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EAN : 9791026238904
158 pages
Librinova (06/08/2019)
4.12/5   162 notes
Résumé :
Romain arrive en prison. Les choses n’auraient jamais dû en arriver là, mais une vieille femme est morte… et il doit payer. Il va partager sa cellule avec Laurent, inculpé pour l’homicide d’un dealer. En même temps qu’ils vont apprendre à se connaître, les deux garçons vont découvrir ensemble les codes de l’univers carcéral. De façon surprenante, c’est dans cet environnement hostile et fermé qu’ils vont aussi réussir à nouer des liens d’amour et d’amitié. Réflexion ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (147) Voir plus Ajouter une critique
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Je suis vraiment impressionné par Libres dans leur tête, premier roman de Stéphanie Castillo-Soler.

Comment a-t-elle pu trouver un ton si juste, réaliser une analyse aussi pertinente, décrire avec autant de tact et de justesse la vie carcérale ?
L'enfermement d'un être humain ne se limite jamais à la privation de liberté. Il faut subir une quantité incroyable de souffrances, endurer une promiscuité souvent néfaste, supporter un bruit incessant, vivre dans des locaux à l'hygiène loin d'être irréprochable et voir dérouler devant soi toute la misère du monde.
Alors, sur les pas de Romain et de Laurent, tous les deux impliqués, chacun dans des circonstances bien différentes, dans des histoires de meurtre, Stéphanie Castillo-Soler prouve qu'il est possible de sortir d'une pareille épreuve en étant encore plus fort, à condition de vivre tout ce temps, libre dans sa tête !
Tout au long de son roman très bien écrit, elle réussit à présenter des situations, des cas concrets, des rencontres, des expériences positives, parfois traumatisantes aussi. Tout cela est bien raconté avec suffisamment de suspense ou d'incertitude, ce qui m'a tenu en haleine jusqu'au bout.
L'auteure met en valeur la lecture, le rôle fondamental de la bibliothèque dans les maisons d'arrêt ou les centres de détention. La lecture, l'expression artistique, en un mot, la culture, sont des bouffées d'oxygène indispensables qui permettent aux personnes détenues de révéler des richesses insoupçonnées. Il faudrait toujours plus de moyens afin de permettre à ces êtres humains qui ont commis, ou pas, des actes graves voire très graves, de se réinsérer lorsqu'ils se retrouveront à nouveau libres, ce qui ne peut que se produire un jour ou l'autre.
Stéphanie Castillo-Soler a le mérite d'insister, de rappeler que de nombreux suicides émaillent la vie des lieux de privation de liberté. Ces vies brutalement interrompues témoignent d'un désespoir d'une profondeur inouïe. Ces suicides sont cachés. On n'en parle pratiquement pas alors qu'il aurait fallu, auparavant, permettre un dialogue, une activité régulière pour briser le huis clos désespérant de la cellule ainsi que l'abrutissement télévisé.
Enfin, l'auteure met justement en avant le formidable courage des familles qui font régulièrement de très longs déplacements pour ces fameux parloirs toujours trop courts. Puis, il y a le courrier – même s'il est lu et contrôlé - qui retrouve là une importance qu'il n'a plus, une valeur essentielle, humaine, enrichissante. D'ailleurs, parler de ces bénévoles qui écrivent aux personnes incarcérées mérite d'être salué.
Libres dans leur tête est un beau livre avec un magnifique coquelicot en couverture, coquelicot dédié à Romain et Laurent ainsi qu'à tous ceux qui tentent de ressortir plus forts de ces lieux trop souvent oubliés par la société bien-pensante.
Enfin, comment, pour terminer, ne pas noter cette phrase de Jean Zay (Ministre de l'Éducation Nationale et des Beaux-Arts du Front Populaire, assassiné par la Milice en 1944) mise en épigraphe de Libres dans leur tête ?

« Malheur à celui sur lequel se referme la porte d'une prison et qui n'a point de vie intérieure, qui ne saura s'en créer ! » (Souvenirs et solitude)


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Il y a quelques années déjà que j'ai lu plusieurs livres sur le milieu carcéral français. Aussi, je peux affirmer qu'un solide travail de documentation doit être à l'origine de ce roman, dont le ton me semble très juste et les éléments d'encrage pertinents. Il fait bien évidemment la part belle à un certain optimisme et foi en la nature humaine.

