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ISBN : 9782070134748
Éditeur : Gallimard (01/09/2011)

Note moyenne : 3.27/5 (sur 11 notes)
Résumé :
A Barcelone, dans un futur proche, une chroniqueuse de dix-huit ans est spectatrice de mouvements contestataires inédits : des groupes de gens se suicident en se jetant dans le vide, des pirates cherchent à destabiliser le marché mondial, tous ayant pour objectif final la révolution totale.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  03 septembre 2011
J'ai achevé la lecture de ce livre il y a plusieurs jours et je n'arrête pas d'y penser. Il m'a bouleversée et a ouvert une brèche qui a entraîné un flot de questions.
C'est un livre d'une poésie violente, intense, la lave d'un volcan en éruption, qui progressivement gagne du terrain, alliée au bleu infini du ciel que l'on voudrait rejoindre dans un vol, comme le tentent les adolescents membres du Flying Freedom qui se rassemblent spontanément pour sauter dans le vide. Ils désirent par là retrouver pendant quelques instants la légèreté, la liberté que les dérives totalitaires des gouvernements qui continuent à se réclamer de la démocratie leur ont enlevé, avant que la pesanteur ne les rattrape en les écrasant au sol.
«Nous touchons à une légèreté inexplicable alors que la pesanteur des systèmes commence à se dissoudre dans l'infini.» p72
Par leur geste, il veulent provoquer une réaction au sein de la société dans laquelle ils n'ont pas leur place, témoigner de son horreur, faire prendre conscience.

Tous sont à la recherche de Y qui pourrait être l'hypothétique coordonnateur de ce mouvement déstabilisant mais dont aucun indice dans le cours du récit ne permet de confirmer l'existence.
Toutefois l'auteur nous donne une clef que je vais interpréter à ma façon. L'ensemble des romans de Antoni Casas Ros est un jeu aux règles ouvertes comme le chaos n'est pas vraiment le chaos mais un état passager qui permet tous les possibles et engendre et fait naître une harmonie nouvelle à chaque instant, par l'intermédiaire de chacun.
En note il nous indique dès le début que la structure de la «suite de Fibonacci» dans laquelle chaque terme de cette suite est la somme des deux précédents : 1.2.3.5.8.13.21.34.55.89, transparaît dans celle de «Chronique de la dernière révolution».
Je ne crois pas qu'il nous dise cela pour nous faire remarquer qu'effectivement les chapitres sont numérotés en suivant cette suite. Si chaque terme s'additionne cela veut aussi dire, que la pensée, les désirs, les actes de chacun des protagonistes de ce récit vont s'additionner indépendamment d'eux pour entraîner effectivement une dernière révolution, une révolution que personne n'aura vu venir et dont personne ne pourra interrompre le développement, la révolution du silence.
Et je voudrais citer l'auteur qui parle de la littérature à travers un commentaire sur Cortazar (voir site Fluctuat.net) dont il avalerait, s'il devenait bibliophage, « Marelle» ce livre inoubliable qui «a ébloui ses 15 ans»
« Il (Cortazar) veut nettoyer non seulement le langage mais le cerveau lui-même dont le fonctionnement lui semble emprunter toujours les mêmes voies tracées par le jeu des conventions et c'est là que se situe la révolution la plus profonde. Ouvrir à la machette de nouveaux sentiers dans la jungle des mots.
Entrer dans le Jeu, que Cortazar considérait comme l'essence du sacré, abandonner les formes existantes est la révolution de l'écriture. C'est ce qui nous touche encore aujourd'hui dans l'oeuvre de Cortazar : un combat sans fin qui considère le langage comme une manifestation de l'infini et dont l'usage conduit à la découverte de soi.»
Antoni Casas Ros, fidèle à l'éblouissement de ses 15 ans, réussit à nous le transmettre à travers tous ses livres.
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liliba
  18 août 2011
Le début de ce roman est extraordinaire et l'on est tenu à chaque page tant on plonge dans un monde étrange, et angoissant. Nous suivons un groupe de jeunes militants anarchistes, les Flying Freedom, qui se font tout d'abord remarquer par les sauts étranges qu'ils mettent en scène : des jeunes de 13 à 25 ans environ se peinturlurent le corps du Y, le nom de code de la femme mystérieuse qui est leur mentor et se jettent nus des hautes tours des villes ou bien d'avions et même d'arbres. Les sauts sont racontés par les Chroniqueurs, autres jeunes qui propagent sur la toile des articles dénonçant toutes les injustices dont ils sont les témoins.

