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Benoît Domis (Traducteur)
EAN : 9782226443700
720 pages
Éditeur : Albin Michel (06/01/2021)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Quand elle avait huit ans, Andrea Cort a été témoin d’un génocide. Pis, après avoir vu ses parents massacrés, elle a rendu coup pour coup. En punition de ses crimes, elle est devenue la propriété perpétuelle du Corps diplomatique. Où, les années passant, elle a embrassé la carrière d’avocate, puis d’enquêtrice pour le bureau du procureur. Envoyée dans un habitat artificiel aussi inhospitalier qu’isolé, où deux meurtres viennent d’être commis, la jeune femme doit rés... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
  16 février 2021
Albin Michel Imaginaire débute l'année 2021 (pandémie Covid-19 oblige, puisqu'il me semble que cet ouvrage était censé paraître fin 2020) en grande pompe avec un imposant ouvrage (plus de 700 pages) d'un auteur non connu pour le moment, Adam-Troy Castro, avec ses Émissaires des morts.
Construction éditoriale
Dès la préface, Gilles Dumay (l'éditeur) prévient : l'univers peut être un peu pesant, peut-être vaut-il mieux picorer pour entrer dedans. Et pourtant, c'est un très bon choix de publier le cycle d'Andrea Cort de cette façon ; en effet, le roman Émissaires des morts est le premier d'une trilogie (La Troisième griffe de Dieu en juin 2021, toujours chez Albin Michel Imaginaire, et La Guerre des Marionnettes sûrement ensuite), mais il a surtout été complété (après coup) par des nouvelles ou novellas dont l'action se situe avant. D'où l'importance, à mon sens, de lire dans l'ordre proposé par l'éditeur français, afin de tout se faire selon la vie d'Andrea Cort, et c'est qu'elle en a une complexe ! Dans tous les cas, ces différentes publications prennent place dans notre futur éloigné, à un moment où l'humanité « homo sapiens », les Homsap, s'est constitué en un Système mercantile guidé par le très bureaucratique Corps diplomatique, dont Andrea Cort est une magistrate, puisqu'elle a le titre d'enquêtrice judiciaire et de représentante du Procureur général.
Novellas introductives
Dans « Avec du sang sur les mains », les Zinns, un peuple au crépuscule de son existence mais bien plus avancé que les Homo Sapiens, proposent un important échange commercial contre la possibilité d'héberger Simon Farr, un criminel multirécidiviste. Cet accord donne lieu à des rencontres d'ambassadeurs auxquelles Andrea Cort participe. Dès le départ, la condition de l'enquêtrice pose problème : enfant, elle a échappé (et participé !) à un génocide sur la planète où elle vivait, depuis elle est la propriété du Corps diplomatique et travaille donc à son service exclusif. Or, dans cette affaire, elle est débutante, son avis est peu pris en compte alors même que les indices sont criants de mystère dans cet accord si original.
Avec « Une défense infaillible », une ancienne collègue d'Andrea Cort, Tasha Coombs est en fâcheuse posture qui travaillait sur des fuites d'informations sensibles à résorber. Texte peut-être moins marquant que les autres, il permet de mettre en place les techniques d'investigation d'Andrea Cort afin de confondre l'espion dissimulé dans les rangs du Corps diplomatique : enchaînement des entretiens de plus en plus fouillés et psychologiques, confrontation avec l'environnement et notamment des représentants de d'autres espèces si besoin, mise en lumière d'un outil technologique, ici l'auto-conditionnement afin de préserver son propre esprit face à une corruption extérieure.
La novella la plus percutante est sûrement « Les lâches n'ont pas de secret », où Andrea Cort se voit assigner la mission de régler, sur la planète Caithiriin, l'application de la peine de Griff Varrick, attaché local du Corps diplomatique ; elle est son dernier recours avant d'être confié à l'espèce des Caiths, avec une horrible mise à mort en perspective. Or, si son crime semble avéré, il conteste la peine et cherche à obtenir un droit local, l'annihilation par un implant de toute velléité criminelle. Andrea Cort est confrontée aux autres strates du Corps diplomatique, à commencer par l'ambassadrice qui voit d'un mauvais oeil l'enquête trop poussée de la représentante du Procureur général. La vie sur cette planète n'est pas aussi développé que dans d'autres récits de cet ouvrage, mais Andrea Cort s'attache à nouveau à comprendre au maximum, dans les moindres détails, tous les acteurs de ce huis-clos : des envies du criminel aux manigances des dirigeants, en passant par la politique judiciaire des autochtones et les changements géopolitiques qu'entraîne chacune de ses décisions. Là, en l'occurrence, et en faisant toujours plein de parallèles très intéressants avec notre société (sa gestion des prisons, des peines pour viol, meurtre, etc.), elle va devoir comprendre au plus vite pourquoi ce contrôle des pulsions criminelles semble si compliqué à obtenir pour cet homsap.
