AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 223408802X
Éditeur : Stock (02/01/2020)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Une mère, âgée mais indépendante, se trompe de jour, de lieu de rendez-vous avec ses filles, achète des objets superflus et coûteux, oublie dans le coffre de sa voiture les fruits de mer bretons, et se lève la nuit, croyant partir pour une destination inconnue.
Cela pourrait être drôle, si ce n’était une maladie mentale due à l’âge, et surtout si cette femme si confuse n’était pas la romancière Benoîte Groult, la mère de l’auteure de ce livre d’une force rare... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  05 février 2020
Malgré la tristesse qui émane de ce récit, j'ai été noyée par des émotions très fortes. Bouleversée c'est le mot.
Blandine de Caunes est la fille de Benoîte Groult, la célèbre écrivaine aux mots et pensées limés sur du velours.
Blandine raconte. La maladie d'alzheimer de sa mère à un stade déjà très avancé. le stade des bêtises incessantes, de la peur de la nuit, des discussions infantiles, des noms et souvenirs oubliés, de l'incontinence. Ces passages m'ont terriblement émue. Je nous ai revues maman et moi quand papa commençait à être un enfant et à mourir à vitesse grand V. Elle décrit à la perfection ses émotions face au manque, au vide, au désarroi de cette déchéance : une coquille vide dans un corps à genoux.
Seules les personnes qui ont vécu de près cette terrible assistance à personne en danger peuvent décrire à la perfection l'immensité du chagrin.
En parallèle, Blandine de Caunes vivra un second drame. le décès de sa fille Violette jadis âgée de 36 ans dans un accident de la route.
Blandine parle du deuil, du cataclysme, de l'injustice de voir des jeunes partir avant les vieux, de la fatigue, l'épuisement d'être triste pour deux, la fille, la mère.
Elle parsème son récit de citations de sa mère écrivaine, elle relève des passages de grands auteurs, le tout rendant ce récit tout à fait saisissant.
Ce que j'ai le plus aimé, c'est sentir tout le long une main dans la mienne, parce qu'on est jamais aussi bien compris que par ceux qui ont souffert pareil. J'ai aimé cette pudeur, le courage de Blandine et ses soeurs. Quelle tristesse de devoir un jour s'occuper de ses parents puisque la vieillesse est à ce point affligeante et dépendante.
« Elles ne savent pas – pas encore – combien il est difficile et douloureux de devenir la mère de sa mère. »
Je relève néanmoins une interrogation sur l'euthanasie de Benoîte prise en charge par un médecin belge. Ça semble avoir été d'une facilité déconcertante alors que de mon côté, cette voie est barrée, si la personne n'exprime pas en pleine conscience de ses moyens son désir de mourir, même si ladite personne souffre et est une plante, ni la famille ni le corps médical n'a son mot à dire. Faut attendre la grippe de trop, la chute de trop. En attendant, buvez buvez de la souffrance et de la peine.
La mère morte est un récit à hauteur humaine qui m'aura touchée de plein fouet.
Une écriture vibrante et impressionnante de justesse et de sensibilité. Une précision non-excessive de l'impuissance à hauteur de mère et de fille. Un double naufrage sur une mer qui ne veut plus qui ne peut plus porter. C'est la mère morte.
#Lamèremorte #NetGalleyFrance
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          11530
Jmlyr
  28 février 2020
Merci aux éditions Stock et à la plateforme NetGalley pour l'accès à ce témoignage. #Lamèremorte #NetGalleyFrance
Comment deux filles vivent la lente et progressive dégradation de l'image de leur mère, femme de lettres connue et reconnue, Benoîte Groult ? Chacune à son tour va nous raconter, avec pudeur, sincérité et transparence, comment elle a appréhendé l'entrée en Alzheimer de cette mère toute puissante et libre de paroles jusqu'alors. Entre souvenirs et triste réalité, elles nous plongent dans leur désarroi face à la perte d'autonomie de leur maman et ses troubles cognitifs avancés.
Ce témoignage douloureux est un hymne à l'amour et au respect de la dignité tout au long de la vie. L'argent aide au maintien à domicile dans les conditions les plus acceptables possible, mais la célébrité n'est plus d'aucune utilité quand la personne a perdu les facultés qui ont fait cette célébrité. Les amis ont fondu comme neige au soleil, et leurs visites avec, sauf les fidèles, dont la journaliste Denise Bombardier.
Elles ne nous épargnent rien des conséquences de la maladie sur le corps et l'esprit, et leurs sentiments parfois ambivalents posent l'éternelle question de la fin de vie la plus douce possible. Je déplore seulement qu'elles donnent des détails très intimes sur la vie de leur mère et je me demande s'il était nécessaire d'aller aussi loin. Car ce sont des faits rapportés.
Par ailleurs, je ne suis pas d'accord avec le fait de dire qu'il peut être inutile de rendre visite à une personne Alzheimer sous prétexte qu'elle aura vite oublié : pour avoir vu en tant que soignante combien une visite peut faire du bien, je maintiens que l'instant présent a son importance. Je comprends par contre l'immense douleur de ne plus reconnaître son parent, alors que le soignant n'a pas connu la personne avant la maladie.
