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EAN : 9782203171657
304 pages
Casterman (25/08/2021)
4.1/5   426 notes
Résumé :
En 1895, à Lyon, les frères Lumière inventent le cinématographe. Moins d'un an plus tard, à Paris, Alice Guy, 23 ans, réalise La Fée aux choux pour Léon Gaumont. Première réalisatrice de l'histoire du cinéma, elle dirigera plus de 300 films en France. En 1907, elle part conquérir l'Amérique, laissant les Films Gaumont aux mains de son assistant Louis Feuillade. Première femme à créer sa propre maison de production, elle construit un studio dans le New Jersey et fait... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (90) Voir plus Ajouter une critique
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Voici une BD qui réhabilite les femmes qui ont contribué à un essor et qui ont été injustement oubliée par l'histoire écrite d'ailleurs par des hommes. Il faut faire sortir les femmes de l'ombre !

On va s'intéresser cette fois-ci à Alice Guy qui fut la toute première femme réalisatrice au monde. Il faut dire qu'elle a été la première à avoir vécu la naissance de l'invention cinématographique en travaillant d'ailleurs pour Léon Gaumont qui n'était pas un tendre.

Elle a rencontré Auguste et Louis Lumière,Gustave Eiffel, Georges Méliès, Louis Feuillade, Buster Keaon et Charlie Chaplin et bien d'autres qui ont marqué la légende du cinéma. Elle a vécu plus de 90 ans et dans différents pays que cela soit le Chili, la Suisse, la France, les Etats-Unis également. C'est une véritable légende et un témoin clé d'une certaine époque disparue.

On passe du côté des coulisses pour assister à la naissance du cinéma et des premiers studios. On voit également les premières inventions techniques qui rivalisaient avant que le cinématographe emporte la mise. On ne savait pas non plus que cela pourrait être utilisé comme du spectacle et du divertissement.

La narration est bien maîtrisée et permet un clair passage entre les différentes scènes. J'ai bien aimé le dessin qui est net et précis. Les cases ne sont pas inutilement surchargées en dialogues. C'est limpide et cela passe bien à la lecture malgré plus de 300 pages. C'est vrai que le côté pavé m'avait fait peur mais c'était un régal à la lecture.

Maintenant, quand j'entendrais parler d'Alice Guy, je saurai qui elle est et ce qu'elle a apporté au cinéma.
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L'auteur Bocquet s'est associé avec le dessinateur Catel pour réhabiliter une pionnière française du cinéma.
Après la sortie dans la collection "Les clandestines de l'histoire" comme Joséphine Baker, Olympe de Gouges ou Kiki de Montparnasse, cette biographie très détaillée nous transporte aux prémices du cinéma.
Alice Guy est née dans une famille dont le père est éditeur et libraire en Amérique du sud. Après une école religieuse et une formation de dactylographe, Alice trouve un premier travail chez Richard et Gaumond des entrepreneurs de la photographie.
Courageuse et acharnée, elle se passionne pour les images et devient réalisatrice dans le film animée. Elle devient même actionnaire.
Son mariage avec Baché lui donne deux enfants: Simone et Réginald. Malgré sa vie de mère Alice poursuit son métier et fonde aux Etats-Unis les studios Solax à Fort Lee. Malheureusement son manque de vision dans l'avenir l'empêche de voir en Hollywood de la concurrence.
Les fiascos s'enchaînent et retour en France pour reprendre à Nice les studios de la Victorine. Mais le temps a fait son oeuvre et Alice est oubliée du septième art.
Elle vit avec sa fille en Belgique où elle s'éteint à l'âge de 95 ans.
Dans cette vie de femme audacieuse Bocquet s'attache à décrire une femme hors du commun, qui se moque du pouvoir des hommes pour percer dans des domaines innovants.
En filigrane de cette biographie, l'auteur dresse les mentalités masculines dominantes du xxème siècle: la condition féminine cantonnée au foyer, les viols sans conséquences pour leurs auteurs.
Non seulement Alice Guy est pionnière dans le monde créatif du cinéma mais aussi dans le mouvement féministe qui émerge dans les années 1930.
Certes Bocquet a eu le souci d'articuler les sujets qui préoccupent notre siècle et de les relier à la naissance du cinéma mais je n'ai pas été captivée par ce roman graphique. Les dessins de Catel façon Tardi ne sont pas en cause; cela manque d'émotions tout simplement.
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Après avoir apprécié Olympe de Gouges et Kiki de Montparnasse, c'est tout naturellement que je me suis tournée vers le dernier roman graphique du duo Catel et Bocquet. Cette fois-ci, la dessinatrice et l'auteur s'intéressent à une figure oubliée de l'histoire du cinéma : Alice Guy, la première femme réalisatrice.

