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EAN : 9782864248965
240 pages
Editions Métailié (17/01/2013)
3.8/5   37 notes
Résumé :
Le Viking est un ex-catcheur professionnel recyclé dans les troupes de la police politique qui veut montrer à ses supérieurs qu’il est un dur toujours capable d’assurer dans les situations de crise. Il part en opération pour enlever un jeune couple de subversifs et les transférer dans les cachots du Palais Noir de la répression.
Le lendemain María Elena vient pour la première fois faire le ménage chez les petits-enfants de ses anciens patrons. Le jeune coupl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  15 décembre 2017
Ami lecteur, dis-toi que tu as de la chance. Celle de ne pas avoir vécu dans l'un de ces enfers sur Terre qu'était le Salvador à la fin des années 70. A l'époque, ce petit pays d'Amérique centrale est déchiré par la guerre civile entre une junte militaire sanguinaire et une guérilla marxiste qui ne fait pas non plus dans la dentelle. Au milieu de ce cercle de feu et de sang, entre les chats militaires et les souris révolutionnaires, se joue une lutte plus personnelle. A ma droite, le Viking, ancienne gloire du catch reconverti en flic tortionnaire de subversifs dans les sinistres geôles du Palais Noir, le siège de la police. A ma gauche (même si elle ne veut surtout pas se mêler de politique), María Elena, employée de maison, qui s'inquiète de la disparition du jeune couple qui venait de l'embaucher, et se met en tête de les retrouver. On pense le combat inégal, entre la toute-puissance de la police et une petite domestique qui, en posant trop de questions à propos des disparus, qui pourraient bien être des subversifs, se met elle-même en danger. Mais le match est moins déséquilibré qu'il n'y paraît : pendant leurs jeunes années, le Viking en pinçait pour María Elena. Peut-être subsiste-t-il quelque chose de cette attirance à sens unique ? María Elena décide de reprendre contact avec le policier, espérant lui soutirer des informations. le Viking d'aujourd'hui a cependant perdu beaucoup de sa superbe, et celui qu'elle retrouve est un homme malade, presque à l'agonie, refusant de se soigner, mais toujours flic et chasseur dans l'âme. Elle ignore toutefois sa véritable fonction dans la police et met, sans le savoir, les doigts dans un engrenage infernal, dans lequel sa fille et son petit-fils seront pris aussi.
Ami lecteur, alors que le solstice d'hiver approche au milieu de ces jours sombres, voici donc un portrait ténébreux du San Salvador d'il y a 40 ans, de sa guerre civile sanglante, sa violence sans sommation, sa terreur indicible et sa paranoïa sans limites. « Au bout du mal, quand tous les dieux nous quittent et nous abandonnent* », une histoire sobre, cruelle et désespérante, en rouge et noir, mais qui n'a rien de romantique.
* « Juste quelques hommes », Jean-Jacques Goldman
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trust_me
  26 février 2013
Le viking, une ancienne star locale du catch, fait partie des escadrons de la mort. Avec ses acolytes, il embarque, torture et fait disparaître sans aucun discernement un nombre incalculable d'opposants au régime. Des étudiants, des « communistes » et tous ceux qui leur apportent une aide quelconque, même les médecins qui tentent de les soigner lorsqu'ils sont blessés suite à des affrontements avec la police. Depuis peu les éléments subversifs multiplient les actes anti-régime, de la manifestation qui dégénère en guérilla urbaine à l'attentat terroriste. Dans ce chaos permanent, la vieille servante Maria Elena tente de survivre. Elle habite avec sa fille, une infirmière qui vient de trouver une place en or à l'hôpital militaire dirigé par le gouvernement, et son petit fils, entré depuis peu dans la clandestinité. Maria Elena et le Viking se connaissent depuis longtemps. Parce que ses nouveaux patrons viennent de subitement disparaître, elle demande à l'ancien catcheur s'il peut leur venir en aide. Mais une fois que les prisonniers sont amenés dans les cachots du Palais noir, il n'y a plus rien à faire pour eux. Seules l'horreur et la mort les attendent...
