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ISBN : 2075085552
Éditeur : Gallimard Jeunesse (17/05/2018)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Kelen, 16 ans, est l'héritier d'une des grandes familles qui se disputent le trône de la cité. Il prépare son premier duel pour devenir mage. Mais ses pouvoirs ont disparu. Il doit ruser... ou tricher, quitte à risquer l'exil, voire pire.
Ses seuls soutiens, deux acolytes explosifs: Furia, la vagabonde imprévisible et Rakis, un chacureuil féroce et acerbe.
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
Aelynah
  02 septembre 2018
Nous avons ici un roman qui titille la curiosité dès son synopsis en nous proposant un héros qui n'en est pas vraiment un.
Kelen vit dans un peuple pour qui la magie est tout.
Chez les Jan'Tep , arrivé l'âge de seize ans sans avoir fait miroiter les bandes de pouvoir à son bras est synonyme de déchéance. Quelles que soient sa famille et la puissance de celle-ci s'il est prouvé qu'à l'âge de seize ans vous ne remplissez pas les trois conditions pour se voir attribuer un nom de mage vous vous voyez « dégrader » au rang de Sha'Tep, c'est-à-dire de serviteur, d'esclave parfois même, de travailleurs sans honneur et sans pouvoir.
Alors avant de continuer à vous parler de Kelen, je dois d'abord dire mon ressenti face à son peuple. Ce peuple si imbu de lui-même que son nom Jan'Tep ne veut dire rien de moins que « peuple de la magie véritable ». Ce peuple qui vit dans, pour et au travers seulement de la Magie. Chez qui rien ne surpasse ce pouvoir. Une fois dégradé vous n'êtes plus rien pour les vôtres qu'un serviteur recueilli avec bienveillance pour les plus chanceux ou envoyer dans les mines pour le pire avenir. J'ai détesté leur arrogance. Leur système social a allumé des sonnettes d'alarme dans mon esprit dès les premières phrases. Il n'est qu'injustice flagrante et humiliante. Je crois que j'ai commencé ce roman en étant en colère. Comment allais-je pouvoir aimer un livre qui prônait une telle intolérance, un tel sens pourri du respect d'autrui ?
Et puis on apprend à connaître Kelen. Kelen ce gamin de presque seize ans, qui n'a aucun des cercles sur son bras de l'une des sept formes de magies. Ce gamin qui voit poindre dans son avenir une vie misérable et rabaissée alors qu'il est fils d'une des familles les plus puissantes de l'oasis. Sa soeur même est détestable tant son pouvoir est grand malgré son jeune âge. On sent son amour pour elle en tant que grand frère mais aussi sa rancoeur face à cette iniquité flagrante.
Ô Kelen n'est pas un faible même si sa santé n'est pas la meilleure et que son physique est loin du grand mec baraqué et empli de confiance en soi. Non, il est rusé, intelligent et a bien compris que quelque part « la magie c'est de l'escroquerie ». Il le dit lui-même dans ce roman. Pourtant élevé parmi les siens il est aussi rattrapé par des années et des générations de préjugés qui le font se sentir misérable et désespéré.
Tout va changer avec l'arrivée d'une femme à l'oasis. L'Oasis centre de pouvoir des Jan'Tep. Lieu où leurs forces sont les plus fortes et les plus emplies de puissance. Oasis, lieu qui fut jadis à l'origine de conflits sanglants et mortels entre plusieurs communautés aux aspirations bien différentes.
L'arrivée de cette femme va changer le cours des choses par la menace qu'elle semble faire peser juste pas sa présence. le doute qu'elle instille dans les esprits ou simplement par l'influence qu'elle va avoir sur Kelen de par sa nature à l'exacte opposée de celle des Jan'Tep. Pour elle point de magie, seul compte le sentiment d'être un homme ou une femme qui peut se regarder en face. C'est un personnage vraiment profond malgré une propension à l'ironie et au sarcasme assez forte. Elle ne manque ni d'humour ni de courage et en cela Kelen lui ressemble pas mal je trouve.