Enfin, les « Démons invisibles » d'Andrea Cort s'affirment davantage dans cette quatrième novella, quand elle doit se rendre sur Catarkhus (le nom n'est pas choisi au hasard…) pour démêler une affaire fondée sur les atrocités d'Emil Sandburg, homsap de la délégation du Corps diplomatique qui a assassiné plusieurs autochtones de cette planète où se trouvent stationnées plusieurs espèces différentes. Mais voilà, est-ce que les autochtones, ces Catarkhiens, représentent une espèce sentiente ? car s'ils réagissent à divers stimuli et qu'ils s'organisent en immenses ruches, ils ne semblent ni voir, ni entendre, ni ressentir quoi que ce soit vis-à-vis de leurs voisins. À vouloir comprendre la monstruosité de l'accusé, Andrea Cort analyse surtout la sienne jusque dans la plaidoirie qui doit conclure sa visite judiciaire.
Enquête au fin fond de la galaxie
Dans le roman Émissaires des morts, Andrea Cort est dépêchée en catastrophe sur un monde-artefact, Un Un Un, cylindre créé par des intelligences artificielles qui sont à la fois créatrices de ses habitants et hôtes de la colonie homsap qui a été autorisée à venir les observer. Andrea Cort a été expressément dépêchée pour régler deux meurtres survenus sur ce monde de poche, mais avec un objectif de ses supérieurs : trouver un coupable qui ne soit pas les intelligences artificielles elles-mêmes afin d'éviter tout incident diplomatique. Cet habitat est particulièrement inapproprié pour les homsap, mais les Brachiens ont donc eux été créés pour y être parfaitement acclimatés. Toutefois, ils semblent avoir une conception de la Vie et de la Mort différentes de celle des homsap, ce qui fragilise leurs échanges. Dans Émissaires des morts, chaque aspect de l'enquête est particulièrement développé ; chaque entretien donne à comprendre tant et tant de l'organisation très hiérarchique du Système mercantile, chaque entrevue avec les intelligences artificielles nous éclaire sur la prétendue unicité de ce groupe, chaque moment de repos fait réfléchir Andrea Cort sur sa propre condition de « monstre » et d'« esclave au service du Corps diplomatique ». Bref, le roman en lui-même est touffu, mais lire les novellas précédemment aide grandement à s'habituer à l'esprit très tortueux de l'héroïne…
Émissaires des morts, le roman accompagné de nouvelles sur le même personnage, recèle donc d'éléments diablement intéressants. C'est une vision du space opera à la fois complexe prise dans son ensemble et simplement concrète dans chaque aspect travaillé de la vie quotidienne. L'ensemble peut paraître pesant dès qu'on parle de génocide, mais cela donne surtout lieu à de belles réflexions sur les sociétés humaines. Vivement que les romans suivants arrivent en version française, car Andrea Cort vaut le détour !
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JustAWord
  01 décembre 2020
Ce roman figure au sommaire du volume L'Émissaire des morts publié par les éditions Albin Michel Imaginaire. Nous traiterons de façon séparé les 4 novella/nouvelles et le roman lui-même pour donner une vision la plus précise possible de l'oeuvre publiée ici.
Pour débuter l'année 2021, les éditions Albin Michel Imaginaire ont décidé d'ouvrir le bal par la publication d'un pavé de 700 pages de l'auteur américain Adam-Troy Castro.
Si ce nom vous est inconnu, c'est que vous n'avez pas suivi les premières traductions en langue française de cet écrivain de science-fiction au sein de l'excellente revue Angle Mort. On se souvient notamment de la géniale Une brève histoire des formes à venir où l'auteur cause déjà d'un sujet qu'il affectionne particulièrement : comment communiquer avec des espèces qui ne nous ressemblent pas ?
Après avoir prolongé cette réflexion dans Démons Invisibles, le premier texte rattaché au cycle de la détective-diplomate Andrea Cort, l'américain se lance dans la forme longue avec Émissaires des Morts en reprenant la quasi-totalité des éléments mis en place dans le précédent texte. Voyons à présent comment Adam-Troy Castro compte se renouveler… ou pas !
Monde-cylindre
Tout débute par une réminiscence. Celle d'Andrea Cort, l'une des envoyées du Corps Diplomatique de la Confédération Humaine, qui se rappelle le jour où sa vie a basculé lorsque les deux communautés vivant sur la planète Bocai se sont entretuées…et qu'elle est devenue un monstre en y prenant part elle-même.
Rappel rapide du passé qui hante l'héroïne, le prologue enchaîne sur l'arrivée d'Andrea Cort au sein d'un monde artificiel construit par les IAs-Sources, cette forme de vie sentiente née de la rencontre d'une multitude de programmes intelligents émancipés/abandonnés par leurs civilisations progénitrices respectives. Un Un Un n'est pas vraiment fait pour accueillir la vie humaine, c'est le moins que l'on puisse dire.
