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EAN : 9791022607940
352 pages
Éditeur : Editions Métailié (23/08/2018)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 18 notes)
Résumé :
José Zeledón, ex-guérillero aux réflexes encore bien rodés, débarque à Merlow City, ennuyeuse ville-campus du Wisconsin. Guerrier désœuvré devenu chauffeur de bus scolaire, il tente de réprimer ses instincts d’homme d’action.

Erasmo Aragón, professeur d’espagnol paranoïaque et aigri, obsédé par les shorts trop courts de ses jeunes étudiantes, part à Washington pour consulter les archives de la CIA et tenter de résoudre l’énigme de l’assassinat du gran... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  22 octobre 2018
José Zeledón, alias....
Ex-guérillero du Salvador, ironie du sort, recyclé aux États Unis après la débandade qui suivit une embuscade par les américains.....alors que ses anciens camarades se sont hissés jusqu'à la présidence après avoir gagné les élections au pays.
Planqué à Merlow City, college town, Zeledón galère entres divers petits boulots , dont un, d'”espionnage légal “ au bureau informatique de l'université de la ville. C'est ainsi que son chemin croisera celui d'Erasmo Aragón Mira. Historien et journaliste salvadorien, il enseigne l'espagnol à l'université. Il vient de faire une demande de bourse pour une recherche sur un poète salvadorien assassiné par l'ERP, l'armée révolutionnaire du peuple, accusé d'être un agent de la CIA, plusieurs années avant le déclenchement de la guerre civile.
Zeledón se sent en prison, difficile de garder le moral dans ce trou perdu et de perdre ses vieilles habitudes. Surtout que les souvenirs remontent et qu'une occasion s'y présente,........
Quand à Aragon, arrivé à Washington pour sa recherche sur le poète assassiné, où son obsession de “jolies culs”, va l'entraîner de surprise en surprise pas forcément à son avantage, dans une Amérique où tout est prétexte à une accusation d'harcèlement sexuel....
Deux hommes seuls, “comme un palmier nain dans la toundra”, qui fuient leur passé chargé de violence, mais dans l'impossibilité de se défaire de la méfiance coagulée dans leurs veines, n'arrivent pas à vivre au présent.
Moyà dénonce un pays malade de moralisme et de surveillance, étranglé par ses lois et où les avocats règnent comme des bourreaux.
Un puritanisme qui met en péril toute personne victime d'une dénonciation d'harcèlement sexuel, justifié ou non.
Un imperturbable système de contrôle paranoïaque, stigmatisant tout individu qui de près ou de loin pourrait être un ennemi potentiel, sans aucun respect pour la vie privée, caméras de surveillance dans les villes, restos, cafés et même dans les wc, contrôle des comptes internets...
Bien que parfois un peu cru, j'aime bien le style sec et concis de Moyà. Trés méticuleux dans les descriptions des personnages et des faits, entrecroisant divers intrigues avec l'histoire centrale des deux protagonistes, il maintient la tension sans aucun temps mort. Une histoire haletante bien ficelée, sur fond de violence, et de sexe en garniture, où moronga ( penis en salvadorien ) est le mot clé , un portrait au vitriol d'un pays qui se veut gendarme du monde. Mon deuxième Moyà, excellent !
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viou1108
  23 août 2018
"Moronga" signifie "boudin" et par extension, peut désigner, de manière peu flatteuse, l'organe sexuel masculin.
Foin cependant de cours de cuisine ou d'anatomie ici, encore que. Avec "Moronga", l'auteur dissèque la manière dont la violence à l'oeuvre en Amérique centrale dans les années 70-80 (à droite, des coups d'Etat à répétition, à gauche, des guérillas en tous genres) s'est transplantée, quelques décennies plus tard, aux Etats-Unis. Une greffe bien réelle même si elle est peu apparente au départ, puisque personne à Merlow City, Wisconsin, n'imagine le passé de José Zeledón et d'Erasmo Aragón, deux solitaires aux aguets, qui ne se connaissent pas et ne veulent surtout pas faire de vagues.