Elles ont des histoires personnelles très distinctes, ce qui explique quelques différences dans leur vécu de la situation, mais l'une comme l'autre ont été très présentes et ce jusqu'à la fin… aidées par un ami et médecin
Je ne saurais que trop rappeler que tout un chacun peut et devrait faire part de ses directives anticipées (toute personne majeure peut, si elle le souhaite, faire une déclaration écrite appelée directives anticipées pour préciser ses souhaits concernant sa fin de vie. Ce document aidera les médecins, le moment venu, à prendre leurs décisions sur les soins à donner, si la personne ne peut plus exprimer ses volontés.) Il suffit pour cela de se rendre sur ce site :
Lien : https://www.service-public.f..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          7912
palamede
  13 mars 2020
La fille aînée de Benoîte Groult, Blandine de Caunes, raconte les dernières années de sa mère, sans rien cacher de la déliquescence liée à la maladie de celle qui avait milité pour une mort digne.
Une situation inacceptable pour la fille aimante et admirative d'une mère à l'esprit brillant et libre, plus insupportable encore, alors que Benoîte nécessite toujours plus d'assistance et inconsciemment s'accroche à une existence végétative, quand Violette la fille unique de Blandine est victime d'un accident de la route. Un drame terrible qui laisse Blandine définitivement meurtrie, que seuls l'amour des siens, la nécessité de faire face pour sa petite-fille désormais orpheline et sa formidable résilience l'aident à surmonter.
Hymne à l'amour, au refus de la déchéance et de la disparition, hymne à la vie aussi, La mère morte est le récit bouleversant d'une femme intelligente et sans tabou qui ose presque tout dire.
#Lamèremorte #NetGalleyFrance
Challenge MULTI-DÉFIS 2020
Commenter  J’apprécie          736
sylvaine
  03 février 2020
La mère morteBlandine de Caunes publié chez Stock #Lamèremorte #NetGalleyFrance
Témoignage, cri d'amour que dis-je double cri d'amour. Blandine de Caunes prend la plume pour nous parler des derniers moments de sa mère Benoite Groult atteinte de la maladie d'Azheimer qui s'est éteinte à l'âge de 96 ans et hurle la douleur d'avoir perdu, à peine 2 mois avant, sa fille unique Violette dans un accident de voiture.
Double peine pour cette femme qui prend la plume pour raconter et partager. Un très beau texte émouvant et pudique.
Benoite Groult est entrée il y a longtemps dans mon coeur de lectrice et ces pages ont ranimé beaucoup de souvenirs ..
Commenter  J’apprécie          231
cathulu
  05 janvier 2020
En 2016, "J'ai perdu le 1er avril ma fille unique et le 20 juin, m mère unique. maman est un mot qui a disparu de ma vie. je ne le dirai plus et ne l'entendrai plus." Ainsi s'exprime l'une des filles de Benoîte Groult, qui s'autorise à prendre la plume avec franchise, sans dolorisme ni pathos.
Au fil des pages, elle relate la maladie d'Alzheimer dont souffrait sa mère, la dégradation tant mentale que physique auxquelles il a fallu se résigner et le déni dont faisait preuve la principale intéressée. ça pourrait être sordide, mais dans la famille Groult les journaux intimes avaient vocation à être lus dans la sphère familiale et le corps n'avait jamais été un sujet tabou entre Benoîte et ses filles.
Si la mort de la mère était prévisible, bien plus inattendue, injuste et ravageuse a été celle de la fille de Blandine qui laisse un veuf , une petite orpheline de 9 ans et une mère dont le désarroi est total. A quelques semaines de distance, il faudra néanmoins organiser le départ de Benoîte qui avait milité pour le droit de mourir dans la dignité, ce qui lui sera accordé.
Ce qui frappe dans l'écriture de Blandine de Caunes, c'est qu'elle ne se pose jamais en modèle et quoi qu'il en coûte assume une forme d'égoïsme nécessaire qui lui avait été enseigné par sa mère. Un récit profondément émouvant, qui m'a parfois mis les larmes aux yeux,  mais qui demeure lumineux et parfois éclairé par la malice de son auguste mère. Une écriture fluide et sensible qui fait que l'on dévore ce livre d'une seule traite.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150

critiques presse (2)
LaPresse   16 mars 2020
Une famille mise à rude épreuve puisqu’un drame horrible et cruel vient bouleverser la vie de la narratrice et donner tout son sens au titre du livre (on ne révélera rien pour ceux et celles qui ne connaissent pas toute l’histoire). Ce sont les pages les plus émouvantes et douloureuses du livre.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Bibliobs   28 janvier 2020
Ce ton direct, granitique, brut de décoffrage, sans chichis ni joliesses, sans gêne ni tabou, cette manière de tout dire, de ne rien cacher, fût-ce très intime, l’art de tirer du chagrin une mélopée, Blandine de Caunes les tient de Benoîte Groult, sa mère, son « modèle ».