Horacio Castellanos Moya plonge au coeur de la terreur. Il tisse avec une diabolique précision le canevas d'une implacable dramaturgie. Une danse macabre où la violence est omniprésente. Alternant les points de vue (celui du viking puis celui de la servante, du petit fils révolutionnaire et enfin de sa mère), l'auteur déroule un style neutre et indirect, d'une froideur clinique. Il n'omet aucun détail, même le plus sordide. Tout est net, précis, nerveux, tranchant comme une lame. Un sens de la tragédie où chaque maillon s'imbrique jusqu'à l'inéluctable dénouement.
Un roman qui secoue furieusement, qui projette le lecteur au beau milieu d'une guerre civile, à la fois du coté des militaires et des insurgés. Âpre, corsé, brûlant, La servante et le catcheur montre sans aucune forme de jugement la montée de la violence et son expression la plus crue. Aussi fort que dérangeant.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Cronos
  12 janvier 2022
Dans la fin des années 70, en pleine guerre civile, une femme de ménage par à la rechercher d'un couple disparût quand elle tombe sur une vielle connaissance, un ex-catcheur devenu policier… et tortionnaire. On va rapidement être confronter à l'horreur lors des émeutes, avec des détentions très violentes, beaucoup de haine dans ce récit unique en son genre. Maria Elena part donc à la recherche du couple qui l'emploie dans ce pays aux abois, l'atmosphère est oppressante tout au long du roman et c'est là l'une des grandes forces du roman. Dans ce pays devenu fou, on souffre de claustrophobie en le lisant, un sentiment de malaise prédomine ma lecture, mais j'ai adoré. C'est justement ce que je cherchais, ce n'est pas un thriller mais bien un cours d'Histoire au milieu d'une enquête. La plume est très crue et ça me plaît aussi, j'avais déjà lu le bal des Vipères et je retrouve un auteur que j'aime, San Salvador est une ville qui recèle beaucoup de surprise, le récit est haletant et les personnages vraiment originaux.
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Cricri08
  31 août 2021
Salvador de nos jours. La servante, c'est Maria Elena, cinquantenaire, qui fait des ménages chez de riches salvadoriens. le catcheur, c'est le Viking, ancien catcheur d'ailleurs, reconverti dans la police et très utile pour les arrestations musclées.
On comprend très vite que la situation est tendue dans le pays : entre les membres du Bloc populaire révolutionnaire, les "subversifs" et la police, les échanges de coups de feu sont très nombreux, les arrestations et tortures des prisonniers fréquentes ... la violence est partout.
Leur lien? le jeune couple qui vient d'embaucher Maria Elena a disparu et elle cherche désespérément à les retrouver, allant même jusqu'à demander de l'aide à celui qui en pinçait pour elle autrefois, le Viking.
C'est une situation bien sombre que nous présente l'auteur et ce roman est loin d'être des retrouvailles teintées de rose.
Une bonne découverte malgré l'atmosphère sinistre.
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encoredunoir
  30 décembre 2015
En pleine guerre civile, un jeune couple disparaît, enlevé par les escadrons de la mort qui quadrillent San Salvador. María Elena, employée de la famille des jeunes gens, tente de les retrouver en contactant le Viking. Ancien catcheur devenu policier et spécialiste dans la traque et la torture des opposants, le Viking a un jour été amoureux de María Elena. Pourrissant aujourd'hui de l'intérieur, proche de la mort, il n'est pas dit qu'il puisse l'aider ou même qu'il le veuille.
En un peu plus de 230 pages qui content 48 heures de course dans la capitale salvadorienne à la fin des années 1970 et à travers les trajectoires de quelques personnages, Horacio Castellanos Moya suit méthodiquement l'engrenage de la violence et dépeint avec finesse une société qui semble s'être résolue à la situation et dans l'incapacité d'échapper à cette mécanique immuable.