Le premier, ancien guérillero, a fui le Salvador et ses représailles, et s'est (en)terré dans cette petite ville universitaire endormie où il s'est trouvé un petit boulot de chauffeur de bus scolaire. le deuxième, militant gauchiste dans ses jeunes années, également salvadorien, est professeur d'espagnol à la faculté locale et mène des recherches sur l'assassinat, en 1975, de son compatriote, Roque Dalton, poète et résistant communiste. Il espère que la consultation, à Washington DC, des archives déclassifiées de la CIA à ce sujet lui permettra une avancée décisive dans son enquête.
Deux personnages, deux chapitres, qui leur ressemblent. Dans le premier, Zeledón nous raconte sa vie pendant les dix mois passés à Merlow City, clôturés par son voyage "d'affaires" à Chicago. Descriptif et très factuel, émaillé de flash-back sur son passé au Salvador, le récit donne à voir son quotidien désormais rangé, inconsistant, déprimant, sécurisé. Un peu trop, peut-être, pour les réflexes toujours aiguisés de Zeledón. Dans le deuxième, c'est Erasmo qui s'exprime, dans une logorrhée proche du flux de conscience. Là où Zeledón prend 140 pages pour décrire dix mois de sa vie, le professeur en noircit autant pour seulement cinq jours aux archives nationales, c'est vous dire le bavard invétéré. Sa paranoïa et son hyper-anxiété lui font imaginer les pires complots, et comme si ce n'était pas suffisant pour son cerveau en constante ébullition, il ne peut s'empêcher de courir le moindre jupon qui passe, d'attirer les ennuis qui vont avec (ou pas, d'ailleurs), et qui le conduiront, par hasard, à Chicago.
Les deux chapitres, dans lesquels il ne se passe finalement pas grand-chose, prennent tout leur sens à la lecture du troisième. Ils ne constituaient en réalité que la mise en place de cette sorte d'épilogue, écrit sous la forme d'un rapport de police, dans lequel le roman culmine et se dénoue. Mais, plus que ces derniers événements – violents –, ce qui est intéressant ici, c'est la liste des ingrédients qui y conduisent : des personnages au passé pesant, dont la vie se désagrège parce qu'ils ne sont pas en phase avec leur nouveau pays puritain et policier, adepte de la délation et des caméras de surveillance mais qui échoue lamentablement sur les terrains de la pauvreté, de la délinquance et du narcotrafic.
Avec ses références à la famille Aragón et à d'autres personnages de précédents romans (entre autres "Effondrement" et "La servante et le catcheur"), "Moronga" est donc un nouveau plat de choix sur la carte de H. Castellanos Moya, une pièce supplémentaire dans son grand oeuvre centré sur l'histoire tourmentée de l'Amérique centrale et ses répercussions sur les survivants. Une histoire faite de guerres, de dictatures, de machisme et d'injustice, dans laquelle les âmes malades de violence ne trouvent que peu d'espoir de rédemption. Caustique, véhément, noir et amer. Un grand cru.
En partenariat avec les éditions Métailié.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Sylviegeo
  03 décembre 2019
Histoires d'exil en 3 tons. Histoires qui nous parlent de la façon dont doivent se débrouiller aux Etats Unis , les réfugiés politiques, économiques (et parfois certains criminels) venus du sud, venus d'Amérique Latine.
Le premier ton qui me semble résigné, calme, patient , est celui d'un ancien guérillero marxiste du Salvador. Clandestin, il se retrouve dans une petite ville très froide, Merlow City, près de Chicago. Une ville universitaire. Il y vivra de petits boulots et observera cette société si différente de la sienne sans perdre ses vieux réflexes de combattant. Et bien sûr, il y retrouvera des compatriotes qui pourront l'aider et le guider.
le deuxième ton me semble passionné, nerveux, hystérique presque . Lui aussi réfugié salvadorien, c'est un professeur émérite qui fait des recherches sur un poète compatriote soupçonné d'être un collaborateur de la CIA, à l'Université de Merlow City. Ses recherches le mèneront à Washington étudier des archives déclassifiées par le gouvernement américain.
