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ISBN : 2221065220
Éditeur : Robert Laffont (05/11/1993)

Note moyenne : 4.41/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Libertin, épicurien, esthète et séducteur incorrigible, Giacomo Casanova est l'un des personnages marquants du 18e siècle. Faisant sien le précepte selon lequel il faut jouir de chaque instant vécu, il appliqua celui-ci à sa vie mondaine et amoureuse qui ne firent souvent qu'une. Toute cette vie de plaisirs fut consignée, sans aucune pudeur, dans ces Mémoires également intitulées Histoire de ma vie, autobio... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Luniver
  18 octobre 2013
Peu de personnages historiques peuvent se vanter d'avoir laissé leur nom dans le langage usuel. Casanova est devenu le symbole du grand séducteur, délaissant ses conquêtes une fois dans la place. Légende ou réalité. Lire le premier volume de ses substantielles mémoires (huit volumes de 500 pages chacun) est l'occasion de trancher la question.
Casanova a en effet une morale peu encombrante, dans tous les domaines de la vie. Il n'a pas son pareil pour extorquer de l'argent à ses connaissances, avec beaucoup de finesse puisque ces derniers finissent par se sentir offensés s'il n'en prend pas assez. Être entré un moment dans les ordres ne l'empêche certainement pas de séduire les femmes qu'il rencontre. Et quand l'une d'elle montre un peu trop de résistance, il se rabat aussitôt sur ses soeurs qui semblent plus réceptives à ses discours enflammés. Cependant, Casanova n'est pas un séducteur froid et cynique. Quand on le repousse, ce ne sont pas les larmes de la fierté blessée qui coulent, mais celles de l'amoureux éconduit.
Le personnage est finalement difficile à cerner. Aucun code moral ne semble le retenir : il prend de l'argent à ses amis, escroque des commerçants de passage, couche avec une soeur différente chaque soir le temps d'un séjour à l'auberge, … Pourtant, tout est raconté avec tellement de légèreté, de franchise et de bonne humeur qu'on ne peut décidément pas lui en vouloir.
Mon seul regret est de ne pas avoir de notes explicatives sur les us et coutumes du 18ème siècle. Il est parfois difficile de savoir si Casanova les enfreint, ou s'il se comporte comme tout le monde.
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manonballetti
  03 mai 2011
Mon cher Giacomo,
vous ne me connaissez pas et pourtant je vous fréquente assidûment depuis plusieurs mois. Soyez sûr d'être immortel car si vous n'êtes plus un être matériel vous ne continuez pas moins de faire tomber les femmes sous votre charme.
Comment, en effet, ne pas succomber à la verve avec laquelle vous contez l'histoire de votre vie en même temps que vous peignez votre portrait ? D'autant que l'homme qui se dévoile est terriblement séduisant ! Vous apparaissez comme le plus insouciant des philosophes, le plus inconstant des amants, le plus roué des joueurs, le plus irrésistible des séducteurs, le plus français des écrivains italiens, le plus cosmopolite des aventuriers, le plus passionné des libertins, le plus éblouissant des hommes de votre siècle ...
Sachez que si la mort vous a fait renoncer à la galanterie, ce qui est un châtiment amer pour qui a fait le métier d'aimer, le nombre de vos lectrices vous dédommage de votre abstinence.
le récit de vos mémoires est fascinant, on est pris de vertige par votre style rapide, diffus, par votre langue ornée d'italianismes et de citations latines. La littérature française vous ignore honteusement, alors que vous êtes à la hauteur d'un Saint-Simon, d'un Laclos, et tellement au-dessus de Sade !
Enfin arrivée au terme de la lecture de votre autobiographie - j'aurais voulu qu'elle ne se termine jamais ! je formulerai un seul regret: être née trop tard pour vous rencontrer et n'avoir pu vous accorder... mes dernières faveurs .
Votre plus dévouée et fidèle lectrice,
Manon Balletti.
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pierre31
  10 octobre 2016
Audacieux, érudit, amoureux, susceptible, généreux, fantasque, amoral, fanfaron, frivole... Et bien ça donne une vie pas banale. Les mémoires de Casanova, c'est une magnifique plongée dans l'Europe du 18e siècle à travers la vie d'un homme au culot monstre guidé uniquement par son humeur, sa fantaisie, sa passion, bref tout sauf sa raison. A lire absolument.
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pierre31
  11 octobre 2016
Audacieux, érudit, amoureux, susceptible, généreux, fantasque, amoral, fanfaron, frivole... Et bien ça donne une vie pas banal. Les mémoires de Casanova c'est une magnifique plongée dans l'Europe du 18e siècle à travers la vie d'un homme au culot monstre guidé uniquement par son humeur, sa fantaisie, sa passion, bref tout sauf sa raison. A lire absolument.
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boubou35730
  12 février 2017
Un grand témoin de son temps!