Née en France en 1873, Alice Guy passe une partie de son enfance au Chili où son père dirige une chaîne de librairies. À l'âge de six ans, elle rejoint ses soeurs dans un couvent en Suisse. Les années passent et son éducation se poursuit dans un pensionnat à Ferney-Voltaire. La famille s'installe ensuite à Paris. À dix-sept ans, Alice trouve une place d'apprentie sténodactylographe.

En 1894, Alice est engagée au Comptoir de la photographie Richard. C'est un certain Léon Gaumont qui la reçoit. Grâce à son nouveau travail, elle assiste aux démonstrations des toutes dernières inventions en matière d'image animée : Demenÿ et son phonoscope ou encore Les Frères Lumière et leur cinématographe.

Lorsque le Comptoir de photographie est menacé de fermeture, une société se constitue avec à sa tête Léon Gaumont et parmi ses membres, Gustave Eiffel. le projet de la société est « l'avenir de la photographie, L'IMAGE ANIMÉE ». Demenÿ développe alors pour Gaumont deux appareils : le biographe et le bioscope. « le premier permet la prise de vue, le second permet de projeter des images.» Gaumont commercialise le bioscope, mais les ventes ne décollent pas ...

À la fin de l'année 1895, le cinématographe des frères Lumière remporte un succès inattendu. Les inventions se multiplient. Dans ce roman graphique, on retrouve bien entendu Méliès et son kinétographe. Avec ses trucages, Méliès inaugure un genre nouveau.

En 1896, Alice Guy tourne son premier film « La fée aux choux ». Curieuse, j'ai marqué une pause dans ma lecture pour visionner ce court métrage d'une durée d'une minute. (C'est assez amusant, mais à la vue de ces images, on ne peut que s'exclamer « Pauvres bébés !»)

Au début du XXème siècle, Alice Guy continue à tourner de nombreux films et se voit confier par Gaumont la direction du théâtre de vues. Elle réalise notamment La vie du Christ en plusieurs épisodes. L'ensemble (qui dure environ une demi-heure) est considéré comme le premier péplum de l'histoire du cinéma. Elle tourne de nombreux phonoscènes et collabore avec l'auteur Louis Feuillade. Je suis allée voir par curiosité son film intitulé Les résultats du féminisme. Alice Guy y inverse les rôles traditionnels des hommes et des femmes sur un ton burlesque.

Elle épouse ensuite le britannique Herbert Blaché et le suit aux États-Unis où elle poursuit sa carrière malgré la naissance de ses deux enfants. Elle rentrera en France dans les années 1920 après son divorce, mais sa carrière de cinéaste ne redémarrera pas...

Le personnage d'Alice Guy m'est apparu agréable. Cette lecture fluide et distrayante m'a permis de découvrir le remarquable parcours de cette femme. Pour approfondir, on trouve à la fin de l'ouvrage une chronologie détaillée et les biographies des différents personnages qui apparaissent dans l'histoire. Les dessins sont plutôt sympas même si j'avoue que j'aurais apprécié qu'ils soient colorisés.

Je me questionne cependant sur un point. La scène où Alice Guy tire sur son époux avant de retourner l'arme contre elle n'apparaît pas dans le livre. Je me demande par conséquent si ce livre ne présente pas une vision un peu trop édulcorée de cette femme. Malgré ce petit bémol, j'ai appris énormément de choses sur cette pionnière du cinéma qui a réalisé plusieurs centaines de films dont malheureusement une grande partie a disparu.
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Il faut rendre à César ce qui appartient à César... et aux femmes qui ont fait l'histoire leur véritable place.
C'est une biographie linéaire, en ordre chronologique qui raconte la vie d'Alice Guy. Les auteurs ne prennent pas de risques à interpréter, ni les états d'âme, ni l'esprit du temps, ni même la magie de ce nouvel art qu'est le cinéma à cette époque. le ton reste neutre, alignant les évènements, les situations, les rencontres, seuls les dialogues viennent apporter un peu de pétillant à l'histoire, rendant ce personnage très attachant. Ce qui fait la force du scénario est aussi sa faiblesse. Les auteurs se cantonnent à nous faire découvrir ce personnage telle qu'on la connaît, sans interprétation abusive, leurs prises de positions restent en surface et mettent en avant le personnage lui-même, avec seulement ce qu'on en connait réellement.
Alice Guy est une pionnière dans le monde du cinéma, son influence sur l'évolution de ce média est loin d'être négligeable, et c'est surtout la première femme réalisatrice et productrice de films.Pourtant son nom est encore pratiquement inconnu.
Le graphisme est en noir et blanc, le noir est très présent avec de forts contrastes, une seule nuance de gris en aplats marque les demies teintes. le dessin est sobre, mais laisse ressortir quelques belles planches pour mettre en valeur les sites, les villes, les décors de studio, les grands espaces…
Malgré sa presque neutralité, cette lecture est passionnante, c'est principalement parce que cet ouvrage a le mérite de sortir de l'ombre un personnage qui ne devrait pas s'y trouver, et de ce point de vue, c'est une réussite totale.
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Qui connait le nom d'Alice Guy-Blaché alors qu'elle a produit plus de film que les Lumière ou Méliès?