Obsédés par la surveillance, un se prêtera à son jeu et l'autre en fera les frais.
Le troisième ton est celui du rapport des policiers. Neutre, plat, incolore, prudent, terne. Explicatif, informatif et où l'on découvrira bien des choses quand même.
C'est un peu ce qui déstabilise et en même temps enchante dans ce récit d'Horacio Castellanos Moya. Cette facilité de changer de ton, de changer de personnalité, de changer d'ambiance. C'est réussi, c'est mordant, c'est caustique et c'est corrosif. Une excellente découverte de lecture pour moi.
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encoredunoir
  09 septembre 2018
José Zeledón, citoyen salvadorien réfugié aux États-Unis, arrive à Merlow-City, morne ville étudiante du Wisconsin, où son ami Rudy, devenu Esteban, lui a dégotté un emploi de chauffeur de bus scolaire. C'est qu'Esteban et José ont une longue histoire commune. Anciens guerilleros marxistes ils ont fui leur pays toujours ravagé par la violence pour, ironie de l'histoire, refaire leur vie dans celui qui a soutenu la junte militaire qu'ils combattaient. Si Esteban, marié, père de famille, semble avoir définitivement tiré une croix sur son passé, tout est bien plus difficile pour José, toujours en lien avec d'anciens camarades, et surtout toujours habité par ses vieux réflexes de combattant clandestin. D'autant plus difficile qu'il touche du doigt à Merlow City l'obsession de son pays d'accueil pour la surveillance de ses citoyens.
Cette obsession, Erasmo Aragón la connaît bien. Enseignant à l'université de Merlow City, ce Salvadorien lui aussi réfugié fait des recherches sur la manière dont la CIA a organisé l'assassinat du poète Roque Dalton. S'il craint toujours d'éveiller les soupçons des services de l'État, d'autant plus qu'il doit consulter à Washington des documents déclassifiés, il est encore plus obnubilé par la façon dont l'Université surveille enseignants et étudiants. Et il faut bien dire que sa propension à draguer tout ce qui bouge, à rechercher constamment de nouvelles partenaires sexuelles, a de quoi l'inciter à la méfiance.
Ces deux hommes, que l'on a par ailleurs déjà pu croiser dans de précédents romans d'Horacio Castellanos Moya, vont bien entendu être amenés à se croiser. À tout le moins, on peut le dire sans trop en dévoiler, que ce sont des connaissances communes qui, par les hasards du destin, vont en quelque sorte amener les trajectoires de leurs vies respectives à se rapprocher l'une de l'autre.
À travers leurs deux histoires, Horacio Castellanos Moya, avec un humour mordant, une pointe de cynisme et un regard cru sur le pays où il vit lui aussi dorénavant – il enseigne dans l'Iowa – livre sa propre vision des États-Unis et de la manière dont y vivent les réfugiés politiques ou économiques venus d'Amérique latine. José Zeledón comme Erasmo Aragón trouvent aux États-Unis non seulement la surveillance constante des citoyens et la violence qu'ils ont fui et que, en sus, certains de leurs concitoyens ont importé en venant, mais aussi un puritanisme au moins de façade qui les déstabilise.
Car on surveille moins ici pour permettre de prévenir la violence ou les crimes que pour s'assurer que les gens n'ont pas un comportement déplacé. Si José peut à loisir aller utiliser des fusils mitrailleurs dans un stand de tir sans que cela pose problème, il vit dans la crainte d'une dénonciation à son patron de la part d'une institutrice à laquelle il aurait involontairement lancé un regard équivoque. Quant à Erasmo, presque entièrement concentré sur les moyens de dissimuler son penchant pour les sites pornographiques et sa manière de draguer les femmes qu'il croise, il en oublierait presque qu'il manipule un dossier sensible.
