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ISBN : 2072822408
Éditeur : Gallimard (07/03/2019)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 7 notes)
Résumé :
'Je passe mon temps à voler des gens. Dans le métro, dans la rue, au café, sur la plage. Ce peut être une femme, un homme, un adolescent, une enfant, un couple... J'ai toujours un carnet et un stylo sur moi. Je tente de les deviner, aucun ne doit me rester étranger, je veux les garder, je finis par les inventer, ce que je nomme voler.' Avec ces soixante-cinq récits brefs, Arnaud Cathrine capte les vies potentielles de celles et ceux qu'il croise, tout en renvoyant a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
pilyen
  23 avril 2019
"J'entends des regards que vous croyez muets" , le titre sonne beau et, une fois n'est pas coutume, le texte qui se cache derrière l'est tout autant !
A proprement parlé, il ne s'agit pas d'un roman, mais d'une suite de soixante-cinq récits assez brefs qui nous accroche dès la première phrase ( "Je passe mon temps à voler les gens." ) et ne nous lâche qu'à la dernière ("Qu'on laisse mon voisin en vie."). Rien qu'avec cette dizaine de mots, on perçoit déjà le regard d'Arnaud Cathrine, fait d'une réelle bienveillance pour les inconnus qu'il croise ou observe au hasard d'un déplacement. Et s'il se qualifie de voleur, ce n'est bien évidemment que pour la bonne cause littéraire, couchant sur papier avec son talent d'écrivain, ce que tout un chacun s'amuse à faire peu ou prou, qui dans une salle d'attente, qui dans un train, ou un bar : imaginer la vie d'inconnus.
Si l'exercice peut sembler assez banal, cette succession de petites histoires histoires remarquablement écrites, façonne au fil des pages un jeu de miroir vertigineux. En brossant le portrait de toutes ces personnes, parfois à peine observées quelques minutes, en leur imaginant un passé, un présent, voire un avenir, juste en s'accrochant à leurs gestes, leurs vêtements, leur voix, en apparaît, en filigrane, un autre, celui de l'auteur. le lecteur, dont visiblement on pousse la curiosité, devient doublement observateur ( j'aurai pu dire voyeur, mais le terme aurait été grossier face à la finesse non dénuée de piquant de l'auteur). Touché, ému, intrigué par ces inconnus décrits et partiellement réinventés, il pénètre aussi dans une partie de l'intimité de l'écrivain, piquant çà et là quelques éléments qui, de façon pointilliste, dressent, en creux, la silhouette d'un quarantenaire qui, bien qu' intellectuel parisien, renvoie le lecteur à sa propre image.
On a tous quelque chose d'Arnaud Cathrine et de ces (ses?) inconnus aux histoires qui ne peuvent naître que du propre vécu de celui qui les écrit. Alors, avoir un visage pas forcément aimable, faire la vaisselle à la main, parfois du naturisme, prendre des anti-dépresseurs, faire des courses à la supérette d'à côté, subir une intervention médicale, aller en vacances en France, en train, plutôt en bord de mer, à la plage de la Salie ( tiens... moi aussi ), s'intéresser aux autres... difficile de ne pas y attraper quelque chose de soi ( sans parler des nombreuses situations contées). Et dans ce kaléidoscope de sensations diverses, apparaît un autre miroir, celui de notre société où l'on remarque beaucoup d'êtres solitaires, très solitaires, même quand ils vont par deux. Sous les vernis, les barbes, les cheveux teints, derrière les lunettes de soleil, les écrans de smartphones, les cartes de restaurants, des individus luttent contre ce mal généré par nos sociétés de vitrine perpétuelle ( dans les vraies, l'auteur pointe une marque de vêtements appelée " Enfants riches déprimés" ) : la solitude !
D'une très belle écriture facile à lire car directement connectée à nos vies lambdas, les récits de " J'entends des regards que vous croyez muets" nous emballent. On ne peut résister à l'envie de les lire à haute voix à notre entourage et ils nous offrent un réel plaisir de lecture où, ici, la bienveillance n'est pas un vain mot ni un concept marketing. Arnaud Cathrine possède un regard franc et généreux, et son dernier livre se déguste comme une belle friandise acidulée qui fait autant de bien à l'âme qu'à l'esprit.