Après donc des jours, ce qui est une première pour moi quand un roman me plaît, mais bon la fatigue de cette fin d'été a eu raison de ma concentration. Après donc des jours de lecture me voici après avoir toutner la dernière page avec un seul sentiment en tête : Génial le tome 2 sort à la fin du mois.
Vous l'aurez compris, ce roman a su me faire réagir à de nombreuses reprises. Que ce soit face à ce système pourri, aux réactions des personnages trop ancrés dans leurs coutumes pour ouvrir les yeux sur leurs erreurs, face à Kelen qui passe par beaucoup d'émotions et de rebondissements pour arriver à ce final surprenant. Bref j'ai adoré ma lecture !
Ah oui petite info pour l'auteur, si nous avons l'occasion de nous croiser en salon ma dédicace devra être ornée de l'illustration d'un chacureuil. Ce personnage est à lui seul un mystère complet et donne quelques passages franchement géniaux.
De même je salue la beauté des illustrations qui parsèment le récit et qui nous permettent de nous impliquer dans cet univers de fantasy assez novateur.
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lianne
  28 février 2019
Malgré quelques facilités et points un peu plus moyens, cette lecture a été agréable.
Kellen approche des 16 ans, l'age ou il doit prouver qu'il est un mage Jan'Tep si il ne veut pas devenir domestique dans sa propre famille ou travailler à la mine (en gros un esclave). Mais malheureusement, ses pouvoirs sont quasiment inexistants, malgré les efforts de ses parents depuis toujours pour faire de lui un grand mage. du coup il est en réduit à faire semblant, ou à donner le change pour faire croire que ce n'est pas le cas.
C'est alors qu'arrive en ville Furia Perfax, une nomade Argosi, un peuple de marchands qui utilisent la science pour leurs tours. Avec elle et son amitié avec Kellen, va résultat tout une série d'épreuves qui vont secouer le jeune homme et le faire réfléchir à son avenir.

On va commencer par les points qui m'ont moins plu mais je précise une nouvelle fois que malgré tout j'ai aimé cette lecture.
Si il y a pas mal de retournements de situations qui eux ne sont pas vraiment prévisibles, notamment au niveau du world-building, le schéma global du livre est limpide dés les premières pages. On se doute totalement où va finir Kellen, rien de surprenant, que du classique. Les méchants restent les méchants, et en fait dés la description de départ de son meilleur ami j'ai compris qu'il n'allait pas le rester longtemps, et le fait qu'on n'ai quasiment aucune occasion de faire sa connaissance ensuite me l'a mainte fois confirmé.
Mais mon principal point noir a été toute la partie concernant les esclaves/domestiques des mages. J'ai trouvé la façon dont c'était traité très moyenne, à la limite du mauvais gout, et surtout j'ai peur que sur la suite, vu la fin de ce tome, on ne la traite finalement jamais et qu'ils finissent exactement dans l'état ou ils ont commencés.
Je suis d'accord qu'on n'est pas dans une dystopie où le but est de renverser le système, donc je ne m'attendais pas à ça. Mais même dans la vision de Kellen sur ces personnages (même vers la fin) on ne trouve nulle empathie, nulle révolte, rien qui montre qu'il a vraiment compris que cette situation était mauvaise et quelle méritait qu'on s'y oppose.
Au final j'avais l'impression que les passages en question étaient juste la pour faire avancer l'intrigue, ils avaient un coté trop anecdotiques et ponctuels.
Ça viens surtout je pense du personnage de Kellen. Durant le livre je n'ai pas eu de difficulté pà me prendre au jeu et à m'identifier à lui et à ses problèmes ou à comprendre ses réactions. Mais c'est vrai qu'avec le recul ce n'est pas vraiment un personnage très sympathique par certains cotés.