La lecture y est envisagée comme moyen d'évasion, tout comme le dessin ou la correspondance avec les proches et des bénévoles : « Les livres sont porteurs de rêves, de messages, d'évasion. Ils permettent de chasser l'ennui, comblent le vide, procurent aux détenus un ersatz de liberté. » (p. 94)

L'explication du titre vient page 112 : « La finalité n'est pas seulement la création d'une oeuvre d'art. La finalité est de procurer un petit espace de liberté, redorer l'image ternie que les détenus ont d'eux-mêmes, leur redonner envie d'avancer, leur montrer qu'ils sont encore des hommes doués d'une force créatrice, libres dans leur tête ».

Les mots sordide, promiscuité, « agressivité latente », « l'insupportable réalité », indicible, « terrible expérience », détresse, suicide même sont bien présents également.

En filigrane, une réflexion des plus subtiles sur la notion de pardon, entre autres celui qu'accorde Romain à sa jeune mère qui l'a abandonné. Cette phrase retentira longtemps encore en mon esprit : « Faut-il des drames pour prendre conscience de la précarité de la vie et de la liberté, faut-il des drames pour apprendre à pardonner ? » (p. 44)

Et puis, il y a ces adorables sonnets (p. 129, 135, 149 et 152).
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J'ai été absolument touchée et très émue à la lecture de ce roman Libres dans leur tête.
Le roman débute avec l'arrivée en prison de Romain. Ce jeune homme avait trouvé une certaine stabilité auprès de Fred et Marinette sa dernière famille d'accueil, quand il s'était laissé entraîner par deux autres garçons de la cité voisine à commettre de menus larcins, jusqu'à des événements plus que tragiques. En effet, c'est au cours d'un cambriolage chez une vieille dame que les choses ont mal tourné lorsque la personne est rentrée plus tôt que prévu ; celle-ci a été retrouvé morte, tuée par un seul coup à la tête porté par une statuette en bronze. L'enquête révèle que ce n'était pas Romain qui avait porté le coup, mais il est inculpé pour violation de domicile privé, extorsion aggravée ayant entraîné la mort de la victime, non-assistance à personne à danger et délit de fuite.
Romain va devoir partager sa cellule avec Laurent. Cet étudiant qui préparait ses concours d'admission aux grandes écoles, lui, a tué. Pour sauver sa demi-soeur qui se droguait, et qui voulait arrêter, il a voulu aller lui-même régler sa dette auprès du dealer qui l'attendait. le type a paniqué en le voyant et a voulu le frapper, Laurent l'a devancé et la tête du dealer a cogné le mur : il était mort ! Ne sachant plus que faire, il repart chez lui et ce sont les parents, enfin rentrés qui alerteront les flics.
Tous deux ont souffert de l'abandon maternel. Romain a été abandonné à sa naissance par sa mère alors très jeune et, même si pendant trois ans Fred et Marinette ont réussi à lui montrer une certaine forme d'amour, il a manqué de repères. Laurent, lui, avait seulement 2 ans quand sa mère est partie, 3 ans quand son père s'est remarié, Il a donc trouvé ensuite un environnement familial stable. « Maintenant, leur principal point commun est le quotidien qu'ils partagent sans l'avoir choisi ». Ils vont devoir apprendre à se connaître, et malgré leurs différences apprendre à vivre ensemble et décoder les règles de l'univers carcéral. Mutuellement, au fil du temps, chacun va apporter à l'autre le meilleur de son coeur. Ils seront aidés par un troisième détenu Serge, 56 ans, responsable de la bibliothèque.
Dans ce petit bouquin de moins de 160 pages, Stéphanie Castillo-Soler se débrouille, de manière sensible et juste et de façon très documentée pour nous faire découvrir l'univers carcéral dans toute sa laideur, sa noirceur, sa vie cruelle et dangereuse, son absence d'avenir, tout en faisant naître au coeur de celui-ci, une bouleversante et véritable amitié solide ainsi que des liens d'amour et à démontrer avec talent la force de la solidarité, unique moyen pour faire face à l'adversité « La dure réalité de la prison montre aux hommes le vrai sens du mot solidarité. Sans elle la survie est quasi-impossible ». Elle montre aussi l'extrême importance que revêtent le courrier et les visites pour les détenus, sans oublier le rôle des bénévoles qui n'hésitent pas à s'inscrire pour correspondre avec eux.
Tout au long du roman, est donnée une grande place à la lecture, à l'art, à l'écriture et à la poésie qui seront salvateurs pour nos deux personnages. « Les livres sont porteurs de rêves, de messages, d'évasion. Ils permettent de chasser l'ennui, comblent le vide, procurent aux détenus un ersatz de liberté ».
Beaucoup de questions sur la vie sont évoquées dans ce récit, notamment et si ?, et après ? C'est un livre bourré de réflexions sur la culpabilité, la liberté, la solidarité, l'amitié, l'amour, les frustrations, l'apprentissage de la vie, en résumé, il est une philosophie de vie.
J'ai lu Libres dans leur tête d'une seule traite, émerveillée par le talent de cette auteure qui apporte une lumière extraordinaire dans un lieu de ténèbres.
Pour conclure, je ne résiste pas à citer cette phrase qui est l'âme du roman et en évoque à merveille le contenu tout en décrivant la belle photo de couverture :
« Par un frais matin d'avril, les garçons remarquent qu'un coquelicot a poussé sur le mur. le ravalement a éclaté par endroits, révélant la structure en briques, et sur un rebord moussu la fleur a trouvé suffisamment de vigueur pour s'élever, solitaire et gracile. le rouge éclatant de ses pétales, semblables à de la soie, se détache sur la grisaille. Son apparente fragilité contraste avec une certaine force, la force de se trouver là, unique, délicate et ravissante au milieu de la laideur. Les garçons la contemplent un moment, sensibles à ce petit message d'espoir qu'ils décident d'y lire ».
À lire absolument !
Une écrivaine à suivre ...