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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igolenerougier
  20 mai 2019

Ce serait une fresque sur laquelle l'artiste aurait peint soixante-cinq vies qu'il aurait « volées » : « je passe mon temps à voler des gens. Dans le métro, dans la rue, au café, sur la plage. Mon regard s'arrime, je tente de les deviner, je veux les garder, je finis par les inventer, je leur prête beaucoup de moi ». Chaque personnage, ou chaque duo, est « en situation » lorsque le regard d'Arnaud le saisit : on connait la silhouette, la corpulence, la couleur des yeux et des cheveux, le teint, la manière de porter le corps ; on sait où cela se passe, le nom du café ou de la plage ou de la rue. Ce que l'on ne sait pas, et c'est là le suspense qui fait de ces petites aventures un vrai livre, c'est à quel moment la fiction s'empare de la réalité. Quand Arnaud se met-il à inventer ? Quand ces regards cessent-ils d'être muets ? Quand les personnes deviennent-elles des personnages ? C'est cette aventure qui est proposée au lecteur, avec un réalisme, une sincérité, une aisance qui vous embarque à coup sûr. Pour fil rouge entre toutes ces vies disparates, tout ce qu'Arnaud « prête », à ces femmes et à ces hommes, jusqu'à faire de ce livre un quasi autoportrait pointilliste dans lequel chacune et chacun des soixante-cinq donne sa ligne ou sa couleur. Un livre qui, sous une lecture facile, va au plus profond de l'être, de celui qui parle comme de ceux dont il est question. Avec conviction, sans fausse modestie, sans ostentation. Un livre qui sonne juste. Un livre VRAI.
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Melieetleslivres
  24 mars 2019

'Je passe mon temps à voler des gens. Dans le métro, dans la rue, au café, sur la plage. Ce peut être une femme, un homme, un adolescent, une enfant, un couple... J'ai toujours un carnet et un stylo sur moi. Je tente de les deviner, aucun ne doit me rester étranger, je veux les garder, je finis par les inventer, ce que je nomme voler.' Avec ces soixante-cinq récits brefs, Arnaud Cathrine capte les vies potentielles de celles et ceux qu'il croise, tout en renvoyant aux fantasmes de celui qui les regarde. J'entends des regards que vous croyez muets propose donc un jeu de miroirs entre ces inconnus propices à la fiction et l'autoportrait de l'auteur devenu à son tour un personnage à part entière.

Équipé de son carnet et d'un crayon, l'auteur cherche, ou tombe sur un personnage, ou un duo, entend des bribes de conversation, note des mots-clés ou de petites descriptions qui lui donneront plus tard matière à des portraits, drôles ou sombres, des portraits qui seront en même temps nourris de son imagination, de sa vie, de ses expériences.
Par de petits fragments de deux à quatre pages, Arnaud Cathrine nous invite à faire connaissance avec son voisin insomniaque, qui parle, crie, insulte ses douleurs, avec sa caissière de supermarché habituelle, avec ses mimiques et ses mots, avec ses rencontres dans le métro, le RER, le bus, le train sur le chemin des vacances.. il n'engage pas la conversation, non ; il observe de pas trop loin, ni de trop près surtout, des gens seuls ou à deux, les regards dans le vague, et de ces quelques traits il nous donne à voir une histoire. Parfois à la terrasse des cafés. Parfois à la plage. En Normandie, dans les Landes. Des vies qu'il rencontre, des personnages qui le hantent, parfois le besoin de faire raconter ses propres histoires, souvenirs, par des personnes qu'il a croisées. de tout âge, hommes et femmes, parfois familles, petits enfants.
J'aime beaucoup ce genre de livres, ces fragments. On arrête, on y revient, certains nous touchent plus que d'autres, on ne sait pourquoi, et certains sont inoubliables. Des grains de sable sur la plage..
Le style de l'auteur colle parfaitement avec ces histoires en miroir, l'écriture est claire, simple, fluide. À nous de voir à travers ce miroir...


J'entends des regards que vous croyez muets - Arnaud Cathrine - Editions Verticales, mars 2019, 177 pages, 18 €
Lien : https://melieetleslivres.wor..
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Bill
  11 mai 2019
Arnaud Cathrine passe son temps à voler des gens. 