Tout cela donne en fin de compte un roman dont l'humour assassin, la manière dont Castellanos Moya dépeint le morne quotidien de ses personnages, leurs angoisses et leurs obsessions, révèlent un beau livre noir. Réflexion sur l'exil et la difficulté à comprendre une civilisation aux règles totalement différentes, la tentation de l'entre-soi quand toute relation avec quelqu'un en dehors de ce cercle risque de porter une dangereuses incompréhension, mais aussi poursuite du questionnement de Castellanos Moya sur la violence de la guerre et ses conséquences, Moronga est un roman d'une rare intelligence.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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martinouche
  15 octobre 2018
Horacio Castellanos Moya est un écrivain et un journaliste salvadorien. Il est né en 1957 à Tegucigalpa, au Honduras. Il fait ses études au Salvador et s'exile en 1979. Il enseigne à l'université de l'Iowa. Il a écrit douze romans, qui lui ont valu de nombreux prix, ainsi que des menaces de mort.

Le titre Moronga, signifie boudin noir. Mais, employé vulgairement il désigne aussi l'organe sexuel masculin. Dans ce roman c'est le nom attribué à un truand.
Le roman est composé de trois parties inégales tant par le style de l'écriture que par le ton.
La première partie « Zeledon », (135 pages), relate la vie de Jose Eledon, ancien guérillero salvadorien, exilé au Wisconsin. Il est chauffeur de bus scolaire et s'ennuie à périr dans la ville de Merlow City, ville campus. Toujours en lien avec d'anciens camarades, on le voit résister à ses instincts et ses anciens réflexes de combattant clandestin, être vigilant dans les lieux publics et vérifier que son arme est toujours présente sur lui. Son passé refait régulièrement surface. Les services techniques de l'université l'embauchent pour espionner sur le serveur la vie privée des professeurs hispaniques.
La seconde partie « Aragon » (160 pages) décrit le quotidien d'Erasmo Aragon Mira, salvadorien exilé aussi, professeur d'espagnol à l'université. C'est un tourmenté, paranoïaque et obsédé sexuel qui ne peut céder à la tentation. Il vient consulter les archives de la CIA pour tenter de résoudre l'énigme autour de l'assassinat du poète salvadorien Roque Dalton. Sans le savoir, il est surveillé par Eledon sur les serveurs informatiques ou les caméras. Tous deux ne font que se croiser dans un bar et ne se connaissent pas.
La troisième partie « le tireur caché » (37 pages) est l'épilogue très court qui permet de comprendre ce qui relie les deux hommes.
Le roman suit la trace de ces deux personnages exilés, solitaires, survivants hantés par la guerre civile du Salvador, aux traces d'abord parallèles, puis qui convergent tout à la fin du récit dans un règlement de compte meurtrier à Chicago.
Roman noir, proche du polar, c'est une grande fiction à 2 voix au style radicalement différent.
Dans la première partie, le ton est mélancolique, les phrases sont courtes. C'est une accumulation d'éléments factuels, ou de retours descriptifs sur son passé au Salvador.
Dans la deuxième partie, les phrases sont interminables, sans ponctuation. Les scènes de sexe, dont on aurait pu se passer, sont crues.
L'épilogue, est l'enquête écrite sous la forme neutre d'un rapport de police.
Moya est décapant, corrosif. Il mène une réflexion sur l'exil et la difficulté à comprendre une civilisation aux règles totalement différentes.
C'est une charge violente contre ce qu'est devenue l'Amérique puritaine et policière. L'auteur y dénonce la violence, le port des armes, la surveillance des individus, la délation, la paranoïa du monde américain et ses dérives sécuritaires
Peut-être aurait-il fallu que je lise plusieurs romans écrits par l'auteur pour mieux me familiariser avec cette écriture crue et acide. J'ai peiné à m'inscrire dans le vécu de ces deux exilés salvadoriens. Ce n'est pas un coup de coeur pour moi.