Son principal problème étant qu'il est foncièrement égoïste, les problèmes des autres ne le concernent absolument pas puisque de toute façon "il n'a rien fait, ce n'est pas sa faute".
Pour nuancer je comprend bien que c'est le premier tome. le personnage évolue déjà pas mal entre le début et la fin et c'était justement le but je pense. Mais il fait tout de même le noter.
Après les autres points sont moins importants, comme le fait que j'aurais aimé avoir plus d'explications sur la magie ou les sciences (ici on doit limite deviner à certains moment comment ça fonctionne, on nous donne juste certains indices au fur et à mesure - limite pour moi on se rapprochait d'un TGCM*).
Par exemple on nous dit qu'il y a 6 formes sans jamais nous les citer entièrement, et ensuite on découvre (enfin quelqu'un dit) qu'il y en a 7 mais on n'a aucune idée de ce qu'est la 7ième ni de ce qu'elle a de différents avec les autres. Trop de flou tue le flou. Je n'ai aucune idée claire de comment tout ça marche vraiment et ça me frustre.
Par contre un point que j'ai beaucoup apprécié a été le world-building. Il s'en passe des retournements de situations sur ce point, c'était vraiment très intéressant de les découvrir petit à petit. Et il est déjà pas mal riche pour un premier tome, j'ai hâte d'en découvrir plus dans la suite, ça c'est sur.
Le peu qu'on découvre de la magie est aussi assez original, avec ce métal qu'on tatoue en bande pour attirer la magie.
Le peuple de Kellen, les Jan'Tep, sont en fait le pire peuple qui soit. Ils sont égoïstes, auto-centrés, ils se prennent pour les meilleurs. Bien sur on est aussi très loin du féminisme. Au final rien de nouveau, vu que c'est un peu toujours le cas en fantasy. L'intérêt du livre est justement le fait de voir Kellen petit à petit ouvrir les yeux sur ces défauts.
En fait au final de toute les personnages, seuls ceux extérieurs aux Jan'Tep valent le coup d'être cités.
On retrouve en premier Furia Perfax. Elle est un peu le bon sens incarné. Elle ne se laisse pas marcher dessus en montrant une confiance en elle qui n'est des fois que de façade. J'aime bien imaginer en elle la grande soeur ou la mère que Kellen aurait mérité d'avoir.
J'ai aussi vraiment envie d'en savoir plus sur ses fameuses cartes dont je n'ai rien compris une nouvelle fois (ça fait parti des points dont j'aurais aimé avoir plus d'infos, ça reste trop flou pour moi).
Et bien sur je ne peux pas terminer sans vous parler de Rakis, un personnage qui n'arrive que tardivement dans le récit mais qui le marque durablement. Il s'agit en fait d'un chacureil (une espèce d'écureuil de la taille d'un chat) au langage totalement ordurier et cynique qui a un sacré caractère mais aussi pas mal d'humour.
Malgré tout ce que j'ai développé avant pour vous expliquer ce que j'avais moins aimé, il n'en reste pas moins que j'ai passé un bon moment dans cette lecture, ça ne m'a pas gâché mon plaisir. L'écriture est vraiment fluide et le rythme est bon, on n'a pas du tout le temps de s'ennuyer.
En plus il est relativement complet et complexe pour un livre YA, avec des personnages moins manichéens et figés dans leurs schéma que ce qu'on trouve en général.

Au final une lecture un peu mitigée, ça reste du YA, mais elle était tout de même bien agréable. A noter quand même que je l'ai terminé d'une traite, ce qui devient très très rare pour les romans YA, et que je lirais la suite.

15/20
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Igguk
  08 octobre 2018
Sebastien de Castell a fini cette année une de mes sagas préférées, mais son clavier devait le démanger violemment parce que le premier tome de sa nouvelle série est sorti même pas un mois après la fin des Greatcoats. le passage à un tout nouvel univers est toujours délicat à négocier, et l'auteur canadien s'est lancé dans un créneau un peu différent avec Spellslinger : le young adult avec des apprentis magiciens.