Dans ce monde-cylindre aux dimensions colossales, les Frondaisons (sorte de réseaux d'arbres noueux et ultra-résistant) font office de plafond alors qu'un immense océan toxique recouvert d'une dense couche de nuages parcourue par des dragons (oui, des dragons, comme dans Game of Thrones) représente le plancher…pour autant qu'on puisse parler de plancher dans une telle situation. Des Frondaisons partent à intervalles réguliers d'immenses pylônes où s'attachent des soleils capables de simuler le cycle jour-nuit de l'habitat.
Outre le sense-of-wonder offert par l'auteur, le décor ainsi constitué possède quelque chose d'à la fois hautement fascinant… et terrifiant (surtout si l'on a le vertige). Pendu aux Frondaisons, deux éléments remarquables : une ville de corde en forme de hamac qui accueille la délégation humaine venue étudiée… les Brachiens, une espèce sentiente créée par les IAs-Sources au mépris de pas mal de règles éthiques intergalactiques. du moins, de prime abord…
Car le coeur du problème ici n'est pas de savoir si les Brachiens sont doués d'intelligence ou pas (comme c'était le cas pour les Catarkhiens dans Démons Invisibles) mais d'élucider deux meurtres commis au sein de la délégation humaine. Comme précédemment, et devant le caractère sensible sur le plan diplomatique de l'affaire, c'est Andrea Cort que l'on envoie sur Un Un Un.
Une Andrea Cort toujours rongée par son passé et par ses crimes mais qui, cette fois, s'est trouvée un nouveau but : démasquer les Démons Invisibles qui ont conduit à la tuerie de Bocai, sa planète natale. Adam-Troy Castro troque donc la multiplicité des espèces de son précédent opus pour se recentrer sur deux races en particulier : les humains et les IA-Sources (qui n'occupaient auparavant qu'un rôle très secondaire). Un choix risqué d'autant plus que le roman nous rejoue un peu le même couplet narratif que précédemment.
Policier-Opera
En effet, Adam-Troy Castro choisit une nouvelle fois de camoufler son intrigue purement policière et les poncifs qui vont avec sous le dense feuillage des Frondaisons et du monde-cylindre des IAs-Sources. On retrouve donc les mécanismes du polar avec une enquêtrice torturée au passé trouble, des suspects plus moins suspects, des crimes à la mise en scène savamment étudiée (avec au moins une crucifixion dans le tas), des révélations tonitruantes et un compte-rendu exhaustif du pourquoi du comment en fin de récit. C'est là d'ailleurs l'autre gros défaut d'Émissaires des Morts qui prend souvent bien (trop) son temps pour décortiquer les évènements afin de ne pas perdre son lecteur. Ce côté sur-explicatif atteint son paroxysme dans un dernier chapitre où l'on sent qu'Adam-Troy Castro veut bien que le lecteur ait compris l'entièreté des rouages de son enquête. Agaçant même si l'on comprend le désir sous-jacent de rendre le roman accessible au plus grand nombre.
Passé ces deux réserves, le roman montre une efficacité redoutable pour enchaîner les péripéties et les révélations au cours de l'enquête d'Andrea Cort tout en profitant toujours au maximum des possibilités offertes par son décor science-fictif saisissant.
Émissaires des Morts ne serait-il donc qu'un divertissement destiné à rassembler lecteur de polar et de science-fiction sous une même bannière ?
Pas seulement. En réalité, et comme toujours, même si le roman reprend une trame classique et des poncifs que l'on connaît par coeur dans le genre du policier, c'est à nouveau par la roublardise de la réflexion philosophique et anthropologique menée qu'Adam-Troy Castro arrive à se hisser au-dessus de la masse, un peu à la façon des aventures de l'inquisiteur Nicolas Eymerich de Valerio Evangelisti.
Le choix d'être ensemble
Alors que Démons Invisibles mettait l'accent sur la question de la conscience de soi et la définition d'un être intelligent, Émissaires des Morts s'intéresse à la fois à la caractérisation du réel par l'intermédiaire des Brachiens — cette espèce arboricole à la lenteur exaspérante qui pense que les humains sont des morts et que seuls les Brachiens eux-mêmes sont en vie — mais aussi à l'altérité et à ce qui fait de nous des êtres capables d'agir selon notre libre-arbitre. Tout commence d'ailleurs par l'exploration de l'espace Confédéré humain lorsque la détective se penche sur le passé des victimes et des gens engagés par le Corps Diplomatique. On découvre que la Confédération n'a rien d'une entité homogène et que l'ultra-capitalisme fait des ravages sur nombre de planètes transformant les habitants en esclave-à-vie d'une façon ou d'une autre… et que le Corps Diplomatique ne promet pas grand chose de mieux que de changer de maître. Ce questionnement infuse par la suite dans la totalité du récit puisque l'on retrouve cette interrogation vis-à-vis de la responsabilité des IAs-Sources envers les Brachiens qu'ils ont créé (et Adam-Troy Castro va donc encore plus loin en mêlant le concept de Dieu-créateur dans sa problématique de propriété/esclavagisme). de même, les êtres conscients ne sont-ils pas tous esclave de la Vie, cette jalouse maîtresse qui ne cède sa place qu'à un maître plus tyrannique encore…la Mort !
Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'un des meurtres prend l'apparence d'une crucifixion…
Reste alors que le récit passionne dès lors qu'il s'intéresse à notre perception du monde. Les Brachiens le perçoivent d'une façon radicalement différente du fait de leur mode d'existence ET de leur nature, les IAs-Sources d'une autre façon à cause de leur toute-puissance apparente, les humains enfin l'appréhendent avec toute la diversité que l'on connait à cette espèce turbulente.
La véritable force du récit se niche dans la capacité de l'écrivain américain à imbriquer ces éléments divers pour en faire un vaste puzzle sur la réflexion politique et philosophique de la possession de soi et de l'autre. Même les relations amoureuses entre Andrea et l'excellent personnage des Porrinyards prennent en compte cette facette pour retranscrire la difficulté d'être un ou plusieurs, de s'unir totalement ou de s'entredéchirer individuellement. Tout le problème posé par l'alliance entre deux individus ou deux milliards se retrouve dans la capacité à rassembler sur les opinions et les perspectives du réel que l'on affronte. Émissaires des Morts parle donc d'une certaine forme de communisme étouffant face à un capitalisme esclavagiste…à moins qu'une majorité impose ses vue à certaines minorités. En arrivant à rejoindre cette préoccupation politico-anthropologique avec celle du libre-arbitre puis à en extirper des conséquences philosophiques quant à la vie et à la mort, Adam-Troy Castro parvient à nouveau à faire la différence.
Outre son monde-cylindre fascinant, Émissaires des morts fait à nouveau le pari d'une enquête policière relativement banale pour se pencher sur des thématiques science-fictives, politiques et philosophiques passionnantes. Malgré sa tendance à sur-expliquer tout ce qu'il montre, Adam-Troy Castro offre à nouveau au lecteur une aventure passionnante et intelligente… à condition de ne pas avoir trop peur du vide !
(Retrouvez les critiques des 4 autres textes contenu dans ce recueil directement sur le site Justaword.fr)
Lien : https://justaword.fr/andrea-..
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Le_chien_critique
  14 janvier 2021
Dans le système pénal de la Confédération, le Corps diplomatique est représenté par deux groupes distincts, mais d'égale importance : les diplomates, des fainéants plein de vices, et le procureur, qui poursuit les criminels. Voici leur histoire.
Voici la nouveauté-vieillerie (les textes étant parus entre 2002 et 2016 en VO) de chez Albin Michel Imaginaire, un pavé de 720 pages par un auteur quasi inconnu sous nos latitudes. L'éditeur nous offre ici un joli cadeau car le livre se compose de 4 novellas et d'un roman pour quasi le même prix d'un bouquin grand format.
Le pitch est somme tout assez simple : un crime, une enquête et un coupable débusqué. Vu, re-vu et re-re-vu. Mais lorsque l'auteur a du talent, ça fonctionne et on en redemande et c'est exactement le cas ici.
Première chose qui m'a plu : l'univers. Ici l'espace est notre maison, nous avons fait la connaissance de pleins d'aliens plus ou moins sympathiques et lorsqu'un crime est commis entre les humains et un ET, on envoie un enquêteur pour éviter une guerre inter-espèces. Les aliens sont profondément autre, ce ne sont pas des humanoïdes déguisés comme bien souvent. Leur forme est étrange, leur comportement aussi, quand à comprendre leur fonctionnement... C'est une réussite totale de ce côté.
En outre, il n'est pas nécessaire d'être un amateur de SF pour apprécier, car l'univers est assez simple, sauf peut être pour le roman. Cerise sur le gâteau, chaque enquête est indépendante.
Deuxième chose qui m'a plu : Andrea Cort, l'enquêtrice. C'est franchement pas la personne qu'il faut invité dans une soirée, c'est une chambre froide. Elle n'hésite pas à dire ce qu'elle pense, surtout si c'est pour te rabrouer. Par contre, elle est très intelligente et arrive à se mettre à la place de l'autre, ce qui est un formidable atout avec des formes de vie incompréhensible de prime abord. Et elle a aussi un humour pince sans rire et une vision de l'humanité assez noire.
Bémol, elle est un peu trop tiraillée par le traumatisme de ses "démons invisibles", mais d'un autre côté, ce trouble passé - servant de fil rouge entre les textes - donne très envie de le découvrir.
Troisième chose qui m'a plu : l'intelligence du fond. Un excellent Whodunit, une anti héroïne charismatique et l'auteur se paye le luxe de traiter des sujets sans avoir l'air d'y toucher : racisme, libre arbitre, prédominance du Mal, esclavagisme... Cela m'a un peu fait penser à Scalzi - l'humour en moins - qui sous le divertissement, pose de réelles questions.
