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EAN : 9782918682332
Éditeur : Arkhe editions (13/05/2017)
3.62/5   28 notes
Résumé :
On voit depuis quelques années déferler une vague de jeunes urbains diplômés qui quittent leur emploi pour satisfaire une irrépressible envie de faire quelque chose de concret plutôt que de gaspiller leur temps dans un emploi de « cadre ou profession intellectuelle supérieure ».
Que font ces nouveaux entrepreneurs ? Ils ouvrent un restaurant, un foodtruck, un café, un bar. Ils se forment à la pâtisserie, à la cuisine, à la boulangerie, à la menuiserie, au vin... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
ZeroJanvier79
  04 juillet 2019
La révolte des premiers de la classe, sous-titré Métiers à la con, quête de sens et reconversions urbaines, est un livre de Jean-Laurent Cassely. Lors de sa sortie en 2017, je crois me souvenir qu'il avait fait un peu de bruit, et cela m'avait donné envie de le lire. Malgré tout, il m'attendait depuis dans ma pile à lire. J'ai enfin pris le temps de le lire ces derniers jours.
Vous vous ennuyez au travail malgré de bonnes études ? Vous vous sentez inutile ? Rassurez-vous, vous n'êtes pas seul. Ceux qu'on appelle encore les « cadres et professions intellectuelles supérieures » n'encadrent plus personne, d'ailleurs ils n'utilisent plus vraiment leur cerveau et sont menacés par le déclassement social. Chez ces anciens premiers de la classe, les défections pleuvent et la révolte gronde. Vous ne les trouverez cependant pas dans la rue à scander des slogans rageurs, mais à la tête de commerces des grands centres urbains : boulangers, restaurateurs, pâtissiers, fromagers, bistrotiers ou brasseurs, derrière leur comptoir et les deux mains dans le concret. La quête de sens de ces jeunes urbains n'a pas ni de redessiner nos villes, notre consommation mais aussi notre vision du succès, car ces nouveaux entrepreneurs marquent peut-être le renversement des critères du prestige en milieu urbain. Alors, faut-il vraiment passer un C.A.P. cuisine après un bac +5 ?
Le thème principal de ce livre, c'est le phénomène – plus ou moins massif – des cadres hautement diplômés qui quittent leurs “métiers à la con” (bullshit jobs en anglais) pour ouvrir un restaurant, un bar, ou pour devenir boulangers, fromagers, artisans, etc.
Je dois avouer que j'avais quelques appréhensions en commençant ma lecture mais j'ai été agréablement surpris. Pour le dire clairement, c'est moins con-con que je le craignais. Je redoutais que le livre se contente d'une suite de témoignages à la gloire de ces courageux et si originaux reconvertis, mais c'est plus nuancé que ça, l'auteur libre une analyse claire et objective du phénomène.
Jean-Laurent Cassely ne se contente pas de présenter le phénomène avec quelques exemples typiques, il l'analyse sous plusieurs aspects : il commence par le définir et le quantifier, même si ce n'est pas simple.
Il essaye ensuite d'en décortiquer les causes, avec le développement des “métiers à la con”, ou le déclassement et la préconisation relative des cadres depuis l'après-guerre.
L'auteur insiste ensuite sur les tenants et les aboutissants de ces reconversions : le retour vers le concret et la fabrication artisanale de A à Z, qui contrastent avec les métiers très souvent abstraits de nombreux cadres, très éloignés des chaines de production ; le contact direct avec les clients, y compris dans des mises en scène du parcours des entrepreneurs et dans la proposition non pas d'un produit mais d'une “expérience”
Jean-Laurent Cassely évoque également la tentative de reconstituer des villages au coeur des villes, ainsi que la montée en gamme, consistant à se ré-approprier, notamment dans la restauration, des produits populaires pour les “réinventer” et les “sublimer” pour les vendre à une clientèle plus élitiste et plus fortunée, donc à des prix bien plus élevés.