Oui, j'ai entendu d'ici ton cerveau s'écrier « Harry Potter », noble lecteur, mais calme-toi je te prie. C'est pas tout à fait ça. Spellslinger nous raconte les mésaventures de Kellen, un initié Jan'Tep qui est à la fin de sa formation de mage. Avant ses 16 ans, il doit maitriser sa magie pour passer ses épreuves sans quoi il sera déchu au rang de Sha'Tep, un statut peu enviable qui revient la plupart du temps à finir serviteur. Pas de bol pour notre héros, l'échéance approche et malgré ses efforts, la magie a l'air de le fuir. Il trouvera peut-être de l'aide auprès de Ferius Parfax, la mystérieuse vagabonde qui vient d'arriver en ville et semble chercher les ennuis. A moins que le salut ne vienne de cette bestiole à poils qui a l'air de croiser sa route bien trop souvent.
La société Jan'Tep qui nous est présentée ici est profondément élitiste, les mages Jan'Tep se doivent d'être toujours dignes et calmes, et surtout ils sont évidemment supérieurs à ces ploucs (moldus ?) qui ne maitrisent pas la magie. le statut de Sha'Tep est une disgrâce absolue, une honte sur la personne et toute sa famille alors qu'elle ne maitrise pas vraiment sa sensibilité magique, c'est simplement naturel, c'est là, ou pas. La plupart des bouquins « Young adult » commencent avec un héros spécial, celui ou celle qui a un don spécifique ou une caractéristique unique et qui va faire rêver le lecteur.
Mais Sebastien de Castell prend le contre-pied de ça, il part du postulat que Kellen n'a rien de spécial et se retrouve propulsé dans une aventure extrêmement dangereuse. Spellslinger retourne le schéma classique de l'élu et pose la question : qu'est-ce que tu fais si tu n'as rien de plus que les autres ? Son protagoniste essaye d'être un mage comme tous ses camarades mais il échoue. Il va faire face au rejet et au mépris de ses pairs, et ils seront pas tendres avec lui, on est souvent surpris par la cruauté de l'univers dans lequel l'auteur place son aventure. Encore une fois on a un roman catégorisé « pour ado » mais qui se lit très bien quand on a la trentaine et plus de barbe que de cheveux (ça c'est moi) ce qui pose encore une fois la question des étiquettes inutiles mais j'en ai déjà causé. Ici l'auteur utilise tous les éléments attendus de cette catégorie mais les retourne un par un. En plus du héros-élu, il explose les clichés sur les parents, les meilleurs amis, les professeurs, le parcours initiatique.
Au-delà de cette déconstruction méticuleuse on a surtout le plaisir de retrouver le talent de Sebastien de Castell pour les personnages et les dialogues. Je me suis beaucoup amusé à suivre ce héros complètement largué qui doit trouver sa voie tout seul en allant contre toutes les valeurs qu'on lui a inculquées, et il le fait avec panache. Ferius va être son anti-mentor pour l'aider à ouvrir les yeux grâce à son ton délicieusement méprisant, ses remises en question constantes et ses moqueries. Elle a quelques répliques vraiment savoureuses qui ne manqueront pas de vous faire sourire. le clou du spectacle est aussi ce félin pas du tout adorable qu'on voit sur la couverture, espèce de Rocket Raccoon version chat-écureuil (mais sans flingue), réponse amusante de l'auteur aux animaux « familiers » classiques du genre.