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Quasi tout le roman se déroule dans une prison pour hommes, plus particulièrement dans la cellule de Romain et Laurent, deux jeunes hommes condamnés pour homicide. Et pourtant, on a l'impression de respirer dans ce huis-clos empli de lumière.

Un écrivain, cela fait des choix. Stephanie Castillo-Soler en a fait un. Dans ce milieu carcéral décrit au plus juste dans son quotidien oppressant, sa violence sourdre, ses rencontres, bonnes ou mauvaises, elle a choisi les bonnes, celles qui riment avec solidarité et entraide. On comprend assez vite dans quelle direction elle veut orienter son texte : en faire un récit initiatique positif, bienveillant, profondément humaniste.

D'une plume simple et fluide, le roman alterne les points de vue de façon très pertinente. Romain, son manque d'assurance, sa naïveté, son enfance douloureuse, une sensibilité qui ne demande qu'a se dévoiler. Laurent, plus arrogant et sûr de lui comme on peut l'être lorsqu'on a les codes de la culture et qu'on a grandi dans un milieu sociale protégé et protecteur. Leurs points de vue se complètent et éclairent notre regard porté à tour de rôle sur chacun, un regard qui évolue. le lecteur est en empathie totale avec eux et les couve dans leur apprentissage de la maturité et de la sagesse dans le contexte difficile de la prison.

J'aurai cependant apprécié un peu moins de joliesse, plus d'aspérités. Deux beaux garçons. Qui tombent amoureux de deux très belles filles qui les accompagnent et les attendent. Mon coeur de midinette a forcément apprécié mais je ne suis définitivement pas «feel good ». Cela reste très personnel et vraiment affaire de goût, mais j'ai trouvé que les histoires d'amour type romance prenaient trop de place dans la deuxième moitié du livre. Reste un premier roman émouvant, délicat et maitrisé.
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Huis-clos….