J'ai trouvé excellent le nom de la langue utilisé pour favoriser la communication : le mercantile, "La langue dominante du commerce et de la diplomatie des humains était un idiome aussi fruste que peu poétique, conçu pour ménager les susceptibilités de milliers de subcultures chicaneuses."
L'auteur a tout de même une dent contre les fonctionnaires et la bureaucratie, ce qui est parfois assez lassant...
Résultat : un excellent divertissement, intelligent et se lisant tout seul.
Bonne nouvelle, le tome 2 arrive bientôt suivi peut-être par un troisième.
Et si tu ne me crois pas, va lire la première enquête mis à disposition gratuitement par l'éditeur : Avec du sans sur les mains : https://www.albin-michel-imaginaire.fr/livre/avec-du-sang-sur-les-mains/
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LaGeekosophe
  09 janvier 2021
J'ai reçu Emissaires des morts de la part des éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay ! le résumé indiquait clairement le genre de lecture qui pouvait plus que me plaire : Andréa Cort, qui a participé à un génocide dans son enfance, est devenue propriété éternelle du bureau du Procureur et enquête dans un univers peuplé de races extraterrestres étranges. le livre est composé de quatre nouvelles et du premier roman de la saga ! Je vais faire une chronique sur l'ensemble du livre.
J'ai beaucoup apprécié le concept du roman et des nouvelles. L'idée de créer une juridiction humaine dans un monde avec plusieurs races complexes est brillante. Nous suivons ainsi des histoires judiciaires, d'espionnage ou de diplomatie dans un futur distant. L'humanité ne provoque que la méfiance parmi des extraterrestres qui sont régulièrement témoins des massacres et des luttes de pouvoir. Nous sommes donc loin des imaginaires habituels de space opera où les humains deviennent rapidement le centre de l'univers, comme dans Mass Effect par exemple, sans raison apparente. Ici, les humains sont une espèce parmi d'autres, sans privilèges spécifiques autres que les accords en vigueur. Nous faisons donc face à une vision singulière.
De plus, l'aspect juridique et judiciaire rend les histoires particulièrement fascinantes. Ainsi, loin de se concentrer sur les aspects scientifiques, l'ensemble des oeuvres se base sur la compréhension de la mentalité des extraterrestres. Andréa Cort a de nombreux rôles, mais le plus exploité est celui d'enquêtrice. Elle est notamment en charge de faire la lumière sur les assassinats et les crimes menés par ou à l'encontre des humains, notamment pour éviter qu'iels soient lesé.e.s dans le droit qui leur est dû et qu'iels soient condamnés de manière abusive.
Chaque nouvelle prépare au premier roman. Elles nous permettent de mieux connaître la redoutable Andrea Cort. J'ai rarement connu un personnage aussi bien construit. Andrea n'a rien d'une sainte mais n'est pas non plus un démon. Rigoureuse, franche et asociale, elle ne se fait pas d'amis mais a un sens de la justice et une probité professionnelle à toute épreuve. Durement marquée par la violence puis par une incarcération tout aussi traumatisante, c'est une femme hantée par son passé sanglant qui s'accroche à son unique but dans cet univers infernal : tuer les monstres. le récit est à la première personne, ce qui est extrêmement bien exploité pour nous faire entrer dans les pensées intimes d'un personnage qu'il aurait été difficile de comprendre d'un point de vue externe.
Andrea est un personnage attachant car elle a un certain mordant. Sa franchise brusque fait qu'elle n'a pas de tolérance pour les médiocres, pire, les nuisibles et les lâches. Chaque récit nous fait découvrir une partie de sa personnalité mais construit également son apprentissage. En effet, loin de rester bloquée dans une posture monolithique de détestable asociale, elle évolue au fil de son histoire pour dévoiler des fêlures qui la rendent plus humaine qu'elle ne le laisserait croire. C'est en réalité un personnage d'une grande empathie, dans le sens où elle parvient à comprendre les agissements d'espèces complètement différentes des humains. Ce qui est d'autant plus une prouesse que l'auteur évite soigneusement les anthropomorphismes excessifs.
Adam-Troy Castro construit des enquêtes complexes qui mêlent plusieurs éléments, en particulier dans le roman. Émissaires des morts se développe à plusieurs niveaux, tout comme Un Un Un, la cité qui est évoquée. Outre les problèmes humains, l'auteur ajoute des extraterrestres variés qui ont chacun leurs traditions et leurs façons de pensée, qui est souvent la clef d'un mystère. L'ensemble est très bien agencé et est également entrecoupé de scènes d'action plutôt bien écrites. le seul défaut est la présence de quelques longueurs, car l'auteur a tendance à sur-expliquer certains éléments de son intrigue. L'intension est louable, mais l'enquête du roman est un peu ralentie à certains passages.