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critiques presse (2)
LeMonde   10 décembre 2018
A la confluence du passé et de l’actualité, des exactions militaires d’hier aux horreurs commises aujourd’hui par les gangs, ­Moronga est marqué du sceau de l’absurde et de l’humour le plus noir.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Actualitte   23 août 2018
Moya déploie des trésors de ruses. Et n’épargne personne : la culpabilité, les atrocités, les situations paradoxales et insensées… Deux voix se partagent le livre, celles de ses deux protagonistes, mais une troisième le clôt, plus impersonnelle, factuelle : comme un traitement policier.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   20 octobre 2018
J’ai atterri à midi, le deuxième dimanche de juin, à l’aéroport Ronald Reagan, bien que je m’étais promis à moi-même de ne jamais utiliser cet aéroport portant le nom d’un individu aussi ignorant et criminel, mais on sait bien que les principes ne font pas bon ménage avec les poches vides, et non seulement le billet était moins cher et le trajet vers la ville beaucoup plus commode que si j’étais arrivé à l’aéroport Dulles, mais encore, en fin de compte, me mettre à comparer lequel de Ronald Reagan ou de John Foster Dulles avait été le plus toxique et nocif pour l’humanité afin de décider quel billet me convenait le mieux aurait été une bêtise.
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BookycookyBookycooky   22 octobre 2018
..l’histoire est une vieille salope qui couche avec n’importe qui,....
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DarlicDarlic   02 octobre 2018
"Cent dollars", a dit Mina le plus sérieusement du monde, et c'était peut être l’accumulation des tensions de la journée, ou une tout autre raison, mais j'ai été pris d'un fou rire, du même genre que ceux qui me prenaient à la fin de l'adolescence quand nous fumions de l'herbe avec mes copains et que nous nous mettions à lire de n'importe quelle connerie sans pouvoir nous arrêter, jusqu'à avoir mal au ventre, et c'est comme ça que je riais à présent, aux larmes, et je me suis assis sur le lit la main appuyé sur mon estomac, et dés que j'arrivais à reprendre mon souffle, je répétais "cent dollars", et les hoquets me pliaient de nouveau en deux...
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rkhettaouirkhettaoui   25 décembre 2019
Qui sait dans quels abysses j’étais plongé quand des coups pressants ont résonné contre la porte accompagnés d’un murmure inintelligible pour quelqu’un émergeant d’un sommeil aussi profond que le mien, quand je suis arrivé à ouvrir les yeux et à prendre conscience d’où je gisais, la mémoire de ce que j’étais en train de faire dans les profondeurs s’est dissipée, et je n’en ai gardé que l’image de ma moronga enfoncée dans un cul, comme une photo fixe, sans la moindre idée d’à qui appartenait le cul ni de pourquoi ma moronga était enfoncée dedans, une image qui n’avait pas de sens et qui s’est aussitôt évanouie quand j’ai entendu de nouveau frapper à la porte, et mon cerveau en piteux état m’a envoyé une décharge d’adrénaline, parce que j’ai supposé que la personne qui frappait était Mina, inquiète parce qu’elle n’arrivait pas à me joindre, puisque j’avais éteint mon téléphone justement pour couper le contact avec elle, et maintenant elle était là, de l’autre côté de la porte, non seulement inquiète mais probablement furieuse, d’autant plus qu’elle venait de découvrir ma petite ruse.
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rkhettaouirkhettaoui   25 décembre 2019
Je lui ai dit que, dans mon pays, ce n’était pas prudent de parler de soi, on risquait sa vie, on ne pouvait faire confiance à personne, n’importe quelle information pouvait être utilisée et avoir pour conséquence un vol, un chantage, un enlèvement. J’étais trop vieux pour changer d’habitude et adopter la mode du “je raconte tout”.
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Vidéo de Horacio Castellanos Moya
Lise Belperron présente Horacio Castellanos Moya - Moronga
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