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Marc Chénetier (Traducteur)
ISBN : 2869306210
Éditeur : Payot et Rivages (03/02/1993)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Claude Wheeler vit dans une ferme du Nebraska. Sensible et secret, il aspire à la culture, à la beauté, mais sa timidité l'empêche de s'affirmer. Au loin montent les rumeurs de la Première Guerre mondiale. Claude étudie, tient la ferme de son père, puis épouse une femme sans charme et tente de fonder un foyer. Mais nous sommes en 1917, l'Amérique s'engage dans le conflit et Claude devance l'appel. Il part pour la France qu'il découvre d'un oeil ravi et où il rencont... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  16 juillet 2017
Quelle belle découverte et quelle belle écriture que celle de Willa Cather...!
Ecrit en 1922, ce roman témoigne de cet enthousiasme et de cette recherche d'un idéal qui a poussé de jeunes hommes américains, fermiers pour la plupart ou issus d'un milieu rural, à s'engager pour la France lors de la première guerre mondiale.
On y lit la permanence du monde face à la fragilité de nos vies, les cycles des saisons évoqués avec tant de délicatesse, labours, semences, récoltes se succédant au Nebraska comme en France, et cette lune éternelle qui a vu des millénaires de civilisations face à ces garçons d'à peine vingt ans qui souffrent d'ennui et d'impuissance, qui voient en la guerre une manière d'être vivants, enfin, et utiles.
Claude Wheeler est l'un de ceux-là ( L'un des Nôtres: à quelle famille appartient-il vraiment, semble demander le titre): jeune homme frustré, complexe, passionné qui dépérit de cette existence toute tracée par son père et ses origines, et que rien ne prédestinait à partir ainsi en Europe, ce continent tellement lointain qu'il semble d'une autre galaxie.
Willa Cather dépeint merveilleusement cette énergie de la jeunesse et ce besoin impérial qu'on peut ressentir à s'accomplir. Pauvre génération qui le fera sous les bombes, dans les tranchées et le sang, et qu'on finira par oublier, loin des leurs..
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patrick75
  04 mai 2014
L'auteur nous livre une histoire de vie, celle de claude Wheeler, jeune paysan d'une petite ville du Nebraska, au début du vingtième siècle. Là où le protestantisme est très présent et tient une place importante dans la communauté. L'écriture est « carré », sans superflu. L'histoire est simple et questionne sur les destinées de chacun, sur la part de volonté propre qui commande nos actes. Enfin ; le genre de livre qui pourrait paraître ennuyeux mais qui au final, nous a raconté une histoire, avec des personnages forts, de l'émotion, un réalisme touchant.
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memma
  19 novembre 2016
Je viens juste ajouter une vision subjective du roman, qui a été déjà été très bien décrit. J'ai toujours envisagé ce livre comme un livre sur la guerre de 14. Or la guerre n'est décrite que dans les 200 dernières pages de mon édition qui en comporte 500. Encore cette "guerre" se compose-t-elle largement du transport de troupes des Etats-Unis vers la France. de surcroît, il ne s'agit pas du tout d'une représentation réaliste de la guerre de 14. Hemingway disait que la guerre de Willa Cather était une réécriture des épopées de Griffith.

Mais c'est justement cette dimension épique qui m'intéresse. Outre le fait qu'elle est l'aboutissement d'un cheminement qu'on peut rapporter au roman d'apprentissage, effectivement, ou au chemin du "pélerin" protestant, elle est un des sujets du livre. le roman montre (et peut-être ne montre-t-il que cela) le processus qui conduit Claude à devenir un héros épique. La guerre est d'abord envisagée en opposition avec une vie mortelle d'ennui et de frustration. Par ailleurs, la distance y fait aussi, et les histoires plus ou moins fictives qu'on raconte dans le Nebraska sur l'Europe. La scène où, venant d'apprendre la déclaration de guerre, Claude parle avec sa mère de Paris et de la France en sortant livres et cartes est une de celles qui m'a le plus frappée. Dès lors la guerre n'est pas un fait, mais une histoire, susceptible de mettre en scène un idéal de soi. Avant même de partir, Claude est d'avance statufié, vitrifié, immobilisé dans la dernière vision qu'à travers ses larmes, sa mère a de son "magnifique fils" (elle le dit clairement : "Mes vieux yeux, pourquoi me volez-vous cette dernière image de mon magnifique fils"). Et il reste non pas "one of us", mais "one of ours", l'un des nôtres, dépossédé de sa propre personne, tout entier dévolu à la gloire de la communauté.