Les personnages secondaires donnent également du corps à l'histoire et forment les principaux ressors des différents scénarios. En effet, les récits étant des enquêtes, les personnes en présence cachent de nombreux secrets qu'il faut démêler. L'auteur maîtrise très bien les ressorts classiques des romans policiers : les intrications autres se mêlent à la vérité pour mieux perdre le lecteur. Tout comme il a su bien croquer Andrea Cort, les autres personnages ont tous des personnalités spécifiques que nous voyons à travers l'oeil de cette dernière. le récit se permet donc d'être parfois très psychologique dans son déroulé. le futur présenté est également très sombre, avec des génocides et de l'esclavage sous forme de volontariat plus ou moins forcé.
Émissaires des morts est une excellente lecture. Dans un premier temps, l'univers adopte un point de vue singulier, en présentant les humains comme une espèce belliqueuse qui provoque surtout la méfiance chez les autres espèces. L'aspect des enquêtes renforce un univers loin d'être exempt de racisme ou de conflits, et montre également une grande maîtrise de la part d'Adam-Troy Castro des codes des romans policiers et thrillers judiciaires. Cela se remarque à travers un personnage principal nuancé et torturé, mais avec assez de singularité pour ne pas être un cliché. Autre point réjouissant, l'auteur dévoile une SF fondée sur des aspects anthropologiques et sociologiques : tout est affaire de communication inter-espèces, compréhension des traditions et des croyances, mais aussi relations entre ces différentes espèces.
Lien : https://lageekosophe.com/202..
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Brize
  11 mars 2021
Membre du Corps diplomatique, Andrea Cort est régulièrement mandatée par le Procureur général de la Confédération pour enquêter sur des crimes et autres affaires suspectes se déroulant sur des planètes ou satellites bien loin de son lieu de résidence, le monde-cylindre de la Nouvelle-Londres. Son passé sulfureux d'enfant ayant participé à un génocide, qui l'a conduite à devenir la propriété du Corps diplomatique, la précède mais, au fil du temps, elle s'est blindée. Elle tient les autres à distance et ne fait jamais rien pour arrondir les angles. En revanche, pour ce qui s'agit de résoudre les cas épineux qui lui sont confiés, elle s'avère redoutable.
« Émissaires des morts » est un recueil rassemblant trois nouvelles, une novella et un roman (qui donne son titre au volume) la mettant en scène. Les trois nouvelles, bien que parues postérieurement, se déroulent chronologiquement avant la novella et le roman : l'éditeur les a logiquement placées en tête. C'est donc elles que j'ai lues en premier mais, a posteriori, j'aurais tendance à vous conseiller de lire d'abord la novella « Démons invisibles » puis le roman « Émissaires des morts », qui lui est directement lié, et de garder les nouvelles pour les grignoter plus tard. Non qu'elles soient inintéressantes, bien au contraire. Mais les lire l'une après l'autre a tendance à accentuer certains traits de comportement du personnage d'Andrea Cort qui ont l'air de revenir comme des gimmicks (sa préférence pour les espaces clos artificiels ; son refus de se laisser « apprivoiser » par quiconque ; sa manière de se ronger l'extrémité des pouces quand elle est stressée ou qu'elle réfléchit : c'est répétitif et un peu caricatural), chose qu'on ne ressent pas en lisant les deux derniers titres d'affilée. Cette réserve formelle mise à part, revenons sur lesdites nouvelles.
« AVEC DU SANG SUR LES MAINS » (titre original « With Unclean Hands » – 2011) – 53 pages
Andrea Cort est au début de sa carrière au sein du Corps diplomatique. Sur la planète zinn, elle doit s'assurer que se déroule dans les conditions prévues, en respectant ce qui a été convenu pour le prisonnier, la remise du criminel Sandburg en échange de certains secrets technologiques de ce peuple. Au cours d'une réception à l'ambassade, elle provoque bien involontairement un incident diplomatique en conversant avec une enfant zinn. Plus grave, elle en vient à s'interroger, de fil en aiguille, sur les motivations profondes de la transaction lancée par le peuple zinn, dont la réputation pacifique n'est en effet plus à prouver, c'est d'ailleurs elle qui a constitué un obstacle insurmontable à toute tentative d'expansion de sa part.
« Avec du sang sur les mains » nous présente une Andrea Cort encore toute jeune mais ses qualités intrinsèques se font déjà jour et la poussent à se questionner là où ses semblables semblent manquer singulièrement de clairvoyance (mais peut-être la perspective d'avoir accès à quelques prouesses technoscientifiques zinns les aveugle-t-elle).
La nouvelle offre un aperçu fascinant de créatures extraterrestres originales comme nous en côtoierons tout au long du recueil. La relation d'Andrea avec l'enfant zinn est touchante et sa quête de vérité, au-delà des apparences, stimulante. Elle la conduit à sortir de ses retranchements et le dénouement, brut, confirme la tonalité noire de l'ensemble, qui ne se démentira pas par la suite.
« UNE DÉFENSE INFAILLIBLE » (« Tasha's Fail-Safe » – 2015) – 40 pages
Andrea Cort est chargée d'enquêter sur Tasha, un agent double du Corps diplomatique bloquée dans une infernale spirale mentale depuis qu'elle a été agressée par un mystérieux inconnu.
