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ISBN : 207011712X
Éditeur : Gallimard (14/03/2013)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Cette nouvelle édition de l’Histoire de ma vie est entièrement basée sur le manuscrit acquis par la BNF en 2010. Elle en respecte pour la première fois le découpage et procure un texte fiable, corrigé des erreurs de transcription de la précédente édition Brockhaus-Plon de 1960 (reprise en "Bouquins" par F. Lacassin en 1993). Ce premier volume, remanié en profondeur, reproduit les tomes 1 à 3 des Mémoires de Casanova, depuis l’enfance de Giacomo jusqu’à son évasion d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
jplegrand2015
  03 janvier 2018
Évoquant Saint Simon, Sollers reconnait dans les mémoires de cette trempe un genre qu'il n'est pas loin de placer au sommet de la création littéraire, bien devant le roman.
« L'histoire de ma vie » de Casanova, bien que très différente par son style, est d'un niveau comparable. Je viens d'en terminer le premier volume paru dans la collection « La Pleiade » le livre est écrit en français, Casanova en souhaitant une diffusion la plus large possible : or, en ce XVIIIème siècle, le français est encore la langue diplomatique de toute l'Europe; il est parlé partout. Cela nous vaut un texte savoureux, émaillé d'italianismes et parfois maladroit. Cette dernière réserve pèse cependant très peu face au génie propre de Casanova qui maîtrise à son plus haut degré, l'art de saisir son lecteur, d'en faire son confident intime et de ne plus le lâcher. A ce titre, Histoire de ma vie est d'une modernité assez époustouflante.
Lorsqu'il écrit ce chef d'oeuvre, Casanova a près de 70 ans. Il vit retiré dans le château de Dux, en Bohème. Il tient là un petit emploi de bibliothécaire. L'âge le privant des bonnes fortunes de naguère, il revit les joies d'antan en se les remémorant : « Me rappelant les plaisirs que j'eus, je me les renouvelle et je ris des peines que j'ai endurées, et que je ne sens plus ». le ton est donné et il habite toutes les pages : il n'est pas question ici de confessions à la manière de JJ Rousseau et moins encore de contrition ; jusqu'au bout l'homme est un libertin assumé, même si, parfois, l'ombre d'un regret passe comme celle d'un nuage sur un vallon ensoleillé…
La vie de Casanova est un véritable roman : il a tout fait et roulé sa bosse dans presque toutes les grandes capitales. Jeune abbé, militaire, agent diplomatique, musicien, auteur dramatique, financier, astrologue, cabaliste, guérisseur, joueur professionnel et aussi un rien escroc… Sur ce dernier chapitre, il se dédouane à bon compte confessant face à des victimes aussi crédules que cupides, un sens de la retenue dont d'autres, moins magnanimes, n'auraient pas témoigné. Bref, le profil type de l'aventurier dont plusieurs sillonnent alors l'Europe et qu'à l'occasion, notre homme croisera sur sa route, tels Da Ponte, le célèbre librettiste de Mozart ou le sulfureux comte de Saint-Germain qui se dit immortel et dont l'invraisemblable culot charme Casanova autant qu'il l'agace.
Bien sûr, il y a les femmes et le sexe dont Casanova est friand jusqu'à la démesure. Passant avec beaucoup d'insouciance d'une à l'autre, il échappe à une pure logique de consommation par le souci, peu répandu à l'époque, qu'il a du plaisir de ses partenaires : « le plaisir visible que je donnais composa toujours les quatre cinquièmes du mien ». Au surplus, il ne goûte jamais tant le plaisir érotique que lorsqu'il est aiguillonné par le sentiment amoureux. Cela ne l'empêche pas de fréquenter les prostituées mais souvent avec un sentiment mêlé et une forme d'écoeurement. Moins cynique que Don Juan – il se montre soucieux d'assurer un avenir à ses jeunes conquêtes une fois délaissées – Casanova est mû par une vision puissamment sensualiste de l'existence. Dans un texte étonnamment actuel, le philosophe Charles Georges Leroy, ami de Diderot a sans doute le mieux, cerné cette logique : « le besoin d'exister vivement, joint à l'affaiblissement continuel de nos sensations, nous cause une inquiétude machinale, des désirs vagues, excités par le souvenir importun d'un état précédent. Nous sommes donc forcés pour être heureux, ou de changer continuellement d'objets ou d'outrer les sensations du même genre. de là vient une inconstance qui ne permet pas à nos voeux de s'arrêter, et une progression de désirs qui, toujours anéantis par la jouissance mais irrités par le souvenir, s'élancent jusque dans l'infini ».
Séducteur né, Casanova n'en subi pas moins les contraintes de son époque. Dans cette société dont les premiers craquements annoncent les bouleversements à venir, les classes sociales sont encore très compartimentées : s'il cultive de hautes fréquentations, ses maîtresses se recrutent moins chez les aristocrates qu'au sein de la bourgeoisie naissante, chez les actrices et danseuses qu'il côtoie assidûment ou plus prosaïquement parmi son personnel de maison. Casanova multiplie les conquêtes mais guère au-delà d'un certain public et souvent, avec de très jeunes filles que son aisance éblouit et son autorité –proche parfois de l'abus de pouvoir – subjugue. On atteint souvent là les limites du personnage : galant et raffiné il apprécie mal d'être rejeté ou de se sentir la dupe d'une femme, surtout si celle-ci est de petite condition : il peut même se montrer violent à l'occasion. Brusque dans la conquête, ne s'embarrassant guère de sentimentalité vaine, il se révèle toutefois amant délicat, sensible à la personnalité de ses maîtresses qu'il traite sur un pied de grande égalité.
