux premier roman. L'autre, Ramon Balaguer, se refuse à quitter les lieux malgré le harcèlement du principal propriétaire de l'immeuble. Rovira écrit en catalan, Balaguer en castillan : chacun défend fièrement la langue qu'il a choisie, et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
JeanPierreV
  17 décembre 2017
Le vote récent d'indépendance de la Catalogne, m'a incité à en savoir plus, à tenter de comprendre cette revendication. Alors j'ai cherché, sur internet et dans les rayons de ma médiathèque, en utilisant les mots clés "Catalogne, Catalan, livre....". Je suis bien sûr tombé sur tous les guides touristiques, tous les dictionnaires...et bingo! sur ce titre intrigant et provocateur "Le dernier homme qui parlait catalan", traduit du catalan...un livre qui sort très rarement des rayons parait-il !
Une belle surprise littéraire !
Un auteur habitant un immeuble du centre de Barcelone, est le seul habitant de l'immeuble...un autre propriétaire, Soteras, a acheté progressivement tous les appartements afin de les rénover et de les revendre aux bobos locaux. Notre homme Ramón Balaguer résiste au harcèlement et aux propositions de plus alléchantes de ce spéculateur qui s'arrange pour faire couper le gaz, promet des coupures d'électricité, etc. pour arriver à ses fins. Ramón se rend compte qu'un squatter a pris possession d'un appartement vide...Squatter qu'il s'arrangera pour rencontrer, et qui écrit lui aussi un livre...c'est Miquel Rovira. .
Le hasard fait bien les choses..Ramón bien que Barcelonais écrit son roman en castillan comme il a écrit tous ses autres romans, Miquel quant à lui écrit en catalan et ne s'imagine pas écrire différemment ... Jeune homme débordant d'imagination, il gamberge sur la découverte par un chercheur du dernier homme qui parlait catalan...un vieux centenaire. Un scénario qui évolue au fil des pages...Passionnant pour un lecteur d'assister à la réflexion de l'auteur, à la genèse d'un livre, à l'évolution de la personnalité des personnages, jusqu'aux personnages définitifs
Provocateur dans l'âme, Miquel déstabilisera Ramón en lui disant que son dernier roman était écrit en castillan "empesé, orthopédique".
Le lecteur est alors témoin des passes d'armes et des dialogues savoureux entre ces deux hommes qui justifient leurs choix littéraires, le choix de leur langue d'écriture...Doit-on toujours écrire dans sa langue natale? Peut-on traduire des émotions, des sentiments dans une langue qui n'est pas sa langue natale...Conrad et Kafka l'ont bien fait, eux !
Tout les oppose, Ramón est casanier et rangé, il a besoin de son appartement et son calme pour écrire, Miquel est plus brouillon, écrit n'importe où....jusque chez Ramón.
Avec ce titre provocateur Carles Casajuana, diplomate espagnol de culture catalane pose de multiples questions à la fois culturelles et littéraires : de nombreuses langues ont disparu dans le monde...de moins en moins parlées dans la vie quotidienne, pour de multiples raisons économiques, politiques, etc., elles ne sont progressivement parlées qu'au sein des familles, dans la sphère privée...mais à la bonne ou au plombier, on parle en castillan..
Et ces langues disparaissent en quelques générations. Ce sont les questions que se posera Miquel pour définir les personnages de son livre: le catalan serait-il devenu la langue de l'Espagne si la République avait gagné face au franquisme...Le catalan ne se perd-il pas progressivement du fait du dynamisme économique de la Catalogne qui s'ouvre à la mondialisation...Autant de questions passionnantes et provocatrices.
Carles Casajuana saisit aussi l'occasion de ces conversations entre auteurs pour égratigner ces "mandarins" qui font le succès d'un livre, qui assurent sa promotion dans les diverses émissions littéraires...C'est peut-être pour ceci, que ce livre reste trop méconnu, bien qu'il ait pour thèmes la langue et la littérature.
