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Critique de Presence


Presence
  15 décembre 2015
Ce tome fait suite à Amplified now (épisodes 19 à 24). Il s'agit de l'avant dernier tome, et il faut avoir commencé la série par le premier. Il contient les épisodes 25 à 30, initialement parus en 2008/2009, écrits par Joe Casey, dessinés et encrés par Tom Scioli, avec une mise en couleurs de Nick Filardi. L'histoire se termine dans Goodbye, Divine! (épisodes 31 à 36).

Adam Archer a obtenu l'aide de la NASA pour pouvoir retrouver sa soeur Neela Archer. Il commence par se rendre au siège de l'entreprise qui l'avait embauchée pour piloter un vaisseau spatial. Puis il utilise sa maîtrise récente de la téléportation pour se rendre sur une planète éloignée de la galaxie. Il se retrouve face à des entités cosmiques anthropomorphes à la puissance monumentale.

Sur Terre, Friedrich Nickelhead harangue les clients de sa résidence hôtelière pour réclamer des revendications sociales, à savoir la reconnaissance de droits pour les supercriminels. Ils décident d'investir le Capitol à Washington, puis de s'installer à la Maison Blanche. Une nouvelle entité cosmique a atterri sur Terre : Decimator, rien que ce patronyme constitue tout un programme.

Après un tome 4 en demi-teinte, Joe Casey et Tom Scioli ont retrouvé la source de leur inspiration et le récit repart de plus belle. Scioli continue de s'inspirer de Jack Kirby, pour les points crépitants (Kirby crackles) et les postures des personnages (main en avant vers le lecteur, bouche grande ouverte). Il ne se limite pas à reproduire ces particularités graphiques. Il utilise également d'autres aspects visuels de l'oeuvre de Kirby. N'Ull Pax Mizer a des allures de croisement entre Psycho-Man (un ennemi des Fantastic Four) et Kang (un ennemi des Avengers). Suite à une transformation, son apparence s'approche de celle d'un Céleste (voir la série des Eternals). Leviticus a des allures d'Orion (des New Gods) avec son engin pour se déplacer dans les airs.

Le lecteur constate que Tom Scioli ne se prend pas au sérieux, il sait qu'il n'est pas Kirby et qu'il ne fait que perpétuer sa tradition. le lecteur n'en apprécie que plus les éléments tellement exagérés qu'ils en deviennent absurdes. Il retrouve les souris anthropomorphes qui aident le Tourmentor, habillées soit en costume cravate, soit en costume de Superman. La tête de Basil Discordia continue de flotter de travers dans le bocal fixé sur le corps de la fille du Tourmenteur. Lucky est un monstre incroyable avec ses cerveaux au bout des tentacules sortant de son crâne. Scioli embrasse le côté enfantin, candide et kitch de l'imagination débridée de Jack Kirby.

Avec ces épisodes, le lecteur a l'impression que Tom Scioli a retrouvé toute sa motivation pour se montrer à la hauteur de cet hommage au Roi des comics. L'histoire se déroule majoritairement dans l'espace avec des combats grandioses plein de décharge d'énergie, entre des individus en armures technologiques, aux statures imposantes. le lecteur en prend plein les yeux, le grandiose et le merveilleux sont au rendez-vous.

Même pour les scènes se déroulant sur Terre, Scioli se montre inspiré. La décoration de l'appartement d'Angie Archer est superbe et personnelle. Les discours de Nickelhead au sénat permettent d'apprécier le volume de la salle des débats.

Joe Casey est lui aussi en pleine forme, avec une verve cosmique en prise directe avec Jack Kirby. Adam Archer décide d'utiliser son pouvoir à des fins personnelles : retrouver sa soeur. Cela l'entraîne dans l'inconnu du cosmos, à faire face à des entités quasi divines, se tapant dessus pour cause de philosophie irréconciliable.

Casey reprend l'habitude de Kirby d'énoncer des préceptes parfois fumeux au travers de ses personnages. Ici N'Ull Pax Mizer croit au principe de la Finalité qu'il énonce tout haut, alors qu'il est tout seul. Casey réussit à faire croire au lecteur à la possibilité de ce principe en restant assez vague. Il ne s'agit pas de développer une thèse philosophique, mais de donner une dimension spirituelle à l'ennemi, ainsi qu'aux autres entités.

Le scénariste continue de raconter un récit compressé, sans être épileptique. Adam Archer continue de découvrir son rôle dans l'ordre des choses, ainsi que l'ordre supérieur des choses (à commencer par l'existence de races extraterrestres et d'autres divinités). Casey intègre les scènes obligatoires d'affrontements physiques avec des libérations d'énergie à une échelle inimaginable.

Comme Scioli, Casey ne se prend pas non plus au sérieux, il ne s'imagine pas Kirby à la place de Kirby. Cette conscience d'écrire un hommage lui permet d'introduire un peu d'humour. Ce dernier peut prendre la forme de la présence de Barak Obama à la Maison Blanche. Il peut également s'agir d'un papillon doré qui demande aux personnes présentes de regarder ses phylactères.

Ce cinquième tome repart de plus belle, rendant un hommage réussi à Jack Kirby, avec une intrigue cosmique à souhait, des visuels adéquats, pour une aventure ébouriffante. À l'issue du récit, le lecteur a retrouvé son goût pour l'inconnu fascinant de l'univers, ce qui pourrait exister au loin, d'autres intelligences, d'autres civilisations peut-être.
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