On a quand même une trame mystérieuse qui se développe en fond et un world-building qui prend forme petit à petit, pour ajouter de la richesse à la recette. On est plongés dans une ambiance un peu westernisante avec du sable et de la poussière partout, des duels de magie et des cartes à jouer qui volent, ça donne à ce monde de fantasy une petite saveur particulière fort agréable. La magie de cette saga repose sur sept grandes branches (dont une interdite, évidemment) et les initiés se spécialisent dans une ou plusieurs de ces disciplines à l'aide de tatouages incrustés de métal qui ornent leur bras. Ils lancent des sorts en faisant des signes avec leur main à la Naruto, c'est très fun mais j'ai trouvé que le système était encore un peu… flou. La suite donnera peut-être un peu plus de rigueur à tout ça ?
Le livre nous parle de remettre en question l'ordre établi, d'aller à contre-courant, de suivre son instinct et son propre sens moral même quand tout est contre nous. Il s'amuse à jouer avec les codes et les attentes du lecteur. Quand la situation est désespérée et qu'on attend un bon vieux sauvetage miraculeux de la figure paternelle ou autre Deus Ex Machina quelconque, Kellen réalise que non, personne ne le sauvera et qu'il va devoir se démerder avec les moyens du bord, et il se bouge le cul, et c'est très fort. Oh il s'en prend plein la gueule au passage, il y a des moments de violence et de cruauté assez surprenants mais notre héros a du caractère et du coeur, de quoi séduire le lecteur à coup sûr.
Spellslinger est un démarrage très prometteur pour la nouvelle série de Sebastien de Castell, on y retrouve tout son talent dans un univers inédit et des thématiques nouvelles mais toujours avec ce sens du rythme, des dialogues et de l'inattendu. J'ai hâte de lire la suite pour voir si tout ça va encore prendre de l'ampleur.
Lien : http://ours-inculte.fr/spell..
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Igguk
  26 août 2017
Sebastien de Castell a fini cette année une de mes sagas préférées, mais son clavier devait le démanger violemment parce que le premier tome de sa nouvelle série est sorti même pas un mois après la fin des Greatcoats. le passage à un tout nouvel univers est toujours délicat à négocier, et l'auteur canadien s'est lancé dans un créneau un peu différent avec Spellslinger : le young adult avec des apprentis magiciens.
Oui, j'ai entendu d'ici ton cerveau s'écrier « Harry Potter », noble lecteur, mais calme-toi je te prie. C'est pas tout à fait ça. Spellslinger nous raconte les mésaventures de Kellen, un initié Jan'Tep qui est à la fin de sa formation de mage. Avant ses 16 ans, il doit maitriser sa magie pour passer ses épreuves sans quoi il sera déchu au rang de Sha'Tep, un statut peu enviable qui revient la plupart du temps à finir serviteur. Pas de bol pour notre héros, l'échéance approche et malgré ses efforts, la magie a l'air de le fuir. Il trouvera peut-être de l'aide auprès de Ferius Parfax, la mystérieuse vagabonde qui vient d'arriver en ville et semble chercher les ennuis. A moins que le salut ne vienne de cette bestiole à poils qui a l'air de croiser sa route bien trop souvent.
La société Jan'Tep qui nous est présentée ici est profondément élitiste, les mages Jan'Tep se doivent d'être toujours dignes et calmes, et surtout ils sont évidemment supérieurs à ces ploucs (moldus ?) qui ne maitrisent pas la magie. le statut de Sha'Tep est une disgrâce absolue, une honte sur la personne et toute sa famille alors qu'elle ne maitrise pas vraiment sa sensibilité magique, c'est simplement naturel, c'est là, ou pas. La plupart des bouquins « Young adult » commencent avec un héros spécial, celui ou celle qui a un don spécifique ou une caractéristique unique et qui va faire rêver le lecteur.