En filigrane de ce livre écrit en 2009, on perçoit ce malaise, cette quête identitaire qui ont sans doute été déterminants dans le vote et dans la déclaration d'indépendance de la Catalogne de ces derniers mois. Malgré quelques redites.
On ne peut que s'interroger et s'émouvoir de ce nivellement des cultures, s'interroger et s'émouvoir en considérant cette langue anglaise, jamais nommée, langue indispensable aujourd'hui dans de nombreuses professions. Langue devenue indispensable.
A mes oreilles sont remontées les conversations en patois, de ma grand-mère sur les marchés de mon enfance...patois dont les usages ont disparu avec le décès de ces gens, nés au 19ème siècle, que les plus vieux d'entre nous ont connu..Patois qu'on ne m'a pas enseigné. Et dont l'Éducation Nationale avait interdit l'usage dans les écoles.
Ce patois, c'était l'occitan.
Grave question culturelle malheureusement universelle
Livre passionnant, malgré quelques redites qui ne manquera pas d'interroger le lecteur .
Bien triste !

Lien : https://mesbelleslectures.co..
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Heureuse
  24 septembre 2010
Pour être honnête, quand j'ai reçu le livre je me suis demandé quelle idée saugrenue m'avait poussée à le commander : je n'ai aucune connaissance particulière sur l'Espagne, ou le Catalan, la couverture...bof et l'histoire semblait s'adresser à des lettrés ou du moins à des personnes ayant la culture suffisante pour appréhender la portée du texte.
C'est armée de beaucoup de courage que je me suis plongée dans la lecture... pour découvrir un livre facile à lire, agréable.
J'ai été rapidement happée par l'histoire, les personnes ont pris corps.
Mais tout doucement, sans m'en apercevoir, quelques questions s'infiltrent dans mon esprit... Sans tapage, sans effet de manche.
Bref, tout ce que j'aime...
Dans ce roman s'opposent deux conceptions de la littérature (je vous laisse le plaisir de les découvrir;)). Rapidement j'ai eu la sensation que Carles Casajuana préférait celle de Rovira : il montre Balaguer comme un auteur besogneux pour lequel chaque ligne est produite au prix d'un effort incroyable. On imagine que son texte est rigide. Grande frustration d'ailleurs de ne pas pouvoir le lire. Pourquoi les opposer d'ailleurs? Ne pourraient-elles pas se compléter, s'enrichir?
J'ai aimé l'idée du roman dans le roman. On voit le roman de Rovira se créer sous nos yeux, les parallélismes se construire.
J'ai aimé les nombreux passages sur le travail d'écriture. La nécessaire subtilité pour faire passer ses idées. Je suis une grande admiratrice des auteurs capables d'exprimer des idées complexes dans un langage simple et limpide.
"Au lieu de sonner et de remettre le message en main propre, il faut le glisser sous la porte" (p.157).
J'ai aimé la réflexion sur la langue catalan, son évolution, sa place de "langue domestique" , les questionnements sur les raisons qui la feraient disparaitre (d'ailleurs je vous parie que vous ne résisterez pas à l'envie de faire des recherches sur l'histoire du catalan). le tout présenté avec beaucoup d'originalité et sans lourdeur ni pompe.
Je ne pense d'ailleurs pas que les deux auteurs ont fait le CHOIX d'écrire en castillan ou en catalan comme il est dit dans la quatrième de couverture. Rovira fait un choix quasiment idéologique mais Balaguer est le fruit d'une évolution et ne fait que ce qui lui semble évident. Je n'y vois aucun choix.
Mais j'ai été terriblement frustrée.
Frustrée de ne pas pouvoir comprendre les subtilités sur les différences entre le Castillan et le Catalan. J'ai pris pour argent comptant ce que les personnages en disaient mais j'aurais aimé saisir la différence entre un texte écrit en catalan et le même écrit en castillan.