Une nouvelle menée tambour battant, qui souligne déjà l'importance que les technologies peuvent détenir en matière comportementale. La chute, qui explique in fine comment Andrea a résolu l'énigme, ne manque pas de piquant et apporte une touche d'humour (noir, évidemment !) bienvenue.
« LES LÂCHES N'ONT PAS DE SECRET » (« The Coward's Option » – 2016) – 56 pages
Andrea Cort est envoyée sur la planète Caithiriin pour étudier le cas de Griff Varrick, membre du Corps diplomatique accusé du meurtre d'un autochtone. S'il est jugé selon les lois locales, il encourt la peine maximale : une mort lente et douloureuse par étouffement. Mais Varrick a découvert qu'il existait une alternative à cette sanction, qui ne lui avait pas été proposée : se voir implanté un dispositif annihilant définitivement ses pulsions violentes. En se renseignant sur cette disposition, Andrea ignore qu'elle va courir le plus grand des dangers …
Comme dans la précédente nouvelle, c'est la manière dont on peut intervenir sur le psychisme humain qui est au coeur de l'histoire. Ici, Andrea va être directement atteinte par ce qu'elle aura enclenché. le récit, oppressant, offre une belle tension narrative, en même temps qu'un aperçu de la manière dont une société pourrait facilement basculer vers une version dystopique d'elle-même.
Les trois nouvelles se lisent facilement et peuvent, nonobstant les réserves que j'ai formulées plus haut, constituer une bonne entrée en matière pour faire la connaissance d'Andrea Cort et de son modus operandi, similaire à celui de héros détectives ou policiers qui l'ont précédée : enquêtrice à l'intelligence aiguisée, elle a toujours un large temps d'avance sur ceux qui l'entourent, emmagasine les éléments nécessaires et les assemble au fur et à mesure, mais en gardant tout cela pour elle, avant de dévoiler, in fine, le résultat de ses cogitations. Mais ce sont des nouvelles et elles ont aussi un petit côté « expéditif » dans leur résolution lié à leur format.
Avec les deux textes suivants, la novella et le roman, on change de braquet : le propos monte nettement en puissance et le roman s'inscrit dans la droite ligne de la novella en prolongeant ce qu'elle avait amorcé.
« DÉMONS INVISIBLES » (« Unseen Demons » – 2002) – 92 pages
Emil Sandburg, celui qu'Andrea Cort appelle « l'autre monstre », puisqu'elle-même, qui fut une enfant criminelle, se considère comme appartenant aussi à cette catégorie, est accusé d'avoir torturé et tué plusieurs autochtones de la planète Catarkhus. Mais peut-il y avoir réellement eu crimes quand les victimes sont, comme tous les Catarkhiens, absolument inconscients d'une présence humaine à leurs côtés ? Car même s'il est avéré que les Catharkhiens font partie des espèces sentientes, le fait est qu'ils ne disposent pas des mêmes sens que beaucoup d'autres puisqu'ils sont aveugles, sourds et insensibles à la douleur.
Andrea Cort se retrouve confrontée à un cas très particulier et il lui faudra toute son habileté pour aider la Confédération à se tirer de ce mauvais pas, Sandburg donnant en effet de l'humain une très mauvaise image (mais l'humain n'a pas très bonne réputation en général, il est considéré comme un fauteur de troubles historique).
Retorse à souhait dans la logique de ses raisonnements, cette novella illustre parfaitement le versant juridique des enquêtes d'Andrea : il reflète les problématiques de cohabitations inter espèces que connaît la Confédération humaine face à ses homologues sentients, parmi lesquels on note déjà les Intelligences Artificielles, dont il sera à nouveau question plus tard. Plus fondamentalement, c'est la question de la définition de l'intelligence qui se pose ici, celle à laquelle il faut être en mesure de répondre lorsqu'il s'agit d'affirmer si une espèce est ou non sentiente (pensante). Enfin, et c'est là un aspect déterminant pour la suite des aventures d'Andrea Cort, « Démons invisibles » entrouvre chez notre héroïne une porte l'incitant à revoir son passé à la lumière des réflexions qu'elle a menées. Ce cheminement, captivant, se poursuivra dans « Émissaires des morts ».
« EMISSAIRES DES MORTS » (« Emissaries from the dead » – 2008) – 330 pages
Andrea Cort se retrouve plongée dans un écosystème très particulier créé par les IAs-source, intelligences artificielles autonomes, sur la planète Un Un Un. Deux meurtres y ont été commis : les victimes sont des agents du Corps diplomatique appartenant à la délégation dont les IA tolèrent la présence. Andrea, sujette au vertige, doit enquêter là où vit la délégation c'est-à-dire au sein de Hamac-Ville, dont le nom reflète le type d'habitats accrochés sous les frondaisons. Celles-ci abritent les Brachiens, créés par les IA-source et objets d'étude des humains, des créatures léthargiques agrippées aux plantes grimpantes dont elles tirent leur alimentation. La surface de la planète, quant à elle, se situe loin dans les profondeurs et ressemble « à un chaudron bouillonnant brunâtre, traversé d'éclairs ».