Mais Sebastien de Castell prend le contre-pied de ça, il part du postulat que Kellen n'a rien de spécial et se retrouve propulsé dans une aventure extrêmement dangereuse. Spellslinger retourne le schéma classique de l'élu et pose la question : qu'est-ce que tu fais si tu n'as rien de plus que les autres ? Son protagoniste essaye d'être un mage comme tous ses camarades mais il échoue. Il va faire face au rejet et au mépris de ses pairs, et ils seront pas tendres avec lui, on est souvent surpris par la cruauté de l'univers dans lequel l'auteur place son aventure. Encore une fois on a un roman catégorisé « pour ado » mais qui se lit très bien quand on a la trentaine et plus de barbe que de cheveux (ça c'est moi) ce qui pose encore une fois la question des étiquettes inutiles mais j'en ai déjà causé. Ici l'auteur utilise tous les éléments attendus de cette catégorie mais les retourne un par un. En plus du héros-élu, il explose les clichés sur les parents, les meilleurs amis, les professeurs, le parcours initiatique.
Au-delà de cette déconstruction méticuleuse on a surtout le plaisir de retrouver le talent de Sebastien de Castell pour les personnages et les dialogues. Je me suis beaucoup amusé à suivre ce héros complètement largué qui doit trouver sa voie tout seul en allant contre toutes les valeurs qu'on lui a inculquées, et il le fait avec panache. Ferius va être son anti-mentor pour l'aider à ouvrir les yeux grâce à son ton délicieusement méprisant, ses remises en question constantes et ses moqueries. Elle a quelques répliques vraiment savoureuses qui ne manqueront pas de vous faire sourire. le clou du spectacle est aussi ce félin pas du tout adorable qu'on voit sur la couverture, espèce de Rocket Raccoon version chat-écureuil (mais sans flingue), réponse amusante de l'auteur aux animaux « familiers » classiques du genre.
On a quand même une trame mystérieuse qui se développe en fond et un world-building qui prend forme petit à petit, pour ajouter de la richesse à la recette. On est plongés dans une ambiance un peu westernisante avec du sable et de la poussière partout, des duels de magie et des cartes à jouer qui volent, ça donne à ce monde de fantasy une petite saveur particulière fort agréable. La magie de cette saga repose sur sept grandes branches (dont une interdite, évidemment) et les initiés se spécialisent dans une ou plusieurs de ces disciplines à l'aide de tatouages incrustés de métal qui ornent leur bras. Ils lancent des sorts en faisant des signes avec leur main à la Naruto, c'est très fun mais j'ai trouvé que le système était encore un peu… flou. La suite donnera peut-être un peu plus de rigueur à tout ça ?
Le livre nous parle de remettre en question l'ordre établi, d'aller à contre-courant, de suivre son instinct et son propre sens moral même quand tout est contre nous. Il s'amuse à jouer avec les codes et les attentes du lecteur. Quand la situation est désespérée et qu'on attend un bon vieux sauvetage miraculeux de la figure paternelle ou autre Deus Ex Machina quelconque, Kellen réalise que non, personne ne le sauvera et qu'il va devoir se démerder avec les moyens du bord, et il se bouge le cul, et c'est très fort. Oh il s'en prend plein la gueule au passage, il y a des moments de violence et de cruauté assez surprenants mais notre héros a du caractère et du coeur, de quoi séduire le lecteur à coup sûr.
Spellslinger est un démarrage très prometteur pour la nouvelle série de Sebastien de Castell, on y retrouve tout son talent dans un univers inédit et des thématiques nouvelles mais toujours avec ce sens du rythme, des dialogues et de l'inattendu. J'ai hâte de lire la suite pour voir si tout ça va encore prendre de l'ampleur.
L'auteur annonce sur son site qu'une version française serait en préparation sans plus de détail, mais les anglophones pourront découvrir la suite Shadowblack dès octobre en librairie (ouais, il enchaine).
Lien : http://ours-inculte.fr/spell..
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MassLunar
  16 octobre 2018
Mais quelle bonne surprise pour cet Anti-magicien qui se place direct parmi les meilleures titres de fantasy jeunesse pour cette rentrée littéraire, du moins en terme d'originalité...