Il conclut en définissant une nouvelle “bourgeoisie de proximité”, dont le modèle vivrait en parallèle de l'élite telle qu'on la connait aujourd'hui, avec d'un côté une majorité de cadres travaillant dans de grandes entreprises comme on les connait aujourd'hui, et une minorité reconvertie dans les métiers de bouche, de l'artisanat et des services, dans des espaces de consommation proposant des produits plus ou moins réinventés et destinés à ces cadres restés du côté “classique” de la société.
Comme je le disais, j'avais un peu peur en commençant ce livre mais je l'ai finalement trouvé très intéressant : l'auteur ne tombe pas dans l'angélisme et décrypte à mon sens parfaitement le phénomène, dans ses causes, ses aspects, ses conséquences, mais aussi ses excès et ses dérives.
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Sovane
  30 janvier 2020
De plus en plus d'étudiants se tournent vers l'artisanat ou les métiers de bouche : ce choix alternatif, impensable il y a encore quelques années, devient aujourd'hui très courant. Entre retour à la terre ou revalorisation du savoir-faire, ce phénomène se distingue de celui des années 70 dans le sens ou ce retournement d'un plan de carrière initial ne s'inscrit plus dans une dimension communautaire ou pastorale, mais bien dans un objectif commercial, dans un environnement souvent urbain.
C'est toute une génération de sur-diplomés qui se pose en rupture, ce renversement de plans de carrière et de projets de vie se constate partout dans le monde et s'accentue encore avec la révolution numérique. Cela s'explique notamment par une déception généralisée, lorsque le jeune fraîchement recruté découvre un univers professionnel dominé par les luttes de pouvoirs, l'absurdité bureaucratique, l'ennui et le conformisme.
Ce phénomène est d'abord observé par Matthew Crawford, dans son fameux "Éloge du carburateur", l'histoire d'un universitaire qui se tourne vers la mécanique... Son expérience va inspirer d'autres personnes, qui veulent retrouver du sens dans leur activité professionnelle ou en reprendre le contrôle. L'auteur recense les 5 raisons essentielles à l'explosion du nombre de métiers à la cons : la mondialisation, la bureaucratisation, la financiarisation, la numérisation et la quantification sont la cause de ce désengagement des professionnels.
Outre la frustration, cette perte du lien au réel menace aussi la santé mentale des diplômés. Ainsi la banalisation du statut de cadre, qui explique la dégradation de leur situation matérielle et de leurs conditions d'exercice, occasionne un vrai déclassement social. Les diplômes ont une valeur qui s'amenuise et, avec l'augmentation du cout de la vie, l'on peut effectivement se demander si le jeu des études en vaut encore la chandelle.
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CelineCebulski
  08 octobre 2020
"On voit depuis quelques années déferler une vague de jeunes urbains diplômés qui quittent leur emploi pour satisfaire une envie de faire, de réaliser quelque chose de concret plutôt que de gaspiller leur temps dans un emploi de "cadre ou profession intellectuelle supérieure". Une dénomination devenue obsolète puisqu'ils n'encadrent plus grand monde, que le caractère intellectuel des tâches qu'ils effectuent est de moins en moins marqué et qu'enfin, la "supériorité" de leur position sociale est de plus en plus relative. Que font ces nouveaux entrepreneurs ?"
Un livre intéressant sur le phénomène, très dans l'air du temps et très romancé, des changements de vie en quête de sens. le burn-out d'une génération surdiplômée qui se sent inutile, mal lotie, de moins en moins libre, et recherche son salut dans l'entrepreneuriat et le retour au concret. Mais tout n'est pas toujours si simple...
Une bonne réflexion !... qui ne dit pas de ne pas tenter sa chance !
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
petitsoleilpetitsoleil   12 août 2017
Travailler de ses mains, produire des objets uniques, vendre en vrac du bio et du non raffiné, tout cela semble sorti d'un romantisme préindustriel nostalgique et économiquement peu rentable.