La police traque les Flying Freedom, qui semblent pourtant insaisissables : tout un système est organisé pour leur permettre de sillonner le monde et ils sont cachés et pris en charge par l'organisation, qui ressemble à s'y méprendre à une secte de fanatiques suicidaires.

Bien que l'écriture soit superbe, on passe d'une pure poésie à de totales élucubrations, puis à l'horreur. C'est certes un roman tout à fait enraciné dans notre époque, mais il m'a mise vraiment mal à l'aise. On y espère la fin du sida, mais qui se traduirait par une gigantesque partouze puisque chacun pourrait ainsi coucher avec qui il veut, et j'ai trouvé l'ensemble totalement cauchemardesque et angoissant. Je n'ai pas réussi non plus à m'attacher aux personnages, pourtant attendrissants dans leur naïveté, qui contrebalance en même temps la férocité dont ils sont capables. L'utopie se partage avec la dénonciation de nos sociétés perverties mais on ne sait jamais très bien où est la barrière entre le réel, le possible et l'imaginaire...

Mon intérêt a malheureusement de fait vite été émoussé car j'ai du mal à admettre qu'on puisse se rebeller contre un système, aussi conrompu et totalitaire soit-il, en endoctrinant des jeunes et en les poussant à la mort. A quoi cela sert-il ? Cette Y dont on ne sait rien, et même ceux qui la suivent, que veut-elle, au juste ? Qui est-elle ?

Bref, un roman dérangeant, vraiment original, mais qui n'a pas eu chez moi d'écho positif...