En effet, l'auteur canadien Sebastien de Castell opte pour une approche presque parodique de l'habituelle récit de quête mettant en valeur un jeune héros doté d'un potentiel caché ou en proie à un destin glorieux qui doit suivre une quête tout ce qu'il y a de plus héroïque... Non ! Avec L'Anti-Magicien, le héros n'est ni plus ni moins qu'un héros dépourvu de pouvoir...qui va devoir pourtant trouver en lui quelques ressources cachées si il tient à survivre dans une société magique profondément injuste, voire cruelle....
Outre ce personnage d'anti-héros, l'auteur s'attache à dévoiler une société magique fondée sur la servilité où les personnes dépourvues, y compris les membres de sa propre famille, sont relégués comme des Jan-tep, des serviteurs... une situation humiliante et dégradante.
Kelen, 16 ans, est issu d'une prestigieuse famille de magiciens dont le patriarche est en bonne ligne pour devenir le nouveau seigneur de la cité. le problème est que Kelen est malheureusement dépourvu du moindre pouvoir magique malgré les habituelles runes qui ornent le bras des futurs magiciens....
Chez lui, c'est un blocage. Aucun pouvoir, pourtant malgré tout, il devra passer les quatre épreuves destinées à faire de lui un mage en bonne et due forme. S'il échoue, il n'aura d'autre choix que de faire partie des serviteurs.
Le récit vient justement s'ouvrir sur la première épreuve dans laquelle nous distinguons un Kelen plutôt malin qui fera appel à un certain subterfuge pour réussir. Si notre jeune héros est dépourvu de pouvoir, il n'est pas dépourvu de savoir et de ruses. de plus, quelques rencontres décisives vont provoquer chez lui un certain déclic, l'aidant à trouver sa place dans ce monde mais dans L'Anti-magicien la route est longue avant de pouvoir trouver un sens à son existence...
Au niveau de l'histoire, ce roman est tout simplement génial pour la simple et bonne raison que nous suivons les aventures d'un véritable anti-héros, une intrigue à rebours des clichés habituels qui promet son lot de surprises et de rebondissements. Les personnages sont bien écrits dans l'ensemble mais c'est surtout cette vision globale de cette société magique qui demeure marquante. Nous avons presque affaire à une sortie de distopie dans un monde de fantasy, Kellen se rend compte peu à peu que sa cité n'est pas aussi reluisante qu'il pouvait se l'imaginer. L'auteur n'hésite pas à apporter une touche bien sombre à ce récit qui va lui donner une certaine profondeur, surtout pour un roman axé jeunesse. C'est avec une certaine prouesse que les pistes sont détournées, un véritable tour de magie dans le domaine de la jeune fantasy.
Bien que l'anti magicien demeure un très bon roman, passionnant et plutôt original, on peut cependant chipoter un peu sur la structure du récit, un peu confuse par moments. En effet, les quatre épreuves que doit subir Kelen ne sont pas particulièrement clarifiés, de plus le récit s'emmêle entre complot, rencontres, souffrances... sans enjeux, parfois bien définis. En clair, j'ai trouvé que le récit manquait parfois d'une véritable ligne conductrice, d'un véritable ciment au niveau de l'intrigue comme si le roman était en train de se construire devant nos yeux. Mais encore une fois cela relève du chipotage et n'enlève en rien la qualité d'un roman porteur de nombreux rebondissement.
C'est peut-être d'ailleurs le charme de ce roman dont la teneur prend tout son sens dans les dernières pages et promet une saga exceptionnelle.
L'anti-magicien, le premier volume, peut en effet être vue comme la construction d'un héros, l'établissement d'une nouvelle identité pour le jeune Kellen. En plus d'être un roman de fantasy doté de qualités certaines, l'Anti-Magicien peut se targuer d'être un roman d'apprentissage des plus prometteurs...