C'est une très vieille histoire. Elle remonte à 1896, Hollywood n'existait pas. Alice Guy la petite secrétaire de Léon Gaumont à 22 ans, elle est vive, intelligente et découvre tout de suite, dans l'invention des frères Lumière, un formidable moyen d'expression.L'histoire mondiale du cinéma considère que cette jeune femme encore parfaitement inconnue du grand public en 2020, a écrit, produit et réalisé le premier film de fiction du cinéma :” La fée aux choux”.
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Au siècle naissant Alice Guy suit son mari aux Etats-Unis.
Près de New-York elle fonde son propre studio, elle écrit et réalise seule près d'un millier de films en vingt ans et puis elle disparait du monde du cinéma.
Catel et Bocquet dressent le portrait de la première réalisatrice de l'histoire du cinéma
Cet excellent album graphique nous plonge dans le cinéma du début du 20e siècle
Il s'appuie sur des recherches poussées met en lumière une vraie précurseure en matière de cinéma!!
Alice Guy s'inscrit comme un roman graphique la fois pédagogique et passionnant!!

Alice Guy, de Catel et Bocquet aux éditions Casterman, 400 pages, 24,95€
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (3)
LeSoir
18 octobre 2021
Clandestine de l’histoire du 7e Art, pionnière du muet, première femme réalisatrice, Alice Guy est une étoile oubliée du cinéma. Catel et Bocquet rembobinent les images de sa vie.
Lire la critique sur le site : LeSoir
BDZoom
06 octobre 2021
Certainement l’une des bandes dessinées les plus réussies de cette rentrée…
Lire la critique sur le site : BDZoom
Bedeo
22 septembre 2021
Impeccable de justesse biographique, irréprochable dans son but de justice historique et de reconnaissance culturelle, Alice Guy s’inscrit comme un ouvrage à la fois savant et passionnant : la marque des plus grands.
Lire la critique sur le site : Bedeo
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
(Alice Guy) : La majeure partie de la production est consacrée aux vues d'actualités, de voyages ou de danse.
(Léon Gaumont) : Les danses ont beaucoup de succès !
(Alice Guy) : Mais ne devrions-nous pas trouver une manière de nous différencier ?
(Léon Gaumont) : Ce qui m'intéresse, mademoiselle Alice, c'est de vendre nos appareils.
(Alice Guy) : Justement, ils vont devenir des ogres qu'il faudra nourrir de kilomètres de pellicule !
(Léon Gaumont) : Ha ! Ha ! Je vous connais, vous avez une idée derrière la tête !
(Alice Guy) : Je souhaiterais réaliser un film moi-même.
(Léon Gaumont) : Ah ?!
(Alice Guy) : Un film sur la fabrication des bébés.
(Léon Gaumont) : Mmm... C'est scabreux, mademoiselle !
(Alice Guy) : Voyons, monsieur, tout le monde sait qu'ils naissent dans les choux !
(Léon Gaumont) : Ha ! Une fantaisie de jeune fille, donc.
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[ Paris, 1891 ]
- (...) Avec la fièvre industrielle qui secoue notre société, les entreprises veulent aller toujours plus vite, gagner du temps. Une jeune apprentie pourrait être utile. (...)
- Sténodactylographe ! Quelle chance, ma fille !
- L'art de suivre avec l'écriture la parole la plus rapide vous ouvrira les portes d'un nouveau monde, mademoiselle !
(p. 64)
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- Louis, tu veux un petit frère ou une petite sœur ?
- Un petit frère ! J'ai déjà assez avec TROIS SŒURS !
- Moi, je veux une petite sœur ! J'ai déjà assez avec UN FRÈRE !
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- La recommandation est excellente et la place est importante mais je crains que vous soyez trop jeune mademoiselle.
- N’ayez crainte, ça me passera!
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Les dramaturges font jouer la mort, ils ne la provoquent pas !
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