A la terrasse de cafés, dans des trains, des brasseries ... 
Lézardant sur des plages arcachonnaises, en balade sur le bord de mer normand, il invente la vie de ses voisins, imagine leurs vies à partir de bribes de leurs conversations 
Il saisit des phrases au vol pour déployer son imagination et nous décrire comment il voit le quotidien de la caissière du supermarché qu'il fréquente, de son voisin réglé comme une horloge
Les 65 textes regroupés dans cet ouvrage vont de quelques lignes  instantanés de vie- à quelques pages 
Les gens qu'il a brossés (hormis Marguerite la célèbre, et la famille de son ami Florent) sont des inconnus, des personnes habituellement invisibles, des gens des plus ordinaires, du voisin de métro plongé dans un roman dont il est impossible de voir le titre, aux resquilleurs de tous poils du Paris-Deauville, aux histoires d'amour défaites ou en formation 
Tous ces gestes anodins surpris, ces bouts de conversation, que l'auteur a extrapolé composent un ouvrage original .. Chacun d'eux pourrait devenir une nouvelle, voire un roman ... 
Un ouvrage qui m'a donnée envie d eme replonger dans l'oeuvre de cet auteur ... 
A suivre ... 
Lien : http://les.lectures.de.bill...
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MichelEllis
  19 avril 2019
Superbe titre pour le dernier livre d'Arnaud Cathrine. Un programme plein de promesses, de celles que l'on a tous faites. Empruntant les transports en commun, qui ne s'est pas un jour ou l'autre posé cette question sur son voisin de siège : qui est-il/elle ? Quel est son âge ? Comment s'appellent-ils ? Que font-ils dans la vie ? Quelle est leur vie ? Une myriade d'histoires extraordinaires guettent à la terrasse d'un café, dans un train en partance vers Deauville, dans le regard d'un ami ou dans une rame de métro...
C'est d'autant plus dommage que ce que l'on croit muet ne l'est pas tout à fait, en découvrant en fin de livre les titres potentiels de ces tranches de vie, d'abord présentées anonymement. Certaines histoires sont réussies : "X" sur la réalité 3.0 (p.72), celle d'ouverture sur les apparences trompeuses ("Père et fils") ou encore "Un garçon littéraire" sur les tâtonnements presque coupables. Mais l'impression générale, c'est celle d'un livre qui ne restera pas longtemps en mémoire. On est comme cet enfant pressé de commencer une partie de cluedo pour découvrir le coupable. Mais la partie, hélas, ne commence jamais ou pas vraiment. Comme un livre de promesses non tenues.
Lien : https://www.lespadon.info/20..
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critiques presse (4)
LaLibreBelgique   13 mai 2019
L’écrivain capte le quotidien, entend les regards, livre des récits brefs, intenses, fulgurants.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   03 mai 2019
Des choses vues et entendues. Soixante-cinq récits brefs sur des inconnus croisés au hasard à Paris ou en province.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Liberation   15 avril 2019
La conversation de la table d’à côté, les liens familiaux faciles à démêler, ou pas, quand on observe les voyageurs dans le train, les horaires, les bruits et les habitudes de l’immeuble : c’est le romanesque à la portée de chacun d’entre nous, fugitif, quotidien.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeMonde   29 mars 2019
Une collection de courts textes maîtrisés dans lesquels l’auteur observe le réel pour mieux le fictionner.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Pau_linePau_line   17 mars 2019
A mesure que mes semblables s'exposent sur les réseaux (je n'y échappe pas), les mêmes se recroquevillent de visu, se refusant littéralement: dans le métro, tous rivés sur leur écran. Peut-être envoient-ils un signal, mais pas à vous; peut-être en reçoivent-ils un, mais pas le vôtre.
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Videos de Arnaud Cathrine (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Arnaud Cathrine
Arnaud Cathrine s'est inspiré de vous dans son dernier livre « J?entends des regards que vous croyez muets » publié aux éditions Verticales. Dans le métro, sur la plage ou depuis la terrasse d?un café, le romancier observe les anonymes et laisse courir son imagination pour leur inventer une vie.
Le résultat, ce sont 65 portraits volés. de courtes histoires de vies inventées qui dessinent, en creux, l?autobiographie de leur auteur.
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