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EAN : 9781022601468
Éditeur : Editions Métailié (03/09/2015)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Au début des années 90, le gouvernement du Salvador et la guérilla entament des négociations ; Erasmo Aragón, journaliste salvadorien exilé au Mexique, songe à regagner son pays d’origine, ce qui lui permettrait également de planter là sa femme et sa fille qui l’énervent prodigieusement. Dans l’attente du départ, il vit dans un état second, entre les vapeurs de l’alcool et les bouffées d’angoisse, hanté par des souvenirs confus et la peur d’être arrêté à sa descente... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  18 novembre 2015
Début des années 90, Erasmo Aragon, journaliste salvadorien exilé au Mexique depuis 11 ans décide de rentrer dans son pays d'origine, suite aux négociations entamées entre le gouvernement du Salvador et la guérilla,(après une sale guerre qui a fait de 1974 à 1992 ,100000 morts ) . Il a l'intention d'y participer au lancement d'une nouvelle revue politique et de quitter définitivement sa compagne Eva, avec qui rien ne va plus, la laissant au Mexique avec leur petite fille. En attendant, coincé entre l'angoisse du retour,car il a toujours soutenu la guérilla ,et ses problèmes domestiques ,il se noie dans l'alcool. Un mal de foie lacinant va le décider à consulter le docteur Chente Alvarado, un chirurgien, psychologue,et acupuncteur à la retraite.Ce dernier, pour un traitement plus approfondi pour soulager ses maux, lui propose l'hypnose. Au réveil ,il ne se rappelle de rien.Chente le rassure en lui affirmant que c'est normal et que ce qu'il a révélé, lui reviendrait en mémoire plus tard,que c'est "le processus.".Un processus qui va l'enfoncer dans la paranoïa, ravivant les démons de son inconscient....
Raconté à la première personne, c'est un véritable thriller psychologique une descente infernale dans les tréfonds de l'âme. L'histoire d'Aragon est aussi l'histoire du Salvadore, et d'autres pays d'Amerique du Sud,où les dictatures militaires et la guérilla ont maintenu pendant plusieurs décennies ,une atmosphère de paranoïa et de névrose.
Un livre brillant ! J'ai tout aimé, le sujet, l'humour, la dérision , le style vif et nerveux et surtout le personnage d'Aragon. Pourtant dans la vie je n'aimerais pas le croiser, un homme irresponsable,minable journaliste,compagnon et pére lamentable, macho qui s'intéresse plus aux cuisses d'une femme qu'à sa tête, plutôt lâche et porté sur la bouteille....c'est le génie de Horacio Moyà de rendre un tel personnage attachant avec la magie de l'écriture.
Que puis-je dire de plus, lisez-le!
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Kirsikka
  30 novembre 2015
Une douleur au foie qui ne le quitte pas malgré une abstinence de cinq jours, son médecin habituel envolé pour sa Catalogne natale, Erasmo Aragon, journaliste salvadorien exilé au Mexique, consulte Don Chente, médecin à la retraite, chirurgien, psychologue, acupuncteur, homéopathe en formation et hypnotiseur. Celui-ci le convainc de faire quelques séances d'hypnose, dont Erasmo ne se souvient pas, alors que Don Chente ne veut rien dire avant la fin du traitement. La mémoire est une chose peu fiable, et elle revient quand on ne l'attend pas, juste avant un retour tant espéré au pays pour y lancer une revue après les négociations entre la guérilla et le gouvernement. Souvenirs de la violence familiale et politique, souvenir des raisons qui l'ont poussé à l'exil, paranoïa de ce qui pourrait l'attendre à sa descente d'avion à San Salvador, et Don Chente qui est parti au Salvador et qui disparaît...
Horacio Castellanos Moya ne ménage pas ses personnages qu'il rend pourtant attachants, qu'ils soient hommes politiques alcooliques et à la mémoire courte, ex-guérillero froid et trafiquant d'armes, journaliste qui cumule toutes les formes de lâcheté et d'auto-apitoiement. Loufoque et déjanté, ce roman évoque aussi le Salvador et l'une des pires guerres civiles d'Amérique du Sud, et comment chacun a essayé de se débrouiller avec l'horreur et l'exil, la mémoire et l'oubli.