5h55. Mal installée dans ce fichu cigare volant, je m'apprête à me « détendre » (tu parles…) « enfin » (mon oeil…) un peu (très peu). Trois heures de vol Porto- Frankfort pour un week-end entier totalement dédié à la société qui m'emploie…

Je suis é-rein-tée : après une journée entière inondée de commandes en ligne, d'appels qui s'enchainent comme un chapelet, d'e-mails pleins de questions sur le numéro du parfum X ou la couleur du rouge à lèvres Y, je suis rentrée en courant. Nuit tombée depuis bien longtemps. Préparer le diner, repasser, entre autre, l'uniforme de Cher-et-Tendre pour ses deux jours de boulot, préparer ma valise (pour Frankfort), celle de la petiote (pour dormir chez sa marraine), changer les draps des lits, passer l'aspirateur. Couchée à minuit…3h00 du mat', debout ! Même pas dormi. La lumière du jour me manque. Une heure de route jusqu'à l'aéroport sous les néons de l'autoroute, le ciel éteint. L'avion décolle, les hublots sont noirs. Noirs de nuit, noirs de pluie, noirs d'ennui…

Les lectures sont en pause : je viens de quitter « Enfermé.e » de Mr. Saussey qui m'a complètement happée, subjuguée. Douloureusement. Comme tu as souffert, Virginie. Mr. Saussey, je le confirme, vous êtes envoûtant. Déjà, avec « Principes Mortels… ». Pour « alléger », je « sirote » du David Zaoui : « Sois toi-même, tous les autres sont déjà pris »….Je ne sirote pas, en fait : j'avale de travers….Dieux du ciel et de la terre ! Qu'a-t-il fait ? Et moi ? Qu'ai-je fait ? Au Bon Dieu ? OOOOh Mon Dieu !….On en reparlera….

Venons-en au fait : une amie babeliote m'a gentiment proposé son « bébé » : son roman « Libres Dans Leur Tête ». Un huis-clos ! Tiens, ça tombe bien, pour l'avion…et puisque Mr. Zaoui me barbe…

Eh bien, je lui dis « MERCI ! » à ma récente amie Stéphanie. En grosses lettres, oui. Merci et bravo. C'est léger… en apparence. C'est beau, poétique, plein d'espoir. Si bien écrit (prenez-en de la graine, Mr. Zaoui). Et pourtant, c'est un huis-clos. Dans une prison…(Oui, Mr. Saussey !). J'ai senti le froid, la tristesse et l'ennui. le remord, le regret et la grisaille. La peur, la violence et le danger.
Mais j'ai aussi vu le jour et le soleil, l'amour et l'amitié, la liberté et la vie. C'est un livre plein d'espérance. C'est une ôde à l'avenir. L'avenir que l'on devine, que l'on veut heureux, enfin, pour ces deux protagonistes principaux.

C'est un livre qui fait la part belle à l'envie de vivre, au besoin de se reconstruire, malgré les erreurs, malgré les horreurs.
C'est un livre qui fait la part belle aux livres, à la lecture, à l'évasion entre les pages, à la fuite par l'écriture et par les mots.
C'est un livre qui fait la part belle aux femmes. Elles sont amour, elles sont les lendemains qui brûlent de foi, de joie et de promesses à tenir.

C'est un très beau roman. Simple et tendre. Humble et fort. Un prix mérité.

Et pourtant, c'est un huis-clos ! Dans une prison !

L'avion a atterrit. Il est dix heures du matin. Frankfort est baigné d'un pâle soleil frileux... Milieu du roman. Je le finirai sur le vol de retour, demain en début d'après-midi. Je sais que le soleil brillera quand je rejoindrai mon petit pays, ma petite famille. C'est prévu : c'est la météo qui l'a dit !

Stéphanie, merci encore. Et surtout, ne vous arrêtez pas d'écrire.