Dans « Emissaires des morts », qui a obtenu le Prix Philip K.Dick en 2009, les investigations d'Andrea, elle-même victime de mystérieuses menaces, s'inscrivent dans un environnement spectaculairement dépaysant, ponctuées de péripéties mettant ses nerfs et les nôtres à rude épreuve et parcourues d'interrogations majeures relatives aux IA. Elles lui permettent aussi de découvrir un couple inseps, les Porrinyard, un homme et une femme distincts mais liés par la pensée pour former une Gestalt unique.
Le roman, prenant et surprenant, pose de manière percutante la question du libre-arbitre et ce qui s'y joue entraîne une évolution significative dans la psyché tourmentée et le comportement d'Andrea. de quoi rendre le lecteur, pour peu qu'il se soit, comme c'est mon cas, attaché au personnage, curieux de la suite de ses aventures (traduction à paraître).
« Emissaires des morts » est un recueil de nouvelles/novella/roman que, malgré son côté pavé, j'ai lu sans peine, rapidement accrochée par la principale protagoniste et la tension narrative des différentes histoires.
Andrea Cort est un personnage classique par certains côtés car s'inscrivant dans la lignée des talentueux enquêteurs et/ou experts juridiques que nous offrent la littérature ou les séries, avec des manières de faire similaires, mais plus original par d'autres : marquée par un passé pour le moins traumatisant, elle affiche une misanthropie qui cache une réelle sensibilité aux autres et fait preuve de beaucoup de lucidité, voire de cynisme par rapport à son environnement : il faut reconnaître qu'il le mérite, tant les humains s'y retrouvent facilement dominés par des puissances, économiques notamment, qui les dépassent et volent leurs vies. L'immersion dans un lointain futur, au milieu de races extraterrestres diverses et d'Intelligences Artificielles pouvant se révéler aussi sournoises que certaines, ne manque pas de piquant et permet de projeter des problématiques actuelles dans un contexte décalé. Un divertissement sombre et intelligent !
Lien : https://surmesbrizees.wordpr..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   15 avril 2021
« L’expérience m’a montré qu’en situation de crise, la médiocrité peut coûter des vies. »
Il me lança un regard entendu
« Relisez vos livres d’histoire. La grandeur tue davantage ».
Je n’avais rien à opposer à ça.
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gilles_bgilles_b   10 avril 2021
La plupart des gens ont un peu peur de l'altitude. Une légère acrophobie est saine. C'est sa forme excessive, incontrôlable, qui pose problème. Ceux qui en souffrent n'ont pas peur des hauteurs parce qu'elles seraient dangereuses ; ce qu'ils craignent, c'est de ne pas pouvoir résister à la tentation de sauter. Ils s'imaginent céder à cette impulsion. En d'autres termes, ce qui les paralyse, ce n'est pas tant la peur de l'altitude que d'être pris d'une soudaine impulsion.
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Dionysos89Dionysos89   23 février 2021
La Confédération n’offre aucun recours à ses citoyens contre la rapacité des grandes entreprises. Son peu de poids politique est tourné vers l’extérieure, il permet à l’humanité d’afficher une unité de façade dans ses relations avec les autres puissances sentientes. En interne, elle n’est jamais parvenue à faire l’unanimité de toutes nos sous-cultures autour d’une constitution. Nous n’arrêtons pas de nous chamailler. Un visiteur de passage dans l’espace homsap peut rencontrer tout type de système politique et économique, du culte écolo au fascisme. Sur certains de nos mondes les plus divisés, plus de cinquante gouvernements différents se partagent le pouvoir, et se bombardent parfois allègrement les uns les autres depuis l’orbite. Voilà pourquoi, aujourd’hui encore, nous sommes témoins de génocides au sein de la Confédération ; voilà aussi ce qui explique la persistance de cette forme d’esclavage financier avec lequel Santiago a grandi, alors qu’on devrait aligner ses bénéficiaires contre un mur et les exécuter.
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Dionysos89Dionysos89   05 janvier 2021
L’expérience aidant, j’ai développé une classification assez pointue de mes ennemis. Ceux qui, entre deux coups tordus, se prétendent vos amis sont les pires ; ils sont persuadés d’agir pour votre propre bien, jusque dans les privations qu’ils vous infligent.
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JustAWordJustAWord   01 décembre 2020
La pensée pouvait se révéler autant une porte sur le bonheur qu’une source de torture mentale. Toute espèce dotée d’une capacité d’abstraction consacrait une bonne partie de son existence à empiler ces idées pour bâtir des structures branlantes et déséquilibrées… certaines plus brillantes que d’autres, certaines complètement idiotes, qui menaçaient toujours de s’écrouler sous leur propre poids. Si la sentience était à l’origine de toute civilisation humaine et extraterrestre, elle portait également en elle une réserve inépuisable de mal et de folie.
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