Dans ce pays écraser par la chape de plomb que fait peser l'arbitraire policier, dans cette ville que semble dominer le Palais Noir dans les sous-sols duquel les escadrons de la mort torturent à la chaîne sans autre objectif que de terroriser la population, nul ne peut échapper à la tragédie qui se joue. C'est là tout le propos de Castellanos Moya, flics, étudiants engagés dans la rébellion, citoyens lambda qui ne désirent rien d'autre que survivre sans prendre parti, « Ici, on porte tous la mort sur la tronche » comme le dit, fataliste, le Viking. de fait, María Elena, sa fille Belka, son petit-fils Joselito, trois générations et autant d'options différentes choisies pour tenter de survivre dans la société qui leur est proposée ne peuvent trouver, au bout du chemin, que l'inévitable tragédie qui se construit sous la plume sèche et définitive d'Horacio Castellanos Moya.
Livre noir et politique, oeuvre chorale et morale, La servante et le catcheur est de ces romans qui en disent autant sinon plus que bien des essais désincarnés. Il rend avec une force étonnante l'atmosphère écrasante d'un pays en train d'exploser et se révèle aussi édifiant que bouleversant.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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critiques presse (3)
Telerama   02 septembre 2015
Un livre éprouvant et admirable sur la haine ordinaire et la peur, dans un pays où chacun tente simplement de survivre jusqu'au lendemain.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeMonde   04 février 2013
Son nouveau livre, [...] a l'efficacité formelle des grands romans noirs à la Jim Thomson. [...] Il dépeint le quotidien de gens tout à fait ordinaires, devant se débrouiller d'une réalité absurde et brutale, où toute idée de politique est remplacée par la notion d'ultraviolence.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Liberation   21 janvier 2013
Le style de la Servante et le Catcheur, neutre et indirect, alterne au présent les descriptions et les dialogues sans métaphores, sans digressions, parfois très crus. Les réflexions des personnages sont décrites comme leurs gestes et comme les choses : la psychologie est dans un état presque minéral de survie.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
YvPolYvPol   23 janvier 2013
Il [Viking] a peur d'être mis en congé d'office, renvoyé chez lui.
- T'es vraiment trop con, Viking, lui dit le Chicharron en redémarrant. Tout le monde sait que tu es en train de crever.
Il voudrait chercher un chiffon sous le siège pour essuyer le pistolet, mais il reste là, affaibli, incapable du moindre geste ; rien que la nausée, la fièvre, la brûlure au fer rouge dans le ventre, et à nouveau cette bave pourrie dans la bouche. (p.43)
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imaginibusimaginibus   14 juillet 2017
- Dans ce travail, on obéit aux ordres, ma petite María Elena. Et celui qui donne l'ordre n'est pas toujours celui qui décide, celui qui commande véritablement...
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Vidéo de Horacio Castellanos Moya
EN LIGNES avec Jacques Aubergy, éditeur et traducteur.
Aujourdhui "Severina" de Rodrigo Ray Rosa
Avoir comme conseiller Pablo Ignacio II, c'est gage d'exigence et d'engagement. Se former au droit, “faire” cadre dans la restauration collective, s'essayer à la traduction et devenir par rupture éditeur d'une littérature latino américaine qui explore le continent, c'est marque d'un désir accompli. Ainsi est née “L'atinoir”, néologisme, maison d'édition, librairie et belle adresse marseillaise
"L'atinoir – édition" Conçu au Mexique sous l'impulsion de l'écrivain Paco Ignacio Taibo II et créé à Marseille en 2006, L'atinoir publie de la littérature, des essais et de la poésie écrits pour l'essentiel dans des pays d'Amérique latine. Depuis 2014, les choix éditoriaux privilégient les formes brèves de la fiction. La plupart de ces textes sont publiés en version bilingue. http://www.latinoir.fr/
Plus loin... Jacques et son "métier" https://desmotsdeminuit.francetvinfo.fr/tripalium/la-serie-documentaire-dmdm-jacques-aubergy-editeur-de-passion-latino/ Jacques Aubergy est notamment traducteur de l'écrivain salvadorien Horacio Castellanos Moya. https://desmotsdeminuit.francetvinfo.fr/mot-a-mot/horacio-castellanos-moya-la-litterature-contre-les-escadrons-de-la-mort/
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