Lien : http://liliba.canalblog.com/..
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delitterys
  18 septembre 2011
La dernière révolution s'est enfin déclenchée : suivant l'impulsion de la mystérieuse Y, de jeunes militants ont décidé de faire s'écrouler le monde tel que nous le connaissons. Suicides collectifs célébrant la liberté, krach boursiers, chroniques croquant les injustices et les violences de nos sociétés contemporaines : les moyens et les portraits s'enchaînent au fil des pages, pour nous entraîner vers l'impensable, le renouveau d'un monde.
Antoni Casas Ros nous propose une anticipation à court terme (qui n'est pas sans rappeler le récent printemps arabe), où une société tente de se débarrasser des scories du capitalisme, de l'individualisme, du sida, de la violence, des « faux » réseaux sociaux qui ne savent pas tisser de véritables liens… Nous suivons, à travers un concert polyphone, l'histoire de cette lutte pour l'utopie, qui revisite les codes des révoltes précédentes (je pense notamment à l'amour libre des hippies) et tente de s'approprier les codes de la modernité (Wikileaks, twitter, youtube, pierres angulaires de la révolte moderne).
Casas Ros imprègne la toile de ses chroniques de références artistiques multiples : plus que certains noms cités (Pavese, Artaud, Bansky, Basquiat, Pynchon, Dick…), Casas Ros semble surtout se placer dans l'ombre de Bolaño, dont il évoque brièvement l'inoubliable Auxilio Lacouture, la poétesse d'Amuleto, chantre de toutes les générations sacrifiées, et dont il revisite à sa façon Les détectives sauvages, quand deux de ses personnages, Ulysse et Lupa, doubles des Ulises et Lupe bolañiens, se mettent en quête d'Y dans un Mexique fantasmagorique – tant, chez Casas Ros comme chez son écrivain tutélaire, ce pays semble être un état d'esprit plus qu'un lieu géographique.
La suite (avec un avis à demi-convaincu) sur mon blog :
Lien : http://www.delitteris.com/in..
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JAsensio
  19 septembre 2011
Malgré de trop nombreuses références, aussi inutiles que prétentieuses, à des écrivains ou des écrivants (Murakami, Bolaño, Gombrowicz, Proust, Pavese, Lezama Lima, Pynchon et même Dick), outre le fait qu'il n'y a pas grand sens à quêter dans la numérotation bizarre des chapitres qui se conforme, nous dit-on, à une suite de Fibonacci «dans laquelle chaque terme de cette suite est la somme des deux précédents» (p. 13), le dernier roman d'Antoni Casas Ros peut être rapproché, à condition expresse de le placer au-dessous de ces nullités visuelles mais néanmoins divertissantes, de quelques grosses machineries hollywoodiennes comme Fight Club, V pour vendetta et, dans les dernières pages aussi pompeuses que grandiloquentes (mais tout aussi nulles que toutes les autres pages de ce livre), de la Rencontre du troisième type.
Antoni Casas Ros, s'il n'est pas un écrivain, est au moins un cinéphile que, sans trop jouer d'imprudence, nous jugerons peu averti.
Lien : http://stalker.hautetfort.co..
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MarianneDesroziers
  17 juillet 2011
Attention : ce livre peut vous causer de graves lésions au corps et au coeur. Ce livre brûle. Risque de combustion spontanée en vue pour les lecteurs inflammables. Un roman bien de son temps qui fait écho aux révolutions et mouvements sociaux de ces derniers mois au Maghreb, en Grèce, en Espagne, etc.
La suite sur mon blog : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2011/05/chroniques-de-la-derniere-revolution.html
Lien : http://lepandemoniumlitterai..
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critiques presse (1)
Culturebox   09 septembre 2011
Ces "Chroniques" éclatées et déjantées sont-elles le meilleur roman du mystérieux Antoni Casas Ros […] ? Sans doute pas, même si elles sont écrites d'une plume vive, rythmée et parfois hallucinée. Mais comme le proclame le bandeau mis en place par l'éditeur ("Un monde à venir"), elles semblent avoir capté l'air du temps.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   31 mai 2016
Je me suis toujours demandé pourquoi les acteurs de porno éjaculaient sur le visage des actrices. C'est quand même meilleur dans le con, dans le cul ou dans la bouche. Moins spectaculaire, c'est sûr. Et ce moment toujours ridicule où la fille se crispe, fronce le front, ferme les yeux en sachant que ça pique quand on prend une giclée dans l’œil. Bon, je m'égare dans des considérations personnelles, amis, chacun son style, non ?
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nadejdanadejda   02 septembre 2011
----- J'ai ouvert les yeux avant d'entendre parler d'Y.
----- Qu'as-tu vu ?
----- L'absence de liberté de plus en plus manifeste. La répression. La violence. La puissance de la norme. La perversité et le cynisme politique. La grande médiocrité de nos dirigeants. La démocratie dictatoriale. Tous les mouvements qui tendent à réintroduire la liberté sont détruits à peine créés. Beaucoup de gens disparaissent, dans les universités et même dans les lycées. Nous sommes tous des lycéens parce qu'ils font moins attention à nous, ils ne nous prennent pas au sérieux... p17
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nadejdanadejda   02 septembre 2011
Il y a cette ombre bleue au centre de la galaxie à trente mille années-lumière. Un oeil blême qui nous regarde et que nous regardons, terrifiés.(...) Le lieu où toute sonorité vient mourir dans un dernier éclat.(...) Un gigantesque trou noir au centre de notre galaxie qui absorbe la matière, la lumière, les formes, la musique, les cris d'amour, les soupirs, l'angoisse, la tristesse, la panique et la joie. Le discours, les mots, les écrivains, les peintres, les musiciens, les tortionnaires et leurs victimes. Un chaos non discriminatoire. Une bouche géante qui simplement suce la sève du monde dans une dernière aspiration. La dernière histoire de sexe. Fatale fellation !
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nadejdanadejda   02 septembre 2011
Toute la connaissance humaine, toute la créativité, le génie, comme une mélodie qui se perd dans le gouffre des volcans. Il y a du feu en nous, qu'il nous consume, qu'il transforme notre vanité en une lente coulée de lave qui s'échappe dans le ciel à la recherche de l'indicible. p155
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nadejdanadejda   02 septembre 2011
Toucher le fond de la solitude. Ne pas s'arrêter avant. Dans ses extrémités, la solitude devient douce et parfumée. C'est dans cette douceur que surgit la joie, que se fragmente et disparaît la sensation d'abandon. p189
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Videos de Antoni Casas Ros (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoni Casas Ros
Le théorème d'Almodovar Livre de bord
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