Or, c'est le contraire qui se passe sous nos yeux, affirme l'auteur. Au couple industriel faible marge/grande quantité de biens identiques produits, ces nouveaux entrepreneurs opposent un business model inverse : peu d'unités, chacune d'elles étant fortement distincte, vendue à bon prix, voire sur le marché du luxe dans le cas de certains artisans.
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petitsoleilpetitsoleil   12 août 2017
[Extrait de l'avant-propos]

Ces nouveaux sédentaires ne sont donc pas spécialement engagés dans une démarche de déclassement volontaire, même s'ils font leurs adieux à la catégorie des "CSP+", ni de décroissance du niveau de vie et des ambitions, bien qu'ils doivent consentir à troquer un certain confort en échange d'un projet de vie plus stimulant. Ils amorcent plutôt une réécriture des codes de la réussite sociale, du bien-vivre et de l'épanouissement au travail.

Pour le moment, ces évolutions sont portées par des précurseurs, une avant-garde éclairée et surdiplômée des nouveaux modes de travail, de consommation et de vie.
Ce livre est consacré à cette nouvelle aspiration générationnelle.
Il est destiné aux lecteurs qui ne veulent pas être les derniers à éteindre la lumière dans leur open-space avant de le quitter pour de bon.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   26 mai 2017
À tous les étages des tours qui hébergent les grands groupes, dans les recoins des open-spaces d'agences de com, dans les espaces partagés des sociétés de conseil qui pratiquent le "sans bureau fixe", cette révolte silencieuse gronde. Elle ne prend pas la forme de grèves, encore moins de manifestations. Pas même de revendication. Les jeunes salariés de l'économie de la connaissance viennent au boulot et font ce qu'on attend d'eux. Sauf que dans leurs têtes, ils ont migré ailleurs, très loin de l'image qu'ils renvoient pour faire bonne contenance. Ce qu'ils fuient, c'est la perspective d'exercer un "métier à la con", selon la formule inventée par David Graeber.
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petitsoleilpetitsoleil   12 août 2017
Perdre le sens de son action au quotidien n'est pas simplement une maladie de la modernité, réservée à ceux qui ont déjà beaucoup - la sécurité physique, le confort matériel, la sécurité professionnelle - et qui se situent au sommet de la pyramide des besoins psycho-sociaux : c'est un désespoir qui vient remettre en question notre humanité profonde, car il est difficile de vivre sans avoir une image claire de sa contribution à la société.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   26 mai 2017
Au début de cet ouvrage, j'ai posé une question à laquelle j'avais implicitement promis de répondre : faut-il passer un C.A.P. après Sciences Po, un master ou H.E.C. ? J'aurais tendance à répondre : oui, mais il ne faut pas en conclure que la première étape dispense la seconde (et inversement). L'avenir commercial appartient à ceux qui connaissent les codes des deux univers, qui maîtrisent les savoir-faire techniques, tout en sachant développer leurs aptitudes à l'abstraction, à la prise de recul et à la pensée critique. Car le nouveau mix culturel emprunte autant à un monde qu'à l'autre.
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Videos de Jean-Laurent Cassely (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Laurent Cassely
?Je parle le parisien (le dictionnaire franco-parisien) de Jean-Laurent Cassely et Camille Safaris aux éditions Parigramme ?? https://www.lagriffenoire.com/1006503-divers-para-scolaire-je-parle-le-parisien.html ? ? ? Chinez & découvrez nos livres coups d?coeur dans notre librairie en ligne ? ?? lagriffenoire.com ? ? Notre chaîne Youtube : Griffenoiretv ? ? Notre Newsletter ?? https://www.lagriffenoire.com/?fond=newsletter ? Vos libraires passionnés, Gérard Collard & Jean-Edgar Casel ? ? ? #lagriffenoire #bookish #bookgeek #bookhoarder #igbooks #bookstagram #instabook #booklover #novel #lire #livres #sudradio #conseillecture #rentréelittéraire2019 #éditionsseuil #éditionsxo #éditionsbuchetchastel #éditionspocket #éditionsflammarion #éditionsfleuve #éditionsactessud #éditionsgallimard
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