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
baradoz56baradoz56   26 mars 2020
Ça me travaille, ça me travaille, de n’avoir pas partagé avec maman la mort de Violette. Et je lui en veux, à ma pauvre maman. Et je m’en veux à moi aussi, et je regrette amèrement de ne pas avoir eu ce courage. Surtout depuis que Catherine m’a dit que maman l’avait accueillie un jour, juste après la mort de ma fille, en lui demandant d’une façon insistante : « Ça va, Violette ? Ça va ? »
Commenter  J’apprécie          30
ChristlbouquineChristlbouquine   25 mars 2020
Le matin quand je me réveille, mes larmes coulent, avant même que je sache pourquoi. Il me faut deux ou trois secondes pour me souvenir que ma fille est morte. Mais mon corps, lui, sait.
Commenter  J’apprécie          10
ChristlbouquineChristlbouquine   25 mars 2020
Hier au téléphone, maman a dit à Lison, entre deux borborygmes : « Je suis incarcérée. » C’est triplement vrai : elle est à l’hôpital, elle est attachée, et elle est prisonnière de son corps et de la vieillesse.
Commenter  J’apprécie          00
LadybirdyLadybirdy   04 février 2020
« Bon, lui dit le docteur après divers examens, j’ai deux nouvelles : une bonne et une mauvaise. Par laquelle je commence ?
– Par la mauvaise.
– Eh bien, vous avez la maladie d’Alzheimer. »
Le patient digère lentement puis demande : « Et la bonne ?
– Dans dix minutes, vous aurez oublié. »
Commenter  J’apprécie          361
LadybirdyLadybirdy   05 février 2020
Je pense à Kafka apostrophant son ami étudiant en médecine qui ne le quittait plus vers la fin alors qu’il souffrait terriblement : « Si vous ne me tuez pas, vous êtes un assassin. » L’ami est devenu un assassin.
Commenter  J’apprécie          280
Videos de Blandine de Caunes (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Blandine de Caunes
L'interview : https://www.web-tv-culture.com/emission/blandine-de-caunes-la-mere-morte-51724.html
Si elle-même a publié un roman en 1976, « L'involontaire » qui ressort ces temps-ci chez Phébus, c'est avant tout en tant qu'attachée de presse dans l'édition que Blandine de Caunes s'est fait un nom, voire même un prénom. Quand ses propres parents s'appellent Benoîte Groult et Georges de Caunes, il faut assurer, ce n'est jamais facile de pousser à l'ombre des grands arbres.
Sur son père, souvent absent et peu attaché aux contingences familiales, elle reste discrète. S'agissant de son beau-père, en revanche, 3ème époux de sa mère, Paul Guimard, elle ne tarit pas d'éloges. Et là encore, grandir auprès de celui qui a écrit des romans mémorables comme « Les choses de la vie » ou « L'âge de pierre », voilà qui forge une personnalité.
C'est avec un ouvrage très personnel que Blandine de Caunes est aujourd'hui dans l'actualité. « La mère morte » paru chez Stock.
C'est effectivement sa mère que Blandine de Caunes met au coeur de son livre. Si on garde en mémoire Benoîte Groult, la battante, la féministe, l'intransigeante, l'écrivaine, elle qui a tant milité pour la féminisation des noms de professions, on sait moins ce que furent ses dernières années, elle qui vécut jusqu'à 96 ans.
Dans ce beau récit, bouleversant, profondément humain, sa fille Blandine nous raconte la vieillesse, la déchéance, la souffrance des proches quand Alzheimer s'empare de ceux qui ont tant été la vie.
Mais le récit prend encore une autre dimension quand Blandine de Caunes révèle le drame qui, dans le même temps, bouleversa son existence. Sa fille unique, Violette, trouve la mort sur une route ensoleillée, à l'âge de 36 ans. Ainsi donc, en 2016, année de ses 70 ans, Blandine de Caunes perd son enfant unique et sa propre mère. Elle écrit « Maman est un mot qui a disparu de ma vie. Je ne le dirai plus, je ne l'entendrai plus ».
Avec pudeur, sensibilité, sans voyeurisme ni sans pathos, avec une belle écriture qui emporte le lecteur, entre sourire et larmes, Blandine de Caunes se dévoile, nous raconte, sans rien cacher de ses doutes, de sa tristesse, de sa révolte. Mais son récit est aussi et surtout un formidable témoignage de vie, de joie, d'enthousiasme où l'amour et l'amitié tiennent un rôle essentiel. Dans ce récit au jour le jour, quand les épreuves s'accumulent, chaque petit bonheur prend un sens inattendu, chaque mot tendre devient un baume réparateur. Les lieux se révèlent être des havres de paix où les souvenirs heureux affluent et par un mot, une photo, un objet, les chers disparus s'invitent pour aider à porter le fardeau et continuer l'histoire familiale. Hommage à sa fille, hommage à sa mère, le livre de Blandine de Caunes est une pépite triste mais lumineuse dont la lecture est indispensable.
« La mère morte » de Blandine de Caunes est publié aux éditions Stock.
+ Lire la suite
autres livres classés : maladie d'alzheimerVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Autres livres de Blandine de Caunes (1) Voir plus




Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
917 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre
.. ..