Ce premier volume relate la période vénitienne de Casanova. Ces pages se découvrent comme un opéra flamboyant aux multiples rebondissements. On y croise une sorcière qui guérit le tout jeune Giacomo de pénibles hémorragies, on le suit dans ses rendez-vous secrets sur l'île de Murano, amoureux de deux religieuses qu'il partage avec l'abbé de Bernis, ambassadeur de France à Venise et qu'il retrouvera plus tard à Paris. On est pris avec lui sous le charme de la belle Henriette, une noble provençale, belle et intelligente, qui ayant rompu avec sa famille, sillonne l'Italie habillée en homme. C'est elle qui le quittera : toute sa vie il gardera un souvenir ému des belles heures partagées avec cette femme qui lui ressemblait tant.
La période vénitienne se termine mal : Casanova est arrêté et incarcéré à la prison des plombs. Cela nous vaut aussi une scène d'opéra : il s'évade par les toits, en plein mois de novembre, portant les habits du plein été de son arrestation. Il déboule ainsi au petit jour sur la Piazzetta, en costume de soie rose et dentelles, chapeau à points d'Espagne d'or et plumet blanc, la barbe rasée à la hâte. Cette évasion fera sa célébrité. Elle est particulièrement révélatrice de l'individu, passionné, suivant l'inspiration du moment mais aussi terriblement tenace et, au besoin, très courageux. Je lui laisse le dernier mot. Fier de son tour de force, Casanova nous avoue que la vanité qu'il en tire « ne vient pas de ce que j'ai réussi, car le bonheur s'en est beaucoup mêlé ; elle procède de ce que j'ai jugé la chose faisable, et que j'ai eu le courage de l'entreprendre ».
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LeLitteraireOfficiel
  02 avril 2016
Nous décou­vrons les années d'enfance et de jeu­nesse de Gia­como, dans les dif­fé­rentes ver­sions qu'il a pu en faire au fil de sa vie, pré­sen­tées par­fois en double page et puis­sam­ment anno­tées. L'ouvrage se com­plète de nom­breux docu­ments annexes (chro­no­lo­gie, lexique et règle des jeux, cal­culs des heures à l'italienne, cartes et plans…), soit mis en fin de volume, soit insé­rés là où ils sont utiles. L'ouvrage est ainsi une savante et savou­reuse pro­me­nade à tra­vers l'Europe du XVIIIe s., où Casa­nova va mener sa vie avec une bonne humeur et un entrain qui font de la lec­ture de ses sou­ve­nirs un véri­table plai­sir intel­lec­tuel et une pro­me­nade ryth­mée dans le monde contemporain...
Lien : http://www.lelitteraire.com/..
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critiques presse (3)
Bibliobs   08 avril 2013
On croit tout savoir de Casanova, mais qui a lu son «Histoire de ma vie»? Ce chef-d'œuvre, aussi scandaleux que délicat, reparaît enfin. Philippe Sollers vous invite à vous y plonger.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Liberation   02 avril 2013
Histoire de ma vie est un récit foisonnant, tour à tour drôle et triste, où se mêlent l’aventure et la philo, le sexe et la théologie.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeFigaro   14 mars 2013
Histoire de ma vie (écrit en français, comme les Mémoires du Vénitien Carlo Goldoni) se lit comme une encyclopédie intime et vagabonde du siècle des Lumières. Mieux: on a la sensation d'écouter une conversation picaresque.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Lili45000Lili45000   27 octobre 2014
J’ai eu des amis qui me firent du bien, et je fus assez heureux de pouvoir en toute occasion leur donner des marques de ma reconnaissance ; et j’eus de détestables ennemis qui m’ont persécuté, et que je n’ai pas exterminés parce que je ne l’ai pas pu. Je ne leur aurais jamais pardonné, si je n’eusse oublié le mal qu’ils m’ont fait. L’homme qui oublie une injure ne l’a pas pardonnée, il l’a oubliée ; car le pardon part d’un sentiment héroïque d’un cœur noble et d’un esprit généreux, tandis que l’oubli vient d’une faiblesse de mémoire, ou d’une douce nonchalance amie d’une âme pacifique, et souvent d’un besoin de calme et de paix ; car la haine, à la longue, tue le malheureux qui se plaît à la nourrir.
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Lili45000Lili45000   27 octobre 2014
Vous rirez quand vous saurez que souvent je ne me suis pas fait un scrupule de tromper des étourdis, des fripons, des sots quand j’en ai eu besoin. Pour ce qui regarde les femmes, ce sont des tromperies réciproques qu’on ne met pas en ligne de compte, car quand l’amour s’en mêle, on est ordinairement la dupe de part et d’autre. Mais c’est bien différent pour ce qui regarde les sots. Je me félicite toujours quand je me souviens de les avoir fait tomber dans mes filets, car ils sont insolents, et présomptueux jusqu’à défier l’esprit.
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