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trust_me
  13 septembre 2015
Erasmo, journaliste salvadorien exilé au Mexique, décide de rentrer au pays au moment ou un accord de paix est sur le point d'être signé entre la guérilla et le gouvernement. Mais avant de prendre l'avion il doit régler quelques problèmes. D'une part faire comprendre à sa femme qu'il ne les abandonne pas elle et sa fille (même si en fait il a bien l'intention de ne pas les revoir, surtout depuis que sa conjointe lui a avoué l'avoir trompé avec un acteur de seconde zone). D'autre part arrêter la boisson et soigner les terribles douleurs au foie qui le font souffrir à longueur de journée. Pour cela il va rencontrer Don Chente, médecin acupuncteur et hypnotiseur auquel il va se livrer pendant de longues séances dont il ne gardera aucun souvenir et dont le praticien, consignant ses paroles dans un carnet, ne voudra rien lui révéler…
Horacio Castelanos Moya m'avais mis k-o avec son précédent roman, La servante et le catcheur, plongée ultra violente au coeur de la guerre civile salvadorienne. On le retrouve ici dans un registre plus intimiste mais aussi plus proche de la farce à travers le portrait d'un loser pathétique, égoïste, paranoïaque et alcoolique. Un bonheur de suivre Erasmo dans ses plans de vengeance foireux envers l'amant de sa femme, dans ses beuveries mémorables, ses interrogations existentielles et ses gueules de bois monumentales.
Parce que je n'aime pas les héros et que les lâches, les pleutres, les couards (rayez la mention inutile) trouveront toujours grâce à mes yeux, je me suis attaché à ce journaliste minable, mari et père lamentable incapable d'assumer ses responsabilités. La narration à la première personne nous plonge dans le flot ininterrompu de phrases lâchées au bord de la crise de nerfs. Un tourbillon revigorant dont je suis ressorti le sourire aux lèvres, incapable de bouder mon plaisir face un tableau aussi humain qu'affligeant.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Bill
  28 juillet 2020
Avec les relations entre gouvernement et guérilla salvadorienne en voie de normalisation, Erasmo Aragon, journaliste exilé au Mexique envisage de retourner au pays.
Très gêné par une douleur persistante au foie, et en l'absence de son médecin homéopathe habituel, Erasmo, hypocondriaque, va consulter Don Cheffe,   médecin-chirurgien à la retraite et apprenti acupuncteur-homéopathe-hypnotiseur qui lui prescrit des séances d'hypnose pour calmer les angoisses qui provoquent ces douleurs.
Sauf qu'après la seconde séances, le médecin disparaît, et la paranoïa d'Erasmo prend le dessus. Il ne sait plus s'il peut revenir au pays, il ne se souvient pas du tout de ce qu'il a dit au médecin, mais si celui-ci est un traître, il peut le dénoncer ... 
Bref, dans un roman où les phrases se déversent comme des élucubrations d'un ivrogne, on découvre un personnage peu reluisant, méchant avec son épouse, sans affection pour sa fille,  qui s'enivre de façon obsessionnelle, qui est fasciné par les cuisses d'une inconnue et qui ne sait jamais prendre une décision, annulant chacun de ses choix à peine les a-t-il formulés.
Un roman sur un exilé qui ne sait pas s'il doit rentrer chez lui où l'attend pourtant le job qu'il recherche dans cette nouvelle revue politique sur le point de naître .. 
Le portrait d'un homme déboussolé, servi par une belle langue.
Un auteur ue je découvre, grâce à ma médiathèque, mais dont un autre roman patiente dans ma liseuse ...
a suivre, donc !  
Lien : http://les.lectures.de.bill...