Hemingway se moque de l'incapacité de "cette pauvre femme" à écrire la guerre, évidemment. Mais une femme comme Willa Cather pouvait bien se demander pourquoi les hommes qui partaient à la guerre étaient souvent si gais et si fiers (comme on le voit effectivement sur les photos des premiers trains). Et quelles étaient les strates d'histoires lues et entendues, de fierté parentale, de rêves d'aventure qui pouvaient provoquer cela.
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KRISS45
  07 mars 2018
Quelles motivations ont poussé les jeunes américains à s'engager pour venir combattre en Europe ?
C'est le sujet traité par Willa Cather dans son roman publié en 1922, et qui lui vaudra le prix Pulitzer.
Son choix, loin d'être exhaustif, se porte sur un garçon du Nebraska, Claude Wheeler. Nous faisons sa connaissance alors qu'il interrompt ses études pour s'occuper de la ferme familiale. En proie à un sentiment permanent d'incomplétude et d'insatisfaction dans sa vie privée, il est l'un de ceux qui décident de tout quitter pour venir au secours du vieux continent.
"Des jeunes prenaient la mer pour s'en aller mourir pour une idée, un sentiment, les résonances d'une phrase". pleins "d'une admirable candeur, une expression d'espérance joyeuse et de bonne volonté confiante."
Le rythme du récit est très lent, avec peu d'action.
L'auteure se focalise sur les états d'âme de Claude mais je trouve qu'elle a trop peu approfondit sa personnalité d'où un léger ennui tout au long de ma lecture.
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Folfaerie
  21 mars 2010
Le jeune Claude Wheeler vit dans la ferme familiale du Nébraska, avec ses parents, son frère cadet et la fidèle gouvernante. L'aîné, lui, tient commerce en ville. Ecrasé par la forte personnalité du père, Claude ne sent guère l'étoffe d'un fermier, bien qu'il aime sa terre, mais n'ose pourtant pas s'affirmer. Si bien que ce sont les autres, et les événements, qui décident de sa vie. Quelques années passent, et d'erreurs en hésitations, Claude se retrouve à la tête de l'exploitation familiale, résigné à étouffer espoirs et ambitions. Mais voilà que le monde est secoué par un gigantesque conflit : la première guerre mondiale. Claude suit avec intérêt la progression de la guerre. Toute sa passion endormie, sa sensibilité ont enfin trouvé leur but : décidé à mettre son honneur au service des pays envahis par l'ennemi, le jeune homme devance l'appel de 1917 et s'embarque avec des volontaires pour la France. Une nouvelle vie s'ouvre alors à lui. Compréhensif avec ses hommes, courageux et intègre, Claude trouve enfin sa place, noue des amitiés solides et s'enrichit au contact des européens et de ses camarades, à l'ombre des tranchées et du danger toujours plus pressant. Claude Wheeler incarne la noblesse des sentiments de tous ces jeunes américains qui, poussés par leur idéal, s'engagèrent avec enthousiasme lors de la première guerre mondiale. Mais plus que cela, Willa Cather peint, avec beaucoup de finesse et de subtilité, les faiblesses et les doutes d'un homme à l'aube de sa vie, écartelé entre son devoir et ses rêves, entre peur et soumission, et la certitude d'être différent. Beaucoup de richesse et de chaleur dans ce magnifique roman (écriture et style irréprochables), où les femmes ont une place de choix, (notamment la mère de Claude), et également un hommage à l'amour qui lie les hommes et leur terre, thème récurrent chez Cather. J'avais envie de réparer une petite injustice, puisque j'ai du mal à trouver des billets de bloggolecteurs sur cet écrivain. C'est chose faite maintenant et j'espère que ceux qui auront la chance de découvrir ce roman seront aussi emballés par Miss Cather que je l'ai été.
L'un des nôtres a obtenu le prix Pulitzer en 1923.

Lien : http://lectures-au-coin-du-f..
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
patrick75patrick75   03 mai 2014
" La voilà! Salut, ma grande! Adieu, ma chérie!"