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Citations et extraits (106) Voir plus Ajouter une citation
Maman, ça me fait tout drôle de t'appeler comme ça. Déjà parce qu'on ne se connaît pas, et surtout parce que c'est la première fois que j'utilise ce mot. Pendant des années j'en ai rêvé, surtout quand j'étais petit et que les autres parlaient tout le temps de leur Maman. Après je me suis habitué, et surtout j'ai arrêté d'attendre que tu reviennes me chercher. Rassure-toi, je n'ai pas été malheureux. J'ai toujours eu pas mal de copains, et je pense que le fait de souvent changer d'endroit a aussi eu des avantages. Par exemple, tout le monde dit que j'ai bon caractère, moi je pense surtout que j'ai appris à m'adapter. Dans l'ensemble les familles étaient bien, les gens qui accueillent des gamins chez eux le font vraiment pour aider et font en sorte que ça se passe au mieux pour toi. C'est pour eux que c'est pas toujours facile ! Les plus chics, et de loin, sont quand même Fred et Marinette, que tu as rencontrés. Je suis arrivé chez eux à un âge pas facile, et ils ont vraiment été cool. Ils m'ont inculqué de vraies valeurs : l'écoute, le partage, la sincérité. J'ai commencé à déconner quand j'étais encore chez eux. Ils n'étaient pas au courant que je séchais les cours et surtout ils ignoraient avec qui je traînais. Après, j'ai commencé à bosser et tout le monde était content, surtout moi. J'étais fier de ne plus rien devoir à personne. Les vrais problèmes ont commencé plus tard, je pense qu'ils t'ont tout raconté... En tout cas, ni eux ni toi n'êtes responsables. Les choses qui devaient arriver sont arrivées.
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Ils suivent les autres prisonniers, qui eux aussi se promènent par petits groupes de deux ou trois, décrivant une sorte de cercle dans la cour bétonnée. Au-dessus de leurs têtes, des filins et filets destinés à décourager toute velléité d’évasion par les airs, et empêcher les projections, c’est-à-dire la livraison sauvage, depuis l’extérieur, de colis par-dessus les murs d’enceinte de la prison, nourriture, drogue, armes ou encore téléphones portables. Pour seule végétation trois arbustes rabougris dans un coin, sous un mirador désaffecté depuis peu, et des touffes de mauvaises herbes qui cherchent la lumière entre les joints en ciment. Comme le temps, l’allure des promeneurs est ralentie, nul besoin de se dépêcher quand on n’a nulle part où aller, simplement un pas devant l’autre pour ne pas se faire rattraper par les suivants. Romain et Laurent se font la réflexion que de façon immuable le cercle se parcourt dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Y a-t-il là une signification cachée ? Les détenus cherchent-ils ainsi intuitivement à remonter le temps ? Chacun espère-t-il revenir ainsi vers un avant  d’homme libre ? La promenade est l’unique occasion de voir le ciel et d’entendre, assourdis, les bruits de la ville à l’extérieur.
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Ce n'est pas un décor de cinéma, il est en prison. Pour de bon. Pour le mal qu'il a fait. Et pour le mal qu'il ne veut pas subir. Il a entendu tellement d'histoires... Derrière une lourde porte munie d'un oeilleton, une pièce d'environ dix mètres carrés, deux lits superposés, une petite fenêtre à barreaux qui découpe un carré de ciel, un lavabo, une table avec deux chaises en plastique et une penderie. Au mur, un panneau en liège constitue l'unique élément de décoration. Romain se demande pourquoi aucune photo n'y est punaisée, tandis que d'une voix monocorde le gardien l'informe que son co-détenu est à la promenade, que le réveil est à sept heures, les repas servis à huit heures, midi et dix-huit heures. Puis, sans attendre de réponse, celui-ci repart en fermant la porte. Double tour de verrou.
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Même si les volontaires ne se bousculent pas pour faire son travail, par crainte, sans doute de ne pas être à la hauteur, la bibliothèque représente pour de nombreux détenus comme Romain et Laurent, l’accès à des portes ouvertes sur une réalité bannie. En prison plus qu’ailleurs, la lecture est une activité nécessaire, l’unique moyen de susciter la représentation d’objets, de paysages, de personnes absentes de l’univers carcéral. Les livres sont porteurs de rêves, de messages, d’évasion. Ils permettent de chasser l’ennui, comblent le vide, procurent aux détenus un ersatz de liberté. (page 94)
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Qu'est-ce qui lui avait pris d'avouer? Romain ne se souvenait plus de ce qu'il avait pu dire, la fatigue, un effroyable chaos dans sa tête. Pour lui ils étaient tous coupables, il avait acquiescé à ce qu'on lui proposait. "Non, avait tonné l'avocat, il y a coupable et coupable. Vous, vous n'êtes que complice. La différence est incommensurable! Le coupable, c'est celui qui a porté le coup. Vous, vous étiez là, c'est tout! Vous vous êtes laissé entraîner dans une sale histoire, mais vous n'avez pas tué, vous n'êtes pas un assassin! J'espère pour vous que l'enquête le démontrera".
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