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   24 août 2013
Malgré le fonds de l’excellente morale, fruit nécessaire des divins principes enracinés dans mon cœur, j’ai été toute ma vie la victime de mes sens ; je me suis plu à m’égarer, j’ai continuellement vécu dans l’erreur, n’ayant d’autre consolation que celle de savoir que j’y étais. Ainsi j’espère, cher lecteur, que, bien loin de trouver dans mon histoire le caractère d’une impudente jactance, vous n’y trouverez que celui qui convient à une confession générale, sans que dans le style de mes narrations vous trouviez ni l’air d’un pénitent, ni la contrainte de quelqu’un qui rougit d’avouer ses fredaines. Ce sont des folies de jeunesse ; vous verrez que j’en ris, et, si vous êtes bon, vous en rirez avec moi.

Vous rirez lorsque vous verrez que souvent je ne me suis pas fait scrupule de tromper des étourdis, des fripons et des sots, quand j’ai été dans le besoin. Pour ce qui regarde les femmes, ce sont des tromperies réciproques qu’on ne met pas en ligne de compte, car, quand l’amour s’en mêle, on est ordinairement dupe de part et d’autre. Quant à l’article des sots, c’est une affaire bien différente. Je me félicite toujours quand je me rappelle d’en avoir fait tomber dans mes filets, car ils sont insolents et présomptueux jusqu’à défier l’esprit. On le venge quand on trompe un sot, et la victoire en vaut la peine, car un sot est cuirassé, et souvent on ne sait par où le prendre. Je crois enfin que tromper un sot est un exploit digne d’un homme d’esprit. Ce qui a mis dans mon sang, depuis que j’existe, une haine invincible contre l’engeance des sots, c’est que je me trouve sot moi-même toutes les fois que je me vois dans leur société. Je suis loin de les confondre avec ces hommes qu’on nomme bêtes ; car, ceux-ci n’étant tels que par défaut d’éducation, je les aime assez. J’en ai trouvé de fort honnêtes, et qui dans le caractère de leur bêtise ont une sorte d’esprit, un bon sens droit qui les éloigne fort du caractère des sots. Ce sont des yeux frappés de la cataracte, et qui sans cela seraient fort beaux.
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LuniverLuniver   25 août 2013
Une chose digne de remarque, c’est que de toutes les langues vivantes qui figurent dans la république des lettres, la langue française est la seule que ses présidents aient condamnée à ne pas s’enrichir aux dépens des autres, tandis que les autres, toutes plus riches qu’elle en fait de mots, la pillent, tant dans ses mots que dans ses tournures, chaque fois qu’elles s’aperçoivent que par ces emprunts elles peuvent ajouter à leur beauté. Il faut dire aussi que ceux qui la mettent le plus à contribution sont les premiers à publier sa pauvreté, comme s’ils prétendaient par là justifier leurs déprédations. On dit que cette langue étant parvenue à posséder toutes les beautés dont elle est susceptible - et on est forcé de convenir qu’elles sont nombreuses -, le moindre trait étranger l’enlaidirait ; mais je crois pouvoir avancer que cette sentence a été prononcée avec prévention, car, quoique cette langue soit la plus claire, la plus logique de toutes, il serait téméraire d’affirmer qu’elle ne puisse point aller au delà de ce qu’elle est. On se souvient encore que du temps de Lulli toute la nation portait le même jugement sur sa musique : Rameau vint et tout changea. Le nouvel élan que ce peuple a pris peut le conduire sur des voies non encore aperçues, et de nouvelles beautés, de nouvelles perfections, peuvent naître de nouvelles combinaisons et de nouveaux besoins.
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LuniverLuniver   26 août 2013
La théorie des mœurs et son utilité sur la vie de l’homme peuvent être comparées à l’avantage qu’on retire de parcourir l’index d’un livre avant de le lire : quand on l’a lu, on ne se trouve informé que de la matière. Telle est l’école de morale que nous offrent les sermons, les préceptes et les histoires que nous débitent ceux qui nous élèvent. Nous écoutons tout avec attention, mais, lorsque l’occasion se présente de mettre à profit les avis qu’on nous a donnés, il nous vient envie de savoir si la chose sera comme on nous l’a prédite : nous nous y livrons, et nous nous trouvons punis par le repentir. Ce qui nous dédommage un peu, c’est que dans ces moments-là nous nous reconnaissons pour savants et possesseurs du droit d’instruire les autres ; mais ceux que nous endoctrinons ne font ni plus ni moins que ce que nous avons fait, d’où il résulte que le monde reste toujours au même point, ou qu’il va de mal en pis.
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LuniverLuniver   25 août 2013
Quels goûts dépravés ! dira-t-on : quelle honte de se les reconnaître et de ne pas en rougir ! Cette critique me fait rire ; car, grâce à mes gros goûts, je me crois plus heureux qu’un autre, puisque je suis convaincu qu’ils me rendent susceptible de plus de plaisir. Heureux ceux qui, sans nuire à personne, savent s’en procurer, et insensés ceux qui s’imaginent que le Grand-Être puisse jouir des douleurs, des peines et des abstinences qu’ils lui offrent en sacrifice, et qu’il ne chérisse que les extravagants qui se les imposent.
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LuniverLuniver   11 octobre 2013
La fourberie est un vice, mais la ruse honnête peut être prise pour la prudence de l’esprit. C’est une vertu qui ressemble, il est vrai, à la friponnerie, mais il faut en passer par là ; et celui qui dans le besoin ne sait pas l’exercer avec noblesse est un sot.
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