L'essaim se rua à tribord. Cris et gesticulations divers furent adressés à l'image que tous cherchaient du regard. Tellement plus proche qu'ils ne s'y étaient attendus, revêtue de ses plis verts, un panache de brume montant derrière elle comme une fumée. Pour presque tous ces deux mille cinq cents jeunes gens, comme pour Claude, c'était la première fois qu'ils apercevaient la statue de Bartholdi. Son image avait beau être très claire dans leur esprit, ils ne se l'étaient pas imaginée dans son cadre de mer et de ciel, le fret du monde entier allant et venant à ses pieds, les masses nuageuses défilant derrière elle. Les cartes postales ne leur avaient rien communiqué de l'énergie de son geste ample, de cette façon qu'a sa masse de se faire légèreté au milieu des vapeurs.
" C'est la France qui nous l'a offerte", répétaient-ils, en la saluant.
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patrick75patrick75   29 avril 2014
A cette époque, Claude avait une crainte physique aiguë de la mort. Un enterrement, le spectacle d'un voisin tout raide dans son cercueil noir, le submergeaient de terreur. Il demeurait éveillé dans l'obscurité, à comploter contre la mort, s'efforçant de mettre au point des moyens d'y échapper, souhaitant, tout colère, n'être jamais né, N'y avait-il d'autre moyen d’échapper au monde ? Lorsqu'il songeait aux millions de créatures solitaires qui pourrissaient sous la terre, la vie lui semblait n'être qu'un piège destiné à attraper les gens en vue d'une unique et épouvantable fin. Nul homme, aussi fort et bon fût-il, n'y avait jamais échappé. Et pourtant, il avait parfois la conviction que lui, Claude Wheeler, en réchapperait, qu'il parviendrait effectivement à inventer quelque astucieux subterfuge pour éviter l'anéantissement. Lorsqu'il l'aurait trouvé, il n'en parlerait à personne ; il se montrerait rusé et secret. La putréfaction, la pourriture... Non, il lui était impossible d'abandonner son corps chaud et agréable à une telle ordure ! Que pouvait bien signifier ce verset de la Bible : « Il ne permettra pas que Son Saint Fils connaisse la corruption » ?
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patrick75patrick75   30 avril 2014
Il en avait toujours été ainsi. Et maintenant, alors qu'elle se faisait plus vieille, que sa chair se désintéressait presque complètement de la douleur et du plaisir, telles ces images de cires tout abîmées des vieilles églises, elle frémissait encore sous l'effet des sentiments de son fils, pour lui elle redevenait vive. Ses chagrins la rabougrissaient. Lorsqu'il était blessé et souffrait en silence, quelque chose, en elle, lui faisait mal. En revanche, qu'il fut heureux, et une onde de satisfaction physique la submergeait. Si elle se réveillait la nuit et se mettait à penser qu'il avait été récemment heureux, elle savourait, reconnaissante et immobile, le confort de cet endroit tout chaud.
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patrick75patrick75   01 mai 2014
Le jour fit se lever une clarté d'argent sur la sauge d'été. Le ciel vira au rose, le sable à l'or. La brise de l'aube fit entrer par les fenêtres l'odeur âcre des sauges: cette odeur est particulièrement stimulante aux premières heures de la journée, quand elle semble toujours promettre la liberté...de vastes espaces, de nouveaux commencements, des jours meilleurs.
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patrick75patrick75   04 mai 2014
Sur une croix, à leurs pieds, une inscription disait simplement :
Soldat inconnu, Mort pour la France.
Très bonne épitaphe, pensait Claude. La plupart des jeunes gens qui tombaient dans cette guerre étaient des inconnus, même d'eux-mêmes. Ils étaient trop jeunes. Ils mouraient et emportaient leur secret avec eux, ce qu'ils étaient, ce qu'ils auraient pu être.
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Video de Willa Cather (3) Voir plusAjouter une vidéo
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Mathieu Lindon "Ce qu'aimer veut dire"
Mathieu Lindon "Ce qu'aimer veut dire" - Où il est question notamment de Michel Foucault et d'Hervé Guibert, de Jérôme Lindon, de Samuel Beckett, Marguerite du ras, Alain Robbe-Grillet, Claude Simon, Robert Pinget, Pierre Bourdieu et de Gilles Deleuze, d'un père et d'un fils et de filiation, d'amitié et d'amour, de littérature, de la rue de Vaugirad et de LSD et d'opium, d'impudeur et d'indiscrétion,de rencontres, de Willa Cather et de Caroline Flaubert, , et aussi des larmes aux yeux, à l'occasion de la parution de "Ce qu'aimer veut dire" de Mathieu Lindon aux éditions POL, à Paris le 13 janvier 2011
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