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critiques presse (1)
Elbakin.net   05 septembre 2018
Ce préambule à de nouvelles aventures reste en tout cas une belle réussite qu’il est bien difficile de lâcher avant d’avoir atteint la dernière page, en espérant que la suite soit tout aussi savoureuse. Seul petit regret : que la couverture originale, façon carte à jouer, n’ait pas été conservée alors qu’elle est très réussie.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
LunarticLunartic   25 août 2018
- Toi ? Et qu'est-ce que tu as à m'offrir ? lança-t-il en faisant les cent pas comme un commerçant qui inspecte des marchandises défectueuses. Tu ne possèdes rien, tu n'es pas capable de te battre, et de ce que j'ai vu pour l'instant, tu n'as même pas de magie. Alors pourquoi je voudrais... ?
L'autre animal intervint. Rakis tenta de résister mais, en quelques secondes, la femelle l'avait plaqué au sol, les dents sur sa nuque, et le secouait dans tous les sens.
- D'accord, d'accord !
Elle le secoua une dernière fois, puis le libéra. Avec toute la dignité dont on est capable dans ce genre de situation, Rakis se redressa et grogna :
- T'es vraiment une mère horrible, tu sais ça ?
- C'est ta mère ?
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SioSio   29 août 2018
- Vous êtes costaude pour une fille, dis-je, furieux quand ce dernier mot s'échappa de ma bouche.
J'avais récemment découvert que plus on me frappait, plus je disais de bêtises.
- Pour une fille, peut-être, mais pour une femme, je suis plutôt normale, répliqua-t-elle.
- Je ne connais pas beaucoup de femmes qui seraient capables de me porter, insistai-je. Je ne suis pas si petit que ça.
Allez savoir pourquoi, j'avais besoin de marquer ce point.
Furia lâcha un petit pfff qui, selon moi, était juste dédaigneux.
- Gamin, les seules femmes qu'il y a dans le coin sont destinées à jeter de gentils petits sorts et à être agréables à regarder. Comme les hommes, en somme.
+ Lire la suite
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SioSio   29 août 2018
- Vous êtes pour quelque chose dans la maladie de Tennat et des autres ?
- Nan, fit-elle avec un regard de travers. Et toi ?
- Ne racontez pas n'importe quoi.
- Dit le gamin qui vient juste de demander à quelqu'un soupçonné d'être un espion s'il l'est vraiment.
- Si vous n'êtes pas une espionne, alors qu'est-ce que vous êtes ? Parce que je ne crois pas qu'une vagabonde argosi traînerait encore dans les parages après ce qui s'est passé hier soir.
- Je suis une femme, gamin. Tu n'en as sans doute encore jamais croisé, vu le trou paumé où tu vis. Une femme, c'est un homme en plus malin et avec plus de couilles.
Je pris conscience qu'elle venait d'insulter ma mère, ma sœur et toutes les femmes de mon clan au passage.
+ Lire la suite
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LunarticLunartic   25 août 2018
- Maître, la corrigea-t-il.
- Pardon ?
- On s'adresse à un mage Jan'Tep de mon rang en l'appelant maître.
Furia haussa les épaules.
- J'ai pour règle de n'appeler aucun homme "maître", alors considérez-moi comme une amie, et comme ça, je vous appellerai tout simplement Ke'heops.
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ReveursEtMangeursDePapierReveursEtMangeursDePapier   18 juin 2018
... je vis enfin ce que Furia voulait que je voie.
Je me vis.
Je vis qui j’étais, et je vis l’homme que je voulais devenir.
Je compris à quel point cet homme était différent de mes amis, de ma famille, de mon peuple. Et là, je sus exactement ce que cet homme allait faire.
Quelque chose de très, très bête.
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Video de Sebastien De Castell (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sebastien De  Castell
Sébastien de Castell nous accueille chez lui, à Vancouver, et nous parle de ses inspirations et de sa méthode de travail pour créer sa série en 6 tomes, "L'Anti-Magicien".
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