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Jacotte_Fenwick
  04 octobre 2015
Récit à la première personne des quelques jours qui précèdent l'embarquement pour son pays d'un journaliste salvadorien réfugié au Mexique, où il laisse femme et fille sans trop de regrets. Alcoolique, parano, empêtré dans un enchevêtrement de souvenirs plus ou moins conscients et de la violence qui colle à toute l'Amérique centrale, hanté par un médecin retraité qu'il croit dépositaire de ses secrets les plus intimes, ce narrateur nous balade dans ses hésitations et dans les peurs sans nom qu'on associe si facilement aux régimes autoritaires de cette Amérique. Cerise sur le gâteau, l'auteur use de longues phrases qui disent l'errance sans nous perdre, comme si l'inconscient savait parfaitement où il va.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
KirsikkaKirsikka   30 novembre 2015
Sérieusement dopé par le deuxième brandy et bien décidé à ne pas laisser passer l'opportunité qui se présentait, j'ai dit d'un ton sentencieux que rectitude morale et efficacité politique sont deux choses bien distinctes, ce que certains militants de gauche ont bien du mal à comprendre, car ils considèrent que méchanceté et bêtise marchent main dans la main, alors que c'est parfois le contraire, "tous les salauds ne sont pas des imbéciles", ai-je conclu, tout content de moi. Mon affirmation a provoqué l'enthousiasme de Munecon et la colère de Mario Varela, qui m'a dit que s'il comprenait bien, j'étais d'une certaine façon en train de le traiter d'imbécile, ce qui n'était pas mon intention, comme je le lui ai fait voir, mais malgré cela, j'ai senti que l'atmosphère s'était alourdie, encore plus quand mon oncle s'est mis à raconter à quel point le tortionnaire lui avait semblé sympathique, ce qui était dû à la bouteille de Black Label qu'ils s'étaient entièrement descendue pendant que celui-ci donnait à Munecon les détails de la proposition à transmettre aux communistes et qui avait été au bout du compte refusée. Le visage de Mario Varela s'était crispé en une grimace de répugnance à mesure que notre hôte en rajoutait sur le sens de l'humour du psychopathe, et je n'ai donc pas été étonné quand il s'est brusquement levé et que, tout en se dirigeant vers la table pour se servir un autre brandy, il lui a lancé : "N'oublie quand même pas, Alberto, que ces salopards ont tué Albertico !..."
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PhilippeSAINTMARTINPhilippeSAINTMARTIN   28 novembre 2016
Pourquoi jusqu’à cet instant avais-je été tellement sûr que rien de mauvais ne m’arriverait si je retournais au pays alors que la guerre civile n’était pas encore terminée ? D’où m’était venu cet enthousiasme, ingénu et même suicidaire, qui m’avait fait envisager le rêve du retour non seulement comme une aventure excitante, mais comme un pas en avant qui me permettrait de changer de vie ? Qu’est-ce qui me faisait croire que les militaires salvadoriens comprendraient que je n’étais pas un militant guérillero mais un journaliste indépendant, qu’ils oublieraient facilement la flopée d’articles contre l’armée que j’avais écrits durant mon exil mexicain ?
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BookycookyBookycooky   18 novembre 2015
j’étais parfois jaloux de sa relation avec Eva, j’avais du mal à comprendre qu’ils soient juste des amis, j’avais été éduqué dans une école catholique mariste où il n’y avait pas de filles et mes seules amies ensuite avaient été mes maîtresses, une déformation qui me rendait pratiquement incapable de comprendre l’amitié entre un homme et une femme sans qu’elle ait été précédée de relations sexuelles.
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KirsikkaKirsikka   05 décembre 2015
Que lui avais-je révélé ? Quelle part secrète de mon être était passée entre ses mains, au point qu'aujourd'hui je me sente perdu après sa disparition? Le barman m'a demandé si je voulais un autre clamato. J'ai dit oui en hochant la tête, je n'avais même pas envie de parler, ce n'était surtout pas le moment de me distraire, j'avais l'impression qu'une révélation était sur le point de remonter du plus profond de moi-même, comme si quelque chose de très bien occulté était en train de se frayer un chemin vers ma conscience.
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BookycookyBookycooky   18 novembre 2015
je voyais à présent clairement que cette histoire d’écrire sa propre vie était une mauvaise idée, quand bien même don Chente me l’avait recommandée, que la mémoire est une chose peu fiable qui peut vous attirer des ennuis...............
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