Frustrée de ne pas pouvoir échanger sur ce livre car je pense que certaines choses m'ont échappé. Notamment la place de la relation avec Rosa dans tout ça.
Mais surtout frustrée par la fin... Je l'ai trouvée incongrue. Si quelque passant pouvait m'éclairer ça m'arrangerait bien.
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Nina
  11 avril 2010
Ce roman se passe à Barcelone, capitale de la catalogne. Dans un immeuble déserté par ses occupants pour cause de rénovation, un écrivain fait de la résistance. Ramon Balaguer ne veut pas déménager de peur de perdre toute son inspiration. Rien ne le fera changer d'avis, ni les menaces, ni l'offre avantageuse que lui fait régulièrement le propriétaire, il n'a qu'une idée en tête terminer son roman là ou il l'a commencé, c'est à dire dans son appartement.
Dans cet immeuble déserté, Ramon Balaguer s'aperçoit peu à peu de la décrépitude qui gagne les étages, le gaz a été coupé, l'ascenseur ne marche plus. L'immeuble prend très vite des allures de squatte, situation voulue par le propriétaire pour le faire partir au plus vite. Des signes de présence humaine intrigue Ramon Balaguer et l'obligent à mener une petite enquête. Que découvre t-il dans un des appartements vide ? Un squatter d'un genre bien particulier ! Un apprenti écrivain s'est installé là pour écrire en toute tranquillité ! ........;


Lien : http://de-page-en-page.over-..
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vdujardin
  27 avril 2012
Les deux thèmes du livre, la vente à la découpe d'appartements et le problème de la langue, m'ont vraiment séduite... Certes, la traduction ne permet certainement pas de comprendre les subtilités de l'opposition du catalan, langue présentée comme langue d'usage, et du castillan, vécu par Rovira (et probablement l'auteur) comme un envahisseur. le petit dialogue où un prof de fac raconte qu'il fait son cours en catalan et que des étudiants Erasmus s'en sont plaint m'a rappelé L'auberge espagnole de Klappisch... Mais nous qui vivons dans un pays où le français s'est imposé sur tout le territoire surtout par l'école de Jules Ferry et la guerre de 1914-1918, nous avons du mal à comprendre ce problème linguistique qui va plus loin, l'identité régionale ou nationale (les identités nationales, régionales, européennes ?) passant probablement en partie par la langue... Et aussi par la culture ou les musées, et là (ce n'est pas dans le livre), le programme culturel du musée d'histoire de la Catalogne et celui du musée national d'art de la Catalogne (MNAC), définis par décrets, ne pourraient probablement pas exister chez nous, ils affirment clairement l'identité catalane avant tout autre programme. Comme quoi le débat sur l'identité est assez universel...
Lien : http://vdujardin.over-blog.c..
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urobepi
  04 février 2011
Deux écrivains comme deux frères ennemis:
L'un, Ramon Balaguer, est le dernier occupant d'un immeuble vétuste de Barcelone qu'un entrepreneur peu scrupuleux projette de rénover pour le remettre sur le marché avec, gageons, un appréciable bénéfice. Mais voilà, Balaguer fait obstacle et s'entête à vouloir rester sur place, du moins jusqu'à ce qu'il ait terminé la première version de son nouveau roman. Rien n'y fait: ni les cajoleries, ni les menaces, ni les promesses d'argent ne semblent l'atteindre.
L'autre, Miquel Rovira, est également un romancier obsédé, tout comme Balaguer, par la réalisation de son Oeuvre littéraire. Les deux hommes vont évidemment se rencontrer. On se dit qu'ils pourraient avoir bien des points en commun mais, en réalité, tout les oppose. Balaguer écrit en castillan, ce que lui reproche Rovira qui estime qu'un Catalan devrait écrire en catalan. Point à la ligne.
(lire la suite...)
Lien : http://plaisirsdemodes.com/l..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
HeureuseHeureuse   24 septembre 2010
Au lieu de sonner et de remettre le message en main propre, il